3 juin 2012

Un Numide en Amérique du Nord – 155 -

Cinquantenaire 1962-2012
Retour à l’histoire - 2 -
L’Utopie, les septuagénaires,  
Les octogénaires et le pouvoir
Des défis ? L’Algérie en a eu depuis 50 ans. Mais de quels défis s’agit-il demanderont les plus jeunes et les sceptiques ? Comment s’assigner ou relever des défis lorsque le plus important celui du changement des hommes est factice depuis un demi-siècle pendant que la femme qui a participé à la lutte libératrice est soumise au statut de mineure à vie ? De quel défi s’agit-il lorsque la qualité est aux abonnés absents ?
Ce qui fait le plus mal c’est que ce sont les mêmes qui sont éclipsés pour un moment et qui reviennent après s’être fait oublier quelques temps. Les dernières élections législatives le démontrent encore plus qu’auparavant. Tous les observateurs et les citoyens savent que le pouvoir en place n’a qu’un seul objectif, celui de perdurer quitte à déterrer des morts, rappeler des retraités ou des démissionnés même s’ils sont âgés de plus de soixante dix ans. 
Alors à ces questions et la multitude d’autres qui se posent avec une récurrence mécanique, en ce qui concerne les défis de la modernité et du développement permanent de l’Algérie depuis 50 ans, une des réponses pourrait se résumer en quelques mots : l’un des défis majeurs aurait du être à caractère prospectif en tenant compte de quatre paramètres indissociables et surtout complémentaires les uns des autres et autour d'un projet de société à facettes multiples.
Il s’agit, en premier lieu, d’apprécier régulièrement, avec objectivité et sérénité la situation des institutions, des secteurs d’activités et des régions en plaçant le citoyen au centre des préoccupations fondamentales des programmes de développement. Ensuite, il est nécessaire de considérer le développement national de façon intrinsèque et vitale pour l’évolution et le progrès de tous les citoyens - et seulement des citoyens - sans exclusif.
Par conséquent, impulser l’amélioration des conditions de vie de ces citoyens, transformer leur environnement socioculturel et modifier les contours de leurs relations avec les institutions et les gouvernants en qui ils ont confiance sont des étapes charnières par lesquelles le cheminement doit être entrepris. Au final, il s’agit d’initier un nouveau projet de société intégrateur et cohérent qui doit être conçu autour de valeurs partagées et de vraies libertés individuelles et collectives pérennes.
Utopie, diront les mêmes sceptiques et ceux qui trouvent que leur confort actuel leur convient et qu’ils n’ont pas besoin de changement et encore moins de nouveaux défis. Pourtant, il s’agit là de réfléchir à un cadre de référence différent de celui dans lequel l’Algérie a été moulé depuis plus de deux siècles et qui a été perpétué avec quelques petites altérations depuis l’indépendance de l’Algérie.
Pour guider, orienter et canaliser toutes les énergies nécessaires et suffisantes au vrai changement de gouvernance, les prémices pour ne pas dire les principes et les préceptes essentiels existent. Il faut procéder à une simple accélération pour faire évoluer le tout et propulser l’Algérie (du 19ième siècle) au 21ième siècle. Ne s’agissant pas de sciences ou de technologie, même si cela fait partie d’une façon ou d’une autre du processus, mais bien d’une organisation et de conventions consensuelles en partant de la base sociale et dans ce cas précis des institutions de base d’une société moderne bâties autour du citoyen. L’Éducation et la Santé, sont les seuls garants du bien être permanent du citoyen.
Ferid Chikhi