27 août 2009

Un Numide en Amérique du Nord - 5 -

À la rencontre de Georges Washington et de Thomas Paine…



Ils m’ont expliqué ce qu’est la Liberté ...


Le Numide, Il y a quelques années de cela tu m’as parlé de ton 1er voyage aux États Unis et tu m’avais dis qu’un jour tu me diras ce que tu as ressenti en visitant leur Capitale. Est-ce le bon moment pour le faire ? Comme de coutume, il se tue, garda le silence quelques secondes comme pour rassembler ses souvenirs et ... il reprit son récit...


‘’En réalité mon premier voyage aux States remonte au début des années ‘’70’’. J’étais étudiant en civilisation américaine. Le 1er cours auquel j’avais assisté avait été donné par M. Benouameur. Un de mes profs les plus respectés et des plus respectables. Un livre ambulant.


Nous nous demandions, à l’époque, comment il faisait pour se rappeler de toutes les dates, de tous les lieux et de tous les noms prestigieux de ce continent…? L’écouter, c’était, voyager tout en restant sur place. D’autant plus que pour nous - avec l’autorisation de sortie du territoire national, instituée par le gouvernement - le voyage à l’étranger n’était qu’un rêve, pratiquement irréalisable.


C’est dire que lorsqu’en septembre 1998, 18 ans plus tard, j’ai été invité à Washington par l’International Crisis Group, je n’ai pas hésité un seul instant à dire ‘’Oui’’. Après une escale à Bruxelles, je débarquais à Dulles et je me lançais à la conquête de l’amérique. C’était inespéré. Incroyable. Fantastique. Fabuleux.


J’ai visité quelques espaces publics de cette capitale. Le Capitole, la Maison Blanche et le Mémorial de Lincoln ne sont pas seulement des bâtisses mais des lieux d’histoires et d’une Histoire qui, aujourd’hui encore, façonne le monde. Le Congrès, sa bibliothèque, sa cafétéria, quelques bureaux qui ont certainement été ceux de grands hommes qui ont fréquenté ces espaces.


La rencontre avec Maria Pica et Celes Hughes, toutes deux membres du staff du Comité des Relations Internationales du Congrès, a été très informative et enrichissante.


Lors des rencontres programmées par l’ICG j’ai été impressionné par la teneur et la profondeur des propos tenus par certaines personnalités telles que : Morton Abramowitz ancien ambassadeur des États Unis, Président de l’ICG, ancien assistant du Secrétaire d’État pour l’intelligence et la recherche. Joanne Leedom Ackerman journaliste et écrivain. Wayne Owens (malheureusement décédé en décembre 2002 à Tel Aviv) fondateur du Centre pour la Paix et la Coopération au Moyen Orient.

C’était tel, qu’à un moment donné l’une des valeurs fondamentales de ce que j’ai retenu de ma culture d’oralité me sauta au visage comme un éclair dans le ciel. Le silence qui a toujours accompagné nos ancêtres dans leur quête d’espaces nouveaux et vivables se fit sentir comme un tonnerre tonitruant. Je me suis, alors, rappelé cette adage qui dit ‘’si tu veux savoir ce que pense ton interlocuteur pose lui des questions, sur ce qu’il connaît le mieux, il te dira son savoir. Écoute sa réponse elle sera pleine de bon sens’’.


À Washington, j’ai découvert les vraies racines de la démocratie, telles que je les ai étudiées à l’université d’Alger en civilisation américaine. Elles étaient là, comme l’avaient voulu les pères fondateurs - Georges Washington, Lincoln ou encore Thomas Paine cet intellectuel, révolutionnaire devenu célèbre par son pamphlet intitulé Le Sens commun. Ses écrits, parmi lesquels figurent les droits de l’homme, avaient exercé une grande influence sur les acteurs de la Révolution française. C’est aussi lui qui rédigea Le siècle de la raison (The Age of Reason).

En quittant ce pays, sa capitale j’avais une autre compréhension, une perception, une autre sensation de la démocratie et encore mieux j’avais intégré une autre conception de la liberté’’.


Ferid Chikhi

25 août 2009

Quel contenu langagier pour le rapprochement citoyen ?

Les langues évoluent avec les progrès des citoyens qui les parlent. La forme et le fonds de ces langues sont pondérés en lien avec ce que ces citoyens créent dans leur vie de tous les jours.

Les supports médiatiques traditionnels depuis le journal en papier, la TV, l’ordinateur et les nouveaux – cellulaire, IPhone, etc. – modifient le contenu des langages, du vocabulaire, des règles de grammaire utilisés. Le SMS, Texto, etc. sont des suites de lettres et d’abréviations…qui pour les plus âgés – sauf ceux qui se mettent à jour et en permanence - n’ont aucun sens.

Si nous ajoutons qu’à travers le monde il existe des citoyens qui ne se reconnaissent pas dans les discours de leurs dirigeants et de beaucoup de médias qui se disent indépendants de toutes obédiences idéologiques, quel sera le Verbe de la communication entre citoyens dans les décennies à venir ?

Mieux encore, avec les nouvelles technologies de l’information, la liberté qu’offre Internet et les médias citoyens, pour réduire la défiance de ces citoyens du monde, rapprocher les sociétés auxquelles ils s’identifient, en recherchant ‘’des convergences plurielles et mutuellement avantageuses, est-il faisable de concevoir un nouveau langage avec des mots et des concepts simples et à la portée de tous?

Une langue à la portée de tous et traduisible dans toutes les autres, est-ce du possible ?

Est-il concevable de réfléchir à un contenu rassembleur, dénué de non-dits et de mensonges qui aura pour objectif de rassembler dans la diversité et la pluralité ?

Ferid Chikhi

17 août 2009

Un Numide en Amérique du Nord -4-


’Le pluralisme culturel c’est aussi le cosmopolitisme linguistique’’

''Le Boulevard St Laurent une ligne de démarcation''


Le Numide resta pensif quelques minutes avant de répondre à l’une de mes nombreuses questions. Je voulais connaître ses premières impressions sur la ville de Montréal et l’Amérique du Nord.


Il inspira profondément comme pour prendre son élan et poursuivi sa narration : ‘’Mes premières impressions sur Montréal’’ ? Me demanda t’il.

’Oh! Elles sont diffuses. Très diffuses. La mémoire ne me joue pas de mauvais tours mais il y a tellement de moments de vérités qui s’entremêlent. Les gens parlent de choc culturel mais moi ce n’était pas tant cela qui est venu me chercher.


Après un court instant d’hésitation, Le Numide, poursuivi. ‘’ Initialement, je ne sais pas si c’est tant la couleur ambre / rouge de la brique des immeubles ou les rues au nom de Saints qui m’avaient interpellés. En l’espace de quelques 35 minutes de parcours j’en ai compté par moins de 6 dans une aire d’environ 500m2. Saint Laurent, Sainte Catherine, Saint Denis, Saint Hubert, Saint Joseph, Saint Alexandre…pourtant il n’y a pas beaucoup d’églises dans cet espace.


Il y a aussi un autre aspect que j’ai observé comme le font tous les nouveaux arrivants qui s’intéressent à l’organisation urbaine de la ville ; lors du deuxième jour passé au centre ville, mon ami, L’Hacène d’Ath Ouacif, m’appris qu’elle est séparée en deux par le boulevard Saint Laurent. La Main pour les Montréalais.


Une artère longue de onze kilomètres. Elle part du vieux port, depuis la rue de la Commune, située géographiquement au sud de la ville et rejoint la rue Sumerville, dans le Nord, en direction de la ville de Laval. Elle est la ligne médiane entre l’Est plus francophone et l’Ouest plus Anglophone.


Mais, ce que je retiens comme étant une vraie découverte pour moi c’est que même si le français est la langue la plus parlée suivie de l’anglais il y a aussi litalien, l’espagnol, le portugais, le grec, le cantonais, le vietnamien, le yiddish, mais aussi le Kabyle, la langue des numides et l’arabe. Le pluralisme culturel c’est aussi le cosmopolitisme linguistique’’. N’est ce pas là le credo d’une vraie tolérance !?’’.


Ferid Chikhi

14 août 2009

Un Numide en Amérique du Nord -3-

Petite digression
Une histoire de ports et d’aéroports

Tout en poursuivant son conte, le Numide passe à un tout autre sujet, certes en lien avec son arrivée, en Amérique du nord mais qui fait digression avec la suite des points initialement prévus. ''Je ne sais pas pourquoi'' me dit-il ''mais en sortant de la zone aéroportuaire de Montréal la réflexion suivante, sous forme de questionnement, m’est venue à l’esprit :

Pourquoi les villes anciennes, maritimes et fluviales, ont été construites en demi cercle autour des comptoirs qui deviennent plus tard des ports ? En tout cas, tous celles que je connais, le sont.

Pourquoi les villes Nord Américaines et particulièrement aux States sont presque toutes bâties d’un part autour de l’Église qui fait, à quelques 100 mètres, face au bar (saloon) et d’autre part autour de ceux-ci et des Stores (magasins et dépôts de marchandises) ? En tout cas, tous celles que je connais, elles aussi le sont.

Par contre, les aéroports sont toujours en dehors des villes, dans la banlieue loin des habitations.

Sans être expert je me fis à moi-même la réponse suivante en deux temps. Les ports, création millénaire de l’homme, ont été et sont toujours le premier accès marchand des terres environnantes et par conséquent, c’est dans ces espaces que les villes se construisent, sur les côtes ou les berges des fleuves.

Les aéroports, constructions des temps modernes, en raison de la sécurité, les risques d’atterrissages forcés sont anticipés et par conséquent, leur construction se fait loin de l’habitat. Mais est-ce là la véritable raison ? Je ne le sais pas encore.''

Ferid Chikhi

11 août 2009

Un Numide en Amérique du Nord -2-

L’arrivée

Un aéro-hangar comme salle de débarquement

''Le Canada ! Enfin, j’y suis !'' S'exclama le Numide. Sa narration était prenante. Une voix sereine et calme remontait le temps. Cela, fait presque dix ans qu'il débarqua dans ce qu'il appelle ''La grande salle de l’aéroport Dorval Montréal. Un aéro-hangar !? C'était le premier des chocs que ma femme et moi avons eu et auquel nous ne nous attendions pas. Venant d’Europe, et plus précisément d’Allemagne, après une escale à Paris, je m’attendais, en ce qui me concerne, à une salle de débarquement plus éclairée, plus organisée, plus fonctionnelle. J’avais l’impression d’être dans un hangar.

Les files de passagers serpentaient avant d’arriver aux guichets de contrôle de la police aux frontières. J’appris plus tard qu’il s’agissait des douanes. Le contrôle de l'accès sur le continent Nord américain est réalisé par les services de douanes et non par les services de police aux frontières.

L’accueil par le douanier a été cordial et courtois. Les formalités avec les services d’immigration du Canada et ceux du Québec suivirent et ils ont été rapides. Les valises étaient sur le tapis roulant. Nous oubliâmes l'infrastructure et la comparaison avec les normes et standards allemands et européens. La différence essentielle semblait résider dans l'efficacité. Première d'une série de leçons que ce continent allait me dispenser.

Nous voilà, sur le chemin de notre premier lieu d’hébergement''.

Ferid Chikhi

2 août 2009

Un Numide en Amérique du Nord -1-

De nouveaux pas après… l’horizon


Il vient de la rive sud de la méditerranée. L’exil l’a guidé pour atteindre l’autre continent, terre d’accueil par excellence. Il a traversé le ciel de l’Océan. Rien ne semblait l’arrêter. Ni la fatigue cumulée de ses ancêtres, ni la lassitude qui se lisait sur le visage de tous les numides. Pourtant, il avait déjà fait le tour de sa terre natale, de son territoire. Il en avait visité d'autres qui se trouvaient de l'autre côté de la mer et il s’engageait d'un nouveau pas vers l'espace qui se profilait à l’horizon.

Cette mouvance qui le portait vers l’avant, vers le futur. N’est-ce pas plutôt l’exil qui en était le maître d’œuvre ? Un autre départ, pour ce nomade, ressemblant à s’y méprendre aux précédents. Croyant laisser derrière lui les maux de la terre, l’exclusion et la discrimination incluses, marquant cette longue procession d’évènements les uns plus laborieux à vivre que les autres, il se retrouve les confrontant de nouveau.

Et, en ce nouvel espace connu pour être la terre promise la ligne d'horizon limitait les nouvelles aires qu'il allait parcourir. La nouvelle frontière ! avaient dis ceux qui l'ont précèdé. Et en un bref instant qui semblait valoir l'éternité il revit ce qu’il a cru laisser derrière lui. À l'évidence cet amâs d'évènments ne l’a pas suivi mais l’a devancé. Et, même si la réussite est toujours derrière l’échec, il venait de comprendre, à ce moment précis, que c’est un temps nouveau qui commençait pour lui.

Ce qui l’attendait c’était un autre segment de son long chemin vers l'avenir. Pourtant, il avait la sensation de l’avoir déjà franchi. La crainte d’une nouvelle exploration faisait défiler dans sa tête autant de kilomètres que ceux qu’il avait déjà couvert de ses pas, parfois lents, quelques fois rapides, très souvent déterminés mais toujours avec la même impression de lassitude.

Tout s’estompait au fur et à mesure qu’il percevait cette sensation diffuse de se sentir encore seul dans l’immensité de cette Nouvelle Numidie, il comprit très vite qu’il restera pour toujours un Numide.
Ferid Chikhi