28 avr. 2014

Un Numide en Amérique du Nord - 216

Les vrais indépendantistes et les ‘’intermittents’’
La politique c’est aussi une question de tactiques et d’habiletés agitatrices
Dans mon précédent article, j’ai abordé succinctement cinq points qui me semblent assez essentiels pour comprendre la défaite du Parti Québécois lors des élections du 07 avril 2014, il était question, entre autres de la faiblesse de la communication, des actions combinées des fédéralistes et des médias inclusifs, du Parti Québécois, son organisation et son fonctionnement, des suggestions avec comme principal axe de travail une cure de désintoxication... Mon point de vue est bien entendu celui d’un novice des politiques Québécoise et Canadienne ; il est aussi celui d’un simple observateur et, je l’admets sans détours très intéressé par les processus d’autodétermination des peuples. Dans ce même article j’ai souligné que la politique est la fille légitime du couple Trahison et Mensonge. C’est pour cela qu’elle interpelle toute la société et que toutes et tous en parlent.
Des lecteurs attentifs et actifs à ce qui est publié sur Vigile.net ont formulé leurs commentaires avec la belle intention de considérer à leur juste valeur les idées qui y sont mentionnées. Alors, En complément à l’apport de messieurs Drouin, Chrystian Lauzon et Fernand Lachaine et loin de moi l’idée de donner des leçons à qui que ce soit. J’aimerais souligner qu’encore une fois la raison a parlé … selon M. Drouin ‘’la Commission (Charbonneau) étant certes indépendante, le gouvernement ne pouvait faire ingérence dans sa décision de suspendre ses travaux’’ pour ma part, je me demande qu’est ce qui aurait empêché que les relais du PQ le fassent ? La politique n’est-elle pas aussi une question de tactique et d’habileté agitatrices ? 
Oui, M. Lachaine ‘’la faiblesse des moyens d’intervention et de réplique’’ montre qu’un vrai plan de communication avec les relais appropriés a fait défaut au PQ.  Quant à la division entre indépendantistes, n’est elle pas une simple vue de l’esprit ? Certes des partis se disant indépendantistes ou souverainistes, c’est selon, œuvrent disent-ils pour d’abord un Québec fort, la souveraineté viendra par la suite. En fait, j’ai l’intime conviction que d’un côté il y a les vrais indépendantistes et de l’autre les ‘’intermittents’’.
Je suis très mal placé pour les juger mais que je sache, ils ne sont pas dans les mêmes cercles politiques malgré leurs tentatives d’occuper les espaces militants et citoyens communes!? Ils sont pourtant de vrais irritants endommageant le mouvement souverainiste et frayant dans la communauté des plus vulnérables.
Ils offrent en même temps un encadrement très opportuniste à des groupes activistes pour le moins fédéralistes et qui n’ont cure de l’indépendance des états ou des nations. Leur seul crédo est leur propre visibilité ; ces partis et leurs organisations de proximité sont des chevaux de Troie. Ils sont organisés et soutenus pour freiner la marche vers l’indépendance tout en facilitant le maintien du fédéralisme et en consolidant le multiculturalisme. S’en rendent-ils compte… Je pense que oui… sauf qu’ils ne veulent pas le reconnaître.
M. Lauzon, Merci ! Pour votre apport. Il est, en ce qui me concerne, fort intéressant pour toutes les raisons que vous évoquez si justement. Permettez-moi d’ajouter ce qui suit : votre idée au sujet de Pierre Karl Péladeau c’est ‘’… l’artillerie lourde, on ne la met jamais à l’avant, on en prend soin et on la réserve dans l’ombre pour l’effet choc, surprise. PKP peut toujours faire des sorties fulgurantes, il contient cette force de crédibilité, ce qui apeure l’ennemi d’ailleurs’’. Vous avez raison.
Ça fait remonter en moi les souvenirs d’une vie antérieure, en Algérie, au lendemain, du ‘’redressement révolutionnaire’’, des officiers supérieurs en fin de carrière (moyenne d’âge 50 ans), pour la plupart, étaient parachutés à la tête d’entreprises publiques ; à quelques exceptions près, beaucoup parmi eux ont réussi à faire de bons capitaines d’industries, tant que le calme ‘’trompeur’’ au niveau national était dominant. Mais voilà que la mondialisation, comme partout ailleurs, frappe à la porte du pays ; ses effets là où on l’y attendait le moins ont été ravageurs. Tous ‘’ces gestionnaires improvisés’’ n’ont pas pu et n’ont pas su faire face au choc surtout de la mobilité des idées et bien entendu celui des marchandisespour les êtres humains, la sélection est toujours de rigueur. Il aurait fallu qu’ils comprennent qu’une entreprise, soit elle publique, ne se dirige pas comme une caserne.
M Pierre Karl Péladeau, comme bien d’autres leaders du monde de l’industrie, de l’université, etc. sont d’un apport, sans aucun doute, à la fois rafraîchissant et fort judicieux, s’ils comprennent qu’ils doivent ajuster pour ne pas dire changer leurs paradigmes afin de les adapter au monde de l’idéologie et de la politique, ils en seront plus redoutés et plus redoutables. Bien entendu, d’aucuns diront, le Québec n’est pas l’Algérie… mais partout, n’oublions pas que, les politiques ne mentent peut-être pas mais ne disent peut être pas aussi toute la vérité.
Pour l’heure, ce qui importe n’est ce pas l’amélioration de ce qui existe et qui est un acquis ? Plusieurs enjeux sont sur la table : la Mémoire et l’Histoire du mouvement souverainiste en font partie. Il y aussi un travail de fond pour éviter l’hémorragie et la fuite des militants, sans omettre la formulation des politiques de sensibilisation et de formation au recrutement des jeunes.  
Par ailleurs, il me parait très important pour ne pas dire fondamental d’encadrer et de donner de l’espace à l’expression des historiques de toutes les périodes. J’ajouterai que la nécessaire conception d’une politique d’occupation de l’espace démocratique en tenant compte des effets de nuisances des adversaires non seulement dans la province mais ailleurs au Canada et chez nos voisins du Sud… serait de rigueur.  Vous ne pouvez pas vous imaginer combien ce qui nous vient d’en face peut être plus porteur que ce qui se fait à l’interne. Quant à votre dernière question à savoir : Gouverner à nouveau ou faire l’indépendance ? Qu’est ce qui empêche de faire les deux concomitamment ?
Ferid Chikhi
Voir aussi sur : http://www.vigile.net/La-politique-c-est-aussi-une

24 avr. 2014

Un Numide en Amérique du Nord - 215 -

Et après le 07 avril 2014
                                 Peut être est-ce un revers salutaire pour le PQ !?

La politique est la fille légitime du couple Trahison et Mensonge.
Anonyme 
Lors des précédentes élections législatives (2012), j’avais exprimé mon opinion au sujet des effets de l’élection du gouvernement péquiste minoritaire. J’avais souligné entre autres que je n’étais pas un expert de la politique québécoise mais seulement un observateur qui tente de participer au débat général qui survient tous les quatre ans et dans certaines situations tous les 18 mois. 
Cela fait un peu plus de 20 jours qu’un nouveau gouvernement libéral majoritaire a été choisi par les électeurs québécois et l’encre des analystes, des politologues, et autres experts de la scène politique n’est pas encore totalement sèche que je me suis surpris à exprimer ma propre réflexion. 
Avant de poursuivre, j’aimerais partager le conseil de mon vieux professeur de sociologie qui au début des années ‘’70’’, après ses cours, me répétait ce qui était son conseil essentiel : ‘’Lorsque tu traites d’un sujet et que tu émets des hypothèses, me disait-il, veille à faire une pré-enquête dont tu analyseras les résultats ; tu feras suivre ce travail par une enquête plus pointue et tu poursuivras par une autre analyse des résultats obtenus ; le tout devra valider un des deux verdicts suivants : soit cette analyse confirmera toutes ou partie de tes hypothèses, soit elle infirmera toute ou partie de ces hypothèses. Ce n’est qu’à partir du verdict retenu que tu pourras émettre des recommandations. Mais reste prudent et nuancé quant à ces recommandations’’. 
L’inverse est-il possible ? C’est-à-dire, à partir des résultats obtenus, une analyse objective et rationnelle est-elle faisable ? Oui ! Répondront tous les intéressés, du simple profane au plus spécialistes des experts. C’est le cas de le dire lorsque il s’agit de politique. Cela arrive même souvent. Les opinions, les avis, les appréciations, les jugements… sont exprimés par les déçus, les frustrés, les pours, les contres… y compris ceux qui le font en toute connaissance de cause ou/et parfois par ignorance. Les idées, les pensées, les actions et leurs effets, les visions et même les apparences qui ont fait l’objet de perceptions deviennent des convictions, des certitudes… Alors, une question m’a traversé l’esprit : en politique l’analyse répond elle aux mêmes canons, cadres de références, etc. que ceux de la sociologie ou est-elle différente parce qu’il s’agit précisément de politique ? La citation suivante d’un anonyme me rappelle que : La politique est la fille légitime du couple Trahison et Mensonge. C’est pour cela qu’elle interpelle toute la société et que toutes et tous en parlent. 
La défaite du parti québécois en est un exemple à considérer avec une attention particulière. S’agit-il de l’échec d’une stratégie que personne n’avait anticipé ? Ce ne sont ni les libéraux, ni les autres partis qui le contrediront. S’agit-il d’un manque de vision réaliste ? S’agit-il d’un concours de circonstances imprévisibles ? Ou bien s’agit-il d’une adversité qui s’organisait depuis fort longtemps par les tenants du fédéralisme à la Canadienne ? Toutes ces réponses sont-elles acceptables ? À mon sens, oui ! 
Dans une telle situation, et après coup, beaucoup d’hypothèses, validées ou non, ont été émises. Les unes plus plausibles et plus pertinentes que les autres. Quelques-unes se classent parmi les plus saugrenues. Il y a celles qui sont favorables au Parti Libéral du Québec, grand vainqueur de cette bataille et il y a celles, disons le sans détours, qui sont défavorables au Parti Québécois, le malheureux perdant de cette joute électorale. 
La faiblesse de la communication 
Peut-on parler des causes puisque les effets sont connus ? Selon mes petites observations, je retiens que le manque de cohérence dans la stratégie de réplique (communication) aux adversaires a été d’une nullité sans équivoque. Pourtant, personne n’ignore que des stratèges en communication politique sont légions au sein, ou à proximité des hommes forts, de cette organisation politique. Il en est de même des économistes, des sociologues, des planificateurs, etc. 
Les erreurs économiques et les irritants 
Le programme économique, quant à lui, ne pouvait être que celui d’un gouvernement majoritaire au lieu d’être celui de la réserve, de la retenue, du discernement. Ce qui n’était pas le cas. Comment un gouvernement minoritaire peut-il parler de déficit zéro ou de retour à l’équilibre budgétaire, c’est à dire un programme d’austérité, alors que le citoyen se trouve dans un état de précarité et de vulnérabilité particulière. À présent qu’il est majoritaire le parti libéral ne manquera pas de prôner un tel programme. 
Bien entendu, d’aucuns me rappelleront les autres irritants tels que, le timing de la fuite relative au projet de charte des valeurs, l’intrusion dans le champ communicationnel du référendum, le rôle des médias inclusifs, etc. Tous des domaines de prédilection des adversaires. Ils y ont bien joué leurs rôles. Pendant que le gouvernement Marois œuvrait à gouverner, bien entendu en commettant des erreurs telle qu’entre autres la suspension des travaux de la Commission Charbonneau, etc. -, alors que les opposants avaient une avance sur le terrain de la réplique. 
Les actions combinées des fédéralistes et des médias inclusifs 
Dans les prochaines années, les codes d’éthique et ceux de la déontologie, les principes de l’honnêteté intellectuelle seront sans aucun doute des domaines d’analyses, de réflexions et d’études des sections de formation en journalisme et en sciences de l’information. 
Le rôle des médias télévisuels, radiophoniques et écrits ont, à mon humble avis, failli à leur devoir d’information de toutes les couches de la population. En effet, des pans entiers de citoyens du Québec ont, durant cette campagne électorale, été méprisés, ignorés et dédaignés dans leur droit à l’information. Le reste se passe de commentaires. 
Le Parti Québécois, son organisation et son fonctionnement. 
Si les stratégies des parties adverses ont fonctionné elles ont été surtout performantes grâce à leur combinaison avec celles des fédéralistes. Personne ne saurait le nier. 
À ce stade de la réflexion le Parti Québécois a failli dans sa vision et sa démarche globales. Cela ne serait pas arrivé si les axes de travail de la plateforme électorale - s’il y en avait une - n’avaient pas été corrompus par les incohérences des messages diffusés. Était-ce généré par des désaccords internes ou par le manque de patience pour ne pas dire de précipitation de certains dauphins ? Était-ce en raison de facteurs exogènes nocifs ? Une chose est certaine c’est qu’un parti bien bâti, avec des fondements solides… se relève vite parce que ses leaders, ses militants, ses sympathisants, ses organisations de proximité sont confiants dans le contenu de son projet de société. Est-ce le cas pour le Parti Québécois post 07 avril 2014 ? Le proche avenir nous le dira. 
Des suggestions : Une cure de désintoxication... !? 
À mon sens ce Parti a besoin d’une véritable cure de désintoxication. Oui, il doit réformer son organisation, son fonctionnement et sa stratégie de gouvernance. Il doit aussi revoir ses liens et ses relations avec le citoyen et ses représentants sociaux. Il doit choisir des hommes et des femmes qui ne craignent pas de rencontrer le citoyen, de lui parler et surtout de l’écouter. Il s’agit d’une véritable opération de séduction citoyenne. Et pour terminer le projet de pays devra tenir compte des changements intervenus depuis plus de dix ans au sein de la société toute entière. 
http://www.vigile.net/Peut-etre-est-ce-un-revers 

3 avr. 2014

Un Numide en Amérique du Nord - 214 -

Qu'est ce qui rapproche les libéraux des islamistes ? 
Selon certains politologues, sociologues et philosophes, ‘’la pensée unique désigne l'intelligence d'un groupe de personnes qui veut dominer ou domine déjà des groupes sociaux, des communautés et parfois des populations entières. … sans possibilité de contradiction’’.  Elle serait donc contraire aux valeurs de changement individuel que recèle toute société qui se voudrait progressiste et qui se développerait sur la base de l’autonomie et des libertés individuelles pour le bien de la collectivité. Elle se qualifierait de convenable dés lors qu'un consensus recherché par quelques-uns se fonde sur une argumentation saine en tant que contenu d’un projet de société et acceptable par l’ensemble.
D’autres, la conçoivent comme celle d’un régime totalitaire, dictatorial et bien entendu hégémonique qu'elle soit au sens idéologique, culturel, économique ou social, etc. Elle utilise tous les outils qu’elle trouve dans son environnement social et politique pour orienter et manipuler les citoyens de sorte qu’ils aillent dans le sens qu'imposent les tenants des pouvoirs afin qu'ils se maintiennent aux commandes et rester toujours en haut de l’échelle.
Alors, sauf si nous voulons mettre des œillères, nous savons que depuis le milieu des années 60 ''la lutte contre la pensée unique'' était présente dans beaucoup de pays. Elle s’est aussi retrouvée dans des pays ‘’enclavés’’ malgré eux dans un espace "bien défini'' créé par la guerre
froide et l’ère de la décolonisation. Ils étaient pris entre le soutien ''indéfectible'' des pays de l'Est et les anciennes puissances coloniales. Quelques-uns de ces pays africains, asiatiques, etc. ont succombé à ce cauchemar. D’autres s’en sortent à peine et  avec moult difficultés. L'idéologie en question se voulait porteuse du même message à forte connotation de langue de bois, véhiculée par une presse diversifiée mais avec un contenu uniformisé et lissé  (Agence Tass, Izvetzia, Chine nouvelle, etc.), bien entendu les médias lourds étaient instrumentalisés (Radio et TV naissante... les réseaux sociaux n'existaient pas encore).
Mieux encore, depuis des siècles des enclaves, des petits territoires sont dominés par des pays qui leur imposent leurs idéologies. De nos jours quelques-uns ont pu se libérer et reconquérir leur souveraineté. D’autres poursuivent leurs luttes pour s’affranchir de la primauté de ces États qui ont tenté de les absorber ou de les fédérer sans jamais les accommoder en préservant leurs identités, leurs cultures, leurs spécificités. Ces territoires, ces nations, ces peuples, ces pays avec leurs sociétés distinctes restent réfractaires à toutes formes d’assimilation ou de fusion.    
Par ailleurs, des historiens, des politologues et des sociologues omettent de dire ou occultent que les intégrismes sont une forme si ce n’est la forme la plus autoritaire de la pensée unique. Par intégrisme et/ou fondamentalisme… et selon ma compréhension initiale ce n’est pas forcément une déviation de la religion mais une stricte application de certains de ses principes et de ses règles, beaucoup diront ‘’ses dogmes’’. Ils ont toujours existé là où les religions ont tenté d'imposer leur(s) pouvoir(s) sur les consciences. L'apostasie ou l'excommunication y sont observées comme sanctions extrêmes avec la mise à mort de ceux qui ne partagent pas les pensées et les idées (la morale) des gardiens du (des) temple(s).
Espace social Versus espace politique.
J'ai toujours fais une distinction profonde entre les intégrismes et la déviation religieuse, surtout que parmi tant d’autres compatriotes j’ai vécu intra-muros ce qui est qualifié de manquements ou encore d'errements aux principes rassembleurs c’est à dire les fondements ou tout simplement les piliers de l‘Islam.  Là, nous quittons l’espace social pour l’espace politique et pour ce qui me concerne par exemple, l’Islam politique, le Wahabisme ou l’utilisation de la religion à des fins politiques est une déviation de la religion, contrairement, par exemple, au Salafisme qui en est une application rigoureuse et dogmatique que je ne cautionne pas et que je rejette avec vigueur parce que régressif et rétrograde.
Par conséquent,  se pose une question essentielle qui se lit de la sorte : Qu’est-ce qui rapproche les libéraux des islamistes ? Une des réponses les plus probables est que les premiers sont pour la réduction de la participation de l’État et pour la promotion d’une efficacité économique ; pour les seconds une forme de dérégulation ou la non application des lois du pays et l’application de leurs propres lois même si cela accroît les inégalités et surtout entre femmes et hommes est une condition pour offrir leur soutien. Les deux usent et abusent des médias. Les premiers victimisent les seconds et culpabilisent les opposants. Autant les libéraux sont par certains côtés laxistes autant les islamistes les rejoignent dans leur  extrémisme. Des journalistes, des commentateurs, des animateurs de médias lourds sont instrumentalisés pour s’imposer à toute la société. Comme vecteurs de  transmission de l’information ils sont deviennent des acteurs politiques pour le ‘’contrôle des esprits’’ le fameux ‘’US mind control’’
Il est l’outil approprié et bienséant pour diffuser et imposer un message uniforme et constant qui diabolise l'autre, l'opposant, l'adversaire; celui-ci est qualifié soit de résistant à l'ordre imposé par la majorité Canadienne, soit de désobéissant ne reconnaissant pas les lois en vigueur au Canada, ou encore de rebelle et de séditieux (et bien entendu le mot qui fâche) de séparatiste. 
Je suis partisan de ceux qui militent pour une solution du juste milieu qui consiste en la création et le développement d'un espace commun où toutes les pensées, toutes les idées, toutes les morales qui fâchent, je veux dire qui ne sont pas admises, acceptées, partagées… par les autres soient rejetées. Tous les dogmes spécifiques n’y seraient pas admis ; un espace commun où la liberté de conscience existe mais ne s'impose pas ; un espace où la liberté de penser où toutes les idées nouvelles sont encouragées, défendues ; un espace de communication où le débat, les échanges sont cordiaux et courtois.  
Au plan historique, je me suis toujours questionné sur ce qui, par endroits, devient absurde… Pourquoi le patriarcat, après avoir inventé les religions pour exclure la femme du pouvoir de la tribu et pour la maintenir sous sa domination et sur celle de la famille a fini par régner en maître absolu ? Pourquoi le profil de la femme qui par le passé - voir la mythologie grecque - était déesse et fée à côté des dieux et des demi-dieux se retrouve battue par la force physique de l’homme tout puissant ? Pourquoi reléguée à prendre place à l’arrière de l’homme – au lieu d’être à ses côtés – elle a été asservie, minorisée, réduite à une simple reproductrice ? Ce même patriarcat a fait dévier les religions de leurs trajectoires initiales. Et, là où les déviations de la religion prennent place la politique est soumise aux diktats totalitaires et dictatoriaux ; la pensée unique est imposée ; la langue de bois modernisée est érigée en mode de communication ; les opposants sont corrompus, culpabilisés, bâillonnés... Les espaces où les synergies sont possibles et comme cela se dit communément qui permettent à ce que de la discussion jaillisse la lumière sont encerclés et leurs occupants tenus de se taire. Un nouveau projet de société apparait mais il n’a ni les attributs de partage, ni ceux de la liberté de penser en dehors du cadre de référence et il est dénué de liberté individuelle.     
La morale universelle, les valeurs universelles si elles peuvent être partagées ; une morale ou des valeurs, une pensée singulière, spécifique qui ne conviendraient pas à un espace de partage de plusieurs communautés, devraient être exclues de cet espace commun dés le moment où elles sont violentes et provocantes vis-à-vis des occupants premiers. Les nouveaux venus doivent se conformer aux règles établies afin que soit préservée l’harmonie existante. Apprendre, comprendre, s'imprégner et s'approprier les valeurs et les règles de la majorité et s'associer au projet de société de l’ensemble deviendrait-il si ardu qu’il serait honni ? Si une personne ou un groupe de personnes a, tout à fait, le droit d’exprimer ses pensées, ses idées, ses morales, etc. elle/il ne pourrait le faire en les imposant aux autres tout en rejetant celles préexistantes. Un jour nouveau commencera en cette deuxième semaine d’Avril 2014. Ce sera un jour de noirceur ou un jour de lumière. C’est à l’électeur de décider.
Ferid Chikhi
Synthèse publiée sur VigileNet
http://www.vigile.net/Le-quatrieme-pouvoir

1 avr. 2014

Un Numide en Amérique du Nord - 213 -

Québec : Le monde de l'information à la sauce États-unième -2 -
Tout en réfléchissant à ce que je pourrais en dire, aujourd’hui, que je vis en Amérique du Nord, depuis presque une quinzaine d’années, j’ai été amené à examiner et à commenter la tournure que prend la politique au Québec avec la dernière campagne électorale des législatives qui porté le Parti Québécois à gouverner en minoritaire la Province et celle qui se tiendra le 07 avril 2014.
Bien qu’elle tire à sa fin et que le mois d’avril frappe à la porte d’un nouveau gouvernement, les débats sur le moindre mot, le moindre rictus, la moindre information sur le passé, le présent et le futur, le tout petit geste des candidates et des candidats du Parti Québécois, sont scrutés à la loupe non pas et seulement par les adversaires, ce qui est de bonne guerre, mais surtout par des journalistes qui ne font plus dans la simple information tout en se lançant dans un décryptage sans fin et… sans règles mais sans nouveauté pour l’auditeur, le téléspectateur ou le lecteur. Bien entendu les autres prétendants à la gouvernance législative ne sont pas épargnés, notamment pour certains libéraux. Toutefois, ces derniers semblent être habitués à cibler leurs opposants en servant non pas et seulement des flèches empoisonnées mais des missiles qui souvent font mouche.
De leur côté les spécialistes, politologues et autres universitaires habitués à être sollicités lors de telles campagnes électorales ont été, à deux ou trois exceptions près, débarqués ou ignorés. C’est dire combien je ne trouve plus le commentaire, l’éditorial, l’analyse, l’écrit journalistique objectif, raisonnable, impartial, désintéressé et je n’oserai même pas dire ‘’intègre’’ tant ils sont colorés de parti pris et de partisannerie, comme si tous ces porteurs de nouvelles appartenaient à la seule droite néo libérale.
A titre indicatif, selon un sondage CROP - La Presse (connus pour leur proximité fédéraliste), publié le 18 mars 2014 et portant  sur les intentions de votes des électeurs, faisait ressortir que le candidat libéral était en avance de sept points. Et c’est le début de la déferlante… des commentaires les uns plus vicieux, plus démagogiques, plus  immoraux… plus médiocres… plus  corrompus que les autres sont diffusés en boucle sur toutes les chaînes de la province et du reste du Canada. Je n’exclue point la publication d’autres sondages mettant de l’avant l’avancée des libéraux. Bien entendu, quelques commentateurs et autres animateurs d’émissions de nouvelles ont tenté de rester neutres mais dans l’ensemble le parti pris était évident, visible et flagrant.  De fait, même si le téléspectateur, l’auditeur, le lecteur… soumis à ce battage médiatique n’est pas dupe, il donne pourtant l’impression d’avaler tout ce qui lui est servi… Si j’ajoute l’usage des technologies de l’information par les réseaux sociaux… des indicateurs anodins finissent par impressionner et par convertir le plus sceptique.
Des plaintes des consommateurs ont été adressées aux ombudsmans et aux commissaires à l’éthique, aux directions des rédactions pour reprocher leur parti pris, mais ce sont des réponses toutes faites - soulignant que tout était en règle étaient reçues par le citoyen. Cela a été mon cas pour une réclamation que j’ai adressée à Radio-Canada. 
Pour en revenir à ma perception de la pensée unique, je considère que la dérision suffit un temps mais pas tout le temps. Il y a aussi la raison qui s’impose. À mon avis, quelque chose de plus conforme dans le monde politique crée l’espace nécessaire et suffisant pour implanter la pensée unique qui regroupe les idées auxquelles doivent se conformer les citoyens au sens large du terme. Un cadre de référence conçu par les idéologues ‘’d’un certain État’’ et duquel personne ne peut déroger ; le faire – déroger du cadre de référence - c’est s’exposer à être qualifié d’inconstant, de fluctuant, d’indécis à l’égard de cette pensée supposée être celle de la majorité alors qu’elle n’est que celle d’une minorité qui détient le pouvoir.
Ce qui extraordinaire c’est qu’elle arrive à en faire la pensée de tous. Ailleurs il serait question de propagande, ici ce n’est pas le cas. Pourtant, dans son ouvrage ‘’La propagande nouvelle force politique’’, Jacques Driencourt, nous dit ‘’Le règne de la Propagande au XXème siècle repose
autant sur ces instruments inventés parla science, qu’il est motivé par l’atmosphère générale d’irréalité dans laquelle baigne l’humanité. C’est dire que l’imprimé, le cinéma ou la radio (et aujourd’hui, que nous sommes passés au XXIème siècle, les technologies de l’information) découvertes du monde moderne, ne font que renforcer, amplifier et étendre une action qui a toujours existé justement par le fait qu’elle est le corollaire inévitable de ces activités naturelles de l’homme que sont la pensée, la parole…).
Elle est celle de la puissance d’un groupe, du pouvoir en place, de l’institution étatique, centralisante et centralisatrice, celle de l’Empire ou d’un empire, etc. Elle préconise que c’est l’intérêt général qui prime l’intérêt individuel, mais elle met de l’avant la liberté individuelle. Et elle est qualifié de démocratique dés lors qu’elle serait celle de la majorité. Sauf, qu'elle ne sert pas le projet de société que les plus éclairés souhaitent pour leur pays. 
À suivre
Ferid Chikhi