16 sept. 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 246 -


Des équilibres géostratégiques en Méditerranée et ailleurs
Nous apprenons qu'un sondage sur internet au sujet de la situation en Algérie, dont les questions abordent des sujets d’une extrême sensibilité a été lancé par l’université de Princeton (USA). Quoi de spécial avec cette information ? N'est-ce pas le travail de bien des départements d'une université de procéder à des études, analyses, réflexions au sujet de ce qui se passe dans le monde ? Laissons-nous aller pour ouvrir une fenêtre d'observations à ce sujet.
Il y a une nouvelle donne dans la région !
Depuis quelques décennies (1980 - 1990) des changements majeurs sont observés dans la Méditerranée à l'Est comme à l'Ouest. Les Balkans ont été disloqués, le lien entre l'Europe et le Proche Orient est en feu du fait des mini puissances antagoniques mais c'est en fait pour cette région de monde la poursuite de la remise en question de l'espace Ottoman et une nouvelle reconfiguration, celle des accords Sykes & Picot n'ayant pas atteint leurs objectifs, puisqu'il semble qu'ils n'ont pas tenu compte des identités et des cultures des peuples de la région. 
Un redéploiement des puissances traditionnelles …
Pour leur part, les puissances de l'Ouest européen peinent à se refonder et à garder la main sur des
territoires rebelles et en perpétuels conflits civilisationnels. Par ailleurs, le dernier contentieux, créé de toute pièce par l'un des antagonistes, le Brexit a des effets dévastateurs sur l'Union Européenne encore dans le flou. À cela viennent s'ajouter les impacts idéologiques portés par ces ‘’réfugiés’’ mal appréhendés essentiellement ceux des intrants culturels. Ce qui laisse à penser que l'échec de l'implantation en Europe de l'Orient Arabo-musulman par le Sud Est (Espagne) est certes devenu un fait historique mais sa nouvelle pénétration par le Sud-Ouest (Méditerranée orientale) montre quelques prémisses qui semble être dévastatrices.
Pendant que l'on observe que la Russie reprend du poil de la bête au moment où les conséquences de la dislocation des pays de l'Est ne sont pas encore évaluées ; les attentes de la destruction de la Syrie et de la Libye sont à peine perceptibles et la plus grandes des conséquences, celle de la gestion de la mobilité des réfugiés.
Ce qui se passe en Afrique et au Moyen Orient.
Par conséquence, la géopolitique change en cette seconde décennie du 21ième siècle. Les puissances occidentales ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes avec la venue des géants asiatiques – Chine – Inde – Pakistan. L’Europe n’arrive pas à s’organiser comme puissance régionale mais constitue à n’en point douter un acteur plein de potentiel d’une part de stabilisation mais d’autre part de perturbation, notamment pour calmer les conflits dans la partie du golfe persique.
Pour sa part la France, détient la mauvaise donne, sa façon de faire est obsolète et date du siècle dernier. Elle perd pied en Afrique avec la présence de plus en plus visible de la Chine en Afrique et de celle de la présence des Russes au proche Orient avec la Syrie et à la Libye, porte d’entrée directe au Sahel : qui reste avec le golfe persique et dans l’état actuel des recherches en matière de génétique, les deux (2) foyers distincts de domestication du palmier dattier. Et, bien loin de cette zone mais avec des impacts stratégiques exceptionnels c'est la résistance de l’Iran face à ses rivaux historiques que sont les pays arabes et leurs alliés US et Israéliens.
Alors, c’est bien normal que les Officines affiliées aux grandes agences de renseignements fassent le boulot de préparation pour comprendre les vraies causes et les effets directs du Mouvement du 22 février 2019 et notamment ses impacts en Méditerranée et dans ce qui est communément nommé (Sykes & Picot) le MENA.

Ferid Chikhi