29 mars 2015

Un Numide en Amérique du Nord - 236 -

Algérie 53 ans après
Moi, mes souliers racontent 
Une appropriation de faussetés sans discernement  -2-
En ce mois de mars 2015, quelques 52 ans après la signature des accords d’Évian qui ont mis fin à 132 ans de colonialisme français en terre d’Algérie, bien des questions restent posées sur l’État de cette jeune Nation que d’aucuns vouent à une autre explosion populaire tant les paramètres variables semblent devenir ingérables, en ces moments d’incertitudes aussi bien nationales, régionales, qu’internationales, alors que ’’les valeurs et autres constantes révolutionnaires’’ ressassées depuis plus d’un demi-siècle n’accrochent presque plus personne.
Comme je le disais précédemment je refuse de penser un seul instant …. D’imaginer un seul instant que mon travail durant plus de vingt-cinq ans... a été inutile ou sans résultats pertinents. Je refuse de penser que tous ceux et toutes celles de ma génération n’ont pas contribué à faire de l’Algérie un pays dont le peuple sait se tenir debout lorsque cela est nécessaire…  
Dans le domaine des arts, j’ai vu des films réalisés par des artistes algériens, des pièces de théâtre montés par des comédiens et des dramaturges algériens et jouées par des artistes algériens ; j’ai assisté à des concerts de musiques andalouse, de chaabi, de malouf, et j’en passe offert avec maestria par des musiciens algériens et dirigées par des hommes et des femmes extraordinaires, etc. J’ai passé des moments agréables dans des centres touristiques et des hôtels de luxe construits par des algériens, gérés par des algériens ; j’ai mangé dans des restaurants tenus par des algériens formés dans des instituts du tourisme et de l’hôtellerie bâtis et encadrés par des  algériens…
À celles et ceux qui nous interpellent en nous demandons ce que nous en avons fait ? Ce que nous en faisons ? Et ce que nous allons en faire ? Je réponds, tout d’abord hier, ces questions n’ont pas été posées et il est malvenu de les poser aujourd’hui, ensuite le bilan se fera s’il ne l’a déjà été fait par des Algériens et personne d’ailleurs n’a le droit de nous interpeler pour les réalisations des 60 dernières années.
Le destin de l’Algérie est entre les mains, d’abord de celles et de ceux des Algériens qui sont en Algérie et continuent d’œuvrer pour leur propre bien être et celui de leurs enfants, bien entendu il est aussi entre les mains de celles et de ceux qui tout en étant ailleurs participent à la poursuite de l’édification de ce pays qu’ils ne renieront jamais.
Toutefois, je considère que lorsque des nostalgiques d’une certaine Algérie signent des cartes postales d’époque ou falsifient l’Histoire pour paraître beaux et meilleurs que leurs actes barbares, sauvages, aliénants culturellement et effaçant l’identité d’un peuple, etc. non seulement cela ne m'émeut pas, ça ne me met pas en colère, cela ne me dérange pas parce qu’ils poursuivent des ombres qu’ils n’ont jamais pu capter et encore moins maîtriser.
Mais indubitablement, ce qui est à la fois irritant et interpelant, c’est qu’inconsciemment des Algériens, je parle des authentiques, s'approprient ces images sans appréciation ou jugement situationnel, tout en omettant de préciser que toutes ces villes, tous ces villages, tous ce bâti, même s'ils font partie de l'histoire coloniale, ont été réalisés avec la force de travail, la sueur et souvent le sang de nos aînés et ça c'est important et nécessaire de le dire de l'écrire et de se l'approprier...
À suivre
Ferid Chikhi