28 août 2011

Un Numide en Amérique du Nord - 121 -

Le non emploi des maghrébins au Québec -2/5-
Au niveau technique l’utilisation faite des indicateurs tirés des statistiques est contestable. En effet, beaucoup d’analystes, de commentateurs et de faiseurs d’opinions ont notamment focalisé sur les 35% des algériens et 28% des maghrébins qui ne travaillent pas. Ils ne mettent en évidence ni le fait que ce sont ceux qui ont entre 1 an et 5 ans de présence au Québec, ni le fait que cela concerne une période donnée (2001-2005). Mieux encore, ne pas être en emploi est une chose et ne pas avoir d’occupation en est une autre. La définition du chômage prend une autre signification puisque selon le Bureau International du Travail (BIT) dit qu’il s’agit de personnes qui ont été au travail et qui l’ont perdu.
Par ailleurs, si le questionnaire avait été un peu plus fin nous découvririons qu’une des réponses pourrait être du genre : une partie de ces ’’chômeurs’’ est aux études ou à une occupation accessoire en plus du bien être social, alors qu’elle déclare qu’elle chôme. Cet indicateur ne dépasserait pas les 15% avec beaucoup d'indulgence.
Dans ma pratique quotidienne, et ce depuis quelques années, j’offre un soutien à des chercheurs d’emplois d’origines diverses : Algériens, Marocains, Tunisiens, Roumains, Russes, Camerounais, Congolais, Haïtiens, Péruviens, Colombiens, et encore plus, y compris à des Français et à des Québécois. J’offre les mêmes services à des personnes ayant un statut particulier tel que les handicapées. Ceux parmi eux qui liront ce post pourraient en témoigner.
Au cours de cette même pratique, je me suis posé la question suivante : Pourquoi, à quelques exceptions près, tous ceux qui ont suivi mes ateliers ou mes conférences ont décroché un premier emploi, et un second pour certains, dans les trois mois qui suivirent leur participation à ces ateliers alors que les Maghrébins, pas tous heureusement, ne le font pas ? La même question pourrait être posée à tous les conseillers en emploi de tous les organismes qui pratiquent dans ce domaine. Mieux encore des recherches sur le sujet faites par des étudiants en maîtrise et en doctorat sont en cours de finalisation. Je ne parle même pas de celle de l’IRPP*.
À suivre
Ferid Chikhi

25 août 2011

Un Numide en Amérique du Nord - 120 -

Le non emploi des maghrébins au Québec -1/5-
La problématique de l’emploi V/s le chômage ou mieux encore le nom emploi est perçue différemment par les experts, les spécialistes, les gestionnaires et ceux qui sont les plus concernés c’est à dire les chercheurs d’emploi. Tenant compte des pays, des régions et même des continents chacun y va de sa solution. Je me suis depuis quelques années intéressé à l’activité professionnelle des algériens au Canada en général et au Québec en particulier. Lors d’une récente discussion sur le réseau Linkdln, j’ai suggéré quelques éléments de réflexion perçus négativement par certains alors que d’autres m’ont exprimé leur satisfaction.
En fait et comme suite aux précédentes réflexions (voir la page ‘’Diversité et Différence’’), ce que beaucoup nomment «« le non emploi des maghrébins au Québec » » interpelle autant les gouvernants, les spécialistes de la question que les organisations communautaires et les employeurs qui se défendent de faire dans la discrimination et encore moins dans le refus de se priver de potentiels jugés par ailleurs comme étant assez bons.
Sur Linkdln, des dizaines de commentaires, d’avis et d’opinions se sont succédés ; les uns plus pertinents que les autres. Le thème est tellement prenant que j’y ai participé après m’être retenu de formuler un quelconque commentaire. Je l’ai fais en deux parties. La première se voulait une intrusion dans un cercle plus ou moins technique par la réfutation des indicateurs statistiques établies dans une période donnée et globale, l’autre plus socioculturelle en lien avec l’intégration et la perception par ceux qui s’y intéressent.
À suivre
Ferid Chikhi     

22 août 2011

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14 août 2011

Un Numide en Amérique du Nord - 119 -

Les profils exclus ?!
Le recrutement des immigrants -3-
Au-delà des statistiques et des indicateurs du chômage, les employeurs font les choix qui leur conviennent. Ils préfèrent ouvrir la porte à des profils qu’ils connaissent qu’à ceux qu’ils doivent découvrir. Craignent-ils vraiment l'ouverture des portes de leurs entreprises aux candidats algériens au point de se passer de leurs compétences et de leurs potentiels ? Au regard de l’appréciation que je tire de ma propre expérience la réponse est sans conteste, NON ! Et, pourquoi le seraient-ils ? Bien des réponses se fondent notamment sur quelques cas et sur des préjugés bien ancrées dans la mentalité de beaucoup parmi eux. Il y a certes une méconnaissance des différents paramètres des profils professionnels, des pratiques culturelles et souvent des pratiques cultuelles.
Dans la communauté, il y a ceux qui abondent dans l’hypothèse que les employeurs québécois craignent que l’intégration professionnelle des nouveaux arrivants en provenance d’Algérie ne leur crée des problématiques de relations humaines, d’habitudes de travail et surtout de socialisation. Ils ressentent un fort sentiment de rejet même s’ils ne l’ont pas vécu.
D’aucuns diront qu’il s’agit d’un sentiment de solidarité communautaire. Ils considèrent qu’ils sont victimes des conséquences du 11/9 ; d’autres trouvent que ce sont les contrecoups et les effets des travaux de la commission Bouchard & Taylor, notamment parce que les suites tant attendues concernant les recommandations n’ont jamais été suivies d'effet. Un troisième groupe considère que ce sont malheureusement des séquelles des deux.
Pour les employeurs, la majorité rejettent ces explications et restent sur leur position à savoir que c’est le marché de l’emploi qui régule le recrutement. La compétition, disent-ils, est réelle et au-delà de l’expérience québécoise qu’ils ne trouvent pas chez des candidats algériens c’est aussi leur attitude … elle n’encourage pas les recruteurs à aller de l’avant avec eux.
À suivre    
Ferid Chikhi

7 août 2011

Un Numide en Amérique du Nord - 118 -

Les profils exclus ?!
Le recrutement des immigrants -2-
Des statistiques montrent que dans certaines communautés, plus de 25% des chercheurs d’emplois, parmi ceux qui ont moins de cinq années de présence à Montréal seraient en chômage ou ou occupent des emplois ne répondant pas à leurs attentes. Pourtant des conseillers en emploi - dans les organismes communautaires, les clubs de recherche d’emploi - offrent leurs services en proposant des outils tout à fait appropriés pour l’adéquation profils des candidats et exigences des employeurs et leur ‘’intégration professionnelle’’.
Alors se posent les questions qui fâchent : les employeurs ont-ils vraiment peur des candidats maghrébins au point de les exclure de leur recrutement ? Quelles peuvent être les logiques d’une telle attitude ? Les allégations rapportées çà et là sont-elles validées ? Quelles pourraient être les causes de ce constat ?
Les inventaires chiffrés et les recensements du monde du travail semblent confirmer cet état de fait. Mais ne dit-on pas que l’on peut faire dire une chose et son contraire à des indicateurs pourtant avérés? Qu'est-ce qui démarquent les Algériens des autres candidats aux emplois des entreprises québécoises ? Quelles attitudes, quels comportements, quels profils conviendraient le mieux pour se faire recruter et se maintenir en emploi dans un Québec en pleine mutation économique et socioculturelle? Que faut-il faire pour y remédier ?
Prenant un ancrage dans mon expérience professionnelle et ce que je sais, d’une part des exigences et des attentes des employeurs québécois et d’autre part des profils, des compétences, des qualifications et des expériences des candidats algériens, j’ai tenté à plusieurs reprises - au cours de conférences, d’ateliers de communication interpersonnelle et de discussions avec celles et ceux qui s’intéressent à cette problématique - de répondre à ces  interrogations. J’en livre ci-après quelques éléments de réflexion.
Ferid Chikhi