31 oct. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 172 -

Il faut rêver grand pour atteindre une partie de son idéal  !
Suite à ma réflexion ‘’La souveraineté du Québec : Utopie ou Instrumentalisation intellectuelle ? - 2 – ‘’ publiée sur Vigile.net (1) et Politicoglobe.com (2), des lecteurs ont émis des commentaires que j’ai eu le plaisir de lire. Le dernier celui de M. Robin Larocque très intéressant par son contenu et sa forme l’est aussi parce que c’est un jeune qui s’est exprimé comme l’ont fait des milliers d’autres durant le printemps 2012. Je lui propose ci après mon commentaire et mes questionnements.
@ rolar116, M. Robin,
Comme je l'ai déjà dis dans une autre réflexion je ne connais pas grand chose de la politique québécoise et je veux apprendre ... et loin de moi l’idée de donner des leçons …
Alors voici à la fois des commentaires et des questionnements qui ne s'adressent pas forcement à vous mais à tous ceux qui vont dans la même direction que le sens commun :
1) c'est bien de savoir dans quel camp chacun se positionne.
Le votre, vous le décrivez très bien, à partir du chef d’Option Nationale. Vous faites confiance à un homme qui vous a ‘’charmé’’. Vous ne dites pas par quoi ? Est-ce pour son charisme !? Le contenu de son discours, idées développées, style de communication, franchise, intégrité, engagement pour la cause  !? Son éloquence !?...
2) Vous parlez de la jeunesse et de ''la crise étudiante'' ... 
ü De quelle crise s'agit-il ? Le fait de sortir dans la rue pour crier son ras-le-bol et dénoncer les pratiques néolibérales en matière d'accès à l'instruction, à l'université et à l'école avec deux entités la publique, celle où tout le petit monde peut aller et les privées financées par l’argent du contribuable accessible aux plus nantis !?  À mon humble avis il ne s’agit de crise mais bien d’une belle prise de conscience. Et, je dis Bravo aux initiateurs et à ceux qui les ont soutenus !
ü b) Des projets de la ''jeunesse québécoise ... '' !? Là aussi de quels projets s'agit-il !? Celui de l'indépendance, celui de son devenir, celui d'un projet de société inclusif !? Oui ! C’est ce que j’ai entendu lorsque les Gabriel Nadeau Dubois, les Desjardins, les Léo Bureau-Blouin et tous les autres, ont, à chaque fois, pris la parole lors des manifestations estudiantines. Oui ! Il y a une prise de conscience, il y a une prise de parole pour véhiculer les idées d’un projet de société. Là aussi je crie Bravo ! 
3) Jean Martin Aussant !?
Oui, je conçois bien qu'il s'agit là d'une jeune personnalité politique connue pour ses positions souverainistes et qui a su mobiliser, au vu de mes observations,  une frange de la jeunesse québécoise par des idées claires et porteuses d'une démarche politique d'avenir. Et le reste, de quoi s'agit-il ?
Vous dites ‘’je suis convaincu qu’en donnant à M. Aussant la tribune nécessaire, il saura rallier les Québécois derrière le plus beau des projets qu’une société puisse avoir’’. Croyez-vous vraiment que les vieux partis vont se gêner de l’empêcher d’en occuper une seule ? Une tribune, c’est comme la liberté, ça ne se donne pas mais ça s’arrache, ça s’occupe. Les jeunes l’ont démontré durant le printemps 2012.
Une autre question : qu'est ce qui le différencie - et puisque vous citez le PQ - de Bernard Drainville, de Stéphane Bédard ou de Martine Ouellet ?
Mieux encore, qu’est ce qui le différencie de vous et de ceux qui ont conçu depuis plus de 45 ans la souveraineté du Québec comme un rêve pour une société distincte ? Vous n’en soufflez mot en tant que jeune. Est-ce, comme vous le dites, par méconnaissance ou encore parce que vous n’avez ‘’pas connu cet engouement social et politique qui provoquait ires et passions’’ ?
Dans ma réflexion sur la souveraineté du Québec, je le maintien là aussi, j’ai retenu une classification que certains ont trouvé peu simpliste mais elle a fait mouche, je me la suis appropriée et je l’ai partagée : Il y a ceux qui sont pour et il y a ceux qui sont contre. Je vous classe dans celle des pours avec cependant un bémol : lorsque vous me le confirmerez en mettant de l’avant le pourquoi et le comment vous voulez le faire. Il est vrai  que le moment et les moyens viendront par la suite.  Il faut rêver grand pour atteindre une partie de son idéal.
Lorsque je repense aux révolutionnaires cubains, vietnamiens, algériens, etc. des années ‘’50’’, leur âge ne dépassait pas les 25 ans. Ils ont atteint le summum de leurs actions en mettant un terme à la colonisation de l’Afrique, de l’Asie du Sud Est et de l’Amérique Latine … ils avaient non seulement un idéal mais aussi un projet de société et avant de le mettre de l’avant, ils ont appris à en maîtriser toutes les parties de son contenu et de son idéologie, à le vulgariser pour en parler, à en user pour rassembler, sensibiliser et à motiver le reste de leur peuple. Ils avaient le même âge que les premiers souverainistes.
Je sais qu’‘’à d’autres temps d’autres mœurs, et à d’autres pays d’autres façons de faire’’ mais les objectifs étant les mêmes, les plus éclairés d’un peuple et sa jeunesse doivent l’orienter et l’aider à faire les bons choix.
J’aimerai tant vous lire, vous entendre, vous voir – vous les jeunes - sachant que vous voulez faire partie de la solution, alors écrivez, parlez, faites vous lire et faites vous entendre. Durant le printemps dernier rares sont ceux qui ne vous ont pas vus, lus et entendus … mêmes ceux qui étaient contre vos actions … ceux qu’il faut convaincre. Alors je reprends la chute de mon écrit : ’’Je fume du thé et je rêve éveillé pour qu’un jour je vive la souveraineté du Québec et encore plus de libertés et tant pis pour ceux qui ne l’aiment pas. Là c’est comme si j’optais pour que ce soit ma seconde indépendance’’.
Ferid Chikhi

27 oct. 2012

Un Numide en Amérique du Nord -171-

Héros du quotidien !?
La différence comme valeur enrichissante
Tout a commencé par l’énoncé d’une simple question qui se lit comme suit : ««Connaissez-vous une personne qu’on peut appeler’Héros du quotidien’’ ?»»  Cette formulation se poursuivait par ««Les médias n’en parlent pas, mais cette personne contribue à transformer notre société par ses gestes exemplaires et quotidiens. Partagez avec nous son influence sur votre vie.»»
J’ai été invité à assister à la discusion et à y prendre part avec un groupe de quelques personnes de divers statuts et formations.
À vrai dire, j’ai du m’y prendre à plusieurs reprises afin de trouver celui ou celle - le héros ou l’héroïne - qui me marque au quotidien, auquel je me réfère autant de fois que je le peux, dans la journée, la semaine, le mois. Mais, il y avait une exigence incontournable, il fallait que ce soit quelqu’un ‘’d’inconnu. Un monsieur ou une dame simple et qui passe inaperçu(e)’’.
Au début, j’ai commencé par faire une sélection parmi les personnes les plus proches que je connaissais et avec lesquelles j’ai eu des moments de plaisir ou qui m’ont inspirées. Une personne parmi celles qui, tout en étant anonyme, a été l’auteur d’un évènement remarquable, exceptionnel, mémorable, pas forcément sensationnel mais qui m’a interpelé et surpris par son originalité.
Plus le temps passait plus je me rendais compte que le simple fait d’y penser rendait le choix plus tenu. J’ai du alors affiner mes critères pour considérer seulement ‘’une personne qui contribue à transformer la société par ses gestes exemplaires’’.
Au début, les premièrs personnages qui défilèrent dans ma tête sont ceux de ma femme et de mes filles. Leurs vécus depuis plus de 30 ans ont été pleins d’actes de courage et de bravoures, durant des moments oû leurs vies étaient réelllement en danger. Des instants de sacrifice et de renoncement lorsqu’il fallait tout laisser et partir, quitter la famille, les amis, le pays. Je revoyais l’humilité et la réserve avec lesquelles il fallait œuvrer pour rassembler le plus de monde autour des actions à mener et lorsqu’avec des proches qui ont vécu certains des mêmes évènements nous avons osé prendre les devants de la scène en restant discrets. Elles jouaient un rôle prépondérant.
C’était aussi des périodes très longues de fidélité aux valeurs inculquées des années durant. Le regard sur les autres membres de la famille, les proches, les amis, la patrie toujours présents dans la mémoire de chacun et de tous. Ou simplement, ce moment fort critique de faire face à l’exil.
Toutes ces attitudes, ces comportements qui sont les leurs ont toujours été renforcés par une abnégation à toute épreuve même si des nouveautés surgissaient les unes après les autres.
J’ai aussi pensé à mon père et à ma mère … mais cela devait se faire à titre posthume.  Ce qui n’était pas initialement demandé. J’ai alors pensé à mes sœurs et mes frères qui chacun(e) de son côté suivait un destin forgé dans le creuset des valeurs imprimées par notre père et notre mère.
Finalement, j’ai opté pour évoquer des personnes avec lesquelles, depuis un peu moins de cinq ans, je passe le plus clair de mes journées. Quelques-uns de mes collègues. Je dis bien quelques-uns. Ils font leur travail avec un dévouement singulier et un grand respect à l’égard des handicapés qui souhaitent intégrer le marché du travail. Leurs œuvres s’enregistrent au quotidien par leur densité, leur complexité, leur concentration et bien entendu leur portée socioéconomique.
Ce sont des moments de vérité renouvelés. Chaque fois qu’une personne vivant des limitations fonctionnelles, physiques, psychiques ou neurologiques est prise en charge par un ou une de ces collègues et qu’elle réussit, après un laps de temps, à rompre avec des habitudes qui l’isolait, la claustrait et la confinait, c’est ni plus ni moins qu’une victoire sur l’exclusion et une réussite pour l’inclusion. Pour un Schizophrène, un déficient intellectuel, un dysphasique, une personnalité limite, un TED, un sourd, etc. intégrer le marché du travail ce sont des yeux qui brillent, un sourire sincère par sa spontanéité, une attitude gagnante simplement exprimée, une reconnaissance malgré un handicap persistant et significatif.
C’est aussi un pas vers l’allègement du fardeau des proches qui depuis fort longtemps, pour un grand nombre d’entre-eux, se sont dévoués à une cause qu’une partie importante de la société ne perçoit pas ou ne discerne pas ou mieux encore ne veut pas comprendre.
Ce sont ces personnes - les conseiller(e)s en intervention - prises individuellement ou collectivement qui sont des ‘’Héros du quotidien’’. Les médias n’en parlent pas. Pourtant elles contribuent à transformer la société par leurs gestes exemplaires et quotidiens. Leur seul but étant de consacrer la différence comme valeur enrichissante lorsqu’elle est traitée avec égard respect, estime et déférence.  
Ferid Chikhi

14 oct. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 170 -

La souveraineté du Québec : Utopie ou Instrumentalisation intellectuelle ? - 2 -
Réponse à quelques commentaires de lecteurs
@ Michel Bélisle alias Didier - @ André Gignac - @ François A. Lachapelle
Vos commentaires sont fort intéressants et il me faudra en tenir compte. Je concède que l’entrée en matière entre Mélanie et Gilles est certes poussive - comme vous le dites si bien - mais il n’empêche qu’un immigrant qui veut comprendre les tenants et les aboutissants de la souveraineté n’a d’autre moyen que de telles conversations qui lorsqu’elles sont provoquées à bon escient sont riches en enseignements. Il est vrai que je n’ai pas livré toute la conversation mais ce qui me semblait être pertinent suite au mouvement estudiantin et social du printemps et du début de l’été. Cela en valait la peine parce que les deux amis étaient âgés pour Mélanie de 38 ans et pour Gilles de 33 ans. (Ça c’est pour vous M. Bélisle. Peut être que chez les plus jeunes – celles et ceux qui sont ont occupé la rue l’âge tournait autour de 22 ans).
Vous m’invitez à d’abord apprendre un peu plus sur « … les méandres historiques qui expliquent cette "grande danse" dont la musique est "fédéraliste … en vous arrêtant seulement ‘’à deux faits qui contiennent des subterfuges de nature "impérialiste britannique", le fameux "fair-play" britannique.’’ », je vous remercie de cette attention, mais sans prétention aucune ma formation à l’université, il y a de cela trois quatre décennies à débuté par des études en civilisation britannique et par conséquent par ce que beaucoup avant nous ont qualifié de ‘’Perfide Albion’’(Cf. Shakesspear).
Vous faites référence à l’Algérie en soulignant le fait que «« ‘’ les algériens ont pris les armes. Ici, au Québec nous n’avons pas eu le "courage" de prendre les armes.’’ Vous rajoutez que … ‘’ vous comprenez sans doute pourquoi nous n’avons pas pris les armes. En tant que souverainiste, j’aspire à fondé le Pays du Québec par des moyens pacifiques.... ’’ »».
J’aimerais, à mon tour, vous inviter à relire le passage de mon texte où je mentionne qu’ «« à d’autres temps d’autres mœurs, et à d’autres pays d’autres façons de faire »» et j’ajouterais que les Algériens n’ont pas pris les armes sans raisons, mieux encore ils l’ont fait à deux moments historiques de leur devenir.
* Dés le 05juillet 1830 lors de l’invasion de la France colonialiste jusqu’à la reddition d’Abd El Kader en 1847, celle des tribus de Grand Kabylie en 1857 même si des soulèvements ont été observés jusqu’en 1871.
S’en est suivie une longue période de ‘’pacification’’ selon la France Coloniale entraînant - ce dont ne veut pas parler la France - son lot d’enfumades, de massacre de population, de spoliation des terres, d’aliénation culturelle, d’effacement de la mémoire identitaire, etc.
À la veille de la 1ere guerre mondiale un mouvement national algérien renait de ses cendres pour revendiquer le droit à l’égalité ou à l’indépendance. Des militants et des penseurs algériens vont ridiculiser les plus importantes personnalités du régime colonial français et finiront dans leur majorité par être placés sous surveillance policière alors que d’autres assignés à résidence en Égypte et en Syrie. Ce n’est qu’en 1926 que l Émir Khaled préside le premier parti algérien ‘’L’Étoile Nord Africaine’ ’.
* Au lendemain de la 2nde guerre mondiale les algériens ont été invités - sous la promesse ferme de bénéficier des libertés chèrement défendues contre l’Allemagne nazi - à y participer en Allemagne, en Italie, dans les Balkans et bien entendu en France.
Le 8 mai 1945 - date marquée du sceau de la libération et de la liberté - ont lieu des manifestations d’Algériens dans plusieurs villes de l’Est du pays qui devaient à la fois fêter la victoire et rappeler les revendications nationalistes dans la liesse. A Sétif et à Guelma, les manifestations ont été d’abord réprimées par la police ensuite par l’armée française qui a étési brutale que 45 000 civils de seconde zone (algériens) ont été lâchement assassinés.
Je suis certain que vous comprenez que la révolution algérienne aurait pu être aussi tranquille que celle que les souverainistes mènent depuis les années ‘’60’’, cela n’a pas été le cas parce que les esprits colonialiste et impérialiste ne concèdent l’indépendance de ce qu’ils occupent par la force que par la force.
Quant à la Tchéquie et à la Slovaquie, certes leurs indépendances se sont faites pacifiquement surtout qu’il n’y avait pas une véritable hégémonie de l’un sur l’autre et je souhaite que ce modèle soit réitéré pour le Québec mais, là aussi nous ne sommes pas dans le même schéma ; le Canada Britannique domine par les institutions le Québec, sous la surveillance complice du voisin du sud.
Cependant, et à mon humble avis, ce qui pousse à la révolution armée ce sont la précarité, la privation, la faim, les brimades, la spoliation, l’aliénation culturelle, l’effacement de la mémoire identitaire et tous ce qui touche à l’intégrité physique et morale des individus. Nous n’en sommes pas là. Par contre, il y a un facteur essentiel et déterminant dans toute révolution : le niveau d’éducation pour ne pas dire d’instruction atteint par la masse critique du peuple et surtout par les élites. Plus il est élevé plus les mouvements sociopolitiques sont pacifiques. Le cas de la Slovaquie et de la Tchéquie en témoigne mais il faudrait avoir un Vaclav Havel Québécois. Si vous le connaissez de grâce faites le moi rencontrer.
M. Lachapelle, je vais lire le livre de Jane Jacobs, je vous ferai part de mon avis.
Merci à tous pour votre intérêt et surtout pour votre tolérance. Je la savoure !
Ferid Chikhi
De Longueuil

10 oct. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 169 -

La souveraineté du Québec :  Utopie ou Instrumentalisation intellectuelle ? - 2 -
Commentaires des lecteurs

Ma réflexion sur La souveraineté du Québec : Utopie ou Instrumentalisation intellectuelle ? - 1 - et - 2 - reprise par le journal électronique
http://www.vigile.net/La-souverainete-du-Quebec-Utopie,51408
et sur Politicoglobe
http://www.politicoglobe.com/2012/10/la-souverainete-du-quebec-utopie-ou-instrumentalisation-intellectuelle-partie-2/
a suscité quelques commentaires des lecteurs et des questionnements mettant en exergue différentes perceptions partagées ou non par d'autres lecteurs. Certains m'ont adressé leurs points de vue à titre privé afin d'éviter des polémiques stériles ou inutiles et générer des débats qui auraient avantage à se faire de vive voix.
Dans ce qui suit je partage avec les lecteurs de ConvergencesPlurielles les commentaires publiés et je les fais suivre de ma réponse
Ferid Chikhi
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Michel Bélisle alias Didier
6 octobre 2012,
L’économie mondialisée avec ses déplacements de population du sud vers le nord a changé la donne depuis le milieu des années 1980 en rapport avec le projet souverainiste qui date de la révolution tranquille. Les nouveaux arrivants considèrent en général que ce projet de souveraineté du Québec n’est pas le leur mais celui de l’ethnie française qui cohabite avec eux le territoire du Québec.
Cette mondialisation a aussi changé les attitudes et les mentalités pour les Québécois de souche au point où la jeunesse québécoise de souche ne se reconnaît plus dans le projet souverainiste. Cette jeunesse québécoise évolue désormais à un autre niveau de compréhension de la société comparativement à leurs aînés.
Je vais encore citer l’article de monsieur Rodrigue Tremblay, ancien ministre péquiste, parce que tellement pertinent pour notre époque :
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François A. Lachapelle
6 octobre 2012,
Cher algérien de naissance,
C’est ainsi que je vous comprends. Votre référence culturelle et nationale est primordialement algérienne et contient de grandes valeurs qui vont dans le sens de la primauté que les algériens ont accordé à leur accession à l’indépendance politique.
Malgré votre entrée en matière poussive par le dialogue entre Gilles et Mélanie, vous faites ressortir la valse hésitation envers le projet de souveraineté du Québec chez les québécois de souche. Cette valse hésitation est réelle. Cependant, je ne suis pas certain que vous saisissez les méandres historiques qui expliquent cette "grande danse" dont la musique est "fédéraliste".
Je m’arrête uniquement à deux faits qui contiennent des subterfuges de nature "impérialiste britannique", le fameux "fair-play" britannique. Ce fair play est à sens unique dans le fond. Les britanniques et les canadiens-anglais sont fair play tant qu’ils gagnent. Quand ils perdent, ils mettent deux gardiens dans leur but, mettent 6-7 joueurs sur la patinoire. Oui-oui, je vous entends dire : pourquoi les laissez-vous faire ? autre sujet.
Je reviens au point du "fair play" à l’anglaise qui se transforme en injustice pour le petit. J’ai trois exemples.
No uno : savez-vous que l’entrée de Terre-Neuve (ancienne colonie anglaise jusqu’en 1948) dans le Canada est probablement le résultat d’un subterfuge en inversant les résultats du 2e tour de leur référendum tenu en juillet 1948 alors que c’était l’option de l’indépendance qui avait obtenu 52% et non ce qui a été révélé au public ?
No duo : le rapatriement de la Constitution en 1982 sans le consentement du Québec : pourquoi les provinces anglaise du Canada ont acceptée ce rapatriement sans le consentement du Québec ?
No tres : le 2e référendum du 30 octobre 1995 n’a pas été perdu, il a été volé par des subterfuges des fédéralistes. Toujours au nom du fair play britannique.
En Algérie, les algériens ont pris les armes. Ici, au Québec nous n’avons pas eu le "courage" de prendre les armes.
Puisque vous vivez au Québec, vous comprenez sans doute pourquoi nous n’avons pas pris les armes. En tant que souverainiste, j’aspire à fondé le Pays du Québec par des moyens pacifiques. Vous auriez peut-être avantage à lire le livre de Jane JACOBS, La Question du séparatisme, qui vient d’être publié chez VLB, traduit de l’anglais. J’aimerais lire votre commentaire après une lecture attentive de ce livre.
Le Général de Gaule avait raison de nous réveiller en disant le 24 juillet 1967 : Vive le Québec libre ! Cela est possible par des moyens pacifiques comme l’ont réalisé les habitants de la Tchéquie et de la Slovaquie.
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André Gignac
6 octobre 2012,
Monsieur Chikhi
J’ai bien aimé votre texte qui reflète assez bien le problème québécois dans son ensemble. Voilà où nous mène le colonialisme et la confusion identitaire (Ottawa-Québec) : à tourner en rond et bientôt sur le bord du précipice avec cette assimilation qui nous rend de plus en plus minoritaires même ici au Québec.
Notre classe politique est pourrie et vendue au fédéralisme "canadian" depuis belle lurette (carriérisme et sécurité monétaire) et ça continuera ainsi jusqu’à ce que le peuple cesse de s’agenouiller, qu’il se responsabilise et qu’il se prenne en main.
75% de la population québécoise ne sait même pas ce que signifie le mot INDÉPENDANCE ; c’est peu dire. Ne comptons pas sur les médias, tous fédéralistes au Québec, pour nous donner un cours 101 sur ce sujet.
Je ne sens pas de volonté politique pour l’indépendance du Québec ; le "p’tit " pouvoir provincial suffit amplement à nos politiciens québécois sans colonne vertébrale. Ils ont déjà commencé à reculer avec le futur marché européen de libre-échange.
Plus ça change(?) plus c’est pareil !
Bon texte !
André Gignac 6/10/12
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Mario Goyette
6 octobre 2012,
Le Maire Labeaume n’acceptera aucune interférence politique dans le choix des matériaux du nouvel amphithéâtre de Québec.
Le PDG du Groupe Canam, M.Marc Dutill qui craint le "climat de peur" créé par les mesures fiscales proposées par le gouvernement péquiste laisse entendre que le bois pourrait représenter un choix risqué pour l’amphithéatre.
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Michel Bélisle alias Didier
6 octobre 2012
Je constate chez les intervenants ce même malaise qui habite les militants souverainistes de longue date, c’est à dire la difficulté d’avouer que les jeunes Québécois de souche sont indifférents à la question de la souveraineté du Québec.
Je connais un militant péquiste de longue date qui admet que le projet de pays s’éloigne de plus en plus mais des militants comme lui sont rares. Il est difficile d’admettre qu’un rêve ne se réalisera jamais. Ce militant dont je parle admet que la jeune génération de Québécois de souche montre peu d’intérêt pour la souveraineté.
Il me dit que ce que les jeunes Québécois veulent, c’est de décrocher l’emploi bien rémunéré qui leur permettra de faire la belle vie et d’avoir tous les gadgets dernier cri.
En ce 21e siècle, l’idéalisme n’est plus très à la mode.
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André Gignac
7 octobre 2012
@ Michel Bélisle alias Didier
Si la jeunesse québécoise ne se reconnaît plus dans le projet souverainiste, c’est dû à notre système d’éducation qui n’enseigne plus notre histoire nationale dans les milieux d’enseignement. Pas surprenant qu’elle ait perdu ses points de repère ! Et dire que la devise du Québec, c’est : JE ME SOUVIENS ! Pourquoi le PQ qui est au pouvoir, ne la changerait-elle pas par celle-ci ? JE SUIS AMNÉSIQUE !
André Gignac 7/10/12
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Marcel Haché
7 octobre 2012,
Le souverainiste qui vous avoue que la souveraineté n’intéresse pas les jeunes de souches a raison. Mais c’est parce qu’il fait partie de ces souverainiste qui ont cru et espéré que tout un électorat se lèverait soudainement debout, convaincue de plus en plus de la nécessité de la souveraineté. Cette sorte de grand soir rêvé depuis 50 ans de la souveraineté n’arrivera sans doute jamais. Et pourtant je crois que l’indépendance du Québec est proche.
Les québécois n’accordent pas beaucoup d’attention à ce que disent les partis d’opposition. Ils écoutent plutôt ce que peut leur dire leur gouvernement. Le gouvernement péquiste actuel, s’il se laisserait entraîner par l’analyse superficielle à l’effet que les jeunes de souches sont indifférents, serait incapable de rien pronostiquer simplement parce qu’il serait incapable de diagnostiquer, comme ce souverainiste qui croit maintenant le Rêve inaccessible.
Ce que des années de référendisme ont créé chez les indépendantistes, c’est l’idée qu’un jour ou un soir, le fameux grand soir, les québécois décideraient Quelque Chose. Ce fut une façon pour les gouvernements péquistes de renoncer à se battre pour leurs convictions, en abandonnant simplement l’électorat qui les avait portés à un référendum.
Le gouvernement actuel a renoncé à s’en remettre à un hypothétique référendum. Cela le condamne à se battre. Voudrait-il renoncer que ses adversaires, eux, ne renonceraient pas. Et d’autant moins qu’ils n’ont plus à simplement attendre un référendum pour défaire le gouvernement.
Collectivement, nous ne sommes plus dans le « pourquoi » la souveraineté—cela sera facile à vendre par un gouvernement— nous sommes dans le « comment ». C’est précisément parce que nous sommes dans le « comment » que les partisans du « pourquoi » qui ne le reconnaissent pas font un diagnostique qui peut paraître si pessimiste.
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Michel Bélisle alias Didier
8 octobre 2012,
Une autre chose dont on ne parle pas et qui explique également en partie, je crois, pourquoi la jeunesse québécoise de souche est indifférente ou même contre la souveraineté, c’est cette réalité que décrivait il y a plus de 20 ans, à la fin des années 1980, monsieur Guy Paiement qui était à l’époque directeur de la revue "Relations".
Monsieur Paiement constatait à la fin des années 1980 qu’au Québec, c’était dans les classes socio-économiques les plus défavorisées qu’il y avait le plus de solitude et le moins d’enfants.
Et en regardant les résultats de la dernière élection dans la région de Québec par exemple, le seul comté qui a élu une péquiste (madame Maltais) comprend le quartier le plus défavorisée socio-économiquement parlant de la ville de Québec.
Si cette tendance des couches plus aisées à ne pas voter PQ est confirmée dans la région de Québec, cela veut dire que le fait que depuis plus de vingt ans, les pauvres ont moins eu d’enfants que les classes moyennes ou aisées, cela a peut-être fait baisser du même coup le pourcentage d’appuis au parti Québécois et à la souveraineté dans les années 2000.
Il y a d’autres facteurs évidemment qui entrent en ligne de compte comme la tendance au chacun pour soi qui s’est accentuée, rendant ainsi plus difficile les projets de pays ou de société
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5 oct. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 168 -

La souveraineté du Québec Utopie ou instrumentalisation intellectuelle ? -2-
Alors que beaucoup de souverainistes ont la conviction que l’identité et la culture Québécoises sont deux cuirasses protectrices de leur mémoire collective, les fédéralistes conviennent qu’il s’agit là d’une définition élaborée par les élites intellectuelles et qu’elle n’est pas appropriée pour le Canada. Cependant ces mêmes élites sont convaincues que ces cuirasses résisteront aux coups de boutoirs, à l’évidence redondants, donnés par les fédéralistes, dans un contexte où la langue française autant que la culture qu’elle véhicule sont comme deux béquilles sans lesquelles le Canada n’existerait plus.
Mélanie, poursuit son énoncé en mettant de l’avant les ‘’… avantages à préserver les atouts culturels de la minorité francophone descendante de celle qui à été à l’origine de la découverte et du défrichage de ce territoire immense et qui résistent aux forces assimilationnistes en plus de l’agressivité d’un environnement humain anglophone’’. Gilles avance les ‘’… raisons et les conséquences suicidaires de cette séparation et notamment le fait qu’hors du Canada le Québec disparaitrait et que les individus vivraient au crochet du reste de l’Amérique du Nord, comme les autochtones’’.
Thé vert à la menthe poivrée …
La première souscrit à l’idée que ‘’sans la souveraineté de leur pays les Québécois seront aliénés intellectuellement et culturellement. Leur espace culturel s’amenuisant ils n’auraient plus la référence à leur identité originelle’’. Rêve ou utopie ? ‘’L’objectif ultime est ineffaçable, inaltérable, constant, perpétuel’’. Les qualificatifs qu’alignent Mélanie, résonnent et j’observe Gilles frémissant l’espace d’une gorgée de thé qu’il boit avec délice comme pour se rassurer à la saveur de la menthe poivrée qui l’épice. Il rétorque que ‘’l’idée même de la souveraineté est - comme l’a fait Mélanie il énonce des qualificatifs en rafale - une utopie, une chimère, un rêve irréalisable qu’utilisent ceux qui vivent à ses dépens,’’. Il rajoute l’argument massue ‘’Ce sont les Québécois, eux-mêmes qui refusent de se séparer du reste du Canada. Ils l’ont fait à plusieurs reprises dont deux à 15 ans d’intervalles. Il s’agit ni plus ni moins que d’une duperie politique d’intellectuels qui ont trouvé en ce moyen une façon pour en tirer profit’’. Mélanie rétorque du tac au tac, ‘’ce sont les fédéralistes qui vivent aux dépends non seulement des autres québécois mais aussi aux crochets d’Ottawa’’.
Avant même que chacun de mes deux protagonistes ne reprennent la parole, je me suis demandé, en mon for intérieur, ‘‘Et moi, dans tout ça, où me situe-je ?’’ Je coupe la parole à Gilles et j’exprime ma réprobation soulignant que c’est un coup bas inacceptable et déraisonnable qu’il vient d’asséner parce qu’il porte un jugement de valeur et mieux encore il remet en question la probité et l’éthique des intellectuels québécois. Ce que je ne veux en aucune manière cautionner. Je le pousse dans ses derniers retranchement en lui demandant que si je l’ai bien compris il soutien que c’est une instrumentalisation de la cause souverainiste par des élites ?!
Il feint d’ignorer mon interro-exclamation et en guise de réponse qui survient au moment où l’on s’y attend le moins, lI reprend son argumentaire par une tirade imprévue, comme pour me mettre de son côté. Il énonce une vérité que peu de souverainistes - par rectitude politique - mettent de l’avant ‘’Il n’y a pas que les québécois qui ne veulent pas de cette souveraineté il y a aussi les immigrants anciens et nouveaux depuis les années ‘’80’’. Ces nouveaux citoyens canadiens qui ont choisi le Canada et non pas le Québec comme terre d’accueil. Ils sont nombreux à vouloir y rester, ce sont des français qui s’en foutent de la souveraineté, des irlandais, des grecs, des italiens, des portugais, des libanais, des asiatiques et des arabes, des Africains, des gens des pays de l’Est de l’Europe - Roumains, Bosniaques, Albanais, etc. - qui ont fait de l’anglais, première langue du Canada leur deuxième langue de communication.‘’
Là, je prends sur moi d’interrompre la discussion la qualifiant d’un ‘’plus byzantine que cette conversation, tu meurs’’ et j’invite les deux amis à me révéler comment ils apprécient le thé vert à la menthe poivrée. Ils se taisent, en prennent une gorgée et simultanément conviennent qu’ils n’ont jamais gouté une telle boisson. Pour changer de sujet et calmer les esprits, je me mets à leur expliquer en quoi consiste la cérémonie du thé chez les Touaregs.
Et moi dans tout ça ?!
Au final, j’ai au moins saisis qu’il y a forcément deux groupes, eux-mêmes segmentés en plusieurs sous groupes parmi lesquels je soupçonne : ceux qui sont pour et qui peuvent expliquer pourquoi et comment ils veulent la faire. Il y a ceux qui sont pour et qui ne peuvent ou ne savent développer aucun argument plausible. Il y a ceux qui sont pour, qui en parlent mais qui ne convainquent personne pour les suivre. Il y a ceux qui ne sont pas contre et qui ne disent rien, ne font rien, bougent très peu et attendent, attendent, attendent. Il y a ceux qui sont contre et qui agissent, activent, participent, etc. Il y a ceux qui sont contre, sans savoir pourquoi ils le sont, et ils ne se posent aucune question sur leur opposition.
Il y a ceux qui sont contre parce qu'ils savent pourquoi, ils le disent, ils le montrent, ils militent pour que le Québec ne soit jamais souverain hors du Canada parce qu’ils pensent ni plus ni moins à leurs intérêts économiques personnels (rentes, pensions retraites, voyages au sud, etc.). Pourtant, ils sont d’origine française, Québécois de souche. Ils ont des noms et des prénoms qui sonnent français. Leur langue de communication est le français. Ils ne parlent pas l’anglais parce qu’ils l’abhorrent, travaillent en français dans des entreprises, des organismes et des institutions où la seule langue de travail tolérée est le français. Ils ne sont jamais sortis de leur ville ou village et parfois même pas de leur quartier qui a toujours été habité par des francophones. Ils insistent pour exprimer leur fédéralisme et se décrivent comme des canadiens français. En fait pour certains d’entre-eux ce sont les pires adversaires de la souveraineté. Pour une seconde fois je me demande : Et moi dans tout ça ?!
Je cherche encore et je me dis, si des Québécois ne veulent pas de la souveraineté, si d’autres pensent que c’est une utopie et que des élites l’ont instrumentalisée, pourquoi devrais-je m’inquiéter outre mesure du devenir du Québec ? À ce stade de la réflexion, la révolution algérienne remonte à la surface. Je repense à mes aînés qui il y a cinquante ans – à un mois près - ont arraché de haute lutte l’indépendance de l’Algérie ; lutte que des personnes comme Pierre Bourgaud et Pierre Fallardeau ont souvent cité comme références ; je repense à l’avilissement et à la dévalorisation que tous les colonialismes imposent à ceux qu’ils soumettent ; je repense à l’aliénation culturelle et aux séquelles profondément ancrées dans des esprits qui ne peuvent plus scruter le devenir d’un citoyen libre dans un pays indépendant. Je repense au défunt Président Boudiaf (1) qui en 1954, à la veille du déclenchement de la révolution algérienne avait lancé à ses pairs ‘’Même si c’est avec les singes de la Chiffa nous la ferons notre révolution’’. Certes à d’autres temps d’autres mœurs et à d’autres pays d’autres façons de faire mais les objectifs sont les mêmes dés lors que les plus éclairés, d’un peuple, l’orientent et choisissent la bonne option.
Alors, pour le moment et parlant de thé, je paraphraserai un de mes anciens confrères de la presse écrite algérienne (2) qui termine sa chronique quotidienne ‘’Pousse avec eux’’ par une citation devenue célébrissime : ‘’Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue’’, - en disant je fume du thé et je rêve éveillé pour qu’un jour je vive la souveraineté du Québec et encore plus de libertés et tant pis pour ceux qui ne l’aiment pas. Là, j’opte pour que ce soit l'indépendance de ma seconde patrie.
Ferid Chikhi

Le Président Med Boudiaf a été lâchement assassiné le 29 juin 1992.
Du Soir d’Algérie, Hakim Laâlam   http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/10/04/hakim.php
Cet article a été publié sur Vigile.Net le 06-10-2012 : http://www.vigile.net/La-souverainete-du-Quebec-Utopie,51408

1 oct. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 167 -

La souveraineté du Québec Utopie ou
instrumentalisation intellectuelle ? -1-
Alors que beaucoup de souverainistes ont la conviction que l'identité et la culture  québécoises 
forment la cuirasse (face et dos) protectrice de leur mémoire collective, les fédéralistes conviennent qu’il s’agit là d’une définition élaborée par des élites intellectuelles et qu’elle n’est pas appropriée pour le Canada. Cependant, ces mêmes élites sont convaincues que cette cuirasse résistera aux coups de boutoirs, à l’évidence redondants, des fédéralistes, dans un contexte où la langue française autant que la culture qu’elle véhicule sont comme deux béquilles sans lesquelles le Canada n’existerait plus.

Depuis moins de trois semaines, c’est par intermittence que les annonces chocs font réagir les oppositions néolibérales et leurs groupes économiques affiliés qui ne manquent pas d’exprimer leurs inquiétudes et afficher leur panique suite au coup de barre à gauche impulsé par le gouvernement Marois.
Un grand nombre d’observateurs semble s’accorder pour souligner que même si les unes comme les autres sont indissociables ne serait-ce qu’en raisons des choix stratégiques qu’elles véhiculent, les promesses économiques de ce programme sont mises de l’avant alors que celles en rapport avec la souveraineté sont temporairement mises sous l’éteignoir.
Cela ne m’empêche pas de revenir sur cette idée qui a été centrale au cours de la campagne électorale péquiste et que beaucoup évoquent en fonction d’appréciations parfois singulières.
J’admets avec raison que la vraie problématique de la souveraineté m’échappe en partie même si je m’y intéresse depuis plus de dix ans. Ces dernières semaines, ma curiosité en ce qui concerne la problématique sociale m’a incité à interpeler deux amis ‘’québécois’’ se qualifiants tous deux ‘’de souche’’ et affirmant des visions opposées et antagoniques sur le maintien du Québec au sein du Canada ou sa séparation du ‘’Rest of Canada (RoC)’’.
Mélanie, originaire de l’Estrie, affiche les conditions et les arguments favorables à la souveraineté. Gilles, natif du Sud Ouest de Montréal, dit être favorable au statuquo et par conséquent au maintien de la Province au sein de la Confédération Canadienne. Ce qui suit est la synthèse d’une conversation, que j’ai voulue sereine et tranquille, arrangée afin que chacun à sa manière me fasse part de ses convictions en la matière.
Cela s’est passé, dans un espace ouvert situé sur le Boulevard St Laurent, artère principale, frontière – presque virtuelle – entre l’Ouest et l’Est de Montréal. Terrain neutre, le lieu se trouve physiquement du côté Ouest et appartient à un québécois d‘origine algérienne, marquant avec un sourire narquois sa neutralité dans ce type d’échanges.
Pour témoigner mon intérêt à l’idée de la souveraineté je leur ai proposé de m’en parler autour d’un thé, accompagné de douceur bien de chez-moi. J’ai introduis la discussion en évoquant le fait que cette idée est considérée par beaucoup comme étant dangereuse et agressante, pendant que d’autres la dépeignent comme étant une nécessité absolue et n’hésitent pas à l’afficher et à l’exhiber chaque fois que nécessaire. Elle est latente, parfois commentée comme ésotérique par celles et ceux qui n’y voient pas leur intérêt et de toute évidence soumise à une volonté farouche d’étouffement par les fédéralistes.
Une nation sans pays ça ne compte pas …
J’ai tenté d’expliquer à mes deux interlocuteurs que je souhaitais comprendre et apprendre un peu plus sur ce projet de sortir la Province, où je suis venu m’installer, du reste de la confédération. Quels seraient les gains d’une aussi totale et complète autonomie qui séparerait la population en deux grands groupes opposés, divergents, à la limite antinomiques ?
Chacun y est allé de ses arguments. Historiques (Québec Province du Canada distincte depuis 1867), économiques (Hydroélectricité, énergies renouvelables, aérospatiale, technologies de l’information), politiques (autodétermination, choix du peuple), géographiques (superficie, réserve d’eau, immensité des forêts, exploitation du bois, etc.) et surtout culturels et identitaires (le fait français, etc.). ‘’Les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni’’ a décidé le 27 novembre 2006, la Chambre des communes du Canada. ‘’C’est déjà un premier pas vers l’objectif final’’, soutiendra Mélanie.
Ferid Chikhi