26 juil. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 67 -

Le Québec est une société qui vit au 21ième siècle. - 2 -

Dis-moi le Numide, cette classification a été certainement établie selon une critériologie bien pensée, quels en sont les principaux paramètres ? Pour classer les 1700 universités de ces pays et déterminer la performance académique de chacune d’elles, l’étude a pris en considération les articles publiés par chacune d’elle durant les années 2004 à 2006. Au final, parmi les vingt premières universités des pays de l’OCI, 18 sont asiatiques et seulement deux sont arabes : l’Égypte et le Koweït. Parmi ces 18 universités d’Asie, 14 sont Turques, 3 sont Iraniennes et une Malaisienne.
Et où se situe l’Algérie dans ce classement ? L’Algérie ! Elle n’y est même pas mentionnée. Si j’extrapole un tout petit peu, je me trouve face à un paradoxe. Celui du recrutement des candidats à l’immigration au Québec. La langue française est un des critères fondamentaux or personne n’ignore que la formation des algériens se fait en arabe. Il est par conséquent normal que celui qui débarque tout frais moulu au Québec a de la difficulté à se trouver un emploi en adéquation avec ses acquis scolaires et professionnels. 
Si je comprends bien ce que tu veux dire, les compatriotes qui débarquent ne peuvent pas prétendre à un recrutement immédiat parce que les exigences des employeurs sont trop élevées. Mais est ce le cas tout le temps ? Pour la première partie de ta question, il faut savoir que les exigences sont en conformité avec les besoins technologiques et industriels du pays. Cependant, pour la deuxième partie, je réponds, NON ! Parce qu’heureusement parmi les nouveaux arrivants il y a celles et ceux qui ont échappé à ‘’l’école fondamentale’’ grâce à l’apport de leurs parentset il y a celles et ceux qui s’adaptent en comprenant très vite qu’ils doivent changer un grand nombre de paramètres de leurs cadres de références.
Ferid Chikhi

17 juil. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 66 -

Le Québec est une société qui vit au 21ième siècle. - 1 -
Pour reprendre quelques facteurs déterminants des précédentes conversations laisse moi te dire qu’en ce début de siècle, les néo québécois en provenance des pays d’Afrique et notamment ceux originaires des pays ‘’qualifiés d’arabes’’, qui n’ont pas encore compris qu’une nouvelle ère a bel et bien commencé, se trompent lourdement en croyant pouvoir imposer, à toute une société qui vit au 21ième siècle, leurs coutumes, leurs habitudes de vie ou encore leurs règles sociales. Le mieux qu’ils puissent faire et de privilégier la présentation et la représentation de leurs valeurs d’intégration fondées sur leurs capacités d’adaptation et d’ajustement en ce qui à trait aux points de partage entre l’homme et la femme et en tentant de comprendre les pratiques sociales du pays d’accueil.  
Qui vises-tu en particulier ? Ceux et celles qui, bien qu’ils soient fortement minoritaires, viennent en pays d’accueil et tentent le tout pour le tout afin d’imposer leur conservatisme ; celles et ceux qui en ont après les occidentaux alors qu’ils prennent ce qui leur convient dans le négatif au lieu de s’enrichir du positif de ces sociétés. Ils ne se cachent même pas de profiter des règles, justement sociales, pour ensuite les dénigrer. Il est vrai que ceci est valable, non seulement, pour l’Amérique du Nord mais aussi pour l’Europe. Il y a cependant une grande différence entre les deux. Ici, les québécois ont une façon très spécifique de gérer leur patience. Beaucoup, la prennent pour de la naïveté alors que d’autres la jaugent très mal ; pour reprendre un proverbe de chez nous ‘’il ne faut pas sous estimer l'aiguillon qui peut t’aveugler’’
Dans nos précédentes éditions nous avons abordé les efforts que font les canadiens en général et les québécois en particulier pour accommoder les immigrants penses-tu que ce qui est fait est suffisant ? En ce qui me concerne et pour le peu que j’ai compris des facilités offertes par les institutions, je trouve que c’est même beaucoup trop. Par contre, je trouve aussi que les gouvernants doivent ajuster leur politique d’intégration. Le mieux est de gérer les besoins en main d’œuvre de leurs industries et de leur commerce, non pas et seulement sur le long terme mais aussi sur le court et moyen termes. Il est clair qu’au-delà des attitudes, de comportements et du cadre des valeurs de références, ils n’ont aucune connaissance des compétences actuelles des jeunes immigrants, il n’y aucune corrélation, aucune adéquation entre les profils des immigrants qui débarquent chaque jour au Québec et les exigences des employeurs.
Peux-tu être un peu plus explicite ? Veux-tu dire par là que les critères de sélection ne sont pas adaptés aux profils des candidats ? Prenons le cas des jeunes compatriotes diplômés des universités qui arrivent depuis le milieu de la décennie. Leur profil étant connu ils ont appris ce que la pondération du système de sélection veut dire et comment il fonctionne. Les institutions canadiennes, ne se sont pas adaptées pour compléter leurs critères de choix. L’exemple des diplômes établis par les universités algériennes est fort intéressant ; nous savons que le contenu des différents cursus a régressé comparativement à ceux que nous avons connu dans les années ‘’60’’ et ‘’70’’. Selon une étude statistique très sérieuse, effectuée par le centre de recherches statistiques en économie, recherche sociale et formation pour les pays islamiques d’Ankara (SESRTCIC), datant d’avril 2007, il est parmi les moins compétitifs des pays membres  de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI).
À suivre…
Ferid Chikhi

11 juil. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 65 -

L’adaptation, les ajustements et l’intégration ?
Instruire celui qui arrive des valeurs, des moeurs... -5-
Poursuivant la conversation de la semaine dernière, Le Numide souligne que pour ce qui est des préjugés, il y a toujours un point d’initiation, un début à chaque chose. Par exemple, il faut d’abord, que celui qui se pose comme objecteur se débarrasse des préjugés qu’il véhicule concernant le statut de l’autre. C’est la même chose pour la culture du pays d’accueil et le principe de la réciprocité doit être respecté. Celui-ci consiste à instruire celui qui arrive des valeurs, des mœurs, des pratiques, des habitudes sociales et de tout ce qui compose non pas et seulement le folklore mais aussi et surtout les règles qui régissent la société et ses citoyens.
Dis moi, Le Numide,  comment cela pourrait-il se concrétiser puisque tu dis que la culture est différente, la formation est différente et l’éducation est différente ? Comment quelqu’un qui a des préjugés peut-il s’en défaire pour accéder à l’autre ?
C’est simple, à mon sens, chacun doit se repositionner par rapport à son savoir et ses acquis. Considérant l’apport des années ‘’60’’ que ce soit ici au Québec, au Canada ou ailleurs dans le monde, l’instruction et la circulation de l’information se faisaient de la même manière et avec presque les mêmes instruments, à tel point que partout il y a eu une révolution scolaire. Au Québec c’était les prémisses de la révolution tranquille, en Algérie le début de l’indépendance, etc.
Tu sais très bien qu'en Algérie nous ne savions pas ce que la révolution tranquille voulait dire ? Détrompe-toi, beaucoup d’étudiants le savaient et un grand nombre de compatriotes étaient au courant que le FLN et son département des Mouvements de libération nationale étaient en contact avec le front de libération du Québec (FLQ)…Il est vrai qu’à l’époque tu travaillais au département des études  ... dans les années ‘’60’’, Non ! C’est durant la décennie suivante que j’y étais…pour poursuivre sur les préjugés, il faut savoir qu’un grand nombre de souverainistes avaient suivi de très près le développement de la révolution de Novembre et le processus d’indépendance qui s’en suivi. Certains en parlent encore. Plus tard dans les années ’’70’’ des contacts existaient avec des cadres du FLN et les indépendantistes québécois. Peux-tu en citer quelques-uns ? En as-tu rencontré ? Laissons cela pour un autre moment et restons sur notre thème ; des évènements qui se déroulaient dans quelque partie du monde n’échappaient ni aux étudiants, ni aux militants et encore moins aux gouvernants, c’était ainsi pour la guerre du Viet Nam, les premiers pas de l’homme sur la lune. Nous étions tous au diapason de cette information.
Mais en Algérie qu’est ce qui se passait qui pouvait intéresser les nord américains, les canadiens ou les québécois ? En Algérie !? Et bien, c’était l’époque des premiers plans régionaux triennaux et spéciaux qui orientaient la reconstruction du pays, les universités s’emplissaient de jeunes avides de savoir et d’apprendre… et les pays européens et nord américains étaient intéressés par l’édification de l’Algérie, il y avaient des contrats juteux pour la réalisation de projets de grande envergure. A la même période se tenait au Québec l’Expo 1967 et la contraception simple était devenue accessible à toute les femmes ; c’était la libération sexuelle avec la pilule ‘’Énovid’’. C’était aussi un évènement marquant qui, en Algérie, n’était pas à l’ordre du jour et ne nous traversait même pas l’esprit. Par contre nous étions à l’écoute de tout ce qui se disait sur la guerre froide et la menace atomique. C’est ce genre d’évènements qui doit être mis au même niveau et valider ce que nous savions et ce que les autres ne savaient pas. L’inverse étant valable.
Était-ce la même situation durant la décennie ‘’70’’ ? Le Numide se tait, réfléchit et lève son index et dit faisons une pause. Il se leva et sortit dans le jardin…
À suivre…
Ferid Chikhi

4 juil. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 64 -

L’adaptation, les ajustements et l’intégration ?
Les différences entre l’homme et la femme s’affichent... - 4 -
Dans la dernière partie de la conversation  Le Numide préconise des changements de paradigmes et nous dit son avis sur le relativisme culturel. Il soutient qu’il ne s’agit pas de ’changer de lunettes’’ pour mieux voir les autres. Il s’agit d’admettre que nous sommes en retard dans bien des domaines. La culture, nous dit-il, ne se complait pas de frontières figées, elle évolue, elle progresse … autour des individus qui la font et qui en font partie, de leur identité et de leur personnalité collective et singulière…la discussion se poursuit sur le même thème avec la question suivante, à savoir comment changer et rivaliser avec les autres  ….  Comment cela peut-il se produire…
Le Numide répond qu’il faut créer et consolider des passerelles entre les groupes sociaux et entre les cultures pour en premier réduire l’ignorance et faire avancer les idées, les caractéristiques dominantes de l’autre culture que ce soit en ce qui à trait aux attitudes et aux comportements, aux expressions d’usage, etc. il souligne en prenant l’exemple de nos compatriotes,  j’ai appris avec le temps que l’éducation de l’Algérien, celle dans laquelle il a baigné depuis sa naissance est différente de celle de l’Algérienne.
Mais est-ce possible ? Ils baignent tous les deux dans le même milieu dans la même ambiance… !? C’est visible à l’œil nu. Il faut sortir du cadre de référence habituel pour l’observer. Chaque fois qu’un couple, qu’une famille débarque à Montréal, les différences entre l’homme et la femme s’affichent et sont criardes.
Pour y remédier, la démarche est simple. Elle consiste à rechercher les éléments de compréhension qui aide à communiquer avec l’autre en toute objectivité. La meilleure façon de le faire n’est ce pas en l’écoutant et en partageant !? Celles et ceux qui l’ont compris réussissent très bien.
N’est ce pas là une généralisation de trop et que fais-tu des préjugés des uns vis à vis des autres ? En général ne sont-ils pas la source d’incompréhensions déraisonnables qui éloignent les protagonistes ?  Tu poses trois questions. Commençons par la 1ere. Par moment, il faut justement généraliser. Il existe dans chaque groupe ethnique, social, professionnel, etc. plusieurs individus qui polluent l’ambiance soit par leur attitude et leur comportement, soit par leur présentation et leur langage ou encore par leur habitude de vie qui ne conviennent pas à tous et qui perturbent l’harmonie du groupe. Tant que cela se passe à l’intérieur du groupe leur prise en charge est collective et par moment individuelle. Mais dés que cela s’externalise ça devient problématique pour tous. C’est au début de chaque observation faite par ceux qui sont en dehors du groupe que les plus éclairés de la majorité doivent intervenir pour faire respecter les règles transgressées par les extrémistes. Sans quoi ceux qui sont étrangers à la communauté ne voient que les aspects négatifs et commencent  leur stigmatisation.
À suivre…
Ferid Chikhi

1 juil. 2010

Un Numide en Amérique du Nord -63 -

Digression - Poésie de chez-moi
J’ai rêvé que j’étais dans mon pays ...
Au réveil, je me suis trouvé en exil .
Nous, les enfants de l’Algérie
Aucun coup ne nous est épargné.
Nos terres sont devenues prisons.
On ferme sur nous les portes.
Quand nous appelons
Ils disent, s’ils répondent :
Puisque nous sommes là, taisez-vous !

Lounis Ait Menguellat