26 nov. 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 342 -

Le monde islamique et le monde non-islamique 
Deux visions antagoniques 
L’Orient et l’Occident, le Judéo-christianisme et l’Islam, la guerre des religions … des historiens, des philosophes et des sociologues ont relevé des faits et déroulé des problématiques, les unes aussi intéressantes que les autres, pour répondre à divers questionnements et expliquer les oppositions ou les complémentarités. Toutefois, depuis le début des années ‘’90’’ de nouveaux facteurs sont venus corser les contingences déjà difficiles à analyser. Le plus dur semble être le choix des instruments politiques pour favoriser ou réfuter l’implantation de nouvelles théories du genre (intersectionnalité rejetant entre autres la hiérarchisation des grands axes de la différenciation sociale) ou les idéologies telles que l’islamisme qui mine toutes les autres théories politiques, économiques, sociales et identitaires. C’est ce dernier facteur que j’aborde succinctement dans le propos qui suit.
En relisant quelques-unes des résolutions prises, ici et là, par des gouvernements des pays occidentaux et celles des pays sous dictature ou soumis à des guerres de pouvoir au Moyen Orient et dans le monde arabo-musulman, trois aspects ressortent comme essentiels. Ils caractérisent la conception d’un plan d’actions qui viendrait à bout de l’islam politique : Le premier de ces aspects répond à la manière de dépouiller de son fondement le creuset de cette idéologie qui puise dans l’Islam. Il est question de la réforme de l’Islam et la question de savoir s’il est possible de l’adapter au monde contemporain de l’intérieur ? Le second est de savoir comment réduire les actions des islamistes auteurs de la radicalisation des jeunes et des femmes dans les pays non-islamiques ? Et, enfin, celui de la stratégie d’éradication du terrorisme tout en déconstruisant l’islam politique mais sans contrarier l’islam et ses musulmans ? L’Algérie a depuis longtemps relevé ce dernier défi. 
Il existe un quatrième paramètre qui prendrait en compte la stratégie de l’OCI / ISESCO[1], organisation (des pays islamiques), qui s’est érigée en institution internationale pour la promotion de la culture islamique dans le monde non-islamique. L’ISESCO considèrent que ‘’les minorités et les
communautés musulmanes à l’extérieur du Monde islamique affrontent plusieurs défis et problèmes sur les plans culturel, social et éducatif’’ et elle a décidé d’y remédier. Les tenants de l’Islam politique dans le monde non-islamique en font leur référence. Ils partent de l’idée que le monde Islamique et le monde non-islamique sont d’un côté territoire de la guerre ou Dar el Harb et de l’autre côté territoire de la paix ou Dar Es Silm. Les deux sont en opposition tant que l’Islamisme n’a pas fédéré tous les musulmans. Beaucoup a été dit à ce sujet mais jamais, sauf erreur de ma part, une réflexion n’a abordé la stratégie de l’ISECO. Pour faire accepter cette nouvelle conceptualisation cette institution a procédé à une translation de ce concept en Monde islamique et Monde non-islamique. Le monde Occidental étant constitué de l’Europe, USA, du Royaume Unie, de la Russie, des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine où résident des millions de musulmans qu’il faut islamiser et/ou réislamiser. Quant à Dar Es Silm, c’est l’espace de l’expansion de l’Islam Politique et de la conquête des esprits des musulmans qui n’appliquent pas les préceptes selon le Wahhabosalafisme.
Quelles attitudes pour les pays non islamiques ?
Si les gouvernements des pays occidentaux prenaient conscience des véritables pièges et des stratagèmes qui sont mis en œuvre par cette organisation, ils auraient deux attitudes pour les contrecarrer. La première est portée par deux vecteurs, celui qui consiste à freiner l’infiltration des institutions internationales (ONUSIENNES et EUROPÉENNES, les banques et les institutions financières). Ils investiraient dans l’éducation, sous leur supervision, des citoyen-ne-s musulman-e s. Ils accorderaient l’attention nécessaire et suffisante à leur HISTOIRE commune, leurs identités et leurs cultures multiples ainsi que les valeurs universelles partagées. Le but étant que leur avenir soit exempt de violence et notamment celle faite aux enfants, aux femmes et à ceux et celles qui ne sont ni arabes ni musulmans. Le second axe serait d’empêcher, au sein des communautés musulmanes, les interventions des islamistes consistant en un conditionnement des jeunes musulmans de seconde et troisième générations.  
La seconde attitude est du ressort de ces mêmes gouvernements des pays non-islamiques et de leurs citoyens musulmans ; les premiers doivent opérer une véritable rupture avec les pratiques de rejet de l’autre par la ghettoïsation de leurs citoyen musulmans, afin qu’ils jouent pleinement leur rôle et les amener à faire leur devoir de refuser et de dénoncer ce qui est fait en leur nom. Ces gouvernements doivent aussi veiller à ne pas s’acoquiner aux islamistes Bon Chic, Bon Genre (BCBG), en revanche ils doivent accorder plus d’attention aux musulmans qui font passer leur citoyenneté avant leur pratique religieuse. Ils doivent leur épargner le confinement à des rôles de seconde zone et ne leur font appel qu’aux moments des scrutins tout en clamant le vivre ensemble. 
La ruse ou duplicité politique
Les gouvernements des pays non-islamiques doivent avoir à l’esprit que les islamistes de terrain usent de la petite Taqia, comme tactique, c’est-à-dire de l’hypocrisie (Nifaq el Asghar), de la victimisation et de la culpabilisation du vis-à-vis alors que les pays de l’organisation islamique usent de la grande TAQIA (Nifaq el Akbar), la ruse ou duplicité politique qui n’est plus du simple entrisme mais une véritable politique savamment élaborée par des intelligences grassement rétribuées et acquises à l’Islam Politique. Cette stratégie est déroulée autour de trois axes, le premier est organisationnel avec comme fondements l’action culturelle, le second est financier et le troisième réside dans la mise en œuvre d’une information contrôlée. La charte de Doha, adoptée par la neuvième Conférence islamique au Sommet tenue au Qatar en 2000, organise l’Éducation, les Sciences et la Culture à l’extérieur du Monde islamique. 
Le financement de l’action culturelle islamique
L’ISESCO, finance en Europe, trois fonds locaux, un par zone, selon un découpage spécifique. Chacun couvre au moins trois pays. Ils fonctionnent en lien étroits avec les conseils culturels et éducatifs régionaux et participent à leurs réunions. Les objectifs sont la construction d’écoles, de bibliothèques, de mosquées et l’achat de livres, la formation des formateurs, l’organisation des expositions culturelles, des colloques et des festivals. Il est question de dons et de subventions accordés par les États, les organisations financières, de subventions consenties par les organisations internationales comme l’Union Européenne, le Conseil de l’Europe et l’Agence de développement internationale, etc…
L’information
Pour accompagner les opérations de financement, une batterie d’interventions pour consolider et dynamiser la communication et l’information selon les préceptes de l’Islam est mise en action. C’est ainsi qu’il est mentionné la garantie de la couverture informationnelle pour toutes les communautés musulmanes en dehors du Monde islamique. 
Le dialogue entre les cultures, Oui ! Le lit de l’islamisme, Non !
L’ISESCO veille depuis au moins deux décennies à mettre en place les fondements solides pour la promotion de la culture islamique séparatiste, de négation de l’autre, de rejet des valeurs des sociétés d’accueil, de ciblage des communautés non-musulmanes et d’ostracisation des communautés musulmanes qui sont observées. Partant d’une bonne intention, la stratégie en question se voudrait un gage d’amélioration de la situation des communautés musulmanes à l’étranger. 
Corriger l’image de l’islam et des musulmans par la voie du dialogue et du bien vivre ensemble est certainement une excellente idée, malheureusement cette stratégie fait le lit de la radicalisation, de la séparation des musulmans et des non-musulmans, sans oublier les effets de la ghettoïsation et le revers de la médaille celui de leur stigmatisation à force de se singulariser. 
Ferid Chikhi

[1] Conférence islamique : Éducation, Sciences et Culture à l’extérieur du Monde islamique. 

8 nov. 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 341 -



Islam V/s Islamisme : Passer de la confusion au discernement !
‘’Le soleil se lève toujours en Orient et se couche en Occident’’
CAB  
Depuis les années ‘’90’’ l’islamisme conquérant est observé avec une intensité et une perspicacité génératrices non pas d’harmonie et de cohésion sociale mais de divers dysfonctionnements au sein des sociétés d’accueil de celles et ceux qui viennent du Sud et de l’Orient.
Des analystes médiocres et des éveilleurs ignorés
Pourtant des analyses et des observations lucides sont exposées par des musulmans militants, philosophes, politologues, psychanalystes et sociologues mais elles ne sont presque jamais relayées par les grands médium.
De l’autre côté de la table, des spécialistes de l’islamisme, BCBG[1] se relayent pour parler de l’épiphénomène plus que du fléau grâce à la complicité assumée de ces mêmes médium. Les effets générés s’avèrent plus nocifs que les agissements des falsificateurs de l’histoire. Pourtant leurs propos sont des synthèses d’écrits commis, ici et là, en les présentant sans aucune profondeur. En réalité, les exposés qui fâchent ne sont jamais énoncés. Ceux qui atteignent leur but sont ceux qui font la démonstration, par exemple, que c’est la sureté de l’État Français qui a été minée.
Malgré le bâillon imposé aux éveilleurs avisés ils arrivent à anticiper et alerter les sociétés occidentales qui ont accueilli des musulmans, sachant qu’au départ l’Islam politique venu des pays du Golfe Persique ne pointait pas son nez à l’horizon et qu’il restait circonscrit à quelques pays du Moyen Orient. Encore de nos jours, seule une partie de son sommet est visible. Elle dissimule les plus abruptes. Certains disent que c’est de la Taqia, cette ruse arabe utilisée comme cheval de Troie. Elle parait dormante mais inlassablement active et toxique. C’est ainsi que subrepticement se manifeste le vrai danger, la Sahwa, (l’Éveil de l’Islam) qui selon ses promoteurs et à force d’habitude on oublie que le soleil se lève en Orient et se couche en Occident. Alors, une question est posée : à partir de quand faudra t’il écouter et considérer ce qui est dit par celles et ceux qui distinguent entre l’Islam et l’islamisme, le musulman et l’islamiste ? Dans mes réflexions, j’ai toujours différencié les deux, mettant l’emphase sur les islamistes qui sont certes musulmans et la grande masse des musulmans qui en toute connaissance de cause se désolidarise des actes de victimisation et d’atteinte à l’intégrité physique des individus et des biens. Cependant, le paradoxe réside, dans leur silence en référence à l’adage arabe suivant : ‘’qui se justifie sans être coupable, s'accuse’’.
La culture de la Kheima (la tente)
À vrai dire, il faut savoir que les musulmans, même s’ils ne sont pas tous du même bord, tiennent, dans leur subconscient, au respect de la caution du groupe, concept qui prend sa racine dans la culture de la tente (la kheima) et de la tribu (El ‘Arch), c’est-à-dire une proximité collective et protectrice, imperceptible pour le profane et pourtant hiérarchisée et compacte. Personne ne pénètre l’espace ou le périmètre où elle s’exerce s’il n’est pas un intime. Un membre d’El ‘Arch (la tribu) est sommé de respecter le sempiternel avertissement qui ordonne de ‘’tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler’’ sous-entendu ‘’ou bien tu es avec nous ou tu es contre nous’’. 
L’islam politique s’y réfère et ne cède rien du terrain conquis par ses activistes. Ils agissent ainsi, dans leurs pratiques organisationnelles et fonctionnelles sociales, y compris dans leurs réseaux, pour l’endoctrinement et la fidélisation de leurs recrues. À tous les niveaux ils poursuivent leur avancée pour imposer leurs règles et s’imposer au sein de la matrice organisationnelle des institutions civiles, syndicales et politiques.
Une question taraude l’esprit de bien du monde, et se décline comme suit : pourquoi des politiques, des journalistes, des syndicats et d’autres associations de citoyens accordent autant d’attention à ces islamistes et à leurs infiltrés alors qu’ils sont porteurs d’une idéologie mortifère, victimaire et violente ?  La réponse réside dans les lois des pays occidentaux qui n’ont pas prévu les cas de figures portés par ces individus et d’autre part, les législateurs sont timorés face à l’adoption de décisions qui leur feraient perdre une partie de l’électorat musulman, ce qui est totalement faux. La fracture s’opère ainsi non seulement entre les sociétés d’accueil mais aussi au sein des communautés musulmanes. Pourtant, il suffit de discerner entre l’Islam et ses musulmans et l’Islamisme et ses islamistes.
Les musulmans ont parlé, et même trop parlé
Sans nier la portée de bien des avis et autres réflexions publiées, ici et là, il en ressorti que les islamistes activent, culpabilisent, imposent, provoquent, revendiquent, tuent, etc… et c’est reconnu comme faisant partie de leurs gênes politiques et mercenaires. Cela est partagé par la grande majorité des citoyens de beaucoup de pays, y compris les arabo-musulmans. Cependant, il existe un déséquilibre depuis l’apparition du concept d’islamophobie adopté par bien des états et des partis politiques. Le paradoxe se lit comme suit, d’une part, il n’est rien reproché aux islamistes mais le blâme retombe sur tous les musulmans. Leur silence et leur manque d’action, de dénonciation de ces fauteurs de troubles et d’autre part, les États sont interpelés pour leur ‘’proximité’’ des groupes et associations islamistes ainsi que leur ‘’aveuglement, silence et surdité’’ face à l’impunité dont bénéficie ces islamistes sous le couvert de protection des minorités qui ne se gênent pas pour s’infiltrer par les brèches béantes au grand dam des autres citoyens.
Pour étayer mon propos, j’ai consacré une réflexion pour expliquer le silence des musulmans : https://quebec.huffingtonpost.ca/ferid-chikhi/terrorisme-pourquoi-les-musulmans-ne-parlent-pas_b_11178132.html  
Des musulmans parlent, manifestent, écrivent et la bizarrerie réside dans le fait qu’ils ne sont presque pas relayés par les supports médiatiques.
Ce qu’il faut avoir à la conscience c’est que ce n’est pas seulement le ‘’Djihadiste’’, douce qualification du terroriste, qui sème la mort, endoctriné par l’idéologie SalafoWahhabiste ou la Khomeyniste, c’est aussi, ce journaliste, ce chroniqueur, cet éditorialiste, et autre observateur ou analyste qui par ses propos relaye sa voix, ses écrits, ses images … ceux de l’Islam politique. 
Ici, au Québec et au Canada, il en est de même et malgré de multiples appels à bien cibler ces individus ou ces groupes qui apparaissent dans le décor on se met à crier ‘’à la protection des minorités ou à l’Islamophobie’’ et ce sont tous les musulmans qui sont pointés. Pour s’en rendre compte, il suffit de compter le nombre de fois où les musulmans laïcs et intégrés … sont invités à parler de leur situation et de ce qu’ils vivent en raison des actes de rejet des islamistes, de leurs déclarations corrosives, de leurs propos victimaires et souvent insultants envers leurs concitoyens … Le résultat est indigent. 
Alors, non, ça ne marche pas comme ça. Il faut changer d’angle de vue et montrer aux islamistes, à tous les islamistes où se trouve leur place. C’est au fonds de la salle de classe de la démocratie et de la laicité. Il faut inviter ces spécialistes et autres experts qui en parlent sans discernement à se taire à jamais car ils font plus de mal que de bien.
Ferid Chikhi


[1] Bon Chic Bon Genre



https://vigile.quebec/articles/passer-de-la-confusion-au-discernement 

9 oct. 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 248 -


Parti Québécois : Une déclaration de principes, Oui !
Une cure de désintoxication nécessaire
Une charte explicative aussi !
Trois signes sont observés depuis le déclenchement de la campagne électorale fédérale. D’abord, le passage de membres d’un parti à un autre, d’un palier à un autre et même dans le même canal politique. Ensuite, la réorganisation du Parti Québécois et enfin une question d’ordre pratique les changements majeurs à opérer dans le cadre de cette rénovation sont-ils bien compris par tous ?
Campagne électorale et transfuges !
Dans cette campagne électorale, ce sont des ‘’spectacles’’ que d’aucuns traduiraient par ‘’shows’’ riches en couleurs que nous offrent les candidats en lice et leurs promesses pour certaines utopiques pour d’autres dérisoires. Déjà deux débats publics, l’un en français et l’autre en anglais nous disent ce que sont leurs perceptions sans pour autant cibler même des objectifs mineurs. 
La loi 21 portant laicité de l’État Québécois accaparent l’attention des partis fédéralistes. Aucun des véritables enjeux de l’heure n’a été à ce jour à la hauteur des attentes non seulement des Canadiens mais aussi des Québécois. Les attitudes des chefs de partis et quelques répliques ont fait l’image et rien de plus. Les déclarations sont toutes bâtis sur les échecs passés des uns, les propositions de succès des autres et les omissions volontaires des besoins réels des citoyens. 
Encore une fois au Québec les électeurs seront attentifs aux arguments du Bloc Québécois. Il a commencé à se singulariser par les bonnes prestations de son chef. Ses options, ses idées et ses thèses sont porteuses d’un pays qui se caractérise par sa position responsable portée par des candidats fortement résistants aux politiques sclérosantes de l’État Fédérale Canadien. Néanmoins, ses adversaires sont loin d’être à la hauteur des répliques attendues par leurs partisans. Mais du même côté de la palissade, il est fâcheux de constater que le fameux adage qui dit ‘’Préserve moi de mes ami-e-s, mes ennemis (adversaires) je m’en occupe’’ se confirme au détriment de la loyauté aux principes consacrés et aux valeurs partagées. Depuis une décennie et demie, je comprends, un peu mieux le sens donné aux ‘’libertés individuelles’’. L’une d’entre-elles m’interpelle à chaque élection municipale, provinciale ou fédérale ; il s’agit de la liberté que s’offrent des femmes et des hommes politiques qui passent d’un parti à un autre, ou deviennent indépendants, sans pour autant que cela ne gêne les électeurs qui leur restent loyaux. Cela se voit dans le passage d’un palier à un autre et sans remords, sans examen de conscience, même si des explications sont évoquées ici et là. Cela reste un manque de probité et pose sérieusement la question du niveau de conscience politique des candidats.
Le Parti Québécois veut se requinquer !
Pendant ce laps de temps, à la suite de sa défaite d’octobre 2018 et dans l’attente de son congrès extraordinaire, le Parti Québécois, a décidé de se refonder et d’opérer un remodelage. Parmi tant d’autres, quatre causes de ce changement qui se voudrait majeur, me viennent à l’esprit : une faille grossière dans la vision à long terme ; une démarche globale déviée de sa trajectoire, des dysfonctionnements dans l’organisation et enfin l’inexistence d’un texte rassembleur. Bien entendu des facteurs exogènes nocifs et persistants font partie de son environnement et à mon humble avis les candidats se laissent distraire. Alors, comment y remédier ? Le prochain congrès nous en révèlera quelques aspects.
Des suggestions ... !?
Dans l’un de mes précédents textes j’avais dit qu’à mon sens le PQ a besoin d’une véritable cure de désintoxication. Oui, il doit réformer son organisation, son fonctionnement et sa stratégie de gouvernance. Il doit aussi revoir ses liens et ses relations avec le citoyen et ses relais sociaux et économiques. Il doit choisir des hommes et des femmes qui parlent au citoyen et qui l’écoutent. Il s’agit d’une véritable opération de séduction citoyenne. Enfin, le projet de pays devra tenir compte des changements intervenus depuis plus d’une décennie au sein de la société toute entière. J’ai déjà parlé d’une déclaration de principes.
https://vigile.quebec/articles/le-quebec-l-independance-d-un-pays-et-la-liberation-de-ses-citoyens-i  
https://vigile.quebec/articles/l-independance-d-un-pays-et-la-liberation-de-ses-citoyens-ii  
Je n’avais pas fini de préciser mon idée qu’elle avait déjà été prise au vol. En fait, la reprise de volée a été, à mon sens, un échec même si du fait de sa nouveauté elle inspire bien du monde mais le processus de sa formulation est en deçà des attentes globales. Une chose est certaine c’est qu’avec des fondements solides, un objectif bien défini, des principes acceptés et conciliés, un parti bien bâti se relève vite parce que ses leaders, ses militants, ses relais sont confiants dans le contenu de son projet de société. Pour le PQ, les signes du déclic tant attendu semblent altérés par des mécanismes hérités de la période d’avant octobre 2018. Je me suis posé la question suivante : Est-ce que cette rencontre de novembre 2019 va rassurer ou au contraire va confirmer la fin d’une époque et d’une organisation qui portaient les germes de l’indépendance réfléchie par des visionnaires et des génies incompris par bien du monde ?
Le projet de déclaration de principes.
Au-delà de l’énoncé, il faut savoir que pour réussir l’indépendance du pays et lui octroyer la plénitude d’une gouvernance tant rêvée, une déclaration ne saurait se suffire à elle-même sans un texte d’explication ; une charte pour reprendre le concept consacré, là où de rigueur. On dit souvent que la précipitation est mauvaise conseillère. C’est à l’évidence ce qui arrive à vouloir combler à tout prix un vide là où une réflexion est nécessaire. Cette charte ou plateforme, comme je l’ai déjà expliqué, dans une précédente réflexion sur l’indépendance d’un pays, n’est pas l’affaire d’un seul homme ou d’une seule femme, d’un groupe de personnes ou d’une équipe. La réfléchir est une chose sérieuse et pour la réaliser cela en appelle à toutes et à tous. Elle doit rassembler, sensibiliser, mobiliser et mettre en mouvement et mener vers le but assigné. La procédure étant différente d’un groupe à une équipe, d’un militant à un sympathisant. La méthodologie doit être innovante et éviter les sentiers battus.
Les membres et les Québécoises et Québécois doivent savoir que faire l’indépendance d’un pays ne saurait se résumer à une bataille à la chefferie, à la désignation d’un leader et que la chefferie ne
saurait être le moteur de la lutte pour l’indépendance. J’ai entendu des avis au sujet du contenu du projet de déclaration de principes du PQ. Je l’ai lue. Elle porte des idées que le prochain congrès devra enrichir et que le nouveau chef devra accepter pour diriger. J’ai exprimé ma déception. Pourquoi ? Parce que faire l’indépendance d’un pays est en soi une œuvre colossale qui intéresse et concerne autant ses femmes que ses hommes et, surtout si elles et ils mettent de l’avant le devenir des générations futures. Le chef ou la cheffe doit être partie prenante de cette plateforme du début à la fin. Et surtout s’imprégner et incarner le cadre de références du texte explicatif, dont il/elle devra en connaître les moindres coutures, le moindre mot, le moindre objectif, la stratégie de développement celle du changement, les perspectives, les liens à organiser et à tisser avec toutes celles et tous ceux, à l’intérieur comme à l’extérieur, qui ont un mot à dire sur le devenir du Québec actuel en un Québec indépendant. C’est dire combien une déclaration de principe précède une charte explicative qui à son tour anticipe et encadre le programme politique. Le congrès de novembre 2019 sera-t-il celui du renouveau du PQ ou celui de la renonciation ?
Ferid Chikhi

30 sept. 2019

Une Numide en Amérique du Nord - 247 -


Le courage vu d’ici et d’ailleurs.

On ne quitte jamais définitivement son pays et son passé quand bien même, sous d’autres cieux choisis, on a espoir d’une vie plus sereine dans une société magnanime, ce qui s’est avéré en vivant au Québec.

Loin de ce qui fut mon chez moi, j’ai pour habitude de partager tout article traitant des droits des femmes avec mes amies restées en Algérie. C’est notre façon de continuer notre militantisme commun. Je n’oserai jamais comparer leur engagement militant en Algérie, même si le terrorisme a disparu, à mon militantisme ici au Québec et surtout au Canada.

C’est ainsi que je leur fis parvenir l'article sur les Raptors de Toronto qui nous informait que ceux-ci lançaient avec Nike un hijab à leur effigie et faisaient l’apologie de l’équipe féminine de basketball, les ‘’Hijabi Ballers’’. La lecture du contenu leur a semblé ahurissant du fait qu’il présentait le voile comme un vêtement avant-gardiste, alors que nous le définissions en Algérie comme notre étoile jaune, car entaché de sang. Leurs réponses furent unanimes pour rejeter la définition du mot ‘’courage’’ employé outrageusement dans l’article pour parler de femmes qui ont décidé de définir leur vie selon des critères qui s’inscrivent dans une tradition islamiste. Est-ce qu’on adjoint systématiquement le qualificatif de ‘’musulmanes’’ à ce groupe de femmes voilées afin de stigmatiser toutes celles qui, musulmanes, ne portent pas le voile? Ce voile dit islamique, mais qui n’a aucune existence dans le Coran.  Mes amies, restées en Algérie, m’ont rappelé avec tristesse et émotion qu’il fut un temps où le mot courage définissait unanimement la résistance au quotidien des femmes algériennes face à l’intégrisme islamiste qui sévissait durant la décennie noire des années 90. En ce temps-là, moi aussi, je vivais en Algérie et partageais cette terreur. Le courage avait un autre visage que celui de l’équipe féminine de basketball des ‘’Hijabi Ballers’’ encensée par les Raptors. Le courage avait le visage de Katia Bengana assassinée à la fleur de l’âge-17ans- pour avoir refusé de porter le voile de l’islam politique, comme étendard du salafisme et du wahhabisme. Elle sortait du lycée et son instruction menaçait l’idéologie de son assassin. Elle croquait la vie à pleines dents alors que son bourreau glorifiait la mort. Le courage avait le visage de Ratiba Hadji, professeure à l’École d’architecture et d’urbanisme qui fut assassinée en 1995 dans sa voiture pour avoir refusé le diktat des fous de Dieu. Il n’était pas permis d’être femme et d’enseigner dans un domaine dit masculin.

Malgré cette menace permanente,

Le courage avait le visage de Yasmina Drici, 27 ans, du journal Le Soir d’Algérie, kidnappée et égorgée parce que femme, journaliste et non voilée. Ses assassins la qualifiaient de dangereusement armée, car elle savait manier le stylo aussi bien qu’ils maniaient le couteau qui lui trancha la gorge.  

Ici au Québec, le courage a aussi le nom de cette adolescente de Victoriaville qui osa désobéir à sa famille en dénonçant un mariage forcé. Elle a vite compris qu’au Québec elle avait droit à une protection contre le diktat familial. Le courage porte le nom de la jeune Saoudienne Rahaf Mohammed Al-Qunun fuyant famille et pays au péril de sa vie.

Le courage ce sont ces femmes iraniennes qui défient l’obligation du voile et se retrouvent 
condamnées à la prison, voire au fouet. Le courage ce sont ces femmes dites musulmanes de toutes origines qui ici même au Canada vivent sous menace permanente de l’orthodoxie religieuse et de la pression communautariste. Le courage ce sont ces femmes saoudiennes* qui ont décidé de se promener dans les rues de Ryad têtes découvertes et cheveux au vent sachant que chaque pas peut leur être fatal. Le courage a le nom de toutes ces femmes vivant dans ces pays où la religion est force de loi et le patriarcat est le mode de vie imposé à toutes les femmes, celles qui survivent à un quotidien oppressif. Le courage a le nom de toutes ces femmes vivant dans des sociétés qui leur sont hostiles parce que nées femmes, avec un sexe féminin, et qui chaque matin prennent le risque de ne jamais pouvoir retourner chez-elles le soir après avoir passé une journée à travailler pour nourrir toute une famille. Malgré cette menace permanente, elles ne baissent pas les bras et affrontent la folie des lâches se barricadant derrière leurs textes religieux au nom d’un Dieu punitif, vengeur et misogyne. Et pourtant ce sont ces mêmes hommes qui violent et assassinent les femmes sur terre et qui rêvent de soixante-dix vierges au paradis. +De là où nous sommes, pour toutes ces femmes courageuses et lumineuses, soyons solidaires de leur combat contre l’obscurantisme.

Interdisons-nous de porter Nike et toute autre marque qui promeuvent le patriarcat et le sexisme.

Un geste élémentaire pour nous mais fondamental pour ELLES.

Leila Lesbet,

Québécoise et militante féministe universaliste.

16 sept. 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 246 -


Des équilibres géostratégiques en Méditerranée et ailleurs
Nous apprenons qu'un sondage sur internet au sujet de la situation en Algérie, dont les questions abordent des sujets d’une extrême sensibilité a été lancé par l’université de Princeton (USA). Quoi de spécial avec cette information ? N'est-ce pas le travail de bien des départements d'une université de procéder à des études, analyses, réflexions au sujet de ce qui se passe dans le monde ? Laissons-nous aller pour ouvrir une fenêtre d'observations à ce sujet.
Il y a une nouvelle donne dans la région !
Depuis quelques décennies (1980 - 1990) des changements majeurs sont observés dans la Méditerranée à l'Est comme à l'Ouest. Les Balkans ont été disloqués, le lien entre l'Europe et le Proche Orient est en feu du fait des mini puissances antagoniques mais c'est en fait pour cette région de monde la poursuite de la remise en question de l'espace Ottoman et une nouvelle reconfiguration, celle des accords Sykes & Picot n'ayant pas atteint leurs objectifs, puisqu'il semble qu'ils n'ont pas tenu compte des identités et des cultures des peuples de la région. 
Un redéploiement des puissances traditionnelles …
Pour leur part, les puissances de l'Ouest européen peinent à se refonder et à garder la main sur des
territoires rebelles et en perpétuels conflits civilisationnels. Par ailleurs, le dernier contentieux, créé de toute pièce par l'un des antagonistes, le Brexit a des effets dévastateurs sur l'Union Européenne encore dans le flou. À cela viennent s'ajouter les impacts idéologiques portés par ces ‘’réfugiés’’ mal appréhendés essentiellement ceux des intrants culturels. Ce qui laisse à penser que l'échec de l'implantation en Europe de l'Orient Arabo-musulman par le Sud Est (Espagne) est certes devenu un fait historique mais sa nouvelle pénétration par le Sud-Ouest (Méditerranée orientale) montre quelques prémisses qui semble être dévastatrices.
Pendant que l'on observe que la Russie reprend du poil de la bête au moment où les conséquences de la dislocation des pays de l'Est ne sont pas encore évaluées ; les attentes de la destruction de la Syrie et de la Libye sont à peine perceptibles et la plus grandes des conséquences, celle de la gestion de la mobilité des réfugiés.
Ce qui se passe en Afrique et au Moyen Orient.
Par conséquence, la géopolitique change en cette seconde décennie du 21ième siècle. Les puissances occidentales ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes avec la venue des géants asiatiques – Chine – Inde – Pakistan. L’Europe n’arrive pas à s’organiser comme puissance régionale mais constitue à n’en point douter un acteur plein de potentiel d’une part de stabilisation mais d’autre part de perturbation, notamment pour calmer les conflits dans la partie du golfe persique.
Pour sa part la France, détient la mauvaise donne, sa façon de faire est obsolète et date du siècle dernier. Elle perd pied en Afrique avec la présence de plus en plus visible de la Chine en Afrique et de celle de la présence des Russes au proche Orient avec la Syrie et à la Libye, porte d’entrée directe au Sahel : qui reste avec le golfe persique et dans l’état actuel des recherches en matière de génétique, les deux (2) foyers distincts de domestication du palmier dattier. Et, bien loin de cette zone mais avec des impacts stratégiques exceptionnels c'est la résistance de l’Iran face à ses rivaux historiques que sont les pays arabes et leurs alliés US et Israéliens.
Alors, c’est bien normal que les Officines affiliées aux grandes agences de renseignements fassent le boulot de préparation pour comprendre les vraies causes et les effets directs du Mouvement du 22 février 2019 et notamment ses impacts en Méditerranée et dans ce qui est communément nommé (Sykes & Picot) le MENA.

Ferid Chikhi

10 sept. 2019

Un Numide en Amérique du Nord- 245 -

La loi 21, le hijab des femmes islamistes et l’Islam
Pourtant, la solution est si simple en Islam.
Depuis le début de la rentrée, la grogne dans le milieu de l’éducation est alimentée par des activistes de tous bords et notamment des islamistes infatigables militants de la régression. Ils et elles rapportent tout à leurs petites personnes alors, que leur appartenance aux mouvances intégristes n’est plus à prouver. La loi 21 les perturbe et perturbes leurs habitudes ainsi celles de leurs alliés conjoncturels parmi les fédéralistes fossoyeurs du fait français et de la singularité du Québec en Amérique du Nord.
L'Islam, le vrai pas le Wahhabosalafisme frère jumeau de la confrérie du même nom et de son voisin le Khomeynisme est accommodant pour ses pratiquants. Or, depuis le début des discussions sur la loi 21, je me suis demandé où étaient les imam éclairés, les penseurs musulmans ouverts d’esprit, les érudits de cet islam silencieux mais aussi souvent sentencieux alors que quelques activistes en missions commandées, ici au Canada en général et au Québec en particulier agissent en accord avec bien des élu-e-s ? Où sont-ils et pourquoi n’interviennent-ils pas dans ce débat que leurs coreligionnaires vont perdre, au détriment d’emplois comme ceux de l’enseignement dont la noblesse n'est plus à vanter et pire encore au détriment de leur vraie religion ?
Oui, la solution existe !
Elle est à caractère juridique et religieux. Il s’agit pour l’un des imam en exercice (tient par exemple ce controversé candidat déchu du PLQ pour se rattraper de ses stupidités, bien entendu niées après coup…) d'énoncer une FETWA (Décret religieux) autorisant toutes ces futures enseignantes et même celles qui sont en poste de ne pas porter leur voile à l’arrivée de l’école et de le remettre après les heures de classe.
J’ai connu ce problème en Algérie !
Bien des hôtesses de l’air de la compagnie nationale Algériennes étaient soumises au diktat des islamistes dans leurs quartiers ont joué le jeu dangereux de porter le hijab sorties de chez elles et l’ôter avec soulagement une fois arrivées à l’aéroport point de départ de leur journée de travail. J'insiste pour dire que c’était une délivrance chaque jour renouvelée, jusqu’à ce que le terrorisme soit vaincu et que la peur change de camp.
Alors, ici, au Québec grâce à la loi 21 les balises d’un bien vivre ensemble existent mais une Fetwa résoudrait le problème de ces femmes porteuses de foulard. Peut-être sentiront-elles le vent de la vraie liberté !? Utopie ! Diront certains.
Ferid Chikhi

5 sept. 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 244 -

Djemila et Fatima,
Deux femmes singulières venant l'une d'Algérie, l'autre du Maroc. 
L'une appartient à la génération X, l'autre à celle des Babyboomers.
Elle se battent toutes les deux pour l'émancipation citoyenne et notamment celle des femmes ciblées par les islamistes.
Elles portent d'une façon magistrale les voix des femmes musulmanes modernes, éduquées et instruites des bouleversements que connait le monde et qu'elles subissent dans bien des situations de façon frontale. Elles ont chacune un cheminement singulier. Les mettre sur le même piédestal serait une hérésie, pourtant toutes les deux sont des battantes qui ont fait vibrer non seulement le Québec mais aussi le Canada et dans bien des cas la France et d'autres pays d'Europe.
Elles quittent leur pays d'accueil, la première pour la Belgique et à Bruxelles elle fera encore entendre la voix de la laicité, la seconde pour le Sénégal comme digne représentante du Québec à Dakar, capitale de l'Ouest Africain.  Le Québec ne les a pas perdu même s'il n'a pas su leur donner la place qu'elles méritaient. Bon voyage à toutes les deux en vous souhaitant un séjour plein de succès et enrichissant et un éventuel joyeux retour au Québec.
En tout état de cause Bruxelles et Dakar ce n'est qu'un prêt sans intérêt que nous vous faisons.

27 août 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 243 -



De quelques effets collatéraux des fermetures d'entreprises !

Aujourd’hui, mon propos, fait le lien entre l’économie - celle de deux industries que sont les médias et les transports aériens - et la langue française. Dans mon pays d'origine, j’ai œuvré pendant plus d’un quart de siècle dans une compagnie aérienne qui a pour langue de communication et d’administration le Français. Récemment, j’ai crié au scandale lorsque le ministre Algérien de l’enseignement supérieur a décrété sans consultations préalables le remplacement du Français par l’Anglais comme langue des sciences et des technologies. Heureusement que des veilleurs avertis l’ont fait rappeler à l’ordre.
En cette fin de semaine, lors du colloque du PQ Capitale Nationale, Chaudière Appalaches, Beauce, qui s’est tenu à l’Université de Laval, il était question d’indépendance et de perspectives Identitaire, culturelle, économique… J’ai brièvement pris la parole pour aborder la question de la disparition des entreprises d’un groupe de médias et ses effets sur la langue de communication qui est le Français. Ça ne semblait pas intéresser grand monde parmi les participants qui étaient plutôt branchés sur d’autres aspects de la refondation du PQ.
Du coup je me suis rappelé la citation qui suit et dont je ne me rappelle plus l’auteur : « Cette langue française qui nous fonde et nous soude. Les politiques devraient en priorité réfléchir à cette force-là. » Je sais aussi que cette langue, celle de toutes les Québécoises et de tous les Québécois, conserve le privilège d’être la première langue enseignée en Grande Bretagne et en Irlande alors qu’ici, au Québec, terre d’identité, de culture et de bien-être commun, le Français est mis sous l’éteignoir par des multiculturalistes fédéralistes aussi stupides qu’obtus.
Comme je l’ai dit, le lien que je fais avec les industries des transports aériens et des médias avec la langue de Molière réside dans deux évènements majeurs qui se déroulent actuellement au Québec. Pour les deux premiers seuls les aspects économiques sont soulevés que ce soit par les principaux concernés (Actionnaires et employés) par les autres médias, par les parlementaires mais aussi par le grand public. Pourtant, ce qui m’a interpelé au plus haut point c’est le véhicule de la langue française que constituent ces deux institutions industrielles québécoises dont la portée est sans frontières.
Dans le cas des médias régionaux, leur disparition créerait un grand vide en matière de communication et de relais en langue française. Ils se rendent dans presque tous les foyers, les lieux publics, les organisations communautaires, les bibliothèque locales où se réunissent pour diverses raisons les citoyens de tous les niveaux sociaux. 
Lorsque le Groupe Capitales Médias s’est placé à l’abri de ses créanciers, la réaction du gouvernement ne s’est pas faite attendre en consentant 5 millions de dollars pour faire face à la crise de six quotidiens - La Tribune (Sherbrooke), Nouvelliste (Trois-Rivières), Soleil (Québec), La Voix de l’Est (Granby) et Quotidien (Saguenay). Un délai de grâce est donc consenti mais juste sur le plan économique et pour la préservation des emplois. Je n’ai pas entendu les parlementaires en ce lundi 26 août 2019 aborder la question des effets de ces éventuels disparitions sur la langue de travail.
Il en est de même pour Air Transat, cette compagnie aérienne créée en 1986, principalement par deux anciens pilotes de Québecair, Yvon Lecavalier et Pierre Ménard, est la quatrième compagnie au Canada desservant 60 destinations dans 26 pays. Elle a été classée en 2019, en termes de vacances, meilleure compagnie aérienne. Elle est la seule entreprise au Canada et dans le reste de l’Amérique du Nord qui use du français comme langue de communication et de travail dans toutes ses relations avec ses clients et ses passagers. 
Il est vrai que pour Air Transat, la situation est bien différente parce qu’il ne s’agit ni de mauvaise gestion ni de déficit, ni de faillite mais bel et bien du changement de mains d’un des plus beaux fleurons industriels du Québec.  Avalée par Air Canada… Le patrimoine industriel et culturel de cette compagnie Québécoise sera réduit à sa plus simple expression pour ne pas dire disparaitra dans moins d’une année.
Il faut savoir qu’une compagnie aérienne n’est pas seulement un transporteur mais aussi un médium pratiquement au même titre que les quotidiens et autres médias qui usent des lettres françaises pour communiquer avec ses lecteurs. Air Transat offre les conditions de mobilité des Québécoises et des Québécois dans le monde mais aussi de leur identité, de leur culture, d’une partie de leur patrimoine personnel. Elle déplace des personnes d’un aéroport à un autre et partout où elle fait escale elle porte en elle la culture spécifique, celle du bien être Québécois tout en portant le drapeau du pays. Elle est aussi par son caractère transnational le plus rapide et authentique véhicule de la pensée et de l’industrie Québécoise française non seulement en Amérique du Nord mais aussi dans le reste du monde.

Avec la disparition de ce fleuron ainsi que celles des médias locaux, c’est une agression contre la langue de Félix Leclerc, de Jules Vigneault, de Gaston Miron et de bien d’Autres artistes, poètes, auteurs, agression que je qualifie de violente même si elle est silencieuse et collatérale. Il n’en demeure pas moins que c’est un coup qu’aucun défenseur de la langue française au Québec n’a relevé.  

Ferid Chikhi

14 août 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 242 -

Chemel Ifriqia !!
Quelques repères historiques
Dès le début de l’expansion de l’Islam, les mercenaires musulmans ont appelé les pays situés à l'ouest du golfe de Syrte (Lybie) soit ce qu’ils nommaient aussi Djazirat el-Maghreb ou encore l’Île du Couchant.
Les habitants de cette région du monde ont par conséquent hérité du label comme une estampe indélébile alors qu’ils ont de tout temps revendiqué leur Berbérité. Même si la grande majorité a été arabisée, diront certains, arabophonisée diront d’autres. Pourtant, les différences entre les gens du Machrek et ceux de Tamazgha sont absolues par les identités, par les cultures, par les traditions et par la langue.
Comme le montre l’Histoire antique l’Afrique du Nord est marquée par les occupations Romaines, Vandales, Byzantines jusqu’aux colonisations française, espagnole et italienne. Cela étant, notamment, dû à sa position géostratégique au Sud de l’Europe et le long de la méditerranée du Sud.
Dans le cadre de la lutte contre l'occupation Européenne, une commission de libération du Maghreb, a été créée en 1927 et qui plus est au Caire. Celle-ci a été suivie en 1945 par une conférence des mouvements nationaux de libération nationale d'Afrique du Nord. Puis, les chefs de ces mouvements nationaux de l'Algérie, du Maroc et de la Tunisie se sont réunis en 1958, à Tanger avec comme objectif la création de l’union du Maghreb. Enfin, en février 1989, elle devient ‘’l'Union du Maghreb arabe‘’.  Dans les faits, elle n'a que peu d'influence sur la politique de ses États membres.
L’appellation ‘’contrôlée’’ Maghreb Arabe
Pourtant, la proximité avec Rome et Carthage fait de Tamazgha une terre de traversée par plusieurs cultures pour une identité unique : L’amazighité. Même et en dépit de la violence des conquérants, et notamment celle des occupants arabes et bien plus tard celles des colonialistes français, les différentes cultures autochtones ont su préserver leurs spécificités, leurs valeurs, leurs traditions et dans bien des cas leurs modes de vie.
Sachant que l’appellation la plus convenable est bien Chemel Ifriqia, pourquoi persister à qualifier le bloc Algérie - Maroc - Tunisie de Maghreb arabe ?
Il me semble que tant qu'on nomme cette partie des mondes Africain et Méditerranéen par ce que les Moyen Orientaux considèrent comme du rebut, rien ne changera … Même si l'espoir du changement radical est prégnant … Et dire qu'en arabe l'Afrique du Nord est bel et bien Chemel Ifriqia. N'est-ce pas mieux que Maghreb et Arabe ? La connotation péjorative que ce concept véhicule infecte et affecte l'identité, la culture et le devenir de cette partie du monde. En revenant à l'authentique, ce changement d’appellation est meilleur que le reste, un réel potentiel de progrès, immense et pratique, notamment en y adjoignant la Lybie et le Sahara Occidental et pourquoi pas l'Égypte.
Ferid Chikhi

3 août 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 241 -


Algérie, le mouvement du 22 février 2019

24ième vendredi de protestation !

C'était le 29 juillet dernier, il y à peine 5 jours, j'écrivais que si l’armée a été à la fois en charge de la protection de l’État et du territoire mais elle est aussi responsable des dérives que connait le pays depuis au moins quatre (4) décennies, il est évident que bien des dirigeants militaires avaient la main mise sur une grande partie des rouages de l'État et pour diverses raisons le sens de la gouvernance leur a échappé, qu'attendent-ils pour canaliser les énergies du mouvement révolutionnaire du 22 février 2019 ?

Beaucoup d'observateurs avertis soulignent les effets du statu quo que ce soit en matière de gouvernance, de dilution de l'autorité de l'État, d'économie nationale, de progression sociétale et changement de paradigmes…

J'ai aussi souligné l'importance de procéder à un remplacement des acteurs loin de ceux qui sont dans la périphérie immédiate du régime actuel, quitte à les chercher dans le 4ième ou 5ième cercle. Le peuple ne veut plus de ceux qui, même en tant que commis de l'état, ont été en poste par clientélisme, népotisme, régionalisme, etc.

Le mouvement est jeune et il se développe tout en s’adaptant à ce que le sens commun souhaite et recherche.

Quant aux intellectuels, je pense essentiellement aux politologues, aux sociologues, aux philosophes, etc... Leur silence est à la fois frappant et incompréhensible.

Nous sommes nombreux qui avons dévoré avec force les analyses, les études, les réflexions, de celles et ceux qui durant la décennie noire ont donné à réfléchir sur les différents scénarii pouvant guider dans la sortie de crise. Un seul, Mohamed Balhi vient de se démarquer par ses observations pertinentes en commettant une réflexion pleine de sagesse et d'apaisement. Bien entendu je n'omettrais pas de signaler Said Sadi qui reste un phare éclairant du paysage politique Algérien.

En guise de rappel le recyclage n’offre pas les mêmes avantages du le neuf et la solution la plus adéquate reste potentiellement celle du choix des nouveaux acteurs.

Ne pas faire confiance à l’armée avec la perspective de perdre un allié durable est à mon humble avis l'erreur à ne pas commettre mais exiger le départ du général en chef et immédiatement se mettre à table avec celles et ceux qui seront désigné-e-s pour ouvrir une piste de solution est à envisager sans plus attendre. À charge pour la nouvelle direction militaire de sélectionner les nouvelles têtes en publiant leurs profils en adéquation avec les missions qui leur seront confiées.

J'avais mis de l'avant la création d'un/e

1) Haut Comité de la Nation (HCN) composé du chef des armées par procuration, un haut magistrat par procuration, un civil parmi les plus intègres du profil de Bouregaa qui procèderait à la suspension de la constitution … la dissolution des institutions élues et déciderait d’une législation par ordonnance provisoire pendant une période n'excédant pas six mois ?

2) Commission d'évaluation des besoins de judiciarisation des personnes qui ont été la cause des dégâts perpétrés contre la société, les citoyens, l’économie et l’identité nationale et suggèrerait une plateforme pour juger les corrompus et les corrupteurs (d'hier et d'aujourd'hui) .

3) Comité des sages issues du 5ième cercle (éviter toutes celles et tous ceux du gouvernement, de l’assemblée nationale, du sénat, des wilayate, des municipalités, des ambassades et des consulat, des entreprises publiques) … .

Ferid Chikhi

29 juil. 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 240 -


Algérie 2019, sortie de crise ou statu quo ?

L’armée a été à la fois en charge de la protection de l’État et du territoire mais elle est aussi responsable des dérives que connait le pays depuis au moins quatre (4) décennies.  Il est évident que bien des dirigeants militaires avaient la main mise sur une grande partie des rouages de l'État et pour diverses raisons le sens de la gouvernance leur a échappé. 
Le présent et l’avenir
Déformation professionnelle oblige, c’est autour de trois paramètres que se déroule l’argumentaire ci -après.
Selon des penseurs avisés, trois éléments guident la gouvernance des organisations : le système, l’acteur et son rôle et accolé aux trois le fonctionnement de l’organisation.
Le régime et le système politique en place ont montré leur limite et ont fait tellement de ravages avec la corruption, comme soubassement des relations de toutes et de tous qu’aujourd’hui la moindre tête qui dépasse est automatiquement qualifiée de ''Kachir'' (vendue, corrompue, mélangée). 
Le mouvement est jeune et il se développe tout en s’adaptant à ce que le sens commun souhaite et recherche. Pourtant, le grand malheur réside dans le vide intellectuel qui règne depuis des décennies même si le sentiment général penche pour le fait qu’il existe une façon pour y remédier… Mais le temps n’est pas forcément du bon côté.
À ce jour, sans réduire à néant les propositions inventoriées, ici et là, il n'y a à proprement parler aucune qui fasse consensus. Seuls des constats - chose que tous font - sont établis sans mentionner les recommandations adéquates.
Le recyclage n’offre pas les avantages du neuf !
Quelqu’un disait ‘’nous ne sommes pas tous responsables…’’. Cependant, beaucoup ont été impuissants face à la diversité des adversaires et y compris une partie de l'armée qui a fait quelques choix destructeurs.
La solution ou une des solutions : les acteurs ?
Plusieurs options se présentent aux membres du Hirak. Piocher dans le sérail au risque de pérenniser les dérives. Ne pas faire confiance à l’armée avec la perspective de perdre un allié durable ou enfin aller de l’avant et maintenir la pression de la rue jusqu’à l’improbable départ des tenants du pourvoir, de tous les tenants du pouvoir avec le risque d’un avenir encore plus incertain que le présent. Mais, beaucoup disent ‘’qu’avons-nous à perdre ?’’ 
Une autre solution réside dans la sélection d'une vingtaine de ''personnalités'' - curriculum vitae publiés qui seraient situées au cinquième et au sixième cercle, sous la supervision des citoyens. Elles constitueraient un comité Adhoc chargé de définir les pistes des axes de réflexion qui répondraient aux questions suivantes et ferait des suggestions : 
*        Pourquoi pas un Haut Comité de la Nation composé du chef des armées par procuration, un haut magistrat par procuration, un civil parmi les plus intègres du profil de Bouregaa qui procèderait à la suspension de la constitution … la dissolution des institutions élues et déciderait d’une législation par ordonnance provisoire pendant une période n'excédant pas six mois ?
*        Pourquoi pas une commission qui évaluerait les besoins de judiciarisation des personnes qui ont été la cause par leur laxisme, leur incompétence, leur manque de responsabilité des dégâts perpétrés contre la société, les citoyens, l’économie et l’identité nationale et suggèrerait une plateforme pour juger les corrompus et les corrupteurs (d'hier et d'aujourd'hui) ?
*        Qui proposerait au Haut Comité de la Nation la désignation de commis de l’État de troisième niveau - éviter tous les commis du 1er et 2nd - pour les affaires courantes avec audit mensuel pendant la période de transition. Ces commis seront nommés membres d’un gouvernement provisoire en charge des tâches courantes à caractère gouvernemental.
*        Création d’un groupe de personnalités issues du 5ième cercle (éviter toutes celles et tous ceux du gouvernement, de l’assemblée nationale, du sénat, des wilayate, des municipalités, des ambassades et des consulat, des entreprises publiques) pour la/l'.
1.    Réorganisation territoriale : un redécoupage national évitera les redites du passé : sociologique - administrative - judicaire - économique (industrielle, commerciale et financière (budget) - relations régionales - sécuritaire et enfin ouverture sur l'international. 
2.    Organisation de conférences régionales pour réfléchir sur l'avenir de la région dans la nation
3.    Pour une nouvelle une constitution citoyenne.
Ferid Chikhi

NB : Aucun membre de ce Haut Comité et de ce gouvernement ne sera maintenu (nouvelles affectations) dans les nouvelles institutions de l'État.