15 nov. 2015

Un Numide en Amérique du Nord - 252 -

Les attentats de Paris source de rappel de la mémoire cachée.
La peur leur fait revivre ce qu’ils ont fui dans les années ‘’90’’. Comment encourager une amie, un ami des amis qui expriment leur crainte, leur peur, leur anxiété alors qu’il/elle / elles habitent à quelques centaines de mètres d’un des lieux où ont été commis les attentats de vendredi ?
Hassina, me dit : ‘’C’est choquant et angoissant, je suis effrayée et comme enfermée dans une
camisole sans pouvoir bouger…'' 


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Kamel : ''C’est comme lors de l’attentat d’Amirouche, des morts, du sang, des voitures de police, des pompiers…''
Belkacem : ''J’ai la nette impression que j’ai fuis ces assassins et qu’ils m’ont rejoint, ici, dans le cœur de Paris…’’
Brahim : '' Ils sont là depuis longtemps et je n'ai jamais imaginé qu'ils feraient une chose pareille. J'ai quitté mon petit appartement et j' passé la nuit chez mon frère à Angers; demain j'irai à Nîmes... J'ai le reflèxe de la clandestinité que je croayis avoir perdu ... ''
Il est 12:50 à Montréal. Une conversation de 35 minutes, avec mon amie Samia, À Alger, elle était professeur de littérature française... Menacée de mort par le GIA pour ses prises de positions en faveur de la démocratie et contre l'intégrisme, elle a quitté le pays au mois de mars 1995... ''Ils sont partout, et ce que je crains le plus c'est que les complicités sont fortes et surtout les ramifications internationales... J'ai peur que ce soit un début incontrôlable d'actes qui vont encore générer des victimes et que la stigmatisation qui s'ensuivra...''
Quoi dire de plus ? Si ce n'est que témoignages montrent à l'évidence que le terrorisme a traumatisé des milliers de personnes. Ce fléau qui sévit depuis la fin des années ''80'' a eu la terrible réalisation de faire banaliser les guerres contre de états indépendants du Moyen Orient et les souffrances des populations civiles déstabilisées, vulnérabilisées, précarisées au point où leur sécurité semble se trouver dans la seule fuite vers des terres qui paraissent plus pacifiques, plus sereines à la recherche d'un bien être que les guerres ne leur autorisent pas. 
Algériens, Irakiens, Libyens, Syriens, Libanais...Palestiniens, avec pour seuls bagages quelques vêtements, quelques affaires auxquels ils se raccrochent fuient leurs pays pour une survie que rien ne saurait assurer. Que faire, que dire  ? Si ce n'est l'expression d'une compassion, d'une colère, d'une frustration, d'une incapacité à agir... Dans ce cas là, le silence est il une attitude de complicité ou une force intérieure qui pourrait venir à bout de ce monstre dont la violence s'étend à tout le monde et qui échappent à la puissance des gouvernants qui l'ont créé ?
Ferid Chikhi