17 avr. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 146-

Cinquantenaire 1962-2012
‘’Nous naissons tous nus. La seule distinction : fille ou garçon’’
Je me suis toujours demandé comment ressent t’on, comment perçoit-on le lien, je dirais, ombilical qui fait que ‘Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ?’’ Oui ! Tout à fait au départ, au commencement, à la naissance nous sommes tous égaux et pour paraphraser un ami d’enfance ‘’nous naissons tous nus, la seule distinction étant celle du sexe : fille ou garçon’’.
Mais, personne ne peut ignorer que tout change dés le moment où les mains qui nous accueillent en ce bas monde ne sont pas les mêmes pour toutes et pour tous. À titre d’exemple, il y a celles qui le font avec une étoffe dans laquelle le bébé est enveloppé, d’autres le font avec un tissu de fine laine ou de coton, d’autres encore le font avec un drap ou mieux une soierie. Bien entendu, il y a les mains de l'amour.  C’est par cette seconde différence marquante que débute le cycle de la discrimination. Mais avec le temps tout devient ordinaire, commun, habituel et par conséquent admis et accepté. Le fils ou la fille d’un nanti n’a pas la même destinée que celle de l’autre, le moins riche, le pauvre, le miséreux, sauf en amour.
Pourtant, il arrive des moments dans la vie d’un peuple, d’une nation, d’un pays où des paramètres partagés rassemblent, réunissent, fusionnent ou agrègent toutes les composantes sociales. C’était le cas de la révolution de novembre 1954 et ce fut aussi le cas lors des premiers jours de l’indépendance de l’Algérie.
Là où le bât blesse, c’est ce million et demi de martyrs fauchés à la fleur de l’âge. Toute une génération décimée avec pour conséquence un vide abyssal entre les générations d’avant et les suivantes. Les meilleurs des jeunes âgés de 18 à 35 ans, sans distinction d’origines avaient perdu la vie dans une guerre déclenchée contre un indu occupant, le colonialisme français. Nos aînés, n’étaient pas là pour vivre ce moment privilégié, celui de voir le pays pour lequel ils avaient pris les armes vivre son indépendance.    
Un autre tracas pour certains, une épreuve pour d’autres et un gros risque pour les plus avertis, allait mener le pays là où il est. Il s’agit du profil de ceux qui ont présidé aux destinées de l’Algérie indépendante - ou du moins la grande majorité d’entre eux -. Ils n’étaient pas préparés pour la gouverner pour au moins deux raisons qui me paraissent essentielles, la première réside dans le fait qu’ils n’ont jamais été en première ligne de la lutte pour l’indépendance, donc sans formation réellement patriotique et par conséquent sans l’engagement solennel que les autres avaient pris envers la nation et le peuple. La seconde réside dans le fait qu’ils ont usurpé un pouvoir auquel ils n’ont jamais été préparés et à la conception duquel ils n’ont pas été associés. La majorité n’a jamais anticipé ou appréhendé se trouver en mode gouvernance d’un pays dévasté par 132 ans de colonisation.
Ferid Chikhi