31 déc. 2014

Un Numide en Amérique du Nord - 231-

Un retour aux sources...
Observer une société sans être sociologue c’est, de toute évidence, la regarder avec un œil de profane. Les remarques et les commentaires que je pourrais émettre ne sauraient être pris comme références surtout lorsqu’au préalable aucune problématique n’a été élaborée. Pourtant, mes deux précédentes réflexions ont attiré l’attention de deux spécialistes qui s’intéressent particulièrement à l’Algérie et à sa population.
Au cours d’une conversation téléphonique que nous avons eu en triplex à mon retour, ils m’ont demandé si j’étais parti de quelques hypothèses que je voulais valider ou si c’était venu spontanément. Bien entendu ma réponse a été que c’était venu naturellement ; que je m’étais exprimé normalement sans un vrai cadre de référence formel si ce n’est la comparaison avec des moments passés et le peu de ce que je connaissais de la société dans laquelle je vis depuis plus d’une décennie. L’un des deux me dit mais ‘’c’est déjà un cadre de référence que de comparer entre eux des éléments du passé et des indicateurs du présent’’.
En fait, j’ai écrit alors que la comparaison, qui aurait pu servir de point de départ à une réflexion, aussi simple soit elle, était captive d’une bulle invisible dont la fonction première devait être de m’empêcher d’être pessimiste, négatif ou encore catastrophiste.
Lors de ce bref séjour j’ai vu des jeunes gens et des jeunes filles en pleine possession de leurs moyens vaquer à leurs occupations, en mouvement, d’un point donné à un autre. Des jeunes à deux, trois ou quatre, marchant, sautillant, riant, se regardant dans les yeux… des choses normales me diriez-vous !? Certes, oui… des choses normales mais j’ai aussi perçu, que souvent les regards n’étaient pas francs, loyaux, sincères…
J’ai, parfois, saisi un petit quelque chose d’inconvenant, de sournois avec un grain de malveillance. Il en était de même de ce regard que j’entrevoyais me dévisageant et me pénétrant sans retenu. Il était celui de ceux et de celles qui me le lançaient alors qu’ils/elles semblaient jouir d’un moment de repos assis en des lieux publics donnant l’impression qu’ils/elles passaient des moments à rêvasser alors qu’ils/elles étaient pris dans leurs pensées, leurs réflexions, leurs projets ou peut-être dans la recherche de solutions à leurs problèmes ; ils/elles étaient, peut être et, simplement à l’arrêt, en pause de pensée, l’esprit vide, le regard perdu. Il y avait comme une insouciance dans un désordre que j’ignorais, que je n’ai jamais connu auparavant. Paradoxes me diront certain.
Des paradoxes, certes, oui ! Mais qu’est ce qui peut les expliquer ? Une chose est certaine, c’est que toutes et tous, seul(e)s ou en groupes, ils/elles étaient branché(e)s, puisque fréquemment ils/elles conversaient un cellulaire dans une main, collé à l’oreille. En considérant les unes et les autres, j’ai constaté qu’elles/ils avaient, dans la majorité de cas, deux cellulaires… Pourquoi ? La seule explication m’a été donnée par Abdenour, et elle résiderait dans le fait que pour être joint et joindre un(e) ami(e), un(e) proche… il importe d’avoir le même  fournisseur de téléphonie et par conséquent ‘’flexer’’ rapidement en payant une carte de quelques minutes.  Insensé ! Selon ma perception des choses. Cependant, une question est restée sans réponse et se décline comme suit : Quels sont les effets d’une utilisation intensive du téléphone cellulaire pendant de nombreuses années, sachant que plusieurs études suggèrent que l’utilisation à long terme serait associée à un risque accru de lente croissance d’une tumeur cérébrale et de cancer du nerf auditif ?
Par ailleurs, j’ai vu, lors de mes promenades sur la rue Didouche Mourad, Ben Mhidi, boulevard Colonel Amirouche, Rue Hassiba Ben Bouali, plusieurs personnes de ma génération marchant, seules, d’un pas rapide. J’ai été frappé par leur attitude, leur maintien, leur posture et leur démarche… Elles ne rasaient pas les murs mais j’avais la nette impression qu’elles se faufilaient entre les autres promeneurs, badauds et autres désœuvrés, presqu’avec délicatesse, comme pour ne pas les déranger. Leurs têtes aux cheveux
couleurs poivre-et-sel, souvent blancs, les traits de leurs visages tirés me donnaient l’impression qu’elles étaient plus âgées que moi. Ce n’était pas de la frustration ou de l’insatisfaction, c’était beaucoup plus que cela, c’était à la fois de la désillusion, de la déconvenue, du désenchantement que je lisais dans leurs yeux. Et, lorsque sur un chemin que j’empruntais pour aller quelques parts…, j’en rencontrais quelques-unes qui avaient une allure svelte, une prestance élégante et qui visiblement avaient une belle apparence… je m’en étonnais jusqu’au moment où distinguant leurs échanges avec des passants qui les connaissaient je comprenais qu’elles étaient comme moi, en visite, venant de l’étranger. À trois reprises, j’ai été témoin de ce type de retrouvailles et aussi paradoxale que cela puisse paraître, les premières se redressaient, leurs sourires se faisaient grands, leurs visages s’illuminaient et leurs allures, leurs prestances et même leurs apparences changeaient du tout au tout, comme par miracle, à tel point que j’en étais heureux pour elles. Si ce n’était ma retenue, j’ai failli me joindre à leurs retrouvailles.
Ferid Chikhi


25 déc. 2014

Un Numide en Amérique du Nord - 230 -

Un retour aux sources... Plusieurs sociétés qui s’entrecroisent …?
Un scaphandrier pour se prémunir…
Des effets du choc du retour !? Il est s’avéré selon mon entendement, mon discernement ou encore
ma capacité de jugement situationnel, comme par nécessité plus que par obligation, que je me suis prémuni mentalement et je me suis paré d’une protection à la mesure de mon état général que ce soit au plan psychique ou physique. J’ai emprunté à la plongée sous-marine et comme un plongeur qui se prépare à descendre au plus profondément de l’océan, je me suis positionné en apnée volontaire. J’ai enfilé une combinaison et me suis glissé dans un scaphandrier.
Oui ! J’ai vu le nombre disproportionné de véhicules et, je me suis demandé comment en est-on arrivé à importer autant de voitures de toutes les marques et de tous les pays ? Malgré les explications d’Abdenour... je suis resté dubitatif et la question est restée sans réponse…
Oui ! J’ai observé la circulation anarchique et, je me suis questionné, par exemple, sur ce besoin ‘’immature’’ qu’ont les conducteurs de klaxonner pour un rien… il suffit que celui qui est devant mette son clignotant et les klaxons se font entendre ; il suffit que celui qui est à côté ralentisse pour saluer quelqu’un sur le trottoir et les klaxons se font entendre ; il suffit que celui qui est derrière s’avance trop et la symphonie se poursuit comme si le moment de silence en faisait partie...
Oui ! Je me suis questionné sur les risques d’accidents matériels et corporels ainsi que les traumas, conséquences inévitables de la conduite sans respect du code de la route et particulièrement de la
signalisation, combien même celle-ci est presqu’inexistante ?  Là aussi je n’ai pas eu de réponse…
Oui ! J’ai constaté que des routes nouvelles, des contournements, des rocades ont été aménagés ainsi que différents évitements et autres déviations. Pourtant, la circulation non seulement des personnes mais aussi des véhicules est intense, dense et très anarchique. Souvent, je me suis trouvé devant un point d’interrogation…
Oui ! J’ai vu du monde, des gens, des personnes allant et venant dans tous les sens. Je me suis demandé : si toute cette foule est dans la rue alors, qui est au travail ? S’agit-il d’un absentéisme qui ne dit pas son nom ou d’un chômage latent est ingérable ? J’ai trouvé une partie de la réponse lorsque je me suis rendu, avec mon frère Ahmed, dans un Centre des Chèques Postaux (CCP) pour y retirer de l’argent… l’agence est répartie en deux espaces ; l’un derrière lequel se trouvent les employés ; je vois plus de femmes que d’hommes et beaucoup plus de femmes en hijab que de femmes dévoilées ; le second espace est celui réservé à la clientèle, la majorité est assise sur des sièges en métal.
Des hommes et des femmes. Même image que la précédente. Des femmes en hijab, d’autres sans hijab. Les unes comme les autres, sont soit seules soit accompagnées. Des hommes, jeunes et vieux. Plusieurs sociétés qui s'entrecroisent et se mêlent les unes aux autres, d'où une certaine compromission pour ne pas dire une altération de la proximité sociale. Les employés s’affairent à répondre aux demandes des clients… dépôts ou retraits, remises de chèques, de carnet d’épargne… etc.
Je prends un ticket… numéro 142. Sur l’écran, placé en dessus des employés face aux clients, c’est le numéro 79 qui est annoncé. Huit guichets de service. Ahmed, m’invite à être patient, ça va vite, me rassure t’il.
Vingt-deux minutes d’attente. Sept minutes pour réaliser l’opération. Ça  travaille ! Je respire un bon coup et je constate avec satisfaction que le scaphandrier joue pleinement son rôle.
Nous sortons de l’agence des chèques postaux. La rue Ferhat Boussaad (ex. Meissonnier) est noire de monde. Des cris, des discussions, des appels, des regards fuyants, des regards qui vous transpercent. Des femmes voilées et d’autres en hijab, d’autres sans rien sur la tête, en pantalons ou en jupes et les couleurs sont plutôt dans le sombre, pas trop de teintes. Des jeunes proposent à même le sol divers produits… cigarettes, lunettes de soleil, soutiens gorges, bas, tissus variés, dentifrices… cellulaires, tablettes… un bazar à ciel ouvert dans une ruelle squattée par tous ce beau monde. La circulation de quelques voitures relève du défi pour les conducteurs qui s’y aventurent. À 05 km à l’Heure et souvent un arrêt total le temps que les piétons daignent livrer le passage pour quelques mètres supplémentaires.   
À Suivre
Ferid Chikhi

21 déc. 2014

Un Numide en Amérique du Nord - 229 -

Un retour aux sources... Qu’en est-il du choc …?
Je me souviens de quelques théories énoncées au cours d’une causerie à laquelle j’avais participé en 2002 et qui avait pour intitulé : 
Les chocs culturels et leurs effets sur les immigrants. Il était surtout question des problématiques ressenties et des perceptions des nouveaux arrivants dans un pays comme le Canada. Une courbe de progression présentée par l’animatrice principale montrait les cycles et les différentes étapes par lesquels passe chaque immigrant depuis le moment où il prend la décision de changer de pays jusqu’à, au moins, 6 mois après son arrivée dans le pays d’accueil et son premier retour au pays d’origine.
Il était aussi question de périodes et de phases d’acquisitions, d’assimilations, d’appropriations, d’appréciations, de compréhensions, discernements, etc. Ces étapes étaient qualifiées de chocs – de l’arrivée, de l’insertion socioprofessionnelle, de l’intégration culturelle et bien après lors d’une expérience passée dans la ville de Québec j’avais ajouté le choc thermique - ressentis chaque fois qu’un nouveau facteur est vu, perçu et maîtrisé ou rejeté par le nouvel arrivant. Il y avait aussi ce concept qui consistait à avertir sur ‘’le choc du retour’’.
Faire le deuil du passé…
C’est ce qu’on appelle un nouveau concept et je l’ai, un peu décortiqué à ma manière selon mon savoir et mes connaissances et ce que j’ai distingué des expériences vécues par des amis, des proches et même des inconnus devenus des relations et qui ont bien voulu me faire part de leurs pratiques et expériences de leur arrivée et de leur installation au Canada.
’en ai retenu qu’après une période passée dans le pays d’accueil, le nouvel arrivant, cet immigrant qui après l’euphorie de l’installation, du marquage de repères nouveaux et de ses appropriations suivis de frustrations répétitives dans beaucoup de cas, ressent le besoin d’un retour dans son pays d’origine et bien entendu le tout enveloppé de nostalgie et souvent d’un lot de dépossessions, de tromperies, d’effractions culturelles, des spoliations et détournements identitaires, d’insatisfactions mêlées de tristesse et de morosité générées par diverses contrariétés et désagréments. Bien entendu l’Interférence des observateurs les uns bienveillants les autres négatifs,  parlent aussi de l’Intégration versus l’assimilation…
En fait, ce qui est difficile à assimiler pour celles et ceux qui n’ont pas appris à faire le ‘’deuil de leur passé’’, c’est que le retour au pays d’origine devient à son tour un choc après quelques dix jours passés à revoir les siens, etc. Les siens reprennent leurs habitudes de vie et délaissent les visiteurs, les vacanciers devenus étrangers dans leur propre pays. Mais peut-on réellement faire le deuil de son passé ? Je vous en parle. De retour au pays, après une longue absence entrecoupée par des hauts et de bas, ai-je vécu ces instants, ces moments, ces sensations et autres sentiments que tout un chacun discerne, observe, remarque, constate ou ressent à sa façon? Certainement ! Cependant, cela ne s’est pas réalisé et opéré de la même manière que celle brossée par celles et ceux qui m’ont précédés. Est-ce en raison de mon âge, de mon expérience de vie, des conseils mesurés de certains de mes proches, des avis particuliers d’amis avertis, des commentaires et autres recommandations de celles et de ceux qui ont déjà fait vécu leur voyage de retour ? À vrai dire, j’ai bien tenu compte de quelques-uns et je me suis départi de ceux qui me paraissaient mal venus et inappropriés. Le tout a été à l’origine de quelques-unes des résolutions que j’ai prises avec détermination.  Peut-être qu’incontestablement certaines de ces suggestion m’ont été d’une grande utilité durant mon séjour… ?

À suivre
Ferid Chikhi

2 déc. 2014

Un Numide en Amérique du Nord -228-

Un retour aux sources... sous contrôle
Me voici de retour après dix jours en apnée à Alger...
Ce qui m'a interpelé c'est...
Le nombre de personnes dans les rues, dans les restaurants, dans les cafés... comme si personne ne travaille...
Le nombre de restaurants (Fast Food)... ...

Le nombre de véhicules de toutes les marques européennes, américaines, coréennes, japonaises, etc. et la circulation en continue de 06:30 du matin à 20:30...
Le nombre de cellulaires entre les mains de toutes et de tous sans distinction d'âge, de sexe et d'origine...
Les logements qui ont poussé comme des champignons...
Le langage des uns et des autres comme si c'était la tour de Babel...
Et pourtant ça fonctionne, ça marche et ça ne s'arrête pas...

Ce qui marche, c'est entre autres, les CCP, les banques, le change des devises au marché parallèle et à la criée..., sous la table, et y compris dans une banque...
Ce qui marche ce sont tous ces magasins et autres commerces de vente de la lingerie pour femmes, des costumes et des chaussures pour femmes et pour hommes, ce sont tous ces points de vente de la téléphonie mobile, ce sont tous ces bureaux d'inscriptions pour l'obtention de logements... et tout ce beau monde achète... achète et achète...
Ce qui marche ce sont ces quelques librairies du centre ville qui fourmillent de lectrices et de lecteurs
à la recherche du livre de référence en arabe et en français... Ce sont aussi ces libraires qui n'ont pas changé et qui connaissent leurs produits littéraires... Ce qui marche ce sont tous ces livres sur l'Algérie : Histoire -Sociologie - Économie et ces nouveaux romans qui relatent la vie d'hier, d'aujourd'hui et même la fiction de demain...
Ce sont là quelques-uns des faits que j'ai observés... Je n'ai pas fait d'analyse et encore moins des commentaires, des remarques ou des observations... Ça marche, cela ne veut pas dire que ça va dans le bon sens... Un peu de dérision ne fait pas de mal.
Je n'ai pas décrit ce que j'ai tiré comme expérience de mes visites aux CCP, aux banques et encore moins celles que j'ai rendues aux magasins de lingerie pour femmes... ou celles aux magasins de produits électroniques, aux restaurants, aux cafés...
Pour le moment je n'ai pas fait de comparaison... peut être que ça viendra après... le temps  de digérer ce que j'ai accumulé comme expérience et peut être... 
Des femmes... J'en ai vu, j'en ai croisé, j'ai parlé avec elles... J'ai aussi fait la même chose avec des ALGÉRIENNES et là aussi, je ne fait pas de commentaires, d'observations, je n'exprime pas mon avis profond... pour le moment... du moins... Ça viendra.
 À suivre
Ferid Chikhi

1 nov. 2014

Un Numide en Amérique du Nord - 227 -

Les loups solitaires et ceux qui hurlent avec eux…
Ils sont tapis à l'ombre de la démocratie et ils attendent leur heure.
J’ai récemment réagi à l’excellente réflexion de l’anthropologue Michèle Sirois et du politologue André Lamoureux, publiée dans la page Idées(*) du journal Le Devoir, suite aux deux odieux crimes perpétrés, durant la semaine du 19-10-2014, le premier à St Jean sur Richelieu et le second à Ottawa par des embrigadés de l'Islamisme. J’ai souligné que cette réflexion devrait interpeler ces personnes aux ornières qui ne sortent pas des champs théoriques et j’ai ajouté qu’une grande partie de la problématique propose en filigrane les hypothèses de travail d'un projet de société qui doit protéger les adultes de demain de toute forme d'intégrisme et doit être le tremplin pour la formation du citoyen du 21ième siècle, indépendant de toute idéologie de la violence et de l'obscurantisme.
Souvent certains bienpensants rappellent à qui veut bien les entendre que ''Nul n'est censé ignorer la loi'' oubliant que tous les citoyens ne sont pas ignorants, sens commun oblige. Mais pour que les

lois soient appliquées et effectives dans leur régulation de la société il importe que l’État mettent en place non seulement les mécanismes de leur mise en œuvre mais il faut aussi qu’il réunisse les conditions nécessaires et suffisantes pour que les agents de l'état en charge de notre sécurité ne soient pas des cibles de criminels de tous genres et qu’en même temps ils puissent prévenir les crimes qui menacent les intégrités physique et mentale de tous les citoyens.
Toutefois, dès le moment où ce sont les oppositions de tous les niveaux législatifs qui suggèrent d'abord d'appliquer les lois existantes avant d'amender les lois sécuritaires demandons-nous s’il n’existe pas un dysfonctionnement législatif ou un instrument déclencheur qui met en évidence ces insuffisances?
Les deux auteurs nous rappellent aussi que ‘’l’islamisme et le djihadisme, le travail d’endoctrinement de nouvelles recrues passe par certaines mosquées animées par des imams radicaux, mais aussi par le Web 2.0 et les réseaux sociaux'' ce qui est vrai. Cependant, il importe d’ajouter que c'est seulement en partie... et retenons que les mouvances islamistes (quelques-unes étatiques) sont transnationales et savent se déployer au-delà du Net. Les mosquées ne sont plus un passage obligé de l'endoctrinent. Le formatage des ''Loups solitaires'' s'opère en amont de leur arrivée au Canada. Ils sont tapis à l'ombre de la démocratie et ils attendent leur heure.
Celles et ceux dont les voix se sont subitement tues ?
Rappelons-nous aussi qu’il y à presque une année des voix de Québécoises d'origines arabes, ou converties à l’Islamisme en uniforme coloré, ici au Canada, n’ont eu de cesse de crier fort contre les musulmanes et les musulmans qui ont connu l'intégrisme et les assassinats de leurs proches dans

leurs pays d'origine. L’ordre de se taire et de ne pas déranger l'ordre public a été intimé à ces musulmanes et à ces musulmans constituant la majorité silencieuse.  Rappelez-vous de leur ''Taisez-vous, vous ne pouvez pas comparer le Québec à l'Algérie ou à l’Égypte ; vous ne pouvez pas affirmer que ce qui est arrivé ailleurs se reproduise, ici au Canada, et surtout pas au Québec !''
Mais ces citoyens, avant d’être des musulmanes et des musulmans, ont dit à leurs concitoyens Canadiens et Québécois. ''Faites attention, ces islamistes aux tuniques bariolées sont les têtes de pont des assassins et leurs émules tapis à l'ombre de la démocratie et ils choisiront leurs moments pour frapper''! Il y a un peu plus de dix jours, ils ont frappé et au cœur même de la démocratie.
Comment se fait-il que ces voix qui ont défrayé la chronique lors des débats sur la Charte de la Laïcité se sont subitement tues ?
Comment se fait-il qu’elles ne se font plus entendre sur les ondes des radios et ne se font pas voir sur les plateaux des télévisions ?
Comment se fait-il qu’une ‘’invitation’’ soit lancée, par le premier ministre du Québec, à l’adresse de personnes ‘’autoproclamées’’ représentantes des communautés musulmanes comme si l’Islam était uniforme et que la religion passait avant la citoyenneté ?
N’est-ce pas par de tels gestes et actes politiques que la discrimination s’institutionnalise ? Je reste convaincu que seule une Charte de la Laïcité s'impose comme rempart contre les intégrismes et constitue un paramètre  fédérateur de tous les citoyens et de tous les élus qui souhaitent un avenir serein pour les enfants du Québec de demain et toute la société dans son intégrité.  
Ferid Chikhi
(*) http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/422236/il-faut-ramener-le-projet-de-loi-houda-pepin

19 oct. 2014

Un Numide en Amérique du Nord - 226 -

Emploi des Immigrants, des (+) 50  et des Handicapés
Une insertion et une réinsertion professionnelle problématiques
Je sais que d’aucuns me diront que l’on ne peut pas mettre dans le même espace et apprécier ces trois catégories de personnes - les immigrants, les (+) 50  et les handicapés - même si elles ont un même et unique objectif : Celui de se trouver un emploi. et qu'en serait-il des femmes, des femmes immigrantes et en plus de couleur?
Ce qui est tout à fait vrai. Cependant, même si les causes ne sont pas les mêmes les finalités, les contraintes, les difficultés ont des éléments communs, des dénominateurs communs et je considère aussi des solutions, pour le moins, partiellement ou totalement communes.
En cette période d’incertitudes économiques, de fermetures d’entreprises, de transferts de technologies nouvelles vers de nouveaux champs industriels avec des bassins de main d’œuvre pas très chère, l’on observe, dans des pays comme le Québec, la création ex-nihilo de groupes de chercheurs d’emplois avec des potentiels d’expériences, de compétences et d’habiletés inexplorées, provenant des différentes restructurations (réingénierie) industrielles ‘’sauvages’’ décidées par les monétaristes et autres néocapitalistes, mais tous restant sans le moindre espoir de se réduire par la création d’emplois.
Je parcours régulièrement les articles publiés sur les médias sociaux, les sites et les blogs qui soulignent les différentes problématiques liées à l’un de ces groupes. Les idées développées, les témoignages retranscrits et les échanges qui s’en suivent sont aussi enrichissants par leurs formes que par leurs contenus.  
À plusieurs reprises j’ai exprimé mon avis, mon opinion, ou tout simplement émis un commentaire
sur l’insertion socioprofessionnelle des immigrants, des personnes handicapées et des (+) 50; je m’intéresse au fil conducteur ou ce que l'on peut qualifier de facteurs communs et différenciateurs qui serviraient comme introduction à une analyse des hypothèses essentielles composant la problématique de recrutement de ces personnes et je suis souvent sidéré par le fait que des potentiels extraordinaires sont ignorés par les employeurs qui opposent le manque de qualifications, le manque d’expérience et les exigences de ces demandeurs d’emplois.
Or, même si elle est intégrale, cette problématique comporte différentes hypothèses incluant des facteurs incommodants et d’autres potentiellement positifs. Cependant, chez un grand nombre d’employeurs seuls les facteurs incommodants sont mis en exergue et finissent par empêcher le recrutement de ces personnes, sans qu’une analyse ne soit réalisée concernant ce qu’Ils perdent en refusant de procéder à un recrutement dans ce bassin de main d’œuvre très avantageux.
Parmi ces hypothèses trois ont retenu mon attention.
Première hypothèse
A) Pour les employeurs : Leurs attentes et leurs exigences sont généralement qualifiées de déraisonnables, pour ne pas dire inadéquates, avec des facteurs tangibles (concret ou confrontant) auxquels viennent s’ajouter la défiance dans certains cas et la méfiance dans d'autres... en plus des préjugés, des clichés et des stéréotypes fondés sur des conceptions erronées, des caractéristiques non confirmées des profils des candidats de ces trois groupes sociaux.
   les (+) 50, sont lents à réagir. Ils sont ignorants des nouvelles technologies. Ils ne sauraient s’adapter à la rapidité opérationnelle exigée par les services à la clientèle. Ils refusent la supervision des jeunes, etc. - ;
   les immigrants, n’ont pas l’expérience québécoise qui leur permettrait d’être rapidement opérationnels. Ils ont des attitudes qui ne conviennent pas aux autres membres de l’équipe. Ils demandent des accommodements que l’entreprise ne peut se permettre, etc. - ;
   les personnes handicapées, ont besoin de trop de supervision et nous n’avons pas le temps de le faire ni les personnes qui pourraient les coacher,  et en plus de tout cela il faut connaître leurs handicaps et apprendre à faire avec et surtout, nos clients ne sont pas prêts à les voir dans nos services, etc.
Ce sont là quelques explications qui deviennent des stéréotypes bien ancrés dans l’esprit de certains recruteurs et leurs employeurs. Évidemment ces clichés et autres stéréotypes sont inventoriés par des premières lignes de préposés à la sélection sans grandes connaissances de ce qui est qualifié de ‘’capital expérience’’. Bien entendu pour y remédier des idées ont été suggérées et seulement quelques employeurs ont bien voulu en faire l’expérience. Ils n’ont jamais regretté de se prêter à la pratique.
Seconde hypothèse
A) Pour les candidats (+) 50, des immigrants et des personnes handicapées : les attentes et les aspirations sont certes différentes d’un groupe à un autre mais avec des dimensions et des espaces communs : Facteur assez sensible sachant que l'impression que l'on puisse s'adapter, que l'on soit souple et/ou flexible restent sans effets sur le précédent facteur.
Cependant, pour les
   immigrants, leur réaction est simple mais objective : Comment avoir de l’expérience québécoise
si aucun employeur ne nous donne la chance de prouver que nous avons des qualifications appropriés, que nous avons des compétences transférables, que nous avons un potentiel d’adaptation très important, que nous avons confiance en  nos qualifications, nos expériences et notre savoir faire et savoir être et mieux que nous sommes en mesure d’apprendre…
  personnes handicapées, elles répondent qu’elles peuvent donner le meilleur d’elles-mêmes, qu’elles sont loyales et fidèles, qu’elles savent ce qu’est le sens de l’appartenance, qu’elles sont en mesure de s’adapter et qu’elles peuvent bénéficier du soutien d’Intervenants professionnels.
  (+) 50, leur disponibilité n’a d’égale que le capital et la potentielle expérience acquise pendant plus de 25 ans, leur ponctualité et leur assiduité n’ayant aucune charge familiale, leur capacité d’apprendre vite, leur opérationnalité immédiate et  leur attitude positive à l’égard et à l’endroit de l’environnement humain qu’il soit à l’Interne ou envers la clientèle sont mesurables et appréciables sans délais.     
Troisième hypothèse
Les multiplicateurs potentiels positifs : La détermination, la résolution et la hardiesse des immigrants de date récente, celles des (+) de 55 ans, ainsi que celles des personnes ayant des limitations particulières, à revenir sur le marché du travail malgré des causes différentes, quelques-unes communes et d'autres très spécifiques, devraient constituer pour ne pas dire totalement changer la perception des employeurs et être un vecteur porteur qui les aideraient à s'adapter à ces profils très particuliers et ainsi en tirer un maximum d’avantages, un enrichissement spécifique ne serait-ce qu’en matière de transfert de connaissances et de savoir-faire destinés à la relève.
À présent que la question des multiplicateurs potentiels positifs est abordée et qu’avec une certaine retenue j'ai évité d'aborder les multiplicateurs potentiels négatifs pour ne pas gratter sur la corde sensible du découragement de ceux qui œuvrent avec détermination pour revenir sur le marché du travail, il est vrai que parmi les causes du non emploi de ces trois catégories de personnes c'est notamment l'âgisme pratiqué par les jeunes recruteurs, la peur de la différence face aux handicapés et les difficultés d’adaptation aux valeurs de l’entreprise québécoise que véhiculeraient les nouveaux arrivants.
Oui ! C'est à l'évidence une réalité, mais ce n'est pas la seule et ce n'est aussi la principale. Alors posons-nous la question... Si nous invitons les employeurs à changer leurs habitudes de recrutement en s'intéressant un tant soit peu aux potentiels des immigrants, des (+) 50 et des handicapés, ne peut-on aussi demander à ceux-ci de changer un tant soit peu les leurs ?
La réponse, à mon sens est évidente. Alors, œuvrant pour la mettre en pratique ! En fait, c'est lors de la rencontre des exigences des employeurs avec les profils des chercheurs d'emplois que l'arrimage sera possible et que des synergies seront palpables.
Ferid Chikhi

13 sept. 2014

Un Numide en Amérique du Nord - 225 -

Employabilité
Plus (+) de 50 ans… et les autres
Inverser le sens de la recherche pour réussir
Dans un précèdent article j’avais parlé d’une exigence qui pourrait encourager les employeurs à recruter les candidats immigrants, les chercheurs d’emploi âgés de plus (+) 50 ans et les personnes handicapées. Cette exigence les convie à changer certains de leurs paradigmes, lorsqu’ils décident d’envisager de tels recrutements.
Cependant, le même cheminement doit être suivi par les autres protagonistes qui sont invités à suivre
quelques étapes parmi lesquelles celles d’apprendre à/et de savoir se remettre en question. Comme je l’ai expliqué dans une réflexion antérieure, le début de ce nouvel apprentissage se présente comme une remise en question en commençant par la réalisation d’un bilan de soi qui regrouperait autour des atouts et autres avantages ce que sont ses propres facteurs de réussites ou de succès.
D’aucuns demanderont comment faire ? La réponse paraîtrait simple mais en réalité elle est complexe mais réalisable. Cela consiste entre autres en l’élaboration de la liste des compétences génériques et acquises, les effets des formations sur l’exercice professionnel, l’inventaire des réussites et celui des échecs, les actions entreprises après avoir établi ce constat… les aptitudes et les habiletés les plus marquantes, les faits marquants ou résultats majeurs obtenus, etc.
L’ensemble de ce recensement ou recueil de forces, de talents et de succès constituera une récapitulation, une mémoire qui mettra en valeur l’expertise acquise au fil du temps et des formations. C’est là une exigence pour les plus (+) de 50 ans intéressés par une réinsertion professionnelle.
Au cours de ma carrière, j’ai toujours appris qu’il fallait s’assigner des objectifs et une fois les réalisations menées à terme rendre des comptes à ceux qui nous ont octroyés des moyens pour les atteindre. Deux caractéristiques sont toujours prises en considération pour qualifier ce bilan : la première est l’économie de moyens et d’énergie accomplie et la seconde est le niveau des réalisations atteint.
Si je traduits ces deux facteurs pour la recherche d’emploi et en particulier celle que font les plus (+) de 50 ans, je suggérerai d’inverser le processus ou la démarche en œuvrant d’abord  pour que le bilan résulte en une connaissance de soi très pertinente et très précise et ensuite de ne pas perdre de vue que l'objectif essentiel doit être de se trouver une nouvelle activité ou emploi.
Une fois ces deux étapes abouties, deux autres préalables sont nécessaires pour y parvenir. Le premier est à long terme et il doit être stratégique. Le second est à moyen terme et il sera dynamique. Je veux dire par là que tout en prospectant le marché du travail, les secteurs d'activités qui nous intéressent, les entreprises grandes, moyennes ou petites susceptibles d'avoir un intérêt même mineur pour notre avenir il ne faut pas perdre de vue qu'à long terme nous voulons et pouvons être utile, productif, novateur... et ce, grâce à nos compétences et surtout à nos expériences. Alors, concrètement comment faut-il procéder.
Empruntons au marketing quelques pistes.
Imaginons une entreprise Xfrice... qui vend déjà plusieurs formules de dentifrices avec des
emballages différents mais le produit principal n'est plus concurrentiel et la compétition est féroce... Le service marketing propose le lancement d'un nouveau produit de préférence ''Mentholé'' selon les informations, les recherches et les études des vendeurs.
Le directeur général questionne : Pourquoi ou comment amener le consommateur (non seulement à ne pas se désengager de l'achat des autres produits de la même marque mais mieux encore l'amener) à choisir le nouveau produit parmi tant d'autres offerts par les autres marques ?
Les services création, publicité, prix, réseau se mettent en action et trouve la formule magique.
Les clients potentiels existent mais il faut attirer leur attention et les inciter à acheter le nouveau dentifrice d'Xfrice Mentholé.
La forme de la boite et du tube seront les mêmes que ceux existants; le prix au départ sera dans la moyenne...
Mais qu'est ce qui pourrait stimuler le client à devenir consommateur ? La réponse est toute simple : La présentation et deux ou trois mots flashes et novateurs compréhensibles par tous : Haleine – Mentholée - Fraicheur... HMF
Le client regarde, pose des questions, hésite, ... s'en va sans prendre le nouveau produit.
L'entreprise poursuit sa publicité... deux, trois fois, quatre fois... Un client finit par être séduit. Il achète le nouveau Xfrice Mentholé... Il aime... Il en parle à ses proches... On en veut... Je passe sur le reste...
Donc, si nous faisons un petit retour depuis le début le résumé se composerait de quatre étapes essentielles :
·   Bilan professionnel : Mettez en valeur vos réussites et succès, vos forces et vos atouts...
·  Présentation : Changez de look, d'attitudes et d'habitudes... Montrez que vous êtes énergiques et dynamiques...
· Réseau d'emploi ou d'activité : secteurs d'activités, entreprises, envergure, niveau d'accès... marges de manœuvre pour le revenu attendu
· Compétition et concurrence (souvent omises)... Détermination, engagement,... capacités de séduction...
Ferid Chikhi

7 sept. 2014

Un Numide en Amérique du Nord - 224 -

L’Islam est-il vraiment malade ? -2-
Les rêves qui ne se concrétisent pas deviennent des cauchemars
"L'écriture est supérieure au signe et à la parole, elle est plus utile ;
Car la plume quoiqu'elle ne parle pas, se fait entendre des habitants de l'Orient et de l'Occident.
Sans elle, il ne s'établirait parmi les hommes ni religion ni société "
L'Emir Abd El-Kader
L’origine du mal et ses effets sur les nouveaux oracles
L’islam a bien été accommodant et protecteur non seulement envers ses fidèles mais aussi avec et pour les autres pratiquants des religions monothéistes. A titre indicatif, souvenons-nous juste de l’Émir Abd el Kader et des chrétiens de Syrie.
En tant que musulman, comme tous ceux qui sont de culture musulmane, nous savons que les
préceptes dispensés aux enfants et aux jeunes, non seulement par l’éducation familiale en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Libye, en Syrie, en Égypte, en Irak, etc. pour ne parler que d’une partie du monde (dit arabe) mais aussi par leurs maîtres, leurs enseignants, leurs précepteurs, leurs professeurs, leurs éducateurs n’ont jamais été ceux introduits depuis (la fin des années 70 et le début des 80) que l’Arabie Saoudite est devenue un protectorat des USA et un allié inconditionnel d’Israël.  
L’agressivité, la barbarie la colère, le courroux, la violence et encore moins la bestialité et la cruauté n’ont jamais fait l’objet de ces apprentissages… La mort ou tout ce qui mène à la mort a de tout temps été évité; les jeunes musulmans apprennent la sagesse, l’affection, le respect de l’autre et surtout des plus âgés, des femmes, des enfants et des plus vulnérables, le partage… (La Zakat = l’aumône). Oui ! Des changements sont intervenus depuis une quarantaine d’années avec l’introduction d’enseignements idéologiques qui n’ont rien de commun avec la pratique de l’Islam… Et, heureusement que de nos jours, l’origine de tels enseignements n’est plus un secret pour personne.
Dans le même registre,  je retiens que ceux qui, aujourd’hui, agissent pour islamiser, imposer une charia hors contexte, le Khalifat, etc. n’ont rien de musulmans. Ce ne sont ni des fondamentalistes, ni des intégristes et encore moins des dogmatiques (groupes d’individus avec lesquels je ne partage ni les pensées et encore moins les actes)… Ce sont des mercenaires criminels, primitifs, incultes, agissants après avoir été formés à la tuerie, au carnage, à l’extermination ; ils œuvrent pour le compte de forces - pour le moins occultes mais qui commencent à être débusquées - que les USA et leurs alliés croient contrôler mais qui ne leur ont jamais été ni soumises ni obéissantes. Les massacres collectifs et massifs au quotidien qu'il y a eu en Algérie durant les années ‘’90’’ semblent être une source d’inspiration pour ces tueurs des temps présents... en Syrie, en Irak, au Nigéria, et peut être bientôt en Inde, etc.
Un autre questionnement me vient à l'esprit et considérant ce qui se fait et qui est imputé à tous les musulmans sans distinction. Supposant que le vrai ennemi est Israël, comment se fait-il que ces individus ne se soient pas rendus à Gaza pour défendre d’abord des musulmans qui sont soumis au diktat de  HAMAS et ensuite libérer la Palestine ? Pourquoi ces djihadistes n'ont jamais attaqué Israël, y compris hors d'Israël ? N'est-ce pas là une autre bizarrerie ?
Par ailleurs, celles et ceux parmi les nouveaux oracles, qui se réveillent de leur long sommeil en criant à la réforme de l’Islam, sa mise à niveau avec les transformations rapides que connait le monde occidental, depuis le début de ce millénaire, qu’ils se rassurent, s’ils veut bien l’être, cela est déjà consacré et suit son cours… L'Islam et les Musulmans n'ont pas attendu leurs prédictions et autres conseils pour revivifier leur pratique et la mettre au diapason des temps modernes.
L'Islam, les musulmans et leurs réformateurs
Un grand nombre de penseurs, d’intellectuels, de chercheurs sont en accord pour considérer que le Coran et les pratiques musulmanes doivent être relus et réétudiés avec une attention et une intelligence toute particulière afin de les adapter et baliser leur mise en œuvre de la meilleure compréhension possible et le pragmatisme les plus conformes aux interrelations qu'exigent le présent et le futur.
En réalité, ce travail essentiel, l’Ijtihad Fil Ilm oual Maarifa ou effort dans la science et le savoir, a toujours existé dans le monde musulman. Des réformateurs ont fait part de leurs réflexions, de leurs idées et de leurs pensées ; leurs œuvres jalonnent les espaces temps, territoires et ornent les bibliothèques de l’Europe, accessibles seulement à quelques érudits. Quelques-unes de ces intelligences musulmanes, ont réussi avec brio, d’autres ont subi des échecs cuisants, face à des conservateurs inflexibles, loin d’accepter que leurs privilèges acquis, parfois de longue date, soient remis en question par des inconnus ou des jeunes maîtrisant plus des connaissances théoriques que possédant une pratique de vie.
De nos jours, les profils d’une grande partie des nouveaux penseurs, de ces exégètes et autres intellectuels (anthropologues, psychiatres, théologiens, sociologues, etc.), faisant preuve d’un Ijtihad moderne, étudient, analysent, explorent... avec minutie, le Coran, la Sunna, les Madhaheb (écoles juridiques) ou Fiqh et même les autres religions et leurs apports, pratiqués dans tous les pays musulmans ; ils ont publié, ils ont donné des conférences, ils ont parlé aux médias mais ils sont souvent mis à mal par des fanatiques et des extrémistes ignorants les fondements de l’Islam.
Ces individus profitent de l’illettrisme quasi généralisé des populations, dans les mosquées, les écoles coraniques et autres lieux et temps de rassemblement pour réduire au silence toute personne qui oserait remettre en question leur parole. Ils sont plus considérés, plus suivis et plus écoutés par des pans entiers des sociétés musulmanes où le patriarcat pèse plus de son poids coutumier que de la sagesse recommandée par la tradition musulmane.
Ils s’opposent, ridiculisent et mettent à l’index, sans aucun ménagements, ces érudits, ces autorités dont la probité intellectuelle et leurs travaux sont recherchés partout dans le monde occidental et interdits de séjour dans leur propre pays. Le cas de Feu Mohamed Arkoun agressé violement en Algérie par El Qaradaoui ; Soheib Bencheikh, jeune théologien franco algérien, empêché d’exercer son imamat par des idiots utiles, en sont deux parfaites illustrations. Il en fut de même dans un passé pas très lointain, et je pense aux exils forcés de Djamel Eddine Al Afghani…  Mohamed Abduh, etc.
De nos jours Ghaleb Bencheikh, Malek Chebel, Rachid Benzine, Naima Dib ou encore Mohamed S. Al Ashmawi... sont les plus percutants dans leurs travaux. Ce qui est peut être navrant et déplorable, c'est que malgré leur intelligence, leurs représentations, leurs façons d’aborder les problématiques qu’ils mettent de l’avant, quelques-uns de ces nouveaux penseurs, de ces sommités, non seulement, n’ont pas su et ne savent pas encore utiliser les moyens et les canaux traditionnels de la communication mais ne maîtrisent même pas les moyens modernes pour communiquer avec le commun des mortels.
Peut-être est-ce en raison de leur manque de pédagogie à l’endroit des populations illettrées ou par manque de mise en adéquation de leurs rapports avec les individus ou encore par manque de capacité de vulgarisation ? 
Toujours est-il, leurs discours, leurs réflexions, leurs idées semblent être pensés, conçus et écrits à l’adressent d’autres intellectuels et érudits qu’à des populations ignorantes et encadrées par des activistes rétrogrades, passéistes et dans la majorité des cas obscurantistes.
A ce qui précède, s’ajouterait un autre aspect lié à leurs personnalités. Il est à la fois spécifique et plus imperceptible ; il s’agit du manque de courage qui habite les visionnaires, les initiateurs, les précurseurs. Ils se positionnent chacun dans des cases différentes et souvent sans interrelations, par égocentrisme ou par vanité, qui sait ?
Un traducteur n'est pas un interprète
N’en demeure pas moins que leurs travaux peuvent être classifiés comme suit :
1. Il y a ceux qui pensent à une véritable épuration des versets qui alimentent la primauté de l’homme sur la femme, ceux qui incitent à la violence et à l’engagement guerrier, ou encore ceux qui désignent
les non musulmans comme ennemis de l’Islam et par conséquent ils doivent être mis à mort.
2. Il a ceux qui invitent à maintenir la situation telle quelle mais en évitant d’enseigner les versets inadaptés ou inappropriés selon les contextes et les territoires.
3. Il y a ceux qui considèrent que tout doit être enseigné et il appartient à tout un chacun de distinguer le bien du mal. La conscience et la raison faisant le tri.
4. Il y a ceux qui invitent à séparer la religion de la politique en veillant à ce que l'une et l'autre ne se côtoient pas et que l’enceinte des institutions, en commençant par les lieux du savoir, soit fermée à la première. 
Pour conclure, Je me souviens d'avoir entendu Socrate dire que l'essentiel n'est pas dans la citation des autres mais dans l'intelligence de penser par soi-même, alors, trois conseils aux donneurs de leçons insignifiantes, habitués des salons feutrés de l’Occident. Ils devraient, en premier lieu, ne plus être tributaires de traducteurs mais de s’adresser un peu plus aux interprètes. Ensuite, ils gagneraient à se brancher, non pas à la fibre optique mais à s’ouvrir, ne serait-ce qu’à ceux qu’ils qualifient sans retenue ‘’d’égorgeurs en veille’.
Enfin, dès lors que leurs apprentissages s’en ressentiraient et leurs perceptions auraient changé, ils pourraient avoir accès au chapitre de l’interpellation des musulmans et de leurs intellectuels, penseurs, observateurs, analystes, etc. afin que ceux-ci envisagent de désacraliser le Coran. En d’autres termes, au lieu de se fier à des auteurs en mal de notoriété qui pondent des réflexions, des études et autres analyses faites, pour certaines, à distance des lieux où la pratique musulmane est consacrée, Ils gagneraient à ouvrir autrement et un peu plus leurs esprits obtus !?
Les sociétés musulmanes dans leurs grandes diversités, partout dans le monde, mais aussi et surtout les sociétés de culture arabe, grâce aux idées d’authentiques intellectuels et penseurs travaillent depuis longtemps à changer la donne.

Ferid Chikhi