16 janv. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 135 -

2012 pour un retour sur des visions et des vécus
Extraits choisis -2-
L’individu est par essence toujours en mouvement.
La récapitulation des périodes qu’une personne franchit de la naissance à la date du changement ou encore l’élaboration du tableau bord de son expérience de vie, de son existence est, à mon sens, un moyen ou mieux encore un procédé privilégié de revoir et d’imaginer, à la fois des séquences de son passé et d’envisager quelques-unes à venir ; c’est à la fois, d’un côté, troublant et émouvant et de l’autre côté, impressionnant et singulier pour ne par dire prodigieux.
Dans les faits, j’ai fais un bilan exhaustif des 50 dernières années que j’ai vécues jusqu’en 2001 et j’ai évalué par anticipation la dizaine, un peu plus ou un peu moins, qui me restait à vivre.
Bien entendu, je n’ai parcouru que les grandes étapes ou encore les évènements privilégiés et les moments qui m’ont d’une façon ou d’une autre marqué. Donc, revoir le passé et envisager l’avenir ce sont deux démarches différentes qui ont, par endroit, des similitudes. Elles se complètent mais avec un point d’arrêt ou ce qui peut être considéré comme un espace qui les sépare et qui les relie. Comme si c’étaient les outils d’un relais … un espace de transition.
Une pensée troublante
Je me rappelle par exemple que le cimetière, comme peut être tous les cimetières, n’est pas seulement fait pour accompagner à leur dernière demeure les défunts parents ou proches connaissances, il est également fait pour aller se recueillir sur leurs tombes, les jours de fêtes, se les rappeler à notre souvenir, revisiter une histoire de vie partagée. Une tradition qui persiste seulement pour les plus récents. Pourquoi le cimetière est-il remonté à la surface ? Je ne l’ai jamais compris mais c’était une pensée troublante qui a traversé mon esprit. Était-ce l’espace où sont réunis tous ces morts et qui par le silence, parfois troublé par le vent ou une légère brise, impose son propre silence, sa paix, sa sérénité ? Je n’ai jamais réfléchi à la question mais depuis le départ de MA, ce dit silence occupe parfois mon esprit.
Pour rester dans cette logique du départ et de l’arrivée, qui ne ferait pas la distinction entre les conditions du départ et celles de l’implantation ? Cependant, dans ma pensée, l’exil, la mort, le vécu, le renouveau, sont des instants que je ne peux ni prévoir, ni prédire, ni deviner. Je peux seulement y songer. Lorsqu’on meurt, on ne prend rien avec soi. Lorsqu’on part, c’est déjà le début du renouveau. Une nouvelle vie commence à chaque pas que l’on fait vers l’avenir, le futur, l’inconnu.
Ferid Chikhi