22 nov. 2012

Un Numide en Amérique du Nord -174-


Immigration : Intégration – Insertion – Assimilation -1/3-
Quelques problématiques succinctes
Au Québec, le débat sur l’immigration revient sur la scène médiatique, à chaque changement de gouvernement ou en moyenne tous les deux ans, avec une récurrence chronométrique, alors qu'au plan fondamental rien ne change puisque l’objectif mis de l’avant c'est-à-dire l’intégration des nouveaux arrivants a perdu de son harmonie et de sa cohérence. À la limite, considèrent des observateurs avertis et des analystes éclairés des politiques d’immigration, cela devient une querelle byzantine dont seuls des pans entiers de nouveaux arrivants en pâtissent.
Alors, qui penserait à mal si quelques-uns parmi-eux se posent une série de questions qui leur paraissent essentielles et qui sont perçues et traitées différemment par les acteurs principaux - Gouvernement (ministère de l'immigration et du travail, etc.), syndicats, ordres professionnels, université, organismes d'accueil, organismes de soutien à l'emploi, etc. ? Partant du principe que ces organisations font de leur mieux, chacune de son côté, il est, malgré tout, accepté et reconnu que dans les faits les résultats sont peu probants.  
Sans aller chercher l’énoncé d’une problématique scientifiquement observable, j’ai partagé avec quelques immigrants en provenance d’Algérie, du Maroc, de Roumanie, de Colombie et de France, quelques réflexions qui ont abouti à formuler les questions suivantes :
1) Si ce sont les politiques gouvernementales qui ne fonctionnent pas, pourquoi ne sont-elles pas corrigées selon un modèle de réflexion pertinent ?
2) Si ces mêmes politiques sont inadaptées pour assurer la réussite de cette intégration, comment se fait-il que les programmes appropriés ne sont pas conçus pour réussir après une période maximale de six mois, qui serait en tout état de cause le plus long terme ?
3) En d’autres mots, ces politiques sont-elles dépassées, caduques et par conséquent obsolètes au vu des contraintes socioéconomiques que vit un grand nombre de nouveaux arrivants avant l’obtention de la citoyenneté ? Cinq années de galère !?  Dans ce cas,
4) Comment se fait-il qu’elles ne soient pas reformulées en faisant, par exemple, table rase des programmes existants au lieu des les mettre à jour et de soi-disant les adapter alors que ces mises à jour et ces adaptations n’aboutissent pas aux résultats escomptés ?
5) Au moment oû un grand nombre de pays européens se lance dans l'appel à l'immigration pour contrer les conséquences d'une démographie qui échappe aux gouvernants, comment se fait-il que le Canada et le Québec s'obstinent à maintenir les mêmes tendances en matière d'immigration et d'intégration des nouveaux arrivants ?  
Bien entendu, si l’on tient compte des réponses et des commentaires des professionnels institutionnels (Immigration, emploi et organismes para publics, universtiés et chercheurs …) tout est mis en œuvre pour y remédier. Mieux encore, ils annoncent toujours que de nouveaux programmes sont mis de l’avant pour combler les déficits et répondre aux demandes des nouveaux arrivants.  Ce qui est vrai et personne ne saurait le réfuter.
Cependant, dans la pratique quotidienne, des centaines de ces nouveaux ou futurs nouveaux citoyens se retrouvent dans la marge et jamais dans le flux normal de l’apport à la société que ce soit au plan social, culturel, économique et bien plus loin politique. Trois de mes interlocuteurs sont d'accord pour souligner que les programmes sont les mêmes depuis plus de 10 ans et que seuls les titres et quelques aspects sont changés.
Viennent s'ajouter deux autres questions : Y a t’il une ou des raisons en plus du questionnement ci-dessus et la problématique serait-elle en amont du processus de sélection, au milieu ou après l’arrivée des immigrants ? Qu'importe la place de ces interrogations !? Peut être, pourraient dire, outre le groupe de mes cinq interlocuteurs, un grand nombre d’observateurs sollicités.  Il n’y a aucun doute répliqueraint d’autres.
Allant dans le sens de cet énoncé et considérant le terme ‘’Intégration’’, je me suis demandé s’il est réfléchi et compris de la même façon par les intervenants, les spécialistes et autres conseillers en immigration ou en intégration. La réponse que j'obtiens est synthétisée, partagée et formulée comme suit : Selon divers avis recensés il a été vidé de son sens tellement il a été galvaudé depuis au moins une dizaine d’années. Or, ce qui est le plus essentiel c'est la participation à une vie sociétale et économique. Ce n’est point le cas ».
Retenons que des définitions préétablies, il ressort qu'est ‘’immigrant toute personne née de parents étrangers à l’étranger et qui a été accepté par le Québec et le Canada en tant que résident permanent’’.  La citoyenneté étant accordée suite une demande formulée après trois années (un peu plus que 1001 jours) passées sur le territoire Canadien.
Mais en dépit de l’acquisition de la citoyenneté, beaucoup de nouveaux canadiens et nouveaux québécois originaires des pays d'Afrique continuent à être qualifiés d’immigrants. Pire encore, des citoyens de la deuxième ou troisième génération nés au Canada conservent cette qualité au plan social et un grand nombre parmi eux vivent les mêmes problématiques d’intégration que les derniers arrivants.
À suivre