31 déc. 2013

Un Numide en Amérique du Nord - 205 -

Comment revisiter un passé récent ?
Rétrospective chronologique de l’année 2013 - (1)
L'avenir appartient à la non-violence,
À la conciliation des cultures différentes.
Stéphane Hessel
Liberté terre d’exil !
Pacte ancestral imprimant l’identité,
Passions assoupies, amours apaisés
Racines profondes affermissant
La terre de Massinissa, de Jugurtha,.
Tin Hinan, FadHma et Dihya
Sources. Origines. Racines.
Pays qui m’a vu apparaître
Liberté sans Patrie, nuages sans ciel
Culture sans arts, Personnalité sans identité,
Pays d’exil, terre d’amitié,
De nouveaux bâtisseurs.
Que de cris, de colères et de larmes,
Que de paroles, de mots, de langage,
Une langue figée en mouvement.
Que de bonheur, de joie et d’allégresse
D’un jour qui perdure  
Liberté et Patrie affirmées.
Ferid Chikhi
Le monde change, l'humanité aussi !!
Immigration – Expatriation – Exil – Départ – Arrivée – Intégration – Assimilation – Adaptation… Des concepts perçus différemment par les uns et par les autres. Par
ceux qui partent ; par ceux qui arrivent ; par ceux qui attendent ; par ceux qui espèrent. La problématique de la mobilité internationale des hommes et des femmes qui ressentent le nécessaire besoin d'aller ailleurs nous choque et nous convient par endroits.
L’immigration et l’intégration des immigrants notamment au Québec, au Canada et en Amérique du Nord interpellent plus d’un en raison de facteurs multiples de l’implantation dans un territoire nouveau. Mais personne, à quelques exceptions près, n’aborde le plus complexe de ces facteurs, celui du déracinement.
Il est vrai qu’il existe une singularité en matière de prise en charge de l’arrivée de celui et de celle qui sont partis de loin pour arriver quelque part. Il s’agit ni plus ni moins que d’un constat qui est, d’une part, partagé, et, d'autre part, renforce un paramètre commun à tous : L’intégration, cette intégration qui est avant tout une question de culture’’
Les observateurs avertis ou nouvellement convertis, postulent que ‘’ces immigrants qui s'adaptent rapidement à l'incertitude et à l'éloignement de leurs pays et de leurs familles ; qui participent au changement fondamental qui les heurtent au quotidien;
qui prennent part à la vie de tous les jours au sein d’une société d’accueil généreuse et tolérante mais affichant des valeurs différentes qu’ils doivent embrasser ; qui font face au choc thermique et aux relations informelles de bon voisinage … ces immigrants sont vus comme n’ayant pas les qualifications, les compétences, les expériences adéquates pour une insertion professionnelle rapide et conséquente. (…) et là L’’Indignez-vous’ de Stéphane Hessel prend toute sa signification, un cri du cœur qui se poursuit par un ''Agissez'' ;''Créer, c'est résister. Résister, c'est créer '' avait-il aussi crié.  "Je suis convaincu que l'avenir appartient à la non-violence, à la conciliation des cultures différentes. C'est par cette voie que l'humanité devra franchir sa prochaine étape." Finit-il par proclamer avant de quitter, le 27-02-2013, ce monde sans pouvoir vivre '’La Paix Durable’’. 
De son côté, Che Guevara eu la réflexion suivante : ’l’authenticité fait notre différence et notre richesse’’.
Mais qu’y a-t-il de commun et de convergent dans les pensées, les idées, les croyances et les actions de personnalités telles que Gandhi, Charlie Chaplin, Jean Paul Sartre, Che Guevara, le Dalai Lama et John Lennon …, et bien d’autres, qui ont été mis sous les feux de la rampe durant des décennies ?
Les dénominateurs communs sont multiples mais les plus importants sont l’opposition face aux régimes impérialistes, qu’il soit Britannique, Étasuniens, Français ou Chinois…
Alors Pablo Neruda nous averti : ‘’Il meurt lentement celui qui devient esclave de l’habitude, répétant chaque jour le même parcours, celui qui ne change pas le rythme de ses pas, celui qui ne risque rien et ne change pas la couleur de ses vêtements, celui qui ne parle pas avec l'inconnu.  
Il meurt lentement celui qui évite une passion, celui qui préfère le noir au blanc, les points sur les « i » aux émotions touffues, celles-là mêmes qui font briller les yeux, celles qui transforment un bâillement en sourire, celles qui font battre le cœur face aux erreurs et aux sentiments. … Seulement l’ardente patience nous permettra d’atteindre la joie splendide’’. 
À l’heure de la mondialisation vue et vécue sous tous ses angles, tout s’emballe et l’humanité voit les contours de son devenir changer à grande vitesse, sans que personne ne puisse la contrôler.
À suivre

Ferid Chikhi

30 déc. 2013

Un Numide en Amérique du Nord - 204 -

Comment revisiter un passé récent ?
Rétrospective chronologique de l’année 2013
Le 12 janvier 2013 j’avais repris l’écriture de ma chronique ‘’Un Numide en Amérique du Nord’’ par une digression poétique mettant de l’avant L’Algérie, anciennement Tamazgha :
(…)
Colorées du soleil de la Méditerranée.
Dans nos veines de Numides
Coule le sang de Massinissa et
Le lait nourricier de Fad’hma et Dihya.
(…)
Mutilée, amputée, altérée par tes assaillants,
Abusée, trompée, violée, par leurs gouvernances,
Préservée, Protégée, Défendue par tes enfants.
Seul le temps dessine tes fresques et tes reliefs.  
Seul le temps, tes gamins et tes coquins
Savent te sauvegarder pour demain.
(…)
Ferid Chikhi
11-12-2012

Tamazgha, terre des Imazighen
Pays des hommes libres.
Infiltrée, conquise, occupée
Par des passagers sinistres et éphémères
Venus te soumettre.
(…)
Sans palais, sans châteaux et sans manoirs
Jamais soumise, toujours rebelle
Terre d’insoumis, d’indomptables et de frondeurs
Ils ne l’ont pas encore compris
Tu es l’Éternelle Tamzgha.
Ferid Chikhi
18-12-2012

Ce même 12 janvier 2013 selon le calendrier Grégorien correspondant au 12 Yenneyar 2963
(http://www.convergencesplurielles.com/2012/01/un-numide-en-amerique-du-nord-134.html.) j’avais opté pour la sélection de cinq évènements considérés comme majeurs par certains médias. Ils me paraissent sensibles par leurs places dans le monde ou au sein des populations concernées.
En Afriquele début de l'intervention militaire française au Mali, sachant que ce
sont les puissances occidentales qui ont armé les islamistes venus de Libye pour déstabiliser cette région du Sahel connue pour sa tranquillité et son calme. Quelles sont les véritables motivations des Français et de leurs alliés?
Paris, Londres, Stockholm et 
Copenhague ont convoqué les ambassadeurs d’Israël pour leur faire part de leur "désapprobation" face aux mesures prises par Benjamin Netanyahou, en représailles à l’admission de la Palestine comme "Etat observateur non membre" des Nations unies. Berlin et Washington, jugent que la décision israélienne est "non productive pour la paix".  Pourtant, Toutes ces puissances restent silencieuses chaque fois que les Palestiniens sont victimes de répliques non justifiées.
En Syrie, l'escalade se poursuit entre soldats et rebelles.  Même la Suisse y met son grain de sel. Ce pays va adresser au Conseil de sécurité de l'ONU une pétition signée par 52 pays réclamant la saisie de la Cour Pénale Internationale pour les crimes de guerre commis en Syrie.
Washington envisage déjà l'ère post-Assad alors que Moscou veut que les Syriens soient les artisans d’une solution au conflit qu’ils vivent depuis plus de 22 mois.
Pour défendre l’indéfendable, tout est permis. En parcourant le site Tolérance.ca
j’ai trouvé succulente la chronique d’Anne Marie Sicotte datée du 03 janvier 2013, sous l’intitulé ‘’La langue comme outil de résistance’’. Ce qui a attiré mon attention c’est en particulier le paragraphe ‘’7’’ très inspirant et je le livre sans changement et sans commentaire :
''Pour défendre l'indéfendable, tout est permis ... Rien ne justifiait les Sulpiciens d'offrir un cours commercial en anglais uniquement…Pour défendre l'indéfendable, une tactique éculée consiste à se transformer en victime, à accuser grossièrement celui qui nous fait de justes reproches. Il semble que la frange intolérante de la population britannique a transmis cette astuce de génération en génération''.
Là où mes souliers m’ont mené, j’ai ressenti, la même sensation du ‘’j’ai déjà vu’’ ou du ‘’j’y ai déjà vécu’’ … une rue, une maison, un jardin public, une épicerie, une haie de fleurs qui sépare un jardin de la rue, un marché, l’entrée d’une entreprise, les discussions entre les gens, les cris des enfants, les empoignades entre les femmes, une chanson provenant d’une maison, l’exhalaison d’un parfum … Ce ne sont pas seulement des sensations mais encore plus des émotions.
À Annaba, l’Hippone Romaine, réceptacle d’une partie de la vie St Augustin. À Equeurdreville, une ville du Cotentin, en Basse-Normandie pas très loin de Cherbourg, La ville aux parapluies. J’y ai vécu six mois. Au Mont St Michel, En
déambulant dans les petites ruelles, j‘observais les maisons conservées à l’ancienne, les boutiques à touristes, les petits restaurants familiaux d’où émanaient les senteurs des omelettes et des crêpes délicieusement préparées par des cuisinières habiles et vendeuses averties, habillées de belles robes multicolores … À La Havane, Hôtel Ambos Mundos, le musée-maison d’Ernest Hemingway. Ses amours, son cocktail, ses muses, ses écrits... le temps était suspendu… Des souvenirs remontent à la surface et me rappelle mes lectures du ‘’Vieil homme et la mer’’, ‘’L’adieu aux armes’’, ‘’Le soleil se lève aussi’’.  
Ce qui est singulier à la limite fabuleux, c’est que pour chacune des villes
citées plus haut, et bien entendu, celles que je n’ai pas mentionnées, c’est le lien, la relation étonnante, inexprimable, contenant quelque chose de sublime. Un moment marquant inoubliable par son intensité ; un souvenir même fugace qui reste incrusté de façon indélébile comme le serait une révélation. Une rencontre fortuite qui finit par devenir une amitié indissoluble. Une odeur ou un parfum que j’ai humé et dont je n’arrive plus à m’affranchir. Le contact avec une personne dont seules la forme et la couleur des yeux me relie à une ambiance émouvante par sa gaieté et sa singularité.
                                                                                            À suivre
Ferid Chikhi
30-12-2013

24 déc. 2013

Un Numide en Amérique du Nord -203-

Fin 2013 et bientôt 2014

Une année se termine et nous la fêtons ... 

Une nouvelle va bientôt commencer et nous l'espérons meilleure que les précédentes ... Temps de fêtes ... 
Temps d'espoirs pleins de lumière et de bien être.

Une pensée à celles et ceux qui ne sont plus parmi nous. 
Une pensée aux plus démunis et aux plus vulnérables. 
Une pensée aux malades. 
Une pensée à nos proches qui sont loin de nous. 

Meilleurs vœux à toutes et à tous.

7 déc. 2013

Un Numide en Amérique du Nord - 202 -

Nelson Mandela, Madiba … Il était d’abord Africain ...
Citer les grandes figures historiques et politiques de l’Afrique serait fort exhaustif mais en évoquer quelques-unes parmi elles est faisable, notamment au moment où l’une des plus fameuses vient de nous quitter.
Les jeunes que nous étions dans les années ‘’60’’ se remémorent sans aucun doute des noms aussi prestigieux que ceux de Modibo Keita du Mali, Félix Houphouët Boigny de la Côte d’Ivoire, Kenneth Kaunda de Zambie, Ahmed Sékou Touré de Guinée-Conakry, Jomo Kenyatta du Kénya, Joshua Nkomo du Zimbabwé, Julius Nyerere de Tanzanie, Kojo Botsio et Harry Nkumbula de Zambie, Patrice LUMUMBA de la République Démocratique du Congo et bien d'autres tel que Kwame Nkumah du Ghana, le père du Panafricanisme. Leurs œuvres sont pour les jeunes générations Africaines la lumière qui éclaire la voie de sortie du tunnel sombre du colonialisme.
Nelson Mandela qui vient de s’éteindre en ce  05 décembre 2013, à l'âge de 95 ans a aussi était une figure marquante de la lutte contre la discrimination, l’Apartheid, l’exclusion, le mépris et pour la liberté et la dignité … Madiba comme aiment à le nommer ses compatriotes, Madiba a été le premier Président noir d’Afrique du Sud.
Lorsque nous balbutions les noms de Ben Boulaid, Ben Mhidi, Abane, Boudiaf, Ait Ahmed, et les autres, nous prenions conscience d’autres noms dont nous ne soupçonnions même pas la signification politique. Pourtant, tous luttaient pour
l’indépendance de leurs pays et la libération de leurs peuples comme le faisaient les nôtres. Mandela, Nkrumah et les autres faisaient partie de ces militants luttant pour l'indépendance et la décolonisation de leurs pays. Ils ont sacrifié leur jeunesse et souvent leur vie pour contrer les effets de l’occupation de leur pays par des forces étrangères, l’acculturation et l’aliénation de leurs peuples..
Mandela, a été emprisonné pendant plus d’un quart de siècle et à sa libération, seul son charisme ressort comme une valeur confluente. Un charisme fait d’un pardon sans haine et sans vengeance. Il sentait que son pacifisme était la voie de sortie de l’apartheid. Une fois libéré, il résume sa nouvelle mission en en quelques mots : ‘’Quand j’ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission : libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur’’.
Aujourd’hui, le voici parti et pourtant il est plus présent que jamais. Il rassemble l’ennemi et la victime d’hier. Il rassemble les bourreaux et leurs maîtres à penser. Il rassemble ceux qui l’ont à peine accueilli à sa sortie de prison et ceux qui lui ont montré le chemin à suivre pour se libérer des servitudes qui l’enchaînaient.
Il était Africain, il appartient d’abord et avant tout à son peuple. Il était Africain, il appartient d’abord et avant tout aux Africains. Je le revendique, nous le revendiquons. Il nous appartient d’abord et avant tout. Aujourd’hui, qu’il est parti, le juste parmi les justes, tout le monde veut avoir une part de son héritage. Tous, les ennemis d’hier qui ont mis à feu et à sang l’Afrique, veulent une partie de lui. Même si elle n’a duré que quelques minutes.
Sa résilience après la plus longue incarcération qu’a connue un homme politique, sa résilience en a fait un modèle de détermination et d’abnégation. 27 ans de détention n’ont pas brisé l’homme mais bien au contraire l’ont renforcé dans ses convictions d’humaniste.
Lorsqu’au printemps 1962, après la signature des accords d‘évian, avec Amilcar Cabral il rencontre, Boudiaf, Bitat, Ben Bella, Boumédienne, Kaid Ahmed et bien d’autres membres du FLN, très vite, il comprit que l’Apartheid en Afrique du Sud et le colonialisme français en Algérie sont identiques. Ses relations et ses liens avec l’Algérie se consolidèrent à jamais.  
Humble et à l’écoute de son peuple, charismatique et sobre, il s’en est allé, Madiba et a emporté avec lui sa modestie, sa sagesse toute africaine, son humilité et son abnégation. Le rassembleur qui a invité son peuple à regarder vers l’avenir et le futur et à dépasser les vicissitudes du passé.   

Ferid Chikhi