26 sept. 2009

Un Numide en Amérique du Nord - 9 -

Les chemins qui montent,
Les rues et les côtes des saints - 1 –
L'Assekrem

Le Numide! Souvent, tu me dis que ton pays est le plus beau pays du monde par sa diversité géographique et celle de ses populations. Si je t’invite à m’en parler par analogie au Québec qu’en diras-tu ?

‘’Il est vrai que faire l’analogie avec le Québec et les Québécois en tant que peuple Nord Américain n’est pas chose aisée. Il est pourtant aussi vrai que pour chaque individu le lieu où il est né est le plus beau du monde. La terre qui l’enfante devient sa patrie et il n’y a pas d’aussi grand et d’aussi beau, si ce n’est plus grand et plus beau que l’amour que l’on porte à sa mère et à sa compagne de toujours. À la différence mon pays est fait de chemins qui montent et de gens qui émigrent.

Pour un numide, partir c’est commencer de nouveau un parcours différent des précédents. Non seulement c’est différent par l’orientation mais aussi par le but. Il part pour changer. Il va de l’avant pour apporter et pour offrir. Il va au-devant de son destin en suivant les vallées escarpées de son pays. Il marche sur le plat. Il scrute l’horizon au loin à la recherche d’un éventuel nuage qui l’obligerait à s’arrêter.

Mais sais-tu que par le passé, très souvent, ce n’étaient pas les nuages de pluie qui lui ont fait peur mais ceux de la poussière soulevée par les hordes conquérantes venues du Nord Est, du Sud Est et du Nord qui l’ont contraint à emprunter les chemins qui montent ? ‘’


Veux-tu dire les chemins qui mènent aux montagnes ? ‘’Non ! Il ne s’agit pas seulement de ceux-là. ‘’Les chemins qui montent’’ c’est aussi (voir le roman de Mouloud Feraoun) ce dédale qui va du sentiment que chacun a de la voie qu’il suit pour aller de sa prime jeunesse à la fin de sa vie d’adulte. Et c’est là que se marque la différence avec les autres.





L’Oratoire St Joseph à Montréal

Pour un Québécois, par exemple, ce sont, peut être, toutes ces rues et ces côtes, toutes ces villes et tous ces villages qu’il a édifiés depuis 4 siècles qui font sa fierté et qui le poussent à avancer.


Beaucoup d’entre elles et d’entre eux portent des noms de Saints et de Saintes. St Gérôme, Ste Adèle, Ste Agathe des Monts, Ste Julie, Ste-Aimé-du-Lac-des-Îles ; côte St Luc, côte St Paul, côte St Antoine ; rue Ste Catherine ; rue St Sacrement, rue St Jacques, rue St Denis, rue St Jean ; boulevard Saint Laurent, etc. qui font la différence.


Peut être, est-ce en raison du lien très fort à la religion qu’a eu, par le passé, cette société que les chemins qui mènent à leurs haltes et qu’ils empruntent au quotidien portent les noms de celles et de ceux qu’ils ont respecté(e) et reconnu(e)s comme étant leurs sages ? Peut être est-ce aussi une manière fort judicieuse de maintenir un rapport avec le sacré et l’immanent’’?

Ferid Chikhi


22 sept. 2009

Un Numide en Amérique du Nord – 8 –





Les érables et les bleuets n’ont pas les senteurs des figuiers et des oliviers - 2 -


‘’Seuls la mort et l’amour sont sans remèdes’’



Le Numide s’arrête un instant. Songeur. Avec cette impression d’être satisfait d’avoir recomposé des senteurs, des couleurs et des goûts d’olives et de figues à jamais mémorisés. C’était pour lui un ressourcement inédit. Il reprend lentement son histoire.

‘’Oui! Les parfums ne sont pas les mêmes. Les goûts ne sont pas les mêmes. Les couleurs ne sont pas les mêmes. Et, j’imagine que c’est le même sentiment que ressent chaque être humain lorsqu’il est loin des siens et loin de son environnement initial. Que serait le Canadien en général et le Québécois en particulier sans le sirop et le beurre d’érable ou la tarte aux bleuets ?

Regarde autour de toi. La verdure fait partie de la nature. Mais il n’y a pas de figuiers, il n’y pas d’oliviers, il n’y a pas de citronniers. Où sont les fragrances du jasmin et du muscadier ? Sens-tu le persil et la coriandre ? C’est ce monde d’arômes méditerranéens qui fait défaut.

Mais sais-tu que chaque chose en ce monde a son médecin. Un de nos vénérables vieillards me disait il y a de cela trois décennies que seuls la mort et l’amour sont sans remèdes. Et comme je suis devenu amoureux de ce pays je ne sais pas comment en guérir.’’

Est-ce des regrets ou de la nostalgie que tu exprimes en ce moment? ‘’J’ai appris avec le temps qu’il vaut mieux dormir avec des soucis que de se réveiller plein de regrets. Non, je n’ai pas de regret mais, oui, j’ai de la nostalgie. Et, qui peut dire ou même vivre sans nostalgie ? Elle fait partie de notre présent et elle fait revivre notre passé. Elle exprime aujourd’hui les meilleurs moments de notre passé. Elle vivra toujours dans notre futur.’’


Le silence. Un moment d’apaisement. Un instant de quiétude termine cette réflexion.

Ferid Chikhi

19 sept. 2009

Un Numide en Amérique du Nord - 7 -


Les érables et les bleuets n’ont pas les senteurs

Des figuiers et des oliviers - 1 -.


Depuis quelques années, les figuiers et les oliviers, ne font plus partie de ton environnement naturel, comment vis-tu cette privation ? Parce que je pense que tu es privé de quelque chose qui a toujours fait partie de ton environnement ?


‘’Foufff !’’ C’est par une profonde expiration qu’il se prépare à répondre à mes questions, comme pour exorciser une insignifiance ou extirper cette sensation que chacun ressent lorsque dépité ou irrité par quelque chose qu’il ne peut évacuer. Le Numide, comme à son habitude, songeur et réfléchit, se met à parler de sa voix assurée et calme. ’Ce n’est pas seulement une privation c’est aussi et surtout l’impression de l’imperfection de la nature. Comme une déformation ou mieux encore une anomalie dans cet environnement qui pourtant est riche d’autres espèces d’arbres et de plantes. Mais pour moi il est évident que l’habitude de voir les oliviers et les figuiers, mais aussi les orangers et les citronniers c’est cela qui fait la nature.’’


Mais qu’est ce qui te manque le plus, est ce l’aspect physique ou… ? Sans me laisser terminer ma phrase il poursuit ‘’ Non, comme pour ce pays d’accueil, lorsque c’est la période de collecter le sirop d’érable ou cueillir les bleuets …c’est tout ce qui se fait autour de cette tradition de collecte qui me manque. C’est durant ces moments que les relations sociales et la solidarité se façonnent. Tout ce qui se crée et qui rapproche les membres de la communauté.


D’où je viens, dés les prémices de l’automne commencent les préparatifs de la récolte des olives et des figues; pour les figues, par exemple, il faut un accord de Tajma’at (assemblée du village) pour débuter la récolte. Celle-ci commence le même jour pour tous. C’est la fête parce que nous en tirons une partie de notre subsistance. Un numide sans huile d’olive et sans figue – primeur et fin de saison – n’est pas intégral. D’autant plus qu’avec la tradition ancestrale la religion est venue consacrer le figuier et l’olivier. Ils sont bénis de Dieu. Ils donnent les meilleurs fruits que porte en elle la terre nourricière. Ils sont symboles de l'homme universel. L'huile d'olive est source de lumière divine.


Alors, il faut comprendre que ce n’est pas seulement l’olive ou la figue, en tant que telles, qui ont leur importance mais toutes ces conventions, ces valeurs et ces mythes qui ont été érigées autour de ces deux arbres et de leurs fruits depuis des millénaires et qui différencient les Nord Américains des Méditerranéens’’.


Le Numide s’arrête un instant. Il me dévisage et de son regard pénétrant me fixe dans les yeux. C’est un regard sondeur, et aussi paradoxale que cela puisse paraître, plein d’un mélange de tristesse et de satisfaction. J’ai la sensation qu’il me scrute jusqu’au plus profond de mon être. Un long silence fige le temps et le mouvement.


Ferid Chikhi

16 sept. 2009

Comment arriver à la connaissance ?

Un jour, à l’un de ses disciples qui lui demandait

de lui dire comment arriver à la connaissance,

Confucius (551 av JC – 479 av JC) répondit

"Veux-tu que je t'enseigne le moyen d'arriver à la connaissance ?
Ce qu'on sait, savoir qu'on le sait;

Ce qu'on ne sait pas, savoir qu'on ne le sait pas :

C'est savoir véritablement".

11 sept. 2009

La CRÉ de Montréal lance Leadership Montréal

La Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ de Montréal) a lancé ce vendredi 11 septembre 2009 Leadership Montréal, un carrefour inclusif qui vise à enrichir les lieux de décision par l'apport de talents montréalais.

« Il permettra aux décideurs de rencontrer des leaders compétents aux profils variés, afin de combler des postes au sein de leurs instances, et répondra également aux besoins de personnes compétentes désirant intégrer les réseaux décisionnels et s’y faire connaître », précise Madame Manon Barbe, présidente de la CRÉ de Montréal.


De gauche à droite : Mme Rosalie Vendette, vice-présidente – développement durable et relations avec la communauté de la Jeune chambre de commerce de Montréal et talent montréalais, Mme Maya Raic, présidente-directrice générale de la Chambre de l’assurance de dommages et présidente du conseil d’administration de la Régie des installations olympiques, Mme Manon Barbe, présidente de la CRÉ de Montréal, M. Ferid Chikhi, conseiller en emploi, membre de Bénévoles d’affaires et talent montréalais, et Mme Claire Deronzier, sous-ministre adjointe à l’intégration du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles.

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Au cours de son témoignage comme Talent Montréalais, Ferid Chikhi dira entre autres ‘’Je tiens à mettre en exergue deux aspects en relation avec Bénévoles d’Affaires et Leadership Montréal. Le premier est que dans notre environnement socioéconomique, grâce à l’équipe de Bénévoles d’affaires que je considère comme étant un vrai déclencheur, certains organismes ont bénéficié de mes compétences et de mes expériences. Le second est que par le biais de Leadership Montréal que lance la Conférence Régionale des Elus de Montréal les immigrants seront en mesure :

1. d’apporter une autre vision de la gestion et de l’administration fondée sur la saine conception de leurs compétences.2. D’offrir des qualités et des valeurs qui semblent se perdre dans le monde des affaires : l’ouverture d’esprit là où les esprits enclavés ont pris place, le changement là où la stagnation fait régresser, la prudence là où la précipitation accélère des processus générateurs de déficits, la connaissance d’un autre monde auquel ils appartiennent et qui peut être utile à la société toute entière C’est aussi et surtout pour ces raisons que j’appui Leadership Montréal.

Ce nouveau concept sera et je n’en doute pas un instant un autre déclencheur de l’ouverture des espaces professionnels de décision fermés à ce jour à ces canadiens et québécois parés d’un préfixe qui s’applique plus à des néophytes qu’à des compétences avérées. En accompagnant les immigrants qualifiés, expérimentés et de bonne civilité Leadership Montréal saura mettre à profit son expertise pour que des potentiels authentiques rejoignent sans préjugés ces lieux de décision qui selon mon humble connaissance ont tout intérêt à s’oxygéner. Je suis prêt à m’investir pour faire avancer cette idée et ainsi participer à démontrer sa viabilité.’’

A la fin de son intervention, plusieurs participants à cette cérémonie ont félicité Ferid pour le contenu de son message avant de l’inviter à les rencontrer pour envisager l’avenir en lien avec Convergences Plurielles, Bénévoles d’affaires et Leadership Montréal.

Convergences Plurielles

Source : Conférence Régionale des Élus de Montréal.

Courtoisie de M. Philippe Massé, agent de développement – Leadership Montréalais.

http://www.credemontreal.qc.ca/

3 sept. 2009

Un Numide en Amérique du Nord - 6 -




‘’C’est une saison qui n’existe


que dans le Nord de l’Amérique’’


Joe Dassin





Quelques mois après ton arrivée en Amérique du Nord tu m’avais dis ‘’Quand pour la 1ere fois je vis au grand jour la ville de Montréal, j’ai été fortement impressionné par la couleur rouge des briques des maisons sur le fond gris du béton et sous un ciel de même couleur. C’était un mois d’octobre du début de ce 21ième siècle. ‘’ Qu’est ce qui t’a marqué pour que le Numide que tu es soit autant interpellé pour ne pas dire perturbé ?


‘’En fait, oui j'ai été perturbé mais c'était une bonne perturbation. Avant que je n'arrive au Canada, j’avais la conviction que les couleurs du Québec étaient celles du Fleurdelisé le blanc et le bleu et que celles du Canada étaient celle du Drapeau National Canadien le rouge et le blanc avec la feuille d’érable. J’étais aussi convaincu que je verrai ces couleurs partout où j’irai. Mais il y a une autre réalité plus colorée qui, à mon avis, influe sur les habitants de ce continent.


J’ai remarqué comme l’ont fait bien d’autres avant moi que les couleurs les plus naturelles sont, sans aucun doute, le vert et le blanc ; le vert de la végétation qui perdure tout au long de l’année et qu'accentue le blanc de la neige durant l'hiver.


Mais, au fil du temps, j’ai appris que le Québec et le Canada pour ne pas dire presque tout le continent Nord Américain, dés le mois d’octobre et jusqu’à la mi-novembre, et très souvent durant quelques jours seulement, changent progressivement d’apparence tout en changeant de couleurs.


Les feuilles des bouleaux jaunes, des érables, des chênes et des frênes rouges passent du vert au rouge pourpre et celles des sorbiers décoratifs deviennent oranges. C’est l’été indien qui marque la limite avec l’été régulier.


Qui pourrait affirmer que cela n’influence pas les habitants de ces pays ? Je pourrais dire qu’avec le temps ils mûrissent. La douceur de ces instants saisonniers se reflète sur tous et sur tout en harmonie et en équilibre’’


Ferid Chikhi