14 juin 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 156 -

Cinquantenaire 1962-2012
L’Éducation, la Santé et les intellectuels
Cinq décennies après ... 
Au final, propulser l’Algérie (du 19ième siècle) au 21ième siècle exige de sortir du modèle et du système qui ont fait que tout se réalise et tout s’accompli autour d’une organisation, et une seule, combattante et de son acteur, partisan profilé au milieu du siècle dernier.
Il est possible d’en faire autant en ce début de millénaire pour contribuer à l’émergence d’un nouveau paradigme, celui d’une société civile avec des valeurs agrégatives et d’un citoyen en tant pilier constitutif ayant pour rôle celui qui aurait du être le sien depuis cinquante ans.  Un rôle d’équilibre et de progrès constant.
Pour ce faire, il aurait fallu, imaginer un homme nouveau tourné vers le futur avec une ouverture d’esprit à l’épreuve du temps et de ses aléas.
Il aurait fallu le pourvoir d'un esprit de partage et d'écoute afin de faire de la recherche du progrès et du développement des moyens et non un fin en soi. 
Si, à ce qui précède, l’on ajoute la solidarité et surtout la formation d’une intelligence collective nouvelle, une partie des questions qui se posent à la majorité des algériens en ce 50ième trouverait des réponses appropriées. 
Cependant, ce n’est pas le cas en raison d’une santé et d’une éducation nationales embaumées dans leurs carences et leurs lacunes, une formation d’enseignants indigente, auquel s’ajoute un fonctionnement pédagogique invalidé par des individus incompétents.
Pire encore, il existe bel et bien un problème de fonds à l’heure du numérique et des autoroutes de l’information, lorsque les outils de travail sont entre les mains d’acteurs principaux de la communication publique distancés dans la marge et que leurs styles sont archaïques.
Dans une plus large mesure les méthodes de gestion et les déficits constatés, les attitudes et les comportements couplés aux incompréhensions qu’ils génèrent sont improductifs. Le monde du travail par son manque d’efficacité reproduit des rapports sociaux d’un autre temps et sans compétition.   
Quoi dire de plus lorsque la place du citoyen dans ses relations aux gouvernants (privilèges et favoritisme),  la culture et les arts et leurs causalités à l’identité et à la personnalité collective,  le rapport au temps et à l’espace, l’Histoire et la mémoire nationale ne sont pas seulement à l’abandon mais totalement gaspillés ou pervertis.  C’est dans tous ces créneaux que les intellectuels ont un rôle à jouer.
Ferid Chikhi