29 juil. 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 240 -


Algérie 2019, sortie de crise ou statu quo ?

L’armée a été à la fois en charge de la protection de l’État et du territoire mais elle est aussi responsable des dérives que connait le pays depuis au moins quatre (4) décennies.  Il est évident que bien des dirigeants militaires avaient la main mise sur une grande partie des rouages de l'État et pour diverses raisons le sens de la gouvernance leur a échappé. 
Le présent et l’avenir
Déformation professionnelle oblige, c’est autour de trois paramètres que se déroule l’argumentaire ci -après.
Selon des penseurs avisés, trois éléments guident la gouvernance des organisations : le système, l’acteur et son rôle et accolé aux trois le fonctionnement de l’organisation.
Le régime et le système politique en place ont montré leur limite et ont fait tellement de ravages avec la corruption, comme soubassement des relations de toutes et de tous qu’aujourd’hui la moindre tête qui dépasse est automatiquement qualifiée de ''Kachir'' (vendue, corrompue, mélangée). 
Le mouvement est jeune et il se développe tout en s’adaptant à ce que le sens commun souhaite et recherche. Pourtant, le grand malheur réside dans le vide intellectuel qui règne depuis des décennies même si le sentiment général penche pour le fait qu’il existe une façon pour y remédier… Mais le temps n’est pas forcément du bon côté.
À ce jour, sans réduire à néant les propositions inventoriées, ici et là, il n'y a à proprement parler aucune qui fasse consensus. Seuls des constats - chose que tous font - sont établis sans mentionner les recommandations adéquates.
Le recyclage n’offre pas les avantages du neuf !
Quelqu’un disait ‘’nous ne sommes pas tous responsables…’’. Cependant, beaucoup ont été impuissants face à la diversité des adversaires et y compris une partie de l'armée qui a fait quelques choix destructeurs.
La solution ou une des solutions : les acteurs ?
Plusieurs options se présentent aux membres du Hirak. Piocher dans le sérail au risque de pérenniser les dérives. Ne pas faire confiance à l’armée avec la perspective de perdre un allié durable ou enfin aller de l’avant et maintenir la pression de la rue jusqu’à l’improbable départ des tenants du pourvoir, de tous les tenants du pouvoir avec le risque d’un avenir encore plus incertain que le présent. Mais, beaucoup disent ‘’qu’avons-nous à perdre ?’’ 
Une autre solution réside dans la sélection d'une vingtaine de ''personnalités'' - curriculum vitae publiés qui seraient situées au cinquième et au sixième cercle, sous la supervision des citoyens. Elles constitueraient un comité Adhoc chargé de définir les pistes des axes de réflexion qui répondraient aux questions suivantes et ferait des suggestions : 
*        Pourquoi pas un Haut Comité de la Nation composé du chef des armées par procuration, un haut magistrat par procuration, un civil parmi les plus intègres du profil de Bouregaa qui procèderait à la suspension de la constitution … la dissolution des institutions élues et déciderait d’une législation par ordonnance provisoire pendant une période n'excédant pas six mois ?
*        Pourquoi pas une commission qui évaluerait les besoins de judiciarisation des personnes qui ont été la cause par leur laxisme, leur incompétence, leur manque de responsabilité des dégâts perpétrés contre la société, les citoyens, l’économie et l’identité nationale et suggèrerait une plateforme pour juger les corrompus et les corrupteurs (d'hier et d'aujourd'hui) ?
*        Qui proposerait au Haut Comité de la Nation la désignation de commis de l’État de troisième niveau - éviter tous les commis du 1er et 2nd - pour les affaires courantes avec audit mensuel pendant la période de transition. Ces commis seront nommés membres d’un gouvernement provisoire en charge des tâches courantes à caractère gouvernemental.
*        Création d’un groupe de personnalités issues du 5ième cercle (éviter toutes celles et tous ceux du gouvernement, de l’assemblée nationale, du sénat, des wilayate, des municipalités, des ambassades et des consulat, des entreprises publiques) pour la/l'.
1.    Réorganisation territoriale : un redécoupage national évitera les redites du passé : sociologique - administrative - judicaire - économique (industrielle, commerciale et financière (budget) - relations régionales - sécuritaire et enfin ouverture sur l'international. 
2.    Organisation de conférences régionales pour réfléchir sur l'avenir de la région dans la nation
3.    Pour une nouvelle une constitution citoyenne.
Ferid Chikhi

NB : Aucun membre de ce Haut Comité et de ce gouvernement ne sera maintenu (nouvelles affectations) dans les nouvelles institutions de l'État.

26 juil. 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 239 -

Où sont les élites !?

Dans une réflexion postée sur le Huffpost du 21/01/2017, j'avais abordé la dualité entre l'Orient et l'Occident ainsi que les deux grandes œuvres qui constituent le Coran ce qui en soi veut dire le registre du mal et celui du bien. J'avais entre autres noté qu’: ''… occultant consciemment ou non le commandement qui ordonne : ‘’Ô les croyants ! Vous êtes responsables de vous-mêmes ! Celui qui s’égare ne vous nuira point si vous avez pris la bonne voie.’’105. 5. Al Maidah. Post-hég''. Et complété par ce qui suit : ''… prescrit par le verset 11 de la sourate 13 : ‘’… En vérité, Allah ne change pas l'état d'un peuple tant que celui-ci ne change pas ce qui est en lui-même.’’Les Algériens ont changé et ils continuent de changer, El Hirak, en est la démonstration tangible … et ses exigences sa conscience sociopolitique aiguisée. Néanmoins, ce sont les mêmes dirigeants, le même pouvoir, le même régime et le même sérail qui tente de s'ériger contre cette émancipation menée par les jeunes générations sans occulter celles qui les précèdent et qui ont tracé la voie des libertés. Mais une question persiste après plus de cinq mois de manifestations pacifiques uniques dans le monde … Où sont les élites, les intellectuels ? Ces gens érudits, ces instruits, ces universitaires, ces libres penseurs et autres concepteurs, innovateurs et créateurs ? Où sont-ils ? Pourquoi ces élites sont 


quasiment absentes du champs sociopolitique actuel ? Pourquoi, ne font-elles pas comme leurs devancières dire écrire leurs observations, leurs pensées et leurs idées tout en les faisant suivre d'une présence populaire .. Ce n'est pas en restant derrière leurs laptops et en tapant sur leurs claviers qu'elles aideront les jeunes révolutionnaires.  Même durant les années sombres de la révolution de Novembre 1954 et la décennie ''90'' noire par les crimes commis contre-eux, ils ont réfléchi, ils ont parlé, ils ont écrits. Ils ont surtout observé les mouvements du peuple, sa peur, son angoisse, sa crainte d'une dérive plus infernale. Ils ont été perspicaces et intelligents dans leurs recommandations. Où sont-ils en ces moments d'indécision ? Le peuple exige des gouvernants de se retirer et de faire place nette pour ouvrir l'accès à des jeunes honnêtes et engagés déterminer à faire de l'Algérie un pays de libertés.  Les élites non corrompues ont leurs places dans le nouvel ordre Algérien.

Ferid Chikhi