7 déc. 2013

Un Numide en Amérique du Nord - 202 -

Nelson Mandela, Madiba … Il était d’abord Africain ...
Citer les grandes figures historiques et politiques de l’Afrique serait fort exhaustif mais en évoquer quelques-unes parmi elles est faisable, notamment au moment où l’une des plus fameuses vient de nous quitter.
Les jeunes que nous étions dans les années ‘’60’’ se remémorent sans aucun doute des noms aussi prestigieux que ceux de Modibo Keita du Mali, Félix Houphouët Boigny de la Côte d’Ivoire, Kenneth Kaunda de Zambie, Ahmed Sékou Touré de Guinée-Conakry, Jomo Kenyatta du Kénya, Joshua Nkomo du Zimbabwé, Julius Nyerere de Tanzanie, Kojo Botsio et Harry Nkumbula de Zambie, Patrice LUMUMBA de la République Démocratique du Congo et bien d'autres tel que Kwame Nkumah du Ghana, le père du Panafricanisme. Leurs œuvres sont pour les jeunes générations Africaines la lumière qui éclaire la voie de sortie du tunnel sombre du colonialisme.
Nelson Mandela qui vient de s’éteindre en ce  05 décembre 2013, à l'âge de 95 ans a aussi était une figure marquante de la lutte contre la discrimination, l’Apartheid, l’exclusion, le mépris et pour la liberté et la dignité … Madiba comme aiment à le nommer ses compatriotes, Madiba a été le premier Président noir d’Afrique du Sud.
Lorsque nous balbutions les noms de Ben Boulaid, Ben Mhidi, Abane, Boudiaf, Ait Ahmed, et les autres, nous prenions conscience d’autres noms dont nous ne soupçonnions même pas la signification politique. Pourtant, tous luttaient pour
l’indépendance de leurs pays et la libération de leurs peuples comme le faisaient les nôtres. Mandela, Nkrumah et les autres faisaient partie de ces militants luttant pour l'indépendance et la décolonisation de leurs pays. Ils ont sacrifié leur jeunesse et souvent leur vie pour contrer les effets de l’occupation de leur pays par des forces étrangères, l’acculturation et l’aliénation de leurs peuples..
Mandela, a été emprisonné pendant plus d’un quart de siècle et à sa libération, seul son charisme ressort comme une valeur confluente. Un charisme fait d’un pardon sans haine et sans vengeance. Il sentait que son pacifisme était la voie de sortie de l’apartheid. Une fois libéré, il résume sa nouvelle mission en en quelques mots : ‘’Quand j’ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission : libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur’’.
Aujourd’hui, le voici parti et pourtant il est plus présent que jamais. Il rassemble l’ennemi et la victime d’hier. Il rassemble les bourreaux et leurs maîtres à penser. Il rassemble ceux qui l’ont à peine accueilli à sa sortie de prison et ceux qui lui ont montré le chemin à suivre pour se libérer des servitudes qui l’enchaînaient.
Il était Africain, il appartient d’abord et avant tout à son peuple. Il était Africain, il appartient d’abord et avant tout aux Africains. Je le revendique, nous le revendiquons. Il nous appartient d’abord et avant tout. Aujourd’hui, qu’il est parti, le juste parmi les justes, tout le monde veut avoir une part de son héritage. Tous, les ennemis d’hier qui ont mis à feu et à sang l’Afrique, veulent une partie de lui. Même si elle n’a duré que quelques minutes.
Sa résilience après la plus longue incarcération qu’a connue un homme politique, sa résilience en a fait un modèle de détermination et d’abnégation. 27 ans de détention n’ont pas brisé l’homme mais bien au contraire l’ont renforcé dans ses convictions d’humaniste.
Lorsqu’au printemps 1962, après la signature des accords d‘évian, avec Amilcar Cabral il rencontre, Boudiaf, Bitat, Ben Bella, Boumédienne, Kaid Ahmed et bien d’autres membres du FLN, très vite, il comprit que l’Apartheid en Afrique du Sud et le colonialisme français en Algérie sont identiques. Ses relations et ses liens avec l’Algérie se consolidèrent à jamais.  
Humble et à l’écoute de son peuple, charismatique et sobre, il s’en est allé, Madiba et a emporté avec lui sa modestie, sa sagesse toute africaine, son humilité et son abnégation. Le rassembleur qui a invité son peuple à regarder vers l’avenir et le futur et à dépasser les vicissitudes du passé.   

Ferid Chikhi