25 nov. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 175-

Immigration : Intégration – Insertion – Assimilation -2/3-
Des changements sélectifs !?
Considérant l’intégration et l’insertion des nouveaux arrivants, n’est il pas dit que ‘’ces deux concepts reposent sur des théories institutionnelles très distinctes bien que par endroits elles soient complémentaires et même indissociables’’ ?
En Europe, il existe une troisième schéma nommé l‘’assimilation’’ et qui fonctionne assez correctement dans bien des situations mais qui montre ses limites dans bien d’autres. L’assimilation pourrait être de mise, même ici au Canada et au Québec, toutefois, elle n’a jamais été considérée comme appropriée à cause de la multitude d’origines des nouveaux canadiens. Mais au Québec, il subsiste une idée qui revient souvent à la surface et qui consiste à souligner que les ‘’Québécois sont purs, obligatoirement d’origine européenne et seulement de souche française’, il doit, par conséquent en être de même pour les nouveaux''. Si cette dernière condition n’est pas validée, l’assimilation n’a pas sa raison d’être  
Ces ‘’légers changements’’ dans la politique de sélection et de provenance des nouveaux arrivants semblent aller dans le sens de cette idée, avec cependant, la minimisation de l’attribut ‘’de souche française’’. Donc, même s’il s’agit de retouches pour le moment imperceptibles, sous le couvert de l’amélioration des conditions d’intégration, elles peuvent être qualifiées de majeures parce qu’elles constituent les prémices d'une tendance qui semble se mettre en place et qui ira en augmentant pour créer les conditions idéales de la mise en œuvre de ce concept.
Et pour cause, dans l’analogie avec l’Europe il existe deux raisons qui militent en faveur de cette tendance : La première est économique : en effet, la situation de crise que traverse une grande partie de ce continent pousse les jeunes européens et notamment les Français, les Espagnols, les Grecs et bien d’autres, à la mobilité internationale. Le Québec est un point de focalisation potentiellement intéressant mais cette population garde à l'esprit la perspective d’un retour une fois la crise totalement dépassée.  La seconde est que si l’assimilation se définit comme le consentement des immigrés ou immigrants aux prescriptions réglementaires, aux conventions sociales, aux habitudes partagées de la société d’accueil, l’exercice est simplifié puisque le Québec est d’accord pour faciliter l’apport de ces seuls immigrants par le truchement de procédures très allégées.
Si ce n’est le fait nord américain du Québec, l’identité, les spécificités socioculturelles d’origine (…), il faut admettre que du côté de ces nouveaux arrivants, les cousins européens, ne posent pas de problèmes identitaires ou culturels fondamentaux pour leur absorption et même leur assimilation.  
Par ailleurs, si au Canada et au Québec, l’on s’en tient aux diverses définitions, que l’on recense ça et là, du concept d’intégration personne ne saurait occulter le fait qu’il a d’abord, était appliqué aux handicapés qui, en tout état de cause, sont admis comme faisant partie intégrante de la société, avant de glisser en douceur vers un usage plus collé et devenu, sauf rares exceptions, exclusivement collé aux seuls immigrants.

22 nov. 2012

Un Numide en Amérique du Nord -174-


Immigration : Intégration – Insertion – Assimilation -1/3-
Quelques problématiques succinctes
Au Québec, le débat sur l’immigration revient sur la scène médiatique, à chaque changement de gouvernement ou en moyenne tous les deux ans, avec une récurrence chronométrique, alors qu'au plan fondamental rien ne change puisque l’objectif mis de l’avant c'est-à-dire l’intégration des nouveaux arrivants a perdu de son harmonie et de sa cohérence. À la limite, considèrent des observateurs avertis et des analystes éclairés des politiques d’immigration, cela devient une querelle byzantine dont seuls des pans entiers de nouveaux arrivants en pâtissent.
Alors, qui penserait à mal si quelques-uns parmi-eux se posent une série de questions qui leur paraissent essentielles et qui sont perçues et traitées différemment par les acteurs principaux - Gouvernement (ministère de l'immigration et du travail, etc.), syndicats, ordres professionnels, université, organismes d'accueil, organismes de soutien à l'emploi, etc. ? Partant du principe que ces organisations font de leur mieux, chacune de son côté, il est, malgré tout, accepté et reconnu que dans les faits les résultats sont peu probants.  
Sans aller chercher l’énoncé d’une problématique scientifiquement observable, j’ai partagé avec quelques immigrants en provenance d’Algérie, du Maroc, de Roumanie, de Colombie et de France, quelques réflexions qui ont abouti à formuler les questions suivantes :
1) Si ce sont les politiques gouvernementales qui ne fonctionnent pas, pourquoi ne sont-elles pas corrigées selon un modèle de réflexion pertinent ?
2) Si ces mêmes politiques sont inadaptées pour assurer la réussite de cette intégration, comment se fait-il que les programmes appropriés ne sont pas conçus pour réussir après une période maximale de six mois, qui serait en tout état de cause le plus long terme ?
3) En d’autres mots, ces politiques sont-elles dépassées, caduques et par conséquent obsolètes au vu des contraintes socioéconomiques que vit un grand nombre de nouveaux arrivants avant l’obtention de la citoyenneté ? Cinq années de galère !?  Dans ce cas,
4) Comment se fait-il qu’elles ne soient pas reformulées en faisant, par exemple, table rase des programmes existants au lieu des les mettre à jour et de soi-disant les adapter alors que ces mises à jour et ces adaptations n’aboutissent pas aux résultats escomptés ?
5) Au moment oû un grand nombre de pays européens se lance dans l'appel à l'immigration pour contrer les conséquences d'une démographie qui échappe aux gouvernants, comment se fait-il que le Canada et le Québec s'obstinent à maintenir les mêmes tendances en matière d'immigration et d'intégration des nouveaux arrivants ?  
Bien entendu, si l’on tient compte des réponses et des commentaires des professionnels institutionnels (Immigration, emploi et organismes para publics, universtiés et chercheurs …) tout est mis en œuvre pour y remédier. Mieux encore, ils annoncent toujours que de nouveaux programmes sont mis de l’avant pour combler les déficits et répondre aux demandes des nouveaux arrivants.  Ce qui est vrai et personne ne saurait le réfuter.
Cependant, dans la pratique quotidienne, des centaines de ces nouveaux ou futurs nouveaux citoyens se retrouvent dans la marge et jamais dans le flux normal de l’apport à la société que ce soit au plan social, culturel, économique et bien plus loin politique. Trois de mes interlocuteurs sont d'accord pour souligner que les programmes sont les mêmes depuis plus de 10 ans et que seuls les titres et quelques aspects sont changés.
Viennent s'ajouter deux autres questions : Y a t’il une ou des raisons en plus du questionnement ci-dessus et la problématique serait-elle en amont du processus de sélection, au milieu ou après l’arrivée des immigrants ? Qu'importe la place de ces interrogations !? Peut être, pourraient dire, outre le groupe de mes cinq interlocuteurs, un grand nombre d’observateurs sollicités.  Il n’y a aucun doute répliqueraint d’autres.
Allant dans le sens de cet énoncé et considérant le terme ‘’Intégration’’, je me suis demandé s’il est réfléchi et compris de la même façon par les intervenants, les spécialistes et autres conseillers en immigration ou en intégration. La réponse que j'obtiens est synthétisée, partagée et formulée comme suit : Selon divers avis recensés il a été vidé de son sens tellement il a été galvaudé depuis au moins une dizaine d’années. Or, ce qui est le plus essentiel c'est la participation à une vie sociétale et économique. Ce n’est point le cas ».
Retenons que des définitions préétablies, il ressort qu'est ‘’immigrant toute personne née de parents étrangers à l’étranger et qui a été accepté par le Québec et le Canada en tant que résident permanent’’.  La citoyenneté étant accordée suite une demande formulée après trois années (un peu plus que 1001 jours) passées sur le territoire Canadien.
Mais en dépit de l’acquisition de la citoyenneté, beaucoup de nouveaux canadiens et nouveaux québécois originaires des pays d'Afrique continuent à être qualifiés d’immigrants. Pire encore, des citoyens de la deuxième ou troisième génération nés au Canada conservent cette qualité au plan social et un grand nombre parmi eux vivent les mêmes problématiques d’intégration que les derniers arrivants.
À suivre

10 nov. 2012

Un Numide en Amérique du Nord – 173 -

Liberté terre d’exil !
Pacte ancestral imprimant l’identité.
Parcours balisés pour des guetteurs avertis.  
Attache et rattache par des attaches
Que l’épée d’Alexandre ne peut diviser ni scinder.
Souffle, aspiration profonde.
Confession. Factum. Mémoire.
Passions assoupies, amours apaisés
Racines profondes affermissant
La terre de Massinissa, de Jugurtha.
Tin Hinan, FadHma et Dihya.
Origines. Sources. Racines.

Qui vivent, qui s’étendent jusqu’aux fondements.
Ne s’arrêtant jamais de combler.
Comme des sentinelles qui repèrent les horizons
Et en appellent à la résistance.
Révolte. Rébellion. Révolution.
Patrie non pas unique mais duelle.
Pays qui m’a vu naître.
Terre des hommes qui ont occupé
Gorges, Vallées et Défilés.
La liberté comme le vent rebelle  
Façonne les monts et balaie la plaine,
Foyer. Nation. Patrie.
Liberté sans Patrie, nuages sans ciel
Culture sans arts.
Pays d’exil, terre d’amitié
Fleuve qui traverse en toute intimité
La terre nourricière.
Territoire d’Éole accompagnant  
De nouveaux bâtisseurs.
Patrie de partage, espace de tolérance,
Réceptacle des âmes bénies,
Et de l’esprit sacré élevé et honoré,  
Terre fertile de l’homme libéré.

Que de cris, de colères et de larmes,
Que de paroles, de mots, de langage,
Une langue figée en mouvement.
Que de bonheur, de joie et d’allégresse
D’un jour qui perdure   
Liberté et Patrie affirmées.

Ferid Chikhi