4 avr. 2015

Un Numide en Amérique du Nord -238-

Algérie 53 ans après
Moi, mes souliers racontent
Nous avons été aspirés par la mondialisation -4-
Et voilà, nous sommes en avril 2015, à la même époque en 1962 apparurent des ‘’militants’’ qualifiés de ‘’Dizneufmarsistes’’ ; ils n’ont jamais été au maquis mais semblaient savoir ce qui allait se passer dans les premières semaines de ce printemps avant l’été de l’indépendance. 52 ans après la signature des accords d’Évian …. Bien des questions restent posées sur l’État de cette jeune Nation que d’aucuns vouent à une autre explosion populaire, durant ce même mois d’avril 2015, tant les paramètres variables semblent devenir ingérables et que les incertitudes aussi bien nationales, régionales, qu’internationales se font de plus en plus persistantes. Les ‘’valeurs et autres constantes révolutionnaires’’ ressassées depuis plus d’un demi-siècle n’accrochent presque plus personne.
Récemment encore, je discutais avec des jeunes (35 à 40 ans) d'un épisode de la Guerre de Libération Nationale et je leur disais que la même attention, le même intérêt, étaient portés par tous les algériens quels que fussent leurs origines, leurs régions, leurs statuts, exception faite de ceux qui ont choisi l'autre camp, que ce soit en toute connaissance de cause ou par ignorance, après 20 minutes d'écoute j'ai cru qu'ils étaient fatigués par mon discours.  Bien au contraire, ils ont posé d’autres questions et j'ai pour toute réponse plausible mais aussi pour les rassurer et les mettre en confiance, tirer les trois tomes d'El Moudjahid de la Révolution. Ils les feuilletèrent en s’arrêtant pour lire des paragraphes entiers. L’un d’entre-eux me demanda si la révolution avait été faite en arabe ou dans les deux langues, arabe et français ? Je répondis que les réflexions, les analyses, les rapports, les chartes, les documents officiels ont toujours été pensés en Algérien mais leur rédaction s’est faite en français. Alors, il prit la décision de faire des recherches et de m’emprunter les trois tomes d’El Moudjahid. Il me dit qu’il allait s’organiser pour organiser une présentation lors de rencontres avec ses amis québécois. Il pense même organiser des conférences... qui se tiendraient à Montréal.
Pour aller dans le même sens, récemment encore quelqu'un me demandait avec sagesse ''Oui Ferid. Il faut être fier de ce qui a été réalisé par les Algériens. Mais alors pourquoi sommes-nous si nombreux à être partis? C'est comme si ma réponse était déjà prête. En fait, j'y avais pensé depuis des années, mais jamais je n'ai pensé que ça serait un compatriote qui me la poserait. Elle consiste en ces quelques mots : ‘’la réponse, en ce qui me concerne, réside dans le fait que nous avons été aspirés, beaucoup plus, par la globalisation que par les effets de la décennie noire ou encore par la crise morale qui n'a pas été anticipée par les survivants de la révolution de Novembre 1954 ou tout au moins qui a été entretenue par les faux héritiers, falsificateurs et autres effaceurs de la mémoire collective...''
En fait, et sur une autre page du même registre, j’estime qu’au plan institutionnel il existe un vrai problème de fond et rien ne changera tant que la constitution ne le prend pas en charge.  Ce problème réside dans la définition, non pas et seulement, du PEUPLE ALGÉRIEN… Qui est-il ? D’où vient-il ? Où va-t-il ? Et Surtout de qui est-il composé ? Mais aussi du CITOYEN : Qui est-il ce citoyen algérien ? Que veut-on faire de lui ? Où veut-on le mener ? Et où, par lui-même, va-t-il aller ?  Il faut croire que tant que ces questions n’ont pas trouvé de réponses pertinentes, l’Algérie et les Algériens iront d’errements en errements au lieu d’aller sur un chemin balisé.
Ferid Chikhi