24 mars 2015

Un Numide en amérique du Nord - 235 -

Algérie 53 ans après
Moi, mes souliers racontent
Soyons fiers de nos réalisations -1-
En ce mois de mars 2015, quelques 52 ans après la signature des accords d’Évian qui ont mis fin à 132 ans de colonialisme français en terre d’Algérie, bien des questions restent posées sur l’État de l’Algérie, Jeune Nation que d’aucuns vouent à une autre explosion populaire tant les paramètres variables semblent devenir ingérables. En ces moments d’incertitudes aussi bien nationales, régionales, qu’internationales, ’’les valeurs et autres constantes révolutionnaires’’, ressassées depuis plus d’un demi-siècle, n’accrochent presque plus personne.
C’est là, encore une fois, que mes souliers m’interpellent. Oui, ces souliers que j’ai portés longtemps et  qui m’ont mené d’une place à une autre, d’un chemin à un autre, d’une route à une autre… sur les chemins qui montent et ceux qui rejoignent les vallées, par monts et par vaux. Ces souliers qui m’ont promené sur les dunes de sable chaud et préservé de la brûlure du soleil ce maître du jour dans le désert du Sahara.
Ces souliers qui m’ont aussi conduis dans des impasses d’où il fallait sortir, souvent à reculant, mais parfois, le chemin me semblait tellement long et interminable que je perdais espoir de m’arrêter. Il fallait pourtant continuer et avancer, toujours avancer, en regardant à l’avant et sans perdre de vue la distance parcourue, les repères fixes que j’ai pu mémoriser et ceux qui restent comme une image confuse, variable et juste comme une ombre diffuse…
Au bon milieu de ce mois de mars 2015, une de mes relations écrivait sur sa page Facebook : Aujourd’hui on essaye par le net de recoloniser les Algériens à travers toutes ces cartes postales et anciennes vidéos sur Alger, Oran et d'autres villes; pour leur signifier qu'avant 1962 c'était très beau! Ce qu'on oublie de dire aux Algériens c'est que des quartiers entiers étaient interdits "aux Arabes et aux chiens" Idem, pour certains peintres et écrivains algériens qui font du né orientalisme...et jouent le rôle de l'indigène complexé. Il y a un vrai déficit en images et en textes, produits sur nous-mêmes, que ce soit à travers les institutions officielles où médias locaux, blogs, sites, Facebook, etc.
Plusieurs amis participent aux échanges en soulignant le bon, le moins bon et le pire… J’y ai contribué en soulignant entre autres que nous devons être fiers de ce que nous avons réalisé depuis 50 ans. Ce que les algériens ont accompli alors que le colonialisme était parti, en laissant derrière lui, comme tous les indus occupants, une dévastation innommable perpétré en toute impunité pendant 132 ans, a été le point d’initiation d’une nouvelle page d’Histoire de cette Algérie moderne et future.
Les quelques mots qui suivent, je l’ai dit et je le reconnais, sont écrits sous l’impulsion de la colère. Alors les amis (surtout celles et ceux qui me connaissent directement) soyez indulgents avec leur portée.
Je  vais débuter par trois constats avant de poursuivre et proposer quelques éléments de réponses.
En cette période de lecture difficile et d’incertitudes, non seulement, locale, régionale mais aussi internationale, pour beaucoup - si ce n’est tous les - d’Algériens, l'Algérie est gangrénée par la mafia (politicofinancière) la corruption serait devenue une institution, l'ère du ''régionalisme'' a laissé place à celles du clientélisme et des réseaux d'affaires illicites, composés, non seulement, d'Algériens entre-eux, mais aussi par l'apport néfaste et nuisible de lobbies internationaux qui veulent s'enrichir aux dépens des nationaux…
Chacun peut se rappeler et écrire…
Pour celles et ceux qui s’en rappellent lorsque la France coloniale a plié bagages, qu’a-t-elle laissé
derrière elle ? Du bâti, des institutions désuètes et une administration créées par les colons pour les colons et prévues pour perdurer et seulement pour perpétuer le colonialisme. Des petits ateliers de réparation et quelques entreprises de moyenne envergure. Des routes, disent certains, des ponts disent d’autres, des hôpitaux surenchérissent les autres, etc, etc.  Mais cela n’a jamais été fait pour les indigènes que nous étions mais pour eux et seulement pour eux, n’en déplaisent aux nostalgériques.
Par conséquent, j’ai suggéré que, pendant un laps de temps, nous arrêtions de dénigrer et d’être un tant soit peu critique tout en soulignant au moins les quelques aspects positifs d’une société Algérienne qui a franchi des étapes nulle part ailleurs égalées :
1.    L’occupation, des bureaux et autres locaux de l’administration coloniale, par les plus instruits (quelques certifiés de l’enseignement primaire, des brevetés et des bacheliers de l’enseignement secondaire de l’époque) - à partir de septembre 1962 - a permis de créer le préalable à une administration algérienne  qui s’est raffermie au fil du temps malgré des dysfonctionnements importants.
2.    Malgré toutes les insuffisances engendrées par leur méconnaissance ou leur peu de savoir-faire, le défi s’est concrétisé par la  poursuite de la conception, la consolidation et l’affermissement de procédures de travail nouvelles.
3.    Les écoles, les lycées, l’université ont accueilli et formé des millions de jeunes (dont nous faisons partie) qui n’auraient jamais espéré ou imaginé un instant qu’ils feraient un parcours comme celui que nous avons réalisé…
4.    Les embryons de petits ateliers que d’aucuns osent comparer avec ignominie a des petites  industries… laissés par les colons français ont été ‘’repris en main’’ par une main-d’œuvre d’origine paysanne, comme nous l’étions tous, quelques apprentis-ouvriers et quelques rares  ouvriers spécialisés.
De nos jours ce sont des milliers de techniciens et d’ingénieurs, de juristes, d’économistes, de gestionnaires, etc. qui œuvrent pour la pérennité de plusieurs industries dans des champs d’activités multidimensionnelles (Écoles, lycées, Universités, Instituts de formation professionnelles Hydrocarbures, Sidérurgie, Métallurgie, Ports et Aéroports, Industries alimentaires, Transports ferroviaire, routiers, aériens, etc.).
Chacun peut se rappeler et écrire, ne serait-ce que, ce qu’il a fait depuis la fin de ses études payés par l’Algérie, en plus des œuvres sociales (Bourses, chambres universitaires, restaurants, transports…) … Nous, qui sommes là à commenter le post de mon ami, et tous les autres demandons-nous, chacun pour soi : N’ai-je pas réalisé des missions de travail et atteint des objectifs qui m’ont été assignés par la direction, par le ministère de tutelle et celui du Plan ?
Je refuse de penser un seul instant, que mes études à l’école primaire, au lycée, à l’université et à l’INPED ont été inutiles. Je refuse d’imaginer un seul instant que mon passage dans l’administration, les ports, la sidérurgie, les transports aériens, l’Institut Supérieur de Gestion et de Planification (ISGP)… a été inutile ou sans résultats pertinents. Je refuse de penser, un seul instant, que mes activités de loisirs aient été nulles et sans apports...
À suivre

Ferid Chikhi