13 sept. 2013

Un Numide en Amérique du Nord - 196 -

Immigration, Exil et Société d'accueil   - 4 - 
Des lois et des valeurs faites par eux et pour eux ...
Oui ! Je dis que les sociétés changent.
Elles changent aussi parce qu’elles accueillent des pans entiers d’autres sociétés venant non seulement des territoires limitrophes aux leurs mais même et surtout de contrées lointaines. Des us et coutumes réapparaissent là où elles avaient disparues. Des habitudes nouvelles tentent de s’imposer. Il y a celles qui sont acceptées et partagées. Il y a les autres qui font peur, qui font craindre leur généralisation à des personnes mal à l’aise avec des pratiques étrangères à la société (...)
C’est là que des alarmes se font entendre. Des inquiétudes se transforment en frayeurs. Des formes d’agitation s’installent. Des hostilités prennent une tournure imprévue et nous voici en plein délire, en pleine phobie … des victimes du rejet – qu’elles ont pourtant produit par leurs attitudes, leurs comportements, leurs habillements … qualifiés au départ d’exotiques, ils finissent par être dérangeants … - Ces mêmes victimes se crispent, manifestent leurs craintes, dénoncent seules ou avec le soutien de proches sincères ou opportunistes … les souffrances psychiques qu’elles vivent. Elles savent qu’elles peuvent manipuler en usant des technologies de l’information. En même temps que les places publiques, les réseaux sociaux sont pris d’assaut. Des relais se forment hors du pays et des soutiens se révèlent à l’international.   
Ça va vite, c’est instantané et exponentiel. Celles qui se présentent comme des souffre-douleurs  en usent et mettent de l’avant le harcèlement, la discrimination et l’exclusion qu’elles subissent de la part des citoyens du pays d’accueil. Ces derniers sont d’accord pour accueillir mais dans le respect de leurs lois et de leurs valeurs.
Pour ne pas perdre le fil de l’information les médias traditionnels se rebiffent et leurs ouvrent leurs pages, leurs micros, leurs canaux … la surenchère prend place et le fonds du problème, les idées, les pensées positives sont réduites au silence ... La Société tout entière commence à s’interroger. Qu’est ce qui nous a échappé pour en arriver là ?
Les politiciens de l’opposition s’en mêlent … ils avaient durant leur gouvernance proposés un projet de loi (94) … un véritable piège à rats. Leurs intentions ont été percées à jour … Hier comme aujourd’hui, ils veulent gagner du temps et des voix dans les urnes … Ils parlent de remise en question des libertés individuelles alors qu’ils commettent un acte de fragilisation de la cohésion sociale. Ce qui est bizarre c’est que dans les rangs des indépendantistes des voix font échos à celles des opposants libéraux et fédéralistes.  S’agit-il de trahison de la pensée originelle ? Qui sait !?
Le nouveau gouvernement est traité de tous les noms. Il prend le temps de faire un travail de fonds pour défaire le nœud Gordien laissé par ceux qui ont, malgré tout, échappé à la vraie trappe. Tous veulent un consensus. Leur consensus. Le consensus qui leur convient sans pour autant convenir au citoyen.
Dans les faits, c’est tout une stratégie d’occupation des espaces publics et sociaux qui est déroulée. Cette occupation se manifeste par des attitudes et des comportements différents de ceux qui étaient connus jusque-là au Québec … le citoyen ne s’attendait pas à une telle interpellation. Il est sommé d’accepter sans les questionner ces nouvelles habitudes et d’autres. Les anciennes qu’il a cru avoir réduit à néant, même si cela heurte ses propres habitudes de vie et ses convictions. Des leaders venus d’ailleurs et formés ailleurs prennent le devant de la scène et menacent… 
Ce questionnement n’est plus seulement social, il est aussi culturel, politique et bien essentiellement identitaire. Le ‘’Rest Of Canada - RoC’’ s’y met et le Québec Bashing prend de l’ampleur sous forme d’accusations directes alliant : racisme, xénophobie, discrimination, exclusion etc. Cela devient un enjeu pour celles et ceux qui veulent s’emparer du pouvoir. Les régnants du moment - pas le gouvernement mais les restes du précédent - et les autres qui aspirent à plus de domination, d’autorité, de tutelle.
Oui ! Les sociétés changent et elles ne le font plus seulement pour l’amélioration des conditions de vie de la cellule de base, la famille et ses composantes, mais aussi pour se voir imposer par des politiciens peu scrupuleux des rites, des dogmes, des principes de groupes communautaristes. Mais attention au retour de manivelle, s’il n’est pas anticipé il sera violent et destructeur. Situation,certes sensible mais gérable.
Il est cependant avéré et incontestable que la capacité des femmes et des hommes de ma terre d’accueil à résister à ceux qui voudraient les assimiler par un enfermement inqualifiable est elle aussi potentiellement élevée pour absorber les chocs et les coups de boutoirs auxquels résiste toute la société.   
Ferid Chikhi
http://www.politicoglobe.com/2013/09/immigration-exil-et-societe-daccueil/