16 mars 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 142 -

Qu’est ce que le risque, qu’est ce que l’incertitude ? -4-
‘’Numidité’’ V/o Déracinements
Amélie Notomb est une auteure Belge prolifique, née au Japon qu’elle a du quitter pour se rendre en Chine.  Elle dit à ce sujet  qu’’’elle quitte le  pays de la beauté pour se rendre à celui de la laideur’’. Je ne saurais en dire autant de l’Algérie et du Canada – les deux pays sont magnifiques - mais dans les faits autant pour elle que pour moi, le début d’un exil c’est aussi celui d'une incertitude.
La différence entre les deux, parce qu’il est bien entendu qu’il en existe au moins une, et seulement à ce niveau de l’expérience de vie, réside d’une part, dans le fait que pour elle, il s’agissait de subir les déplacements professionnels de son père, diplomate de fonction, elle décrit cette ‘’Numidité’’ comme autant de déracinements successifs qu’elle qualifie de  ‘’nomadisme culturel qui décuple sa curiosité et renforce sa précocité’’, et à ce stade de la réflexion il importe aussi de souligner que ses besoins ne sont pas les miens ; d'autre part en ce qui me concerne, il s’agit d’une autre sédentarité différente de celle que j’ai connue par le passé qui était bornée par des lois, des principes, des règles et des références qui empêchaient toute évolution, tout progrès, toute autonomie spontanée et innée. Un cadre de références sclérosant et rebutant.
Ma nouvelle sédentarité est sans frontières. Elle se décline selon une conception ‘’Khaldounienne’’ des temps modernes, c'est-à-dire, à quelques éléments près, c'est à dire la poursuite de la recherche d’un espace de liberté et d’une mobilité selon mon bon vouloir sans contrainte d’aucune sorte dans un espace d'évolution, de progression et d’accroissement sans limitations.
Dés lors, je n’ai plus pensé que ma perception ou ma propre conception du risque pouvait être à la fois entravée et amplifiée par des facteurs subjectifs donc humains et même culturels ou conjoncturels. C’est en vivant ces deux expériences de sports extrêmes que sont le rafting et le traineau à chiens que j’ai fais un parallèle avec certains évènements du passé, le mien et celui de mes proches.
J’ai le souvenir de cette insouciance que nous affichions et que d’autres qualifiaient de désintéressement ; il s’agissait plus d’un entrain, d’un enthousiasme perceptible sans que cela ne soit une passion.  Une chose est certaine c’est que nous nous assurions que cela nous convenait, nous plaisait, nous satisfaisait et même nous contentait. On appelait cela l’insouciance enfantine. Pourtant j’en conviens c’était dans beaucoup de cas risqué et incertain. 
Ferid Chikhi