25 déc. 2012

Une nouvelle année va bientôt débuter ! ... et des résolutions ...

BONNE  ET  HEUREUSE ANNÉE  2013! 
Il y a celles et ceux qui ont été rassurés et celles et ceux qui n'y ont pas crus à cette histoire selon laquelle dans le calendrier Maya la fin du monde était fixée au 21 décembre 2012. Cela n'a pas eu lieu. Certains ont été de leur opinion soulignant qu'il s'agissait, non pas de la fin du monde mais, de la fin d'un monde. Mais lequel se demandent les plus sages. 
Parmi les plus fatalistes - les Musulmans étant les plus nombreux - il y a celles et ceux qui répondent qu'ils sont encore en 1433 et les plus optimistes - les Berbères ou Numides c'est selon ... - répliquent qu'ils sont en 2963. 
Pour ma part je vous invite à prendre un vol, le numéro 2013. C'est pour bientôt. Vous trouverez ci-après tous les détails.

0.1.2.3 ... 2013.
Elle sera spéciale parce qu‘elle  porte en elle, dans le désordre,  les 4 premiers chiffres que nous apprenons dés notre première enfance.  0.1.2.3.
Croyez-moi, ça n’a  rien à voir avec les autres calendriers.
S’il en existe un de référence c’est l’Amazigh et je vous invite aussi à célébrer  Yennayer 2013-01-12.  Je vous propose, donc,  de vous joindre à moi.

L'embarquement pour le vol 2013 est annoncé !
N'emportez dans vos bagages que les meilleurs moments des années  ‘’2000’’.
Laissez les mauvais moments aux objets perdus.
La durée de votre voyage sera d'exactement 12 mois.
Vos prochaines escales sont : Santé, Amour, Joie, Harmonie, Prospérité et Paix.
Le Commandant de bord vous propose le menu suivant, servi durant le vol:
Cocktail d‘affection - Suprême de bonne santé - Gratinée de réussite
Plateau de bonnes relations - Salade de réussite
Bûche du bonheur
Le tout accompagné de bulles d'éclats de rires.
Bon et agréable voyage à bord du vol 2013!
Ferid Chikhi 

3 déc. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 176-


Immigration : Intégration – Insertion – Assimilation -3/3-
Des interprétations divergentes !?
Dans les deux précédentes parties de ma réflexion j'ai abordé la récurrence du débat sur l’immigration en relevant que cela se passe à chaque changement de gouvernement ou en moyenne tous les deux ans sans qu'au plan fondamental rien ne change. L’objectif final,  c'est à dire, l'intégration des immigrants, au fil du temps,  perd de sa pertinence et devient de plus en plus incohérente.
Les principaux acteurs - institutions gouvernementales, organismes d'accueil et d'installation et immigrants - occupent le même espace et se parlent mais ne se comprennent pas. Les premiers déterminent des budgets affectés selon les besoins exprimés par les seconds. Ces budgets sont parfois réaffectés parce que non utilisés ou au pire réduits sans que la situation ne s'améliore. Un grand  nombre parmi les troisièmes (immigrants) se retrouvent dans la marge et jamais dans le flux normal de l’apport à la société que ce soit au plan social, culturel, économique et bien plus loin politique.
Or, deux questions essentielles se posent en ce qui concerne la non-atteinte des objectifs d'intégration : pourquoi les politiques mises en œuvre ne fonctionnent pas et pourquoi ne sont-elles pas corrigées, adaptées ou tout simplement remplacées par d'autres plus efficaces ?
Il faut savoir que ce n'est pas le lieu, ici, de faire le bilan de tous les programmes facilitant ''l'intégration'' - d'autres s'en chargent – même si une autre question sous-jacente aux deux précédentes apparaît et concerne, encore une fois,  la définition et la compréhension de ce concept par les principaux concernés (institutions, organismes, intervenants et immigrants) et le rôle de chacun.
Il est clairement établi par des analyses, des études et des recherches académiques que les dysfonctionnements observés sont de divers ordres et niveaux. Mais je retiens, comme avancé précédemment, qu’en matière de concepts les interprétations sont divergentes. En effet, lorsque certains disent ''intégration'', d'autres pensent ''assimilation''; lorsque quelques-uns pensent ''insertion socioculturelle'' d'autres optent pour ''insertion professionnelle''
Ainsi, au lieu de procéder par tâtonnements en changeant les procédures en amont, c'est à dire au niveau de la sélection des bassins, même si elles bénéficient (les procédures) d'arguments présentés comme étant solides pour les justifier, il n’en demeure pas moins que leur subjectivité est avérée. Il aurait été plus pertinent selon beaucoup d’observateurs de s'intéresser aux blocages déjà ciblés, pratiquer des solutions appropriées pour absorber les immigrants qui grossissent les bancs du bien être social et les rangs des déqualifications pour ne pas dire disqualifications et bien entendu, et seulement par la suite, revenir au modèle de sélection qui se base sur une pondération que d'aucuns qualifient de primaire.
Or ces ‘’légers changements’’ dans la politique de sélection et de provenance des nouveaux arrivants semblent aller dans le sens d'une tentative de réponse à un questionnement mal fondé. Néanmoins, même s’il s’agit de changements qui paraissent mineurs pour les institutions gouvernementales ils sont qualifiés de majeurs par les populations initialement considérées comme potentiellement intégrables.
Ne faisons-nous pas partie de la société d’accueil ?
Là encore, le questionnement se fait plus précis de la part des immigrants sélectionnées par le Québec et devenus citoyens canadiens : Faisons-nous ou ferons-nous vraiment partie de la société d’accueil ?  Ou encore, Les politiques gouvernementales en lien avec cette philosophie sont-elles comprises comme un moyen de considérer les immigrants en fonction de leurs provenances ou le sont-elles réellement sans aucune discrimination ?
Les réponses peuvent être déclinées de plusieurs façons : pour les immigrants d’origine africaine (Ouest et Nord) les blocages sont créés pour les exclure puisque leurs profils sont soumis à un tamis de critères et d'exigences spécifiques, telles la reconnaissance de leurs acquis à l’extérieur du Québec avant l'acceptation par les ordres professionnels, la justification de la connaissance de la langue française ou pour le moins celui de la maîtrise d'un minimum linguistique, etc. Alors que pour les autres  des facilités sont négociées entre les gouvernements.  
Que se passe-t-il dans les faits et la réalité au quotidien ?  Une fois l’installation réalisée (logement, inscription des enfants à l’école, obtention des différents papiers administratifs, ouverture de comptes en banque, avis de conformité des diplômes, etc.) il faut s’atteler à la recherche de l’emploi. A cette phase du parcours, la situation prend une autre tournure et se déploie différemment des attentes des uns et des autres.
Les chemins vers l’emploi deviennent de véritables pistes semées d'embûches : non reconnaissance des diplômes et de l’expérience professionnelle, mise à niveau impérative, nécessité d’un bilan de compétences, etc. ce qui en soi est louable. Cependant, rejoindre l'autoroute de l'intégration devient petit à petit une chimère.
Alors, si le sens commun comprend l’intégration comme l’objectif idéal pour qu’un individu rejoigne une partie de la société d’accueil, selon un préjugé favorable, parce qu’Il accepte d’en partager les valeurs, de les accepter et de les respecter, en vue de préserver l’unité et l’intégrité, sans exclusion des différences, une telle approche veut aussi que les institutions, toutes les institutions, de cette société créent les conditions sine qua non pour l’atteinte d’un tel objectif. Mais s’agit-il vraiment d’intégration ? N’est-il pas plutôt question d’assimilation qui ne saurait se traduire que par l’abandon de son ancienne façon de vivre ?  
Par ailleurs, même si les procédures de recrutements des immigrants doivent être adaptées aux besoins en main-d’œuvre des employeurs, le schéma de l’organisation de l’accueil et de l’installation doit lui aussi être réaménagé, adapté et réorienté.
Reste la question des ordres professionnels, si elle est souvent mise en exergue c’est parce que  beaucoup d’observateurs, de spécialistes ainsi que les principaux concernés et même les analystes les plus férus de l’emploi la considèrent comme cruciale. Il faudra tôt ou tard trouver une réponse à chacune des questions suivantes :
  • Comment contribuer  à moins de "protectionnisme" et à ce que les ordres professionnels ne se cachent pas derrière "la défense des intérêts du public" pour encore et encore fermer leurs portes au lieu de s'ouvrir un peu plus aux personnes immigrantes ?  
  • Comment réduire le temps du processus de reconnaissance ?
  • Comment limiter les coûts de financement de cette reconnaissance ?
Il faut reconnaître que le dossier de l'intégration, très complexe par ses multiples facettes, que ce soit en amont ou en aval, devrait faire l’objet d’un profond dépoussiérage en tenant compte de l’expérience de Montréal sans reproduire les mêmes erreurs et du potentiel d’accueil des régions.
Des hypothèses de travail existent et le choix courageux de celles qui fonctionnent permettraient d’éviter des déperditions, des reconversions déconcertantes, imprévues et négatives avec des conséquences insoupçonnées non seulement pour l’immigrant, pour sa famille (ses enfants, ces futurs citoyens du Québec) mais aussi pour la société québécoise.
Ferid Chikhi
http://www.vigile.net/Integration-Insertion-assimilation,52257 
http://www.politicoglobe.com/2012/12/immigration-integration-insertion-assimilation-33-2/ 

25 nov. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 175-

Immigration : Intégration – Insertion – Assimilation -2/3-
Des changements sélectifs !?
Considérant l’intégration et l’insertion des nouveaux arrivants, n’est il pas dit que ‘’ces deux concepts reposent sur des théories institutionnelles très distinctes bien que par endroits elles soient complémentaires et même indissociables’’ ?
En Europe, il existe une troisième schéma nommé l‘’assimilation’’ et qui fonctionne assez correctement dans bien des situations mais qui montre ses limites dans bien d’autres. L’assimilation pourrait être de mise, même ici au Canada et au Québec, toutefois, elle n’a jamais été considérée comme appropriée à cause de la multitude d’origines des nouveaux canadiens. Mais au Québec, il subsiste une idée qui revient souvent à la surface et qui consiste à souligner que les ‘’Québécois sont purs, obligatoirement d’origine européenne et seulement de souche française’, il doit, par conséquent en être de même pour les nouveaux''. Si cette dernière condition n’est pas validée, l’assimilation n’a pas sa raison d’être  
Ces ‘’légers changements’’ dans la politique de sélection et de provenance des nouveaux arrivants semblent aller dans le sens de cette idée, avec cependant, la minimisation de l’attribut ‘’de souche française’’. Donc, même s’il s’agit de retouches pour le moment imperceptibles, sous le couvert de l’amélioration des conditions d’intégration, elles peuvent être qualifiées de majeures parce qu’elles constituent les prémices d'une tendance qui semble se mettre en place et qui ira en augmentant pour créer les conditions idéales de la mise en œuvre de ce concept.
Et pour cause, dans l’analogie avec l’Europe il existe deux raisons qui militent en faveur de cette tendance : La première est économique : en effet, la situation de crise que traverse une grande partie de ce continent pousse les jeunes européens et notamment les Français, les Espagnols, les Grecs et bien d’autres, à la mobilité internationale. Le Québec est un point de focalisation potentiellement intéressant mais cette population garde à l'esprit la perspective d’un retour une fois la crise totalement dépassée.  La seconde est que si l’assimilation se définit comme le consentement des immigrés ou immigrants aux prescriptions réglementaires, aux conventions sociales, aux habitudes partagées de la société d’accueil, l’exercice est simplifié puisque le Québec est d’accord pour faciliter l’apport de ces seuls immigrants par le truchement de procédures très allégées.
Si ce n’est le fait nord américain du Québec, l’identité, les spécificités socioculturelles d’origine (…), il faut admettre que du côté de ces nouveaux arrivants, les cousins européens, ne posent pas de problèmes identitaires ou culturels fondamentaux pour leur absorption et même leur assimilation.  
Par ailleurs, si au Canada et au Québec, l’on s’en tient aux diverses définitions, que l’on recense ça et là, du concept d’intégration personne ne saurait occulter le fait qu’il a d’abord, était appliqué aux handicapés qui, en tout état de cause, sont admis comme faisant partie intégrante de la société, avant de glisser en douceur vers un usage plus collé et devenu, sauf rares exceptions, exclusivement collé aux seuls immigrants.

22 nov. 2012

Un Numide en Amérique du Nord -174-


Immigration : Intégration – Insertion – Assimilation -1/3-
Quelques problématiques succinctes
Au Québec, le débat sur l’immigration revient sur la scène médiatique, à chaque changement de gouvernement ou en moyenne tous les deux ans, avec une récurrence chronométrique, alors qu'au plan fondamental rien ne change puisque l’objectif mis de l’avant c'est-à-dire l’intégration des nouveaux arrivants a perdu de son harmonie et de sa cohérence. À la limite, considèrent des observateurs avertis et des analystes éclairés des politiques d’immigration, cela devient une querelle byzantine dont seuls des pans entiers de nouveaux arrivants en pâtissent.
Alors, qui penserait à mal si quelques-uns parmi-eux se posent une série de questions qui leur paraissent essentielles et qui sont perçues et traitées différemment par les acteurs principaux - Gouvernement (ministère de l'immigration et du travail, etc.), syndicats, ordres professionnels, université, organismes d'accueil, organismes de soutien à l'emploi, etc. ? Partant du principe que ces organisations font de leur mieux, chacune de son côté, il est, malgré tout, accepté et reconnu que dans les faits les résultats sont peu probants.  
Sans aller chercher l’énoncé d’une problématique scientifiquement observable, j’ai partagé avec quelques immigrants en provenance d’Algérie, du Maroc, de Roumanie, de Colombie et de France, quelques réflexions qui ont abouti à formuler les questions suivantes :
1) Si ce sont les politiques gouvernementales qui ne fonctionnent pas, pourquoi ne sont-elles pas corrigées selon un modèle de réflexion pertinent ?
2) Si ces mêmes politiques sont inadaptées pour assurer la réussite de cette intégration, comment se fait-il que les programmes appropriés ne sont pas conçus pour réussir après une période maximale de six mois, qui serait en tout état de cause le plus long terme ?
3) En d’autres mots, ces politiques sont-elles dépassées, caduques et par conséquent obsolètes au vu des contraintes socioéconomiques que vit un grand nombre de nouveaux arrivants avant l’obtention de la citoyenneté ? Cinq années de galère !?  Dans ce cas,
4) Comment se fait-il qu’elles ne soient pas reformulées en faisant, par exemple, table rase des programmes existants au lieu des les mettre à jour et de soi-disant les adapter alors que ces mises à jour et ces adaptations n’aboutissent pas aux résultats escomptés ?
5) Au moment oû un grand nombre de pays européens se lance dans l'appel à l'immigration pour contrer les conséquences d'une démographie qui échappe aux gouvernants, comment se fait-il que le Canada et le Québec s'obstinent à maintenir les mêmes tendances en matière d'immigration et d'intégration des nouveaux arrivants ?  
Bien entendu, si l’on tient compte des réponses et des commentaires des professionnels institutionnels (Immigration, emploi et organismes para publics, universtiés et chercheurs …) tout est mis en œuvre pour y remédier. Mieux encore, ils annoncent toujours que de nouveaux programmes sont mis de l’avant pour combler les déficits et répondre aux demandes des nouveaux arrivants.  Ce qui est vrai et personne ne saurait le réfuter.
Cependant, dans la pratique quotidienne, des centaines de ces nouveaux ou futurs nouveaux citoyens se retrouvent dans la marge et jamais dans le flux normal de l’apport à la société que ce soit au plan social, culturel, économique et bien plus loin politique. Trois de mes interlocuteurs sont d'accord pour souligner que les programmes sont les mêmes depuis plus de 10 ans et que seuls les titres et quelques aspects sont changés.
Viennent s'ajouter deux autres questions : Y a t’il une ou des raisons en plus du questionnement ci-dessus et la problématique serait-elle en amont du processus de sélection, au milieu ou après l’arrivée des immigrants ? Qu'importe la place de ces interrogations !? Peut être, pourraient dire, outre le groupe de mes cinq interlocuteurs, un grand nombre d’observateurs sollicités.  Il n’y a aucun doute répliqueraint d’autres.
Allant dans le sens de cet énoncé et considérant le terme ‘’Intégration’’, je me suis demandé s’il est réfléchi et compris de la même façon par les intervenants, les spécialistes et autres conseillers en immigration ou en intégration. La réponse que j'obtiens est synthétisée, partagée et formulée comme suit : Selon divers avis recensés il a été vidé de son sens tellement il a été galvaudé depuis au moins une dizaine d’années. Or, ce qui est le plus essentiel c'est la participation à une vie sociétale et économique. Ce n’est point le cas ».
Retenons que des définitions préétablies, il ressort qu'est ‘’immigrant toute personne née de parents étrangers à l’étranger et qui a été accepté par le Québec et le Canada en tant que résident permanent’’.  La citoyenneté étant accordée suite une demande formulée après trois années (un peu plus que 1001 jours) passées sur le territoire Canadien.
Mais en dépit de l’acquisition de la citoyenneté, beaucoup de nouveaux canadiens et nouveaux québécois originaires des pays d'Afrique continuent à être qualifiés d’immigrants. Pire encore, des citoyens de la deuxième ou troisième génération nés au Canada conservent cette qualité au plan social et un grand nombre parmi eux vivent les mêmes problématiques d’intégration que les derniers arrivants.
À suivre

10 nov. 2012

Un Numide en Amérique du Nord – 173 -

Liberté terre d’exil !
Pacte ancestral imprimant l’identité.
Parcours balisés pour des guetteurs avertis.  
Attache et rattache par des attaches
Que l’épée d’Alexandre ne peut diviser ni scinder.
Souffle, aspiration profonde.
Confession. Factum. Mémoire.
Passions assoupies, amours apaisés
Racines profondes affermissant
La terre de Massinissa, de Jugurtha.
Tin Hinan, FadHma et Dihya.
Origines. Sources. Racines.

Qui vivent, qui s’étendent jusqu’aux fondements.
Ne s’arrêtant jamais de combler.
Comme des sentinelles qui repèrent les horizons
Et en appellent à la résistance.
Révolte. Rébellion. Révolution.
Patrie non pas unique mais duelle.
Pays qui m’a vu naître.
Terre des hommes qui ont occupé
Gorges, Vallées et Défilés.
La liberté comme le vent rebelle  
Façonne les monts et balaie la plaine,
Foyer. Nation. Patrie.
Liberté sans Patrie, nuages sans ciel
Culture sans arts.
Pays d’exil, terre d’amitié
Fleuve qui traverse en toute intimité
La terre nourricière.
Territoire d’Éole accompagnant  
De nouveaux bâtisseurs.
Patrie de partage, espace de tolérance,
Réceptacle des âmes bénies,
Et de l’esprit sacré élevé et honoré,  
Terre fertile de l’homme libéré.

Que de cris, de colères et de larmes,
Que de paroles, de mots, de langage,
Une langue figée en mouvement.
Que de bonheur, de joie et d’allégresse
D’un jour qui perdure   
Liberté et Patrie affirmées.

Ferid Chikhi

31 oct. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 172 -

Il faut rêver grand pour atteindre une partie de son idéal  !
Suite à ma réflexion ‘’La souveraineté du Québec : Utopie ou Instrumentalisation intellectuelle ? - 2 – ‘’ publiée sur Vigile.net (1) et Politicoglobe.com (2), des lecteurs ont émis des commentaires que j’ai eu le plaisir de lire. Le dernier celui de M. Robin Larocque très intéressant par son contenu et sa forme l’est aussi parce que c’est un jeune qui s’est exprimé comme l’ont fait des milliers d’autres durant le printemps 2012. Je lui propose ci après mon commentaire et mes questionnements.
@ rolar116, M. Robin,
Comme je l'ai déjà dis dans une autre réflexion je ne connais pas grand chose de la politique québécoise et je veux apprendre ... et loin de moi l’idée de donner des leçons …
Alors voici à la fois des commentaires et des questionnements qui ne s'adressent pas forcement à vous mais à tous ceux qui vont dans la même direction que le sens commun :
1) c'est bien de savoir dans quel camp chacun se positionne.
Le votre, vous le décrivez très bien, à partir du chef d’Option Nationale. Vous faites confiance à un homme qui vous a ‘’charmé’’. Vous ne dites pas par quoi ? Est-ce pour son charisme !? Le contenu de son discours, idées développées, style de communication, franchise, intégrité, engagement pour la cause  !? Son éloquence !?...
2) Vous parlez de la jeunesse et de ''la crise étudiante'' ... 
ü De quelle crise s'agit-il ? Le fait de sortir dans la rue pour crier son ras-le-bol et dénoncer les pratiques néolibérales en matière d'accès à l'instruction, à l'université et à l'école avec deux entités la publique, celle où tout le petit monde peut aller et les privées financées par l’argent du contribuable accessible aux plus nantis !?  À mon humble avis il ne s’agit de crise mais bien d’une belle prise de conscience. Et, je dis Bravo aux initiateurs et à ceux qui les ont soutenus !
ü b) Des projets de la ''jeunesse québécoise ... '' !? Là aussi de quels projets s'agit-il !? Celui de l'indépendance, celui de son devenir, celui d'un projet de société inclusif !? Oui ! C’est ce que j’ai entendu lorsque les Gabriel Nadeau Dubois, les Desjardins, les Léo Bureau-Blouin et tous les autres, ont, à chaque fois, pris la parole lors des manifestations estudiantines. Oui ! Il y a une prise de conscience, il y a une prise de parole pour véhiculer les idées d’un projet de société. Là aussi je crie Bravo ! 
3) Jean Martin Aussant !?
Oui, je conçois bien qu'il s'agit là d'une jeune personnalité politique connue pour ses positions souverainistes et qui a su mobiliser, au vu de mes observations,  une frange de la jeunesse québécoise par des idées claires et porteuses d'une démarche politique d'avenir. Et le reste, de quoi s'agit-il ?
Vous dites ‘’je suis convaincu qu’en donnant à M. Aussant la tribune nécessaire, il saura rallier les Québécois derrière le plus beau des projets qu’une société puisse avoir’’. Croyez-vous vraiment que les vieux partis vont se gêner de l’empêcher d’en occuper une seule ? Une tribune, c’est comme la liberté, ça ne se donne pas mais ça s’arrache, ça s’occupe. Les jeunes l’ont démontré durant le printemps 2012.
Une autre question : qu'est ce qui le différencie - et puisque vous citez le PQ - de Bernard Drainville, de Stéphane Bédard ou de Martine Ouellet ?
Mieux encore, qu’est ce qui le différencie de vous et de ceux qui ont conçu depuis plus de 45 ans la souveraineté du Québec comme un rêve pour une société distincte ? Vous n’en soufflez mot en tant que jeune. Est-ce, comme vous le dites, par méconnaissance ou encore parce que vous n’avez ‘’pas connu cet engouement social et politique qui provoquait ires et passions’’ ?
Dans ma réflexion sur la souveraineté du Québec, je le maintien là aussi, j’ai retenu une classification que certains ont trouvé peu simpliste mais elle a fait mouche, je me la suis appropriée et je l’ai partagée : Il y a ceux qui sont pour et il y a ceux qui sont contre. Je vous classe dans celle des pours avec cependant un bémol : lorsque vous me le confirmerez en mettant de l’avant le pourquoi et le comment vous voulez le faire. Il est vrai  que le moment et les moyens viendront par la suite.  Il faut rêver grand pour atteindre une partie de son idéal.
Lorsque je repense aux révolutionnaires cubains, vietnamiens, algériens, etc. des années ‘’50’’, leur âge ne dépassait pas les 25 ans. Ils ont atteint le summum de leurs actions en mettant un terme à la colonisation de l’Afrique, de l’Asie du Sud Est et de l’Amérique Latine … ils avaient non seulement un idéal mais aussi un projet de société et avant de le mettre de l’avant, ils ont appris à en maîtriser toutes les parties de son contenu et de son idéologie, à le vulgariser pour en parler, à en user pour rassembler, sensibiliser et à motiver le reste de leur peuple. Ils avaient le même âge que les premiers souverainistes.
Je sais qu’‘’à d’autres temps d’autres mœurs, et à d’autres pays d’autres façons de faire’’ mais les objectifs étant les mêmes, les plus éclairés d’un peuple et sa jeunesse doivent l’orienter et l’aider à faire les bons choix.
J’aimerai tant vous lire, vous entendre, vous voir – vous les jeunes - sachant que vous voulez faire partie de la solution, alors écrivez, parlez, faites vous lire et faites vous entendre. Durant le printemps dernier rares sont ceux qui ne vous ont pas vus, lus et entendus … mêmes ceux qui étaient contre vos actions … ceux qu’il faut convaincre. Alors je reprends la chute de mon écrit : ’’Je fume du thé et je rêve éveillé pour qu’un jour je vive la souveraineté du Québec et encore plus de libertés et tant pis pour ceux qui ne l’aiment pas. Là c’est comme si j’optais pour que ce soit ma seconde indépendance’’.
Ferid Chikhi

27 oct. 2012

Un Numide en Amérique du Nord -171-

Héros du quotidien !?
La différence comme valeur enrichissante
Tout a commencé par l’énoncé d’une simple question qui se lit comme suit : ««Connaissez-vous une personne qu’on peut appeler’Héros du quotidien’’ ?»»  Cette formulation se poursuivait par ««Les médias n’en parlent pas, mais cette personne contribue à transformer notre société par ses gestes exemplaires et quotidiens. Partagez avec nous son influence sur votre vie.»»
J’ai été invité à assister à la discusion et à y prendre part avec un groupe de quelques personnes de divers statuts et formations.
À vrai dire, j’ai du m’y prendre à plusieurs reprises afin de trouver celui ou celle - le héros ou l’héroïne - qui me marque au quotidien, auquel je me réfère autant de fois que je le peux, dans la journée, la semaine, le mois. Mais, il y avait une exigence incontournable, il fallait que ce soit quelqu’un ‘’d’inconnu. Un monsieur ou une dame simple et qui passe inaperçu(e)’’.
Au début, j’ai commencé par faire une sélection parmi les personnes les plus proches que je connaissais et avec lesquelles j’ai eu des moments de plaisir ou qui m’ont inspirées. Une personne parmi celles qui, tout en étant anonyme, a été l’auteur d’un évènement remarquable, exceptionnel, mémorable, pas forcément sensationnel mais qui m’a interpelé et surpris par son originalité.
Plus le temps passait plus je me rendais compte que le simple fait d’y penser rendait le choix plus tenu. J’ai du alors affiner mes critères pour considérer seulement ‘’une personne qui contribue à transformer la société par ses gestes exemplaires’’.
Au début, les premièrs personnages qui défilèrent dans ma tête sont ceux de ma femme et de mes filles. Leurs vécus depuis plus de 30 ans ont été pleins d’actes de courage et de bravoures, durant des moments oû leurs vies étaient réelllement en danger. Des instants de sacrifice et de renoncement lorsqu’il fallait tout laisser et partir, quitter la famille, les amis, le pays. Je revoyais l’humilité et la réserve avec lesquelles il fallait œuvrer pour rassembler le plus de monde autour des actions à mener et lorsqu’avec des proches qui ont vécu certains des mêmes évènements nous avons osé prendre les devants de la scène en restant discrets. Elles jouaient un rôle prépondérant.
C’était aussi des périodes très longues de fidélité aux valeurs inculquées des années durant. Le regard sur les autres membres de la famille, les proches, les amis, la patrie toujours présents dans la mémoire de chacun et de tous. Ou simplement, ce moment fort critique de faire face à l’exil.
Toutes ces attitudes, ces comportements qui sont les leurs ont toujours été renforcés par une abnégation à toute épreuve même si des nouveautés surgissaient les unes après les autres.
J’ai aussi pensé à mon père et à ma mère … mais cela devait se faire à titre posthume.  Ce qui n’était pas initialement demandé. J’ai alors pensé à mes sœurs et mes frères qui chacun(e) de son côté suivait un destin forgé dans le creuset des valeurs imprimées par notre père et notre mère.
Finalement, j’ai opté pour évoquer des personnes avec lesquelles, depuis un peu moins de cinq ans, je passe le plus clair de mes journées. Quelques-uns de mes collègues. Je dis bien quelques-uns. Ils font leur travail avec un dévouement singulier et un grand respect à l’égard des handicapés qui souhaitent intégrer le marché du travail. Leurs œuvres s’enregistrent au quotidien par leur densité, leur complexité, leur concentration et bien entendu leur portée socioéconomique.
Ce sont des moments de vérité renouvelés. Chaque fois qu’une personne vivant des limitations fonctionnelles, physiques, psychiques ou neurologiques est prise en charge par un ou une de ces collègues et qu’elle réussit, après un laps de temps, à rompre avec des habitudes qui l’isolait, la claustrait et la confinait, c’est ni plus ni moins qu’une victoire sur l’exclusion et une réussite pour l’inclusion. Pour un Schizophrène, un déficient intellectuel, un dysphasique, une personnalité limite, un TED, un sourd, etc. intégrer le marché du travail ce sont des yeux qui brillent, un sourire sincère par sa spontanéité, une attitude gagnante simplement exprimée, une reconnaissance malgré un handicap persistant et significatif.
C’est aussi un pas vers l’allègement du fardeau des proches qui depuis fort longtemps, pour un grand nombre d’entre-eux, se sont dévoués à une cause qu’une partie importante de la société ne perçoit pas ou ne discerne pas ou mieux encore ne veut pas comprendre.
Ce sont ces personnes - les conseiller(e)s en intervention - prises individuellement ou collectivement qui sont des ‘’Héros du quotidien’’. Les médias n’en parlent pas. Pourtant elles contribuent à transformer la société par leurs gestes exemplaires et quotidiens. Leur seul but étant de consacrer la différence comme valeur enrichissante lorsqu’elle est traitée avec égard respect, estime et déférence.  
Ferid Chikhi

14 oct. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 170 -

La souveraineté du Québec : Utopie ou Instrumentalisation intellectuelle ? - 2 -
Réponse à quelques commentaires de lecteurs
@ Michel Bélisle alias Didier - @ André Gignac - @ François A. Lachapelle
Vos commentaires sont fort intéressants et il me faudra en tenir compte. Je concède que l’entrée en matière entre Mélanie et Gilles est certes poussive - comme vous le dites si bien - mais il n’empêche qu’un immigrant qui veut comprendre les tenants et les aboutissants de la souveraineté n’a d’autre moyen que de telles conversations qui lorsqu’elles sont provoquées à bon escient sont riches en enseignements. Il est vrai que je n’ai pas livré toute la conversation mais ce qui me semblait être pertinent suite au mouvement estudiantin et social du printemps et du début de l’été. Cela en valait la peine parce que les deux amis étaient âgés pour Mélanie de 38 ans et pour Gilles de 33 ans. (Ça c’est pour vous M. Bélisle. Peut être que chez les plus jeunes – celles et ceux qui sont ont occupé la rue l’âge tournait autour de 22 ans).
Vous m’invitez à d’abord apprendre un peu plus sur « … les méandres historiques qui expliquent cette "grande danse" dont la musique est "fédéraliste … en vous arrêtant seulement ‘’à deux faits qui contiennent des subterfuges de nature "impérialiste britannique", le fameux "fair-play" britannique.’’ », je vous remercie de cette attention, mais sans prétention aucune ma formation à l’université, il y a de cela trois quatre décennies à débuté par des études en civilisation britannique et par conséquent par ce que beaucoup avant nous ont qualifié de ‘’Perfide Albion’’(Cf. Shakesspear).
Vous faites référence à l’Algérie en soulignant le fait que «« ‘’ les algériens ont pris les armes. Ici, au Québec nous n’avons pas eu le "courage" de prendre les armes.’’ Vous rajoutez que … ‘’ vous comprenez sans doute pourquoi nous n’avons pas pris les armes. En tant que souverainiste, j’aspire à fondé le Pays du Québec par des moyens pacifiques.... ’’ »».
J’aimerais, à mon tour, vous inviter à relire le passage de mon texte où je mentionne qu’ «« à d’autres temps d’autres mœurs, et à d’autres pays d’autres façons de faire »» et j’ajouterais que les Algériens n’ont pas pris les armes sans raisons, mieux encore ils l’ont fait à deux moments historiques de leur devenir.
* Dés le 05juillet 1830 lors de l’invasion de la France colonialiste jusqu’à la reddition d’Abd El Kader en 1847, celle des tribus de Grand Kabylie en 1857 même si des soulèvements ont été observés jusqu’en 1871.
S’en est suivie une longue période de ‘’pacification’’ selon la France Coloniale entraînant - ce dont ne veut pas parler la France - son lot d’enfumades, de massacre de population, de spoliation des terres, d’aliénation culturelle, d’effacement de la mémoire identitaire, etc.
À la veille de la 1ere guerre mondiale un mouvement national algérien renait de ses cendres pour revendiquer le droit à l’égalité ou à l’indépendance. Des militants et des penseurs algériens vont ridiculiser les plus importantes personnalités du régime colonial français et finiront dans leur majorité par être placés sous surveillance policière alors que d’autres assignés à résidence en Égypte et en Syrie. Ce n’est qu’en 1926 que l Émir Khaled préside le premier parti algérien ‘’L’Étoile Nord Africaine’ ’.
* Au lendemain de la 2nde guerre mondiale les algériens ont été invités - sous la promesse ferme de bénéficier des libertés chèrement défendues contre l’Allemagne nazi - à y participer en Allemagne, en Italie, dans les Balkans et bien entendu en France.
Le 8 mai 1945 - date marquée du sceau de la libération et de la liberté - ont lieu des manifestations d’Algériens dans plusieurs villes de l’Est du pays qui devaient à la fois fêter la victoire et rappeler les revendications nationalistes dans la liesse. A Sétif et à Guelma, les manifestations ont été d’abord réprimées par la police ensuite par l’armée française qui a étési brutale que 45 000 civils de seconde zone (algériens) ont été lâchement assassinés.
Je suis certain que vous comprenez que la révolution algérienne aurait pu être aussi tranquille que celle que les souverainistes mènent depuis les années ‘’60’’, cela n’a pas été le cas parce que les esprits colonialiste et impérialiste ne concèdent l’indépendance de ce qu’ils occupent par la force que par la force.
Quant à la Tchéquie et à la Slovaquie, certes leurs indépendances se sont faites pacifiquement surtout qu’il n’y avait pas une véritable hégémonie de l’un sur l’autre et je souhaite que ce modèle soit réitéré pour le Québec mais, là aussi nous ne sommes pas dans le même schéma ; le Canada Britannique domine par les institutions le Québec, sous la surveillance complice du voisin du sud.
Cependant, et à mon humble avis, ce qui pousse à la révolution armée ce sont la précarité, la privation, la faim, les brimades, la spoliation, l’aliénation culturelle, l’effacement de la mémoire identitaire et tous ce qui touche à l’intégrité physique et morale des individus. Nous n’en sommes pas là. Par contre, il y a un facteur essentiel et déterminant dans toute révolution : le niveau d’éducation pour ne pas dire d’instruction atteint par la masse critique du peuple et surtout par les élites. Plus il est élevé plus les mouvements sociopolitiques sont pacifiques. Le cas de la Slovaquie et de la Tchéquie en témoigne mais il faudrait avoir un Vaclav Havel Québécois. Si vous le connaissez de grâce faites le moi rencontrer.
M. Lachapelle, je vais lire le livre de Jane Jacobs, je vous ferai part de mon avis.
Merci à tous pour votre intérêt et surtout pour votre tolérance. Je la savoure !
Ferid Chikhi
De Longueuil

10 oct. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 169 -

La souveraineté du Québec :  Utopie ou Instrumentalisation intellectuelle ? - 2 -
Commentaires des lecteurs

Ma réflexion sur La souveraineté du Québec : Utopie ou Instrumentalisation intellectuelle ? - 1 - et - 2 - reprise par le journal électronique
http://www.vigile.net/La-souverainete-du-Quebec-Utopie,51408
et sur Politicoglobe
http://www.politicoglobe.com/2012/10/la-souverainete-du-quebec-utopie-ou-instrumentalisation-intellectuelle-partie-2/
a suscité quelques commentaires des lecteurs et des questionnements mettant en exergue différentes perceptions partagées ou non par d'autres lecteurs. Certains m'ont adressé leurs points de vue à titre privé afin d'éviter des polémiques stériles ou inutiles et générer des débats qui auraient avantage à se faire de vive voix.
Dans ce qui suit je partage avec les lecteurs de ConvergencesPlurielles les commentaires publiés et je les fais suivre de ma réponse
Ferid Chikhi
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Michel Bélisle alias Didier
6 octobre 2012,
L’économie mondialisée avec ses déplacements de population du sud vers le nord a changé la donne depuis le milieu des années 1980 en rapport avec le projet souverainiste qui date de la révolution tranquille. Les nouveaux arrivants considèrent en général que ce projet de souveraineté du Québec n’est pas le leur mais celui de l’ethnie française qui cohabite avec eux le territoire du Québec.
Cette mondialisation a aussi changé les attitudes et les mentalités pour les Québécois de souche au point où la jeunesse québécoise de souche ne se reconnaît plus dans le projet souverainiste. Cette jeunesse québécoise évolue désormais à un autre niveau de compréhension de la société comparativement à leurs aînés.
Je vais encore citer l’article de monsieur Rodrigue Tremblay, ancien ministre péquiste, parce que tellement pertinent pour notre époque :
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François A. Lachapelle
6 octobre 2012,
Cher algérien de naissance,
C’est ainsi que je vous comprends. Votre référence culturelle et nationale est primordialement algérienne et contient de grandes valeurs qui vont dans le sens de la primauté que les algériens ont accordé à leur accession à l’indépendance politique.
Malgré votre entrée en matière poussive par le dialogue entre Gilles et Mélanie, vous faites ressortir la valse hésitation envers le projet de souveraineté du Québec chez les québécois de souche. Cette valse hésitation est réelle. Cependant, je ne suis pas certain que vous saisissez les méandres historiques qui expliquent cette "grande danse" dont la musique est "fédéraliste".
Je m’arrête uniquement à deux faits qui contiennent des subterfuges de nature "impérialiste britannique", le fameux "fair-play" britannique. Ce fair play est à sens unique dans le fond. Les britanniques et les canadiens-anglais sont fair play tant qu’ils gagnent. Quand ils perdent, ils mettent deux gardiens dans leur but, mettent 6-7 joueurs sur la patinoire. Oui-oui, je vous entends dire : pourquoi les laissez-vous faire ? autre sujet.
Je reviens au point du "fair play" à l’anglaise qui se transforme en injustice pour le petit. J’ai trois exemples.
No uno : savez-vous que l’entrée de Terre-Neuve (ancienne colonie anglaise jusqu’en 1948) dans le Canada est probablement le résultat d’un subterfuge en inversant les résultats du 2e tour de leur référendum tenu en juillet 1948 alors que c’était l’option de l’indépendance qui avait obtenu 52% et non ce qui a été révélé au public ?
No duo : le rapatriement de la Constitution en 1982 sans le consentement du Québec : pourquoi les provinces anglaise du Canada ont acceptée ce rapatriement sans le consentement du Québec ?
No tres : le 2e référendum du 30 octobre 1995 n’a pas été perdu, il a été volé par des subterfuges des fédéralistes. Toujours au nom du fair play britannique.
En Algérie, les algériens ont pris les armes. Ici, au Québec nous n’avons pas eu le "courage" de prendre les armes.
Puisque vous vivez au Québec, vous comprenez sans doute pourquoi nous n’avons pas pris les armes. En tant que souverainiste, j’aspire à fondé le Pays du Québec par des moyens pacifiques. Vous auriez peut-être avantage à lire le livre de Jane JACOBS, La Question du séparatisme, qui vient d’être publié chez VLB, traduit de l’anglais. J’aimerais lire votre commentaire après une lecture attentive de ce livre.
Le Général de Gaule avait raison de nous réveiller en disant le 24 juillet 1967 : Vive le Québec libre ! Cela est possible par des moyens pacifiques comme l’ont réalisé les habitants de la Tchéquie et de la Slovaquie.
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André Gignac
6 octobre 2012,
Monsieur Chikhi
J’ai bien aimé votre texte qui reflète assez bien le problème québécois dans son ensemble. Voilà où nous mène le colonialisme et la confusion identitaire (Ottawa-Québec) : à tourner en rond et bientôt sur le bord du précipice avec cette assimilation qui nous rend de plus en plus minoritaires même ici au Québec.
Notre classe politique est pourrie et vendue au fédéralisme "canadian" depuis belle lurette (carriérisme et sécurité monétaire) et ça continuera ainsi jusqu’à ce que le peuple cesse de s’agenouiller, qu’il se responsabilise et qu’il se prenne en main.
75% de la population québécoise ne sait même pas ce que signifie le mot INDÉPENDANCE ; c’est peu dire. Ne comptons pas sur les médias, tous fédéralistes au Québec, pour nous donner un cours 101 sur ce sujet.
Je ne sens pas de volonté politique pour l’indépendance du Québec ; le "p’tit " pouvoir provincial suffit amplement à nos politiciens québécois sans colonne vertébrale. Ils ont déjà commencé à reculer avec le futur marché européen de libre-échange.
Plus ça change(?) plus c’est pareil !
Bon texte !
André Gignac 6/10/12
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Mario Goyette
6 octobre 2012,
Le Maire Labeaume n’acceptera aucune interférence politique dans le choix des matériaux du nouvel amphithéâtre de Québec.
Le PDG du Groupe Canam, M.Marc Dutill qui craint le "climat de peur" créé par les mesures fiscales proposées par le gouvernement péquiste laisse entendre que le bois pourrait représenter un choix risqué pour l’amphithéatre.
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Michel Bélisle alias Didier
6 octobre 2012
Je constate chez les intervenants ce même malaise qui habite les militants souverainistes de longue date, c’est à dire la difficulté d’avouer que les jeunes Québécois de souche sont indifférents à la question de la souveraineté du Québec.
Je connais un militant péquiste de longue date qui admet que le projet de pays s’éloigne de plus en plus mais des militants comme lui sont rares. Il est difficile d’admettre qu’un rêve ne se réalisera jamais. Ce militant dont je parle admet que la jeune génération de Québécois de souche montre peu d’intérêt pour la souveraineté.
Il me dit que ce que les jeunes Québécois veulent, c’est de décrocher l’emploi bien rémunéré qui leur permettra de faire la belle vie et d’avoir tous les gadgets dernier cri.
En ce 21e siècle, l’idéalisme n’est plus très à la mode.
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André Gignac
7 octobre 2012
@ Michel Bélisle alias Didier
Si la jeunesse québécoise ne se reconnaît plus dans le projet souverainiste, c’est dû à notre système d’éducation qui n’enseigne plus notre histoire nationale dans les milieux d’enseignement. Pas surprenant qu’elle ait perdu ses points de repère ! Et dire que la devise du Québec, c’est : JE ME SOUVIENS ! Pourquoi le PQ qui est au pouvoir, ne la changerait-elle pas par celle-ci ? JE SUIS AMNÉSIQUE !
André Gignac 7/10/12
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Marcel Haché
7 octobre 2012,
Le souverainiste qui vous avoue que la souveraineté n’intéresse pas les jeunes de souches a raison. Mais c’est parce qu’il fait partie de ces souverainiste qui ont cru et espéré que tout un électorat se lèverait soudainement debout, convaincue de plus en plus de la nécessité de la souveraineté. Cette sorte de grand soir rêvé depuis 50 ans de la souveraineté n’arrivera sans doute jamais. Et pourtant je crois que l’indépendance du Québec est proche.
Les québécois n’accordent pas beaucoup d’attention à ce que disent les partis d’opposition. Ils écoutent plutôt ce que peut leur dire leur gouvernement. Le gouvernement péquiste actuel, s’il se laisserait entraîner par l’analyse superficielle à l’effet que les jeunes de souches sont indifférents, serait incapable de rien pronostiquer simplement parce qu’il serait incapable de diagnostiquer, comme ce souverainiste qui croit maintenant le Rêve inaccessible.
Ce que des années de référendisme ont créé chez les indépendantistes, c’est l’idée qu’un jour ou un soir, le fameux grand soir, les québécois décideraient Quelque Chose. Ce fut une façon pour les gouvernements péquistes de renoncer à se battre pour leurs convictions, en abandonnant simplement l’électorat qui les avait portés à un référendum.
Le gouvernement actuel a renoncé à s’en remettre à un hypothétique référendum. Cela le condamne à se battre. Voudrait-il renoncer que ses adversaires, eux, ne renonceraient pas. Et d’autant moins qu’ils n’ont plus à simplement attendre un référendum pour défaire le gouvernement.
Collectivement, nous ne sommes plus dans le « pourquoi » la souveraineté—cela sera facile à vendre par un gouvernement— nous sommes dans le « comment ». C’est précisément parce que nous sommes dans le « comment » que les partisans du « pourquoi » qui ne le reconnaissent pas font un diagnostique qui peut paraître si pessimiste.
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Michel Bélisle alias Didier
8 octobre 2012,
Une autre chose dont on ne parle pas et qui explique également en partie, je crois, pourquoi la jeunesse québécoise de souche est indifférente ou même contre la souveraineté, c’est cette réalité que décrivait il y a plus de 20 ans, à la fin des années 1980, monsieur Guy Paiement qui était à l’époque directeur de la revue "Relations".
Monsieur Paiement constatait à la fin des années 1980 qu’au Québec, c’était dans les classes socio-économiques les plus défavorisées qu’il y avait le plus de solitude et le moins d’enfants.
Et en regardant les résultats de la dernière élection dans la région de Québec par exemple, le seul comté qui a élu une péquiste (madame Maltais) comprend le quartier le plus défavorisée socio-économiquement parlant de la ville de Québec.
Si cette tendance des couches plus aisées à ne pas voter PQ est confirmée dans la région de Québec, cela veut dire que le fait que depuis plus de vingt ans, les pauvres ont moins eu d’enfants que les classes moyennes ou aisées, cela a peut-être fait baisser du même coup le pourcentage d’appuis au parti Québécois et à la souveraineté dans les années 2000.
Il y a d’autres facteurs évidemment qui entrent en ligne de compte comme la tendance au chacun pour soi qui s’est accentuée, rendant ainsi plus difficile les projets de pays ou de société
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