24 févr. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 139 -

Qu’est ce que le risque, qu’est ce que l’incertitude ?
Des sports extrêmes … -1-
Il est reconnu par celles et ceux qui l’ont pratiquée que la définition du risque à facettes multiples. Difficile à cerner comme notion je me risque à avancer que c'est un imprévu parfois indésirable, mal appréhendé, anodin et malgré tout peu probable mais sa survenance vous prend au dépourvu même s’il peut être connu il se distingue du hasard ou de l’incident il est souvent dangereux pour l’intégrité physique et mentale.
C’est au Canada que j’ai réellement intégré et interprété les risques que j’avais pris, comme un grand nombre de compatriotes durant les années ‘’90’’, en m’impliquant dans la vie militante et politique alors que des dizaines d’amis journalistes (Abderahmani, Djaout, Cherkit, Mekbel …), de dramadurges-écrivains-artistes (Djaout, Alloula, Medjoubi, Maatoub ...), de médecins (Belkhenchir, Boucebsi), de hauts cadres (Senhadri, Boukhobza, Faci…), des hommes de loi (Fardheheb...), et bien entendu de femmes collégiennes (Katia Bengana...), des enseignantes, infirmières, policières … étaient fauchés par les terroristes intégristes aujourd’hui ‘’pardonnés’’ par une loi abusive de réconciliation sans que justice ne soit rendue aux victimes.
Généralement, on pèse le pour et le contre d'une action. On fait un pari en connaissance de cause. On accepte un risque en fonction de l'évaluation que l'on fait de la situation et du contexte. Néanmoins, je sais que la notion de risque est à la base d'une prise de décision à la fois rationnelle et impulsive innée.
C’est au Canada que j’ai réellement compris cette notion en descendant, dans une euphorie sans limite, en radeau pneumatique (rafting), sur une distance de 12 km, la fameuse rivière rouge, située dans les Hautes Laurentides. Je connaissais le nom de cette rivière depuis que j’avais vu le film d’Howard Hawks avec John Wayne, Montgomery Clift et Joanne Dru.
Mais j’étais loin d’imaginer que je serai à un moment ou à un autre devant un évènement qui ferait remonter à la surface des souvenirs douloureux. C’est là, sur cette rivière, en fait entre ou dans ses eaux, que j’ai fais le lien, à un moment précis de la descente alors que la vague m’emportant me faisait revivre avec force et une totale confusion ces moments où les amis cités plus haut étaient ''liquidés'' froidement par des tueurs sans foi ni loi. Lorsque le radeau s’est retrouvé sur ma tête j’ai vécu l’espace de 45 secondes la plus grande peur de ma vie.
Je ne sais pas comment cela est arrivé mais ce radeau s’est retourné tout en m’éjectant dans l’eau et je me suis retrouvé en dessous. Emporté par une vague d’une puissance stupéfiante, secoué, balloté, élevé dans les airs puis noyé dans les eaux, c’était une confusion totale. Les théories de Newton sur la gravité venaient d’être confirmées. Une chute, que dis-je, des chutes qui ne me laissaient pas le temps de mesurer le risque. Durant ces moments, seule l’incertitude faisait loi.
À suivre
Ferid Chikhi

8 févr. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 138 -

Pour de nouveaux espaces d’un vivre ensemble, ‘’Nous le Peuple ….’’
En toute liberté (2)
«Ma seule liberté est de rêver, alors je rêve de liberté»
Benoît Granger
Des enseignements ont été tirés par les uns et les autres à tel point que certains n’étant pas en accord avec les lois, les règles et les principes des ««plus forts»» ont cru bon penser différemment. Ils ont exprimé leurs idées sans contrainte et pour le faire ils se sont déplacés hors du cercle prescrit et créé les conditions de liberté qui leur convenaient et ce au mieux de leurs intérêts et des leurs proches.
C’est ainsi que l’Amérique du Nord a été fondée par les Pères Pèlerins ‘’The Pilgrims Fathers’’ ; dissidents anglais qui voulaient se séparer de l’église anglicane. Celle-ci les a déclarés, hors la loi. Et hors de l’ordre du temple, ils ont su édifier la puissance qui gouverne le monde d’aujourd’hui à partir de la notion d’UNION et de ces principes fondamentaux que sont, entre autres, la justice, le bien être des citoyens, la liberté individuelle et la postérité.
Dans son préambule, la constitution des États-Unis d’Amérique dispose : « Nous, le Peuple des États-Unis, en vue de former une Union plus parfaite, d'établir la justice, de faire régner la paix intérieure, de pourvoir à la défense commune, de développer le bien-être général et d'assurer les bienfaits de la liberté à nous-mêmes et à notre postérité, nous décrétons et établissons cette Constitution pour les États-Unis d'Amérique. »
Il est clairement établi que c’est sur le PEUPLE et non l’État ou les États que se fonde la constitution avec comme armature le respect des droits fondamentaux des citoyens, la séparation des pouvoirs, selon le principe du contrôle et de l'équilibre de l'un par l'autre. Cela démontre que lorsque c’est le bien être du citoyen qui est l’enjeu, les constitutions des pays avancés le mettent en exergue, à tel point que la constitution des États-Unis d’Amérique n’a connu que 27 amendements en 223 ans d’existence.
Jean-Charles Harvey - Écrivain et conteur canadien a raison de souligner que l’«on parle souvent de sacrifier la liberté de chacun à la liberté collective. Stupidité ! Il n’y a pas de liberté collective il n’y a que des libertés individuelles ».
Cette sentence prend tout son sens dés lors, qu’il a fallu s’organiser pour que la liberté de l’un n’empiète pas sur celles des autres. Des lois, des règles et des principes ont été décidés pour aménager et préserver les nouveaux espaces d’un vivre ensemble dans l’harmonie et la cohésion.
La liberté de mouvements a ainsi débuté parce que c’est le propre de l’homme d’aller de l’avant, de se mouvoir, de changer de lieux et de places pour qu’il puisse vivre dignement et honorablement, se développer et progresser. Les oligarchies prédatrices, les dictatures et les totalitarismes finissent par se heurter à la volonté de leurs peuples qui ne veulent que la paix et la justice.
Ferid Chikhi

1 févr. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 137 -

Pour de nouveaux espaces d’un vivre ensemble
En toute liberté (1)
«Ma seule liberté est de rêver, alors je rêve de liberté»
Benoît Granger
Des penseurs éclairés, des sociologues cultivés, des politiciens avisés, et bien d’autres théoriciens, définissent, analysent et expliquent la liberté selon leurs savoirs, leurs expérience en lien avec ce concept mais aussi en fonction de l’idéologie à laquelle ils se réfèrent. C’est ainsi que certains y vont de leurs citations et d’autres de leurs réflexions. Ils la partagent et la compartimentent, la dissèquent et la distribuent dans un espace que d’autres reprennent à leur compte. Cela se fait dans des limites prédéterminées qui préservent soi-disant deux paramètres essentiels : l’intégrité physique et l’intégrité morale des uns et des autres. Dans les faits, c’est tout une autre situation.
C’était dans ce sens, pour que les deux intégrités soient préservées, que la déclaration universelle des droits de l’homme dans son article premier et les articles subséquents est sans équivoque ni ambiguïté : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. Mais, combien de pays dans le monde et notamment dans le sud sont en mesure de démontrer que le contenu de cette déclaration, à laquelle ils adhèrent, est scrupuleusement respecté. 
Le nombre d’immigrés, d’exilés, de réfugiés, de déportés, etc. à lui seul est un désaveu, pour pas moins de 85%, des gouvernants de ces pays. Khalil Gibran, ce grand poète qui n’a pas vécu les affres de la seconde guerre mondiale, a défini la liberté pour les moins instruits et pour les plus instruits. Il interpelle les individus, citoyens, de ce monde en s’exprimant en des termes simples : ‘’Vous serez vraiment libres non pas lorsque vos jours seront sans soucis et vos nuits sans désir ni peine, Mais plutôt lorsque votre vie sera enrobée de toutes ces choses et que vous vous élèverez au-dessus d'elles, nus et sans entraves.
Et si c'est un despote que vous voulez détrôner, veillez d'abord à ce que son trône érigé en vous soit détruit.  Car comment le tyran pourrait-il dominer l'homme libre et fier si dans sa liberté ne se trouvait une tyrannie et dans sa fierté, un déshonneur ?’’
L’on sait que depuis la nuit des temps c’est d’abord la nature qui a imposé les limites des plus fort physiquement par l’incitation des plus faibles à se révolter pour qu’avec leur facultés mentales ils puissent s’opposer aux plus forts, à remettre en question leur suprématie et leur domination. L’intelligence, la ruse et la malice se sont imposées à la brutalité, à la bestialité, à la sauvagerie et à l’inhumanité.
À suivre   
Ferid Chikhi