26 déc. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 85-

Retour à une source bien inspirante...
Souvent lorsqu'il est question de retour aux sources il est convenu que c'est un voyage vers le passé qu'il soit réel ou virtuel ou encore un retour vers un vécu à jamais révolu, c’est aussi ressentir des émotions et des impressions marquantes. Mais se pourrait-il qu'un autre cheminement soit possible ?
En tout cas et selon mon expérience personnelle je l'ai vécu au moins à trois reprises. Faire un retour vers le passé ce n'est pas seulement revisiter un espace ou revivre un instant de moments mémorables, c'est  aussi aller ailleurs ou à la rencontre d’un lieu qui a consacré un vécu. 
Quitter le Canada et Montréal en ce mois de décembre 2010, même pour quelques jours, aura été un prouesse par ce temps de froid vif et glacial auquel s’ajoute la neige. Le tout a perturbé les moyens de communication et les transports aériens en particulier pas seulement en Grande Bretagne et Londres par ou nous avons transité mais aussi au départ de Montréal. L'appréhension était de rigueur la veille du vol d'autant plus que nous n'avions aucune assurance de décoller de Heathrow.
Contrairement à ce qui avait été annoncé l'arrivée à cet aéroport a été tout à fait correcte, pourtant à Montréal malgré l'engagement d'Air Canada d'enregistrer les bagages jusqu'à la destination finale c'est à dire Berlin Tegel l'opération ne s'est pas réalisée. À Heathrow le parcours du combattant débute à la descente de l'avion ; faire quelques deux kilomètres en moins de 15 minutes en traînant des valises de 25 kg n'a pas été une chose facile. Arrivés à l'enregistrement de British Midlands  les choses non seulement se passent comme nous le souhaitions mais sans aucun problème.
Berlin - Tegel n'a pas changé en dix ans. La policière qui prend nos passeports les scrute avec une attention singulière et je présume se demande comment en l'espace d'une dizaine d'années l'on peut changer de citoyenneté ... Nous voici à AlexanderPlatz, le marché de Noël est super animé. Des enfants, des adultes, des jeunes, des vieux, des hommes et des femmes tout en appréciant les jeux, les manèges ainsi que la multitude d'attractions, affichent une joie de vivre qui en dit long sur le bien être d'une population laborieuse et prête à fêter un Noël 2010 dans la joie et la sérénité. Il faut dire que beaucoup de choses changent comparativement au Québec.
Dans les prochains jours je reviendrai sur les moments de ce séjour en terre germanique.
Ferid Chikhi

23 déc. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 84 -

À toutes et a Tous
En cette fin de l'année 2010
Le Numide et moi
Vous souhaitons
Un Joyeux Noël
&
Nos meilleurs vœux 
 De santé,
De bonheur et
De succès
Pour 2011
Le Numide et Ferid Chikhi
 
Berlin, le 24-12-2010

12 déc. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 83 -

Digression poétique
Le Numide, à plusieurs reprises tu m’as cité des vers de plusieurs poètes d’Algérie mais que penses-tu de la poésie arabe ? La poésie est l’expression profonde du sens commun d’un peuple, qu’il soit arabe, berbère, français ou. … prends par exemple Abul-Alâ al-Ma’arri, il vécut entre 973 et 1057, ça fait presque mille ans, pourtant ses poèmes sont encore d’actualité. Il pourrait très bien se placer et aviser dans ce qui est qualifié de rapprochement interreligieux rapprochement civilisationnel. Écoutes ce qui suit.
Deux sortes de gens sur la terre :
Ceux qui ont la raison sans religion,
Et ceux qui ont la religion et manquent de raison.
Des gens prétendent diriger leurs semblables,
Cette direction, pour moi, est tyrannie.
Je ne blâme pas l’athée,
Mais plutôt celui qui, craignant l’enfer,
Persiste dans sa furie.

Le mensonge a détruit
Les habitants de la terre.
Leurs descendants se sont groupés en sectes
Qui ne peuvent fraterniser.
Si l’inimitié n’avait été dans leur nature,
Dès l’origine,
Mosquée, église et synagogue
N’auraient fait qu’une.

La raison ne peut que s’étonner des lois,
Qu’elles soient païennes, musulmanes,
Juives ou chrétiennes.
Abû l-Alâ al-Ma’arri,
Poète arabe, 973-1057

7 déc. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 82 -

De quelques caractéristiques des Algériens -4-
‘’ Quand tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens...’’
Le Numide, reprend son propos en insistant sur la capacité de nos mères et de nos grands-mères à se rappeler d’une multitude d’informations acquise depuis la prime enfance et qu’elles ont su nous transmettre en faisant les liens dans l’espace et dans le temps. Lorsque je tente de souligner que c’est un lieu-dit, Le Numide, poursuit et insiste sur le fait que sans cette capacité de mémorisation et de transmission des valeurs collectives mais aussi et surtout particulières la famille algérienne aurait implosé depuis longtemps. Il parle de la colonisation qui a laissé de profondes séquelles dans l’homogénéité, la personnalité, le sens de l’appartenance, les comportements coutumiers de l’Algérien. Il ne faut jamais omettre de dire que la tradition n’est pas uniquement un ensemble de gestes automatiques ou un groupe de croyances archaïques. A la base il y a toujours des valeurs que la mère sait justifier même si elle n’a pas été l’école. Elle se réfère à la seule transmission orale et ça fonctionne. Mais que vient faire la colonisation dans les éléments de notre sujet ? Avant la révolution et bien des décennies après l’indépendance, notamment au cours des années ‘’90’’, beaucoup d’indicateurs de la personnalité algérienne ont disparu. Le renouveau tant attendu après les années ‘’60’’ n’est pas intervenu et le vide a été facile à combler par des innovations sociales venues d’ailleurs, importées à coup de prêches de pays qui ne partagent absolument rien avec nous. Le résultat a été que face aux coups de boutoirs d’une pseudo religion laissée entre les mains d’analphabètes, d’une école aux prises à une réforme qui l’a vidée de sa quintessence et d’une famille où l’image du père a été désincarnée, l’algérien s’est retrouvé dans un environnement sans attaches et sans appuis sociaux mais entre les mains d’individus qui n’ont ni foi ni loi. La mère ne pouvait pas grand-chose face à cet état de fait. C’est pourquoi tu cites cet adage du terroir ’Quand tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens...’’ tout à fait vrai. Si tu ne connais pas l’histoire de ta famille, de ceux qui l’ont faite si tu ignores celle de ton ascendance tu ne peux qu’errer dans tes attitudes et ton comportement, dans tes actes et leurs conséquences ainsi que dans ta façon d’agir. Mais il reste malgré tout un fond sur lequel on peut reconstruire !? Certes c’est possible mais il faut que ceux qui en prennent la commande sachent ce que veux dire l’oralité la résignation, le terroir, la tradition, la coutume et la valeur, la dérision, etc. et cela, en ce qui me concerne je ne le retrouve pas chez les jeunes algériennes et algériens et il se perd chez les plus âgés, qui d’une certaine manière se sont résignés à subir ou à fuir. Est-ce ton cas ? L’écriture est un des outils dont j’use comme solution de rechange et je m’emploi à la faire fonctionner. Le Numide se tait un bref moment et reprend la parole.
À suivre
Ferid Chikhi