25 juin 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 264 -

Une agression sociétale intolérante
et violente contre les Québécois
Nous sommes, comme nos noms l’indiquent, immigrant-e-s de longue date. Loin de nous l’idée de jeter encore de l’huile sur le feu et exacerber les irritants, nous voulons juste exprimer notre soutien à M. Alain Therrien que nous avons eu le plaisir d’écouter et de voir parler de l’Histoire du Québec, des projets qu’il a portés comme élu du Parti Québécois de St Constant, parmi lesquels la création du CEGEP.
Lors des dernières fédérales, nous lui avons accordé nos voix et notre confiance même si nous ne sommes pas membres du Bloc Québécois. Ce que nous avons retenu de ses propos, que nous qualifions de fort intelligents, c’est la bonté avec laquelle il propose ses idées, l’humilité, l’empathie et l’attention qu’il porte aux citoyens en général. Nous n’avons jamais perçu en lui une embryon de racisme ou de préjugés envers nous ni envers bien d’autres immigrants de la circonscription.
Récemment, il a été agressé avec violence par le chef du NPD qui l’a traité de raciste. Nous nous questionnons, comment en sommes-nous arrivés à ce qu’un élu Canadien, en pleine assemblée de parlementaires, s’adresse avec tant de haine à un de ses collègues occultant l’éthique, le respect mutuel et la considération tant réclamés dans une démocratie ? Nous ne nous souvenons pas, malgré leurs divergences, que des élus de l’Assemblée nationale Française, aient à un moment ou à un autre traité les élus du Front national de racistes.
Il est vrai qu’en 2020, au Canada et au Québec, la problématique du racisme systémique a surgi dans le paysage politique portée de manière redondante par le Premier ministre du Canada et ciblant non seulement la loi 21 mais aussi tout le Québec.
Des groupes d’influenceurs se succèdent non seulement sur le terrain politique fédéraliste et provinciale, médiatique et communautariste mais aussi dans l’enceinte même du Parlement fédéral pour soutenir la thèse que la société Québécoise est intolérante.
L’attaque du chef du NPD par sa violence caractérisée, porte atteinte non seulement à la législature mais aussi et surtout à toute la population du Québec, exception faite de ceux qui n’ont aucun respect pour la démocratie et ses enjeux.
Ce qui est surprenant c’est que les députés libéraux et conservateurs présents ainsi que ceux du NPD n’ont pas réagi si ce n’est en approuvant la motion du NPD, silence individuel et partisan consentant.
Une des observations les plus pertinentes réside dans le fait que la bienséance et la sagesse ont été remisées aux oubliettes par un intolérant qui profite de la démocratie et de la liberté d’expression pour refuser, rejeter et contester les lois du Québec en s’attaquant à l’un de ses représentants.
Comme citoyen résident, à la Prairie nous offrons notre soutien à notre député M. Alain Therrien, tout en condamnant fermement les propos haineux du Chef du NPD. Nous invitons tous les citoyens du Québec, qu’ils soient bloquistes ou d’une autre obédience politique et non partisans à être du côté de cet élu connu pour ses prises de position rassembleuses et éclairées.
Nous considérons que la démocratie est réellement en danger lorsqu’un élu manque de jugement et qu’il erre dans les dédales d’un racisme systémique imaginaire. Cette insulte, parce qu’elle participe de la culpabilisation menée à fond de train contre toute la société Québécoise, exige réparation.
Leila Lesbet & Ferid Chikhi
Citoyen-ne-s de la Prairie
Le 21 juin 2020

16 juin 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 263 -


Au Québec, racisme, ségrégation, etc.
Des concepts incompris ...
J'ai retrouvé un ami d'origine maghrébine, natif de France et porteur, comme bien d'autres, du message contre le racisme systémique.
Je lui ai demandé de me dire, si selon lui le racisme qu'il a vécu dans son pays de naissance portait les mêmes causes et les mêmes effets que celui qu’il rencontre au Québec ? Comment ferait-il pour convaincre un Québécois qu'il est raciste et qu'au Québec le racisme systémique est partout ?
Sa réponse résumée a été : Ils sont pires qu'en France, là-bas au moins ils l'assument ; ici, la preuve, ils gardent pour les leurs les bons emplois, les beaux logements, etc...
J'ai tenté de lui expliquer que faire des choix et procéder à des sélections ça n'est pas du racisme ... s'en suivit une discussion ardue qui se termina par ''toi aussi tu es devenu raciste comme tes Québécois ...''
J'ai poursuivi ma tentative de lui exposer qu'il y a une forte confusion dans les définitions des concepts qui peuvent être pris pour du racisme mais qui n'en sont pas.
Après quelques autres minutes d'un échange musclé, je l'ai invité à me définir en quelques mots chacun des concepts suivants : la discrimination, l'ethnocentrisme, l'hétérophobie, le paternalisme, la ségrégation, la xénophobie, ... Les préjugés, les stéréotypes ... et la différence, s'il en existe entre le racisme et le racisme systémique. Il resta muet.
J'ai fini par lui dire, le ton ironique ... : Tu es toujours français pourquoi ne pas retourner chez Jupiter !?

1 juin 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 262 -


La pensée unique et l’Algérie mon amour

Lorsqu'il est question de droits ce concept est toujours accompagné d'obligations ou de
devoirs ; il en est de même de ce qui est qualifié de causes qui s'accompagnent des effets ou des conséquences ... À la suite de la diffusion du documentaire ''Algérie, Mon amour !'' Les réseaux sociaux ont véhiculé des milliers de messages les uns aussi, si ce n’est plus, haineux que les autres ; désobligeants et par endroits odieux et malveillants porteurs d’une intolérance déjà amorcée durant les années ‘’90’’ ; leurs occurrences montrent à l’évidence aussi bien de la méthode et un respect de quelques règles sorties directement de quelques officines structurées pour canaliser la pensée. Une seule pensée. La pensée unique de la stagnation et de la régression.

Mais d’où vient cette attitude démesurée qui caractérise de grands pans de la société d’hommes a qui a été inculquée l’intolérance, le rejet de l’autre, la haine de soi, la haine de la femme qui pourtant se trouve être la mère, la sœur, l’épouse, la fille, la tante, la cousine ? Selon ma lecture, j’ai retenu parmi tant d’autres deux facteurs affligeants : l’instruction dispensée par une école qui endoctrine plus qu’elle n’éduque ; la gouvernance nationale qui sclérose plus qu’elle ne libère

Une petit rappel du cheminement suivi nous renseigne sur quelques éléments d’analyse. Rappelons-nous que mis à part le défunt Président Boudiaf aucun dirigeant Algérien n'a accepté d'initier les principes canons du débat d'idées. Tout a toujours été imposé et j'en sais quelque chose.

À l'époque du parti unique, ou appareil central du parti, héritier de l’exécutif du FLN, les militants des cellules et des kasmate venaient de toutes les professions et comptaient aussi bien des diplômés des universités que des illettrés et des paysans ou des chômeurs … les discussions portaient entre autres sur le prix de la pomme de terre que celui de l'oignon … mais dès qu'il était question de politique les menaces des ''brigadiers'' étaient énoncées dans un langage cru.

Les militants de gauche FFS, PAGS, PRS… étaient clandestins et ne pouvaient militer que dans le parti unique. Ils exprimaient leurs opinions, leurs divergences, leurs pensées de façon intelligente et souvent percutante alors que l'idéologie baathiste faisait des ravages et avançait à pas feutrés. La langue arabe était son cheval de Troie. Elle a fait tellement de dégâts que tenter de récupérer quoi que ce soit était devenu un défi sans commune mesure. Puis, ces baathistes ont été doublés à droite par l'islam politique. Tout était prêt pour récupérer la pensée unique et imposer à tous le parti de dieu ... Je passe sur les autres considérations multiples liées à l'identité, la culture, la société ouverte, le pluralisme politique, la démocratie, la laïcité, etc.

La période de la charte nationale a été une '' récréation '' vite encerclée et empêchée. Un idéal inachevé, un rêve devenu cauchemar pour celles et ceux qui ont été loin dans l’expression de leurs idées et la dénonciation de la corruption naissante, des passes droits, du népotisme, de la bourgeoisie comprador, du régionalisme. Qualifiés de subversifs, beaucoup n’ont jamais été revus. Personne n’en parle… mais une décennie a suffi pour arriver à octobre ‘’88’’.

Pour ne pas perdre le pouvoir, les puissants du système ont déroulé le tapis aux forces de la régression avec comme conséquence majeure une autre génération décimée. Plus instruite et mieux éduquée que celle qui a initié et mené la révolution de novembre 1954 … Aujourd’hui nous observons les effets de l’inconséquence du pouvoir qui ne semble pas avoir compris qu’une nouvelle révolution a bien débuté, celle menée par des jeunes d’une société bridée. L’index pointé sur les mêmes ennemis n’est pas en adéquation avec les aspirations de cette jeunesse qui n’a pas connu la révolution de novembre et n’a pas vécu la guerre menée par les islamistes contre la patrie.
Ferid R Chikhi

25 mai 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 261 -


Le Québec : De quelques enseignements et effets du Covid19
 Ton instituteur t’apprend à nourrir ton esprit,
Ton médecin soigne ton corps

Des constats et autres observations

démantèlement du Bloc de l’Est suivi du réagencement des Balkans avec l’émergence de nouvelles puissances régionales à caractères économiques et politiques ou encore le raffermissement de l’UE avec l’accueil de quelques pays de l’Est. Ailleurs dans le monde, le focus a été mis sur les guerres déclenchées par les puissances alliées pour déstocker leurs armements obsolètes et les remplacer par de nouvelles plus sophistiquées. C’est ainsi que les paradigmes qui encadraient les relations internationales ont été remplacés par de plus récents sans que personne ne puisse anticiper leurs répercussions. 
C’est Confucius qui disait, ‘’rien n’est éternel si ce n’est le changement’’. Nous y voici, les grandes mutations, les vraies ont débuté non pas en 2000 mais deux décennies plus tard. Quelles sont-elles ? Personne ne niera que la plus inattendue est la pandémie du Covid19. Ses effets sont dévastateurs, non seulement pour les institutions gouvernementales mises au pied du mur ; pour la société avec les consignes contre la contamination et l’introduction de la distanciation civique et enfin sur le plan international une autre définition de la cartographie du monde, sans occulter les dysfonctionnements observés dans la gouvernance fédérale versus la provinciale. Bien entendu il y a ceux qui crient au complot d’une société occulte qui impose ses lois à toute l’humanité. Bon, mais là n’est pas mon propos.
Plus près de nous, souvenons-nous que le Canada a objecté et continuera à le faire contre l’espérance d’indépendance du Québec. Venant de loin, j’ai essayé de comprendre et de mieux connaitre les raisons de cette objection et selon ma lecture de divers paramètres notamment institutionnels et politiques, il me paraît clair que l’une de ces principales raisons n’est pas seulement l’héritage et la préservation de la domination Britannique ou encore l’allégeance à la couronne mais ce sont aussi les immensités aquatiques et le potentiel hydraulique, ainsi que la capacité créative et innovante du Québec. Le Canada ne saurait s’en passer. On pourrait, bien entendu, ajouter la position géostratégique de la Belle Province avec le Nord et l’Atlantique, sinon, le seul Pacifique ne lui suffirait pas.

Les causes et les effets pour les prochaines décennies

Du point de vue des institutions fédérales et provinciales, même sans planification et sans gestion du risque, trois objectifs ont toujours été présents dans l’esprit des gouvernants et des nantis qui les accompagnent : l’économie et son déficit ‘’0’’ même si la banque du Canada imprime sans retenu le billet vert sans considération des effets de l’inflation ; l’identité et la culture malgré des budgets rachitiques notamment pour le Québec ; la portée internationale que le fédéral et le provincial se disputent - insidieusement - depuis au moins 40 ans. La liste pourrait être allongée, cependant ces trois problématiques accaparent la réflexion des gouvernants. Toutefois, depuis quelques semaines ces préoccupation sont rangées pour laisser la place à la santé et la prise en charge des aînés qui sont malgré tout la mémoire du pays ; l’éducation et la formation des jeunes qui constituent la force de travail de l’avenir et, encore l’immigration pour éviter les déficits humains, sociaux et culturels en ce début de millénaire. À titre de repère, en relisant l’histoire en Europe, l’on remarquera que la santé publique dans bien des cas la santé de la population, a été inscrite et renouvelée après chaque apparition d’un mal dévastateur (Choléra, Typhus, Peste, etc.).

Les principales problématiques avant le Covid19

Depuis l’avènement du gouvernement de la CAQ, un autre dossier monopolise l’attention des partis politiques. Il s’agit de la sensibilisation de leurs membres et des citoyens à la veille des échéances électorales internes et externes alors que des pans entiers de la population commençaient à rêver à un été de loisirs. Le Covid19 ne faisait partie d’aucune de leur équation. Les premières conséquences apparurent au grand jour, dès le mois de janvier. Le monde est déstabilisé et ni le Canada ni le Québec n’y échappent.
Au cours du dernier trimestre de 2019, deux autres questions occupaient les esprits et peu de personnes anticipaient la pandémie et ses effets sur les citoyens. La première était portée par des actions agressives contre le gouvernement pour faire abroger la loi 21 portant laïcité face à ceux qui ont opté pour sa défense. La seconde était la recherche de solutions à la profusion des emplois et des difficultés rencontrées par les employeurs à trouver la main d’œuvre appropriée. Avec un focus sur la numérisation et l’automatisation, la formation et les modifications organisationnelles ainsi que sur l’inadéquation du profil des immigrants versus les exigences des employeurs. Tant de domaines de réflexion en chantier.

L’immigration et les contre-coups du Covid19

En quelques-mots, la problématique de l’immigration tourne à la farce tant les perceptions et les visions sont divergentes. Pourquoi, parce qu’il me semble que la mobilité des populations, étant l’enjeu central des libertés individuelles, elle est par conséquent un paramètre sensible que ce soit pour la démographie ou le bien être général.
Ce qui m’a interpellé, c’est que la politique de recrutement tournée seulement vers l’international sans considération pour le Reste du Canada, pourtant, l’arrivée et le départ intra Canada est occultée parmi les indicateurs de base même en ce qui concerne les francophones du Canada. Ces personnes ne sont pas considérées comme immigrantes au moment où sur le plan international, la venue d’étudiants, de réfugiés, et autres demandeurs d’asiles (humanitaire, politique, sécuritaire, etc.) est pratiquement exigée par les faiseurs d’opinions.
Il y a de cela quelques années j’avais émis des réserves sur la politique de l’Immigration des libéraux. Au-delà des sempiternelles idées redondantes, ce sont les mêmes dérives depuis plus d’un quart de siècle : nombre d’immigrants, origines (bassins), qualifications et expériences, enfants, etc. Ma réflexion n’était pas axée sur la seule force de travail des personnes sélectionnées pour venir au Québec, mais sur leur apport notamment aux multiples plans culturel, artistique, éducatif, social et, surtout de partage des valeurs fondamentales de la société d’accueil. En fait, je suggérais que les ‘’spécialistes’’ du ministère œuvrent à la modification des paradigmes de sélection et de les concevoir selon la réponse aux deux questions suivantes :
1)    Quels sont les activités humaines dans lesquels ces nouveaux arrivants pourraient être potentiellement productifs et créer des synergies avec la société d’accueil ?
2)    Comment ces nouveaux arrivants pouvaient s’investir et participer à l’amélioration du bien-être sociétal du Québec et notamment au double plan professionnel et culturel dès leur installation concrétisée ?
Dans la même trajectoire que dire de la problématique du déficit en main d’œuvre et son rapport à l’immigration ? Aucun parti indépendantiste, ni les intellectuels qui soutiennent le processus n’ont préconisé l’organisation, par exemple, d’états généraux sur l’immigration à l’horizon 2050. Il est vrai que le dossier a tellement été manipulé par les administrations libérales successives, qu’il serait hasardeux de l’ouvrir seulement à l’interne. Cependant, il reste que des états généraux sur l’immigration permettraient de mieux appréhender l’avenir ?

Ressourcer le processus d’indépendance

Globalement, si le processus qui mène à l’indépendance du Québec appelle à une réflexion pour une nouvelle politique de l’immigration en adéquation avec les besoins sociétaux du Québec, comment ne pas s’y engager pour créer des ancrages avec la future gouvernance et selon les exigences d’un Québec indépendant ? Dans une première phase les prémices pourraient constituer la plateforme de réponses aux difficultés rencontrées, ici et là, que ce soit en régions ou à Montréal. Le Parti Québécois est-il capable d’opérer une telle prise en charge ? Ce dernier, au moment où il ouvre ses portes pour convenir de sa nouvelle stratégie à l’horizon 2025, gagnerait à initier une réflexion aussi large que possible pour dynamiser l’apport de l’immigration au devenir global du pays. Mais pour ce faire, le courage politique pour un ressourcement de l’idéal indépendantiste ne devrait-il pas être une exigence des rendez-vous de la course à la chefferie ?
Ferid Chikhi

15 mai 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 260 -

Le Covid19 fait le ménage !
Depuis son apparition en Chine, le Covid19 ne s'est pas arrêté de bousculer les habitudes parmi les plus tenaces du dernier siècle. Le confinement est une véritable ''mise en résidence surveillée'' de toute l'humanité. Même dans les pays où les libertés sont les plus respectées et préservées, celle de la mobilité est ébranlée par la distanciation à deux mètres réduisant ainsi la superficie à quatre (4) mètres carrés par personne.
 Mis à part les emplois qualifiés d'essentiels tous les autres, quel que soit le domaine d'activité, sont disqualifiés. En plus de ces emplois il est fait usage de télétravail. Il est vrai que l'informatique et Internet sont au top des technologies que ce soit par les équipements, la fibre optique la Wifi par contre ce n'est pas le cas partout même dans les pays développés où des régions sont encore loin de bénéficier de l'attention nécessaire de la part des gouvernants pour des réseaux performants. La nouveauté réside dans l'apport bénéfique du télétravail, en effet de nouvelles habitudes socioprofessionnelles sont développées et mises en oeuvre et dans bien des cas il e st observé que la productivité est meilleure que celle de la présence physique des employés à leurs postes de travail traditionnels.
L'hygiène, qui par endroits, fort nombreux soit dit en passant, était presque inexistante a été portée à un niveau supérieur ne serait-ce que le lavage systématique des mains mais ignorant le reste du corps. Un changement malgré tout impressionnant.
Mais, à n’en point douter, c’est l’environnement qui est le plus grand gagnant. Moins d’oxyde de Carbonne, moins de pollution. Pas d’avions dans le ciel et la son bleu est plus éclatant. Un confinement humain régulé et l’eau des fleuves, des rivières, des lacs est plus limpide, sans compter que les produits en plastiques dans les forêts, les campagnes et les montagnes est nulle. Le seul problème qui persistera longtemps c’est le devenir des masques. Sont-ils récupérables, recyclables, etc. ?
À ce qui précède vient s’ajouter que l'organisation du travail n'a pas eu besoin d'un diagnostic en profondeur, elle est elle aussi balayée d'un revers percutant ... La numérisation prend toute sa signification dans la partie de soutien ou logistique puisqu’une grande partie des travailleurs sont assignés à résidence pour faire du télétravail, du moins là où l'informatique et Internet est considéré comme un outil de production, de productivité et de performance. La fréquentation des réseaux sociaux a explosé et l'expression libre jusqu'à ces derniers temps devient de plus en plus intelligente réduisant à une proportion congrue les stupidités et autres insultes des ''cancres et autres spécialistes de la subversion''... Il en existe encore mais leur fréquentation en a pris un coup.
En somme tous les domaines d'activités sont ébranlés par les effets du Covid19. Bien des secteurs vont disparaître et les conséquences sur la société humaine sont multiples. Un exemple particulier interpelle notamment les pays riches qui pour les loisirs et les amusements de leurs citoyens, ont fait du tourisme, de la culture de façade, de l'hôtellerie, de la restauration, du transport des espaces dynamiques pourvoyeurs de gros bénéfices. Rien ne sera plus comme avant. L'été 2020 pointe à l'horizon et l'imagination des managers pour amuser ce beau monde devra être à la hauteur de ses attentes au vu des effets grandement déstabilisants du confinement.
C'est dire que la libération de populations des pays développés ''de la résidence surveillée '' ne sera pas facile à gérer, non seulement en ce qui à trait aux loisirs mais notamment au plan de la santé mentale. Les conséquences mortifères observées dans les centres de vieillesse émeut bien du monde et des actions vigoureuses sont tentées ici et là sans grand résultats...
Pour le moment, la reprise débute par le bas. Les écoles, les enfants et leurs enseignants sont canalisée vers leurs établissements avec des consignes strictes avec l'espoir que des résultats probants soient observées.
Pendant ce temps les pays situés hors de la zone dite '' riche ou avancée'', ils n'ont rien à perdre et ils ne s'attendent pas à des retombées venant de de l'autre zone.
Ferid R Chikhi

9 mai 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 259

Algérie : Le nouveau projet de constitution et la femme Algérienne ...
J'ai parcouru quelques écrits publiés çà et là par les mediums Algériens et je suis resté sur ma faim. Rien de nouveau à l'horizon, sauf peut-être une partie de l'avis de Maitre Hakim Saheb qui souligne, entre autres, que cette proposition n’aborde pas les vraies préoccupations citoyennes de liberté, qui exigent la rupture avec le discours idéologique dominant et archaïque et l’émergence d’un nouveau paradigme socioculturel, identitaire et institutionnel ...
Ce qui est malheureux ce sont les reportages, à la limite de l'indigence, de ceux qui sont censés informer le public ... Ils ont reproduit l’avis de quelques juristes qui ont énoncé des avis élémentaires, mais encore une fois, la constitution n'est pas seulement l’affaire des seuls juristes. Elle concerne aussi les philosophes, les sociologues, les psychologues, les politologues, les économistes, les managers et j'en passe ...
Je me souviens que dans les années ''70'', le secrétariat général du gouvernement faisait parvenir à bien
des organismes nationaux (de la présidence aux municipalités en passant par les organisations de masses...) les projets de textes : Arrêtés ministériels, décrets, lois, ordonnances ; des délais étaient accordés pour une réponse pertinente ... Je me souviens que des APC éloignées des centres de décision, répondaient de manière laconique : '' Au sujet du projet de texte nous n'avons aucune observation à formuler ''.
Aujourd’hui, j'aurais aimé connaître le point de vue d'au moins un ou une philosophe, un ou une sociologue, un ou une économiste ... Algérien-ne-s.
Et pour finir, c'est comme si parmi les femmes Algériennes il n’y a aucune juriste, aucune économiste, aucune sociologue, aucune politologue et qu'il n'existe aucune constitutionnaliste … Pourtant, les femmes comptent pour la moitié de la population.
Ferid R. Chikhi.

11 avr. 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 258 -


Loi 21, portant laïcité de l’État Québécois, une belle victoire pour les laïcs
 Comme bien des citoyens, vivant au Québec et malgré la distanciation sociale imposée par le Covid19, j’ai appris la nouvelle selon laquelle la loi 21 portant laïcité de l’état Québécois a encore de beaux jours devant elle. Je me souviens que ses opposants ont été confrontés à deux précédents revers. En effet, la Cour supérieure du Québec et la Cour d’appel avaient toutes deux rejeté cette demande de suspension temporaire. À cela s’ajoute qu’afin d’éviter une contestation de la loi par ceux qui feraient valoir qu’elle est contraire à la Charte des droits et libertés, le législateur québécois avait invoqué la clause dérogatoire - souvent appelée clause nonobstant. Imaginons, juste un instant que le Québec est indépendant ?
La décision de la cour suprême du Canada est donc, le troisième revers que connaissent les quelques opposants, toujours les mêmes, (Association canadienne des libertés civiles et Conseil national des musulmans canadiens). Il faut noter que ces associations ne sont même pas domiciliées au Québec mais en Ontario. En apprenant la nouvelle, lesdits opposants soutiennent qu’ils voulaient que l’article qui interdit le port de signes religieux par les agents de la fonction publique offrant des services au public soit invalidé. La Cour suprême a tout simplement décidé de ne pas entendre leur demande. Cette demande n’aurait pas eu cours si le Québec était indépendant.
Ce jeudi 09 avril 2020, la nouvelle est tombée comme un couperet. Elle intime à ces islamistes, que cette décision comme les précédentes et les prochaines, marque les limites de leur rejet des valeurs sociétales du Québec. Même s’ils soutiennent que leur activisme ne visait qu’à minimiser les dégâts en attendant la suite des procédures sur le fonds, leur déception n’était pas feinte. Dans un Québec indépendant, ils n’auraient jamais osé aller contre une loi votée et adoptée par les représentants de la majorité des citoyens du Québec. En fait, ce sont les défenseurs de la laïcité ainsi que le gouvernement du Québec qui se réjouissent de cette nouvelle victoire.
Rappelons que la Loi 21 sur la laïcité de l’État du Québec a été adoptée en juin 2019 par l’Assemblée nationale. Elle régule, entre autres, mais pas seulement, la représentation pour ne pas dire l’image de tous les agents des services publics - juges, policiers, sapeurs-pompiers, enseignants du réseau public - dans l’exercice de leurs fonctions et loin de toute visibilité des signes religieux des uns et des autres. En apprenant la nouvelle, la ministre de la Justice du Québec a émis un communiqué par lequel elle a souligné que : “Le gouvernement du Québec est satisfait de la décision rendue par le plus haut tribunal au Canada en faveur du maintien de la Loi sur la laïcité de l’État adoptée par l’Assemblée nationale. Nous continuerons à défendre le bien-fondé et la constitutionnalité de la Loi, comme nous l’avons toujours fait”.  Et pour cause, il est clair qu’il peut s’écouler plusieurs années avant que la confirmation de cette loi au niveau institutionnelle soit définitive. J’anticipe qu’elle est là pour durer malgré l’activisme des quelques nervis islamistes qui parlent de droits qui n’ont rien à voir avec ceux du Québec et agissent pour empêcher la majorité des Québécois de vivre selon leurs droits adoptés par leur assemblée nationale et les élus du peuple. Cependant, imaginons un instant que le Québec fasse son indépendance ?
Ferid R Chikhi

23 mars 2020

Un Numide enAmérique du Nord - 257 -


Coronavirus - Covid19

Cuba, ses enseignantes, ses infirmières et ses médecins ...

En 2012, j'ai fait un long séjour à Cuba visitant tout à tour La Havane, Santiago, Santa Lucia, Trinidad … pour enfin prendre un moment de repos à Varadero.

Au-delà des lieux de loisirs et de détentes, l'accueil des agents de l'hôtellerie et du tourisme j'ai eu l'avantage de visiter des écoles alors que les enfants étaient en vacances mais pas les enseignantes. Elles n'avaient pris QUE quelques jours et sont revenues pour préparer la rentrée qui devait s'effectuer plusieurs semaines plus tard. Une des enseignantes m'a appris qu'elle préférait tout préparer : cahiers, crayons, gommes, craie, ardoises, cartes de géographie et d'histoire, … plutôt que de le faire au moment du retour et de l'accueil des enfants.

Dans les polycliniques réparties en fonction du nombre d'habitants les infirmières étaient en charge des patients et comme dans les écoles ce qui avait attiré mon attention c'était la propreté, l'hygiène des lieux et les consignes pour les maintenir au top. Il en était de même dans les trois hôpitaux visités et où tout brillait au-delà du sourire des médecins et des liens qu'ils avaient avec les malades.

Je me suis souvenu que des centaines de médecins Cubains exerçaient en Algérie et particulièrement dans le sud et ces médecins aux pieds nus qui sillonnaient l'Amérique Latine pendant que les USA déversaient des milliers de soldats pour soi-disant instaurer la démocratie.

Aujourd'hui, encore une fois, les médecins Cubains, Vénézuéliens, Chinois et Russes sont à la pointe de la solidarité internationale pour aider l'Italie dans une Europe déstabilisée par le Covid19.

FRC 22/03/2020

11 mars 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 256 -


Depuis au moins les deux dernières années bien des articles ont été commis par des analystes, des professionnels et des journalistes. Quelques idées ont été mises de l’avant et notamment celles en lien avec l’apport de l’immigration. Mais le mal, si mal il y a, persiste. Mais examinons la question sous un autre angle. La simple observation du monde du travail Québec nous montre que pénurie de main d’œuvre ou déficit en ressources humaines rime avec profusion d’emplois et immigration en baisse ou en hausse. Ce sont là quelques-uns des concepts qui pourraient à eux seuls résumer les dysfonctionnements profonds qui agitent l’environnement économique, industriel et commercial et l’inadéquation temporaire, je le souhaite, avec l’outil technologique que ce soit dans les grandes villes du Québec ou ses régions. 
Les indicateurs économiques et statistiques scrutés, prescrivent que le Québec, en plus d’une marge de manœuvre limitée, est en situation délicate pour faire fonctionner de façon optimale sa machine
industrielle et commerciale. Mais personne n’évalue le niveau de productivité spécifique ou global de l’industrie. Depuis l’arrivée de la CAQ à la tête de la gouvernance du Québec, des ajustements sont opérés mais elles restent insuffisantes. Nous savons que plus de 15 années d’errements néolibéraux, les procédures de gestion de l’emploi ou celles du déploiement des nouveaux arrivants ne fonctionnent pas au grand dam des entreprises et si l’on y ajoute les interférences du fédéral, le nœud Gordien est difficile à défaire.
À titre indicatif, il y a eu une profusion d’emplois nouveaux créés (25.000 en décembre 2019) grâce à la créativité des capitaines d’industrie, branchés sur les technologies nouvelles. Un accomplissement positif. Les quelques tentatives d’opérer la régionalisation de l’immigration sont encore embryonnaires.
Quelles solutions pour résoudre les problèmes ?
En situation de déficit de main d’œuvre, la fonction ressources humaines reste la plus centrale d’une entreprise qui veut être productive et œuvre pour sa pérennité. Toutefois, il existe un lourd handicap qui limite ses actions et autres activités opérationnelles. Il s’agit des craintes, voire des réticences, de bien des employeurs à l’endroit des immigrants, même s’ils détiennent des qualifications, des expériences et les compétences exigées. Depuis des décennies la question de la reconnaissance des acquis scolaires et expérientiels fait face aux rejets qui ne sont pas faits pour arranger l’insertion socioprofessionnelle de tous ceux qui voudraient s’adapter au monde socio-industriel Québécois mais faute d’un emploi conforme leur potentiel est déclassé.
Les modifications organisationnelles des structures (département, services, ateliers …) sont opérées, ici et là, sans réflexions préalables et par conséquent sans résultats probants. Certes quelques-unes ont réussi mais la proportion de celles qui patinent est trop élevée. À cela s’ajoutent, des contraintes managériales qui résident dans l’inexistence de planification des effectifs pour anticiper les changements humains (mobilité, transferts, absentéisme …) ; la mise en adéquation des programmes et avantages sociaux pour la fidélisation des employés ; la flexibilité horaire pour accommoder les employés, etc. Reste deux autres paramètres exogènes aux entreprises et qui les concernent directement, ce sont ceux du rigorisme des ordres professionnels et les effets des salons de l’emploi et de la formation.
Ces organisations, censées être l’espace de rapprochement privilégié, ne semblent pas jouer les rôles attendus d’elles et pour cause, elles continuent, malgré quelques petits engagements et autres
protocoles, à vivoter dans un passé industriel et commercial qui a subi de fortes transformations et ils le savent. De leur côté, il serait grand temps, nécessaire et fondamental que les ordres professionnels, sous couvert de la sacrosainte préservation du public opèrent une révision de leurs règles. Ce protectionnisme est un frein qui contre-carre la découverte de nouveaux potentiels.L’atténuation pour ne pas dire la suppression de ces freins est à même de remédier au manque d’une main d‘œuvre qualifiée. Des personnes expérimentées sont prêtes à occuper les emplois vacants et aideraient les employeurs, jusque-là, hésitants pour ne pas dire réticents à recruter, selon des critères objectifs, des nouveaux arrivants et même des immigrants bien installés et adaptés aux conditions industrielles du Québec.
Oui ! Des solutions existent. Elles sont mises parfois en œuvre mais elles restent aussi restreintes par les résultats atteints et aucune modification n’est envisagée. Elles vont de l’amélioration des salaires, conditions de travail, avantages sociaux à l’introduction des technologies. Le volet immigration considérée par beaucoup comme étant la panacée est réfutée par certains qui demandent une meilleure sélection des candidats à la venue au Québec. 
Bien des managers et des gestionnaires des ressources humaines abordent la question chacun à sa manière et selon sa propre expérience ou encore selon sa propre compréhension, mais l’essentiel c’est-à-dire la réponse à la vacance des emplois est toujours d’actualité et quatre concepts magiques remontent systématiquement à la surface : Immigration - Dépistage de potentialités - Apprentissage en entreprise - Fidélisation. Mais pour ce dernier concept, la contradiction avec la mobilité est flagrante, puisque l‘industrie voisine ou le commerce voisin sont à l’affût. Les compétiteurs ne sont pas seulement les autres employeurs mais aussi les agences de placement, les firmes de recrutements, les chasseurs de têtes, les firmes de reclassement qui se sont lancées dans le ‘’piquer l’employé de l’autre’’ pour le proposer au concurrent, etc. 
Les deux concepts que sont une nouvelle philosophie et une nouvelle culture managériale ne sont pas l’apanage des patrons actuels. Les employés n’y échappent pas. Les deux - patrons et employés - manquent souvent de mise à niveau de leur savoir en la matière même si des cadres de références existent. Les attitudes, les comportements ainsi que le style de supervision restent dans le même créneau des relations professionnelles. 
Avec le retour des retraités au travail, un paramètre est à revisiter. Les relations professionnelles transgénérationnelles pendant que celui de l’‘’Immigration’’ est à reconsidérer au vu du nombre de déperditions et de ratages observés. Certes, ce n’est pas la traitement approprié parce qu’il ne répond pas aux attentes des employeurs que ce soit du point de vue du contenu des qualifications, des expériences mais aussi et surtout des attitudes et des comportements conditionnés par des valeurs et des principes de vie industrielle différents de ceux du Québec. Souvent incompris par les Québécois, les nouveaux arrivants ont des profils ‘’inadaptés’’ pour une productivité et une performance systématiques. 
Sachant que le monde du travail a fondamentalement changé et que sa gouvernance ne dépend pas seulement des patrons mais aussi des hommes et des femmes politiques qui légifèrent. Le gouvernement du Québec serait bien inspiré de revoir profondément sa politique de l’emploi et celle de son immigration en y associant les principaux concerné, les chercheurs d’emplois et les immigrants. 
Ferid Chikhi

21 févr. 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 255 -

Hirak : Jour 365/52 2020 02 22
Qu’attendre des élites ?
Dans une précédente réflexion[1] sur les causes et les effets, ainsi que le devenir du Hirak j’avais souligné, entre autres, qu’un système ne disparait pas mais se transforme. Cependant, personne n’ignore que celui de la République Algérienne, s’organise, mobilise ses commis et ses relais, s’agite pour, non pas seulement encadrer mais aussi l’infiltrer et, le vider de sa quintessence. L’opposition n’est plus partisane mais populaire. Les partis étant disqualifiés arrivent à peine à s’organiser pour rapidement se désunifier. Ils ne pensent même pas à se convertir ou se métamorphoser alors que les activistes du mouvement citoyen poursuivent leurs actions dans l’unité au grand désespoir des premiers et des seconds. Mais attention, les cupides, les traitres, les rapaces sont aux aguets et savent y faire pour se replacer.

Les défis sont nombreux pour les deux prochaines années
Le pire qui puisse arriver serait que les dépravés de la politique politicienne, les sans foi ni loi, de tous bords se mettent de l’avant pour encore détourner le fleuve tranquille d’un peuple à la recherche de ses repères. La vigilance est plus que jamais de rigueur. L’unité d’action qui fédère le mouvement tente d’éviter la récupération par les forces du mal. Leur tour de force est de poursuivre l’éviction d’une grande partie des auteurs des dérives qu’a connu le pays depuis plus de 30 ans. Un président impotent, trois premiers ministres et gouvernements, des corrupteurs et des corrompus et, même des militaires tout-puissants qui ont gangrénés une armée populaire que le Hirak veut avec lui au nom de ‘’Chaab, Djeich Khawa ! Khawa ! ’’. Sur le plan institutionnel, l’ouverture de la constitution par le nouveau président fait partie des enjeux majeurs des prochaines décennies. Son contenu devra être républicain, citoyen et institutionnel avec de vraies références historiques et sociétales. Les carcans doivent être dégagés et seul l’intérêt du peuple et de l’État Algériens devront conduire sa rénovation et sa mise à niveau. Le Hirak, doit prendre la juste mesure des nouveaux contours de la gouvernance nationale. Les équilibres politiques sont en voie d’être adaptés et les changements majeurs qui interviendront devront viser la pérennités en considérant les revendications de la majorité des citoyens.
Une feuille de route avec des objectifs collectifs
Le pouvoir en place a désigné un nouveau gouvernement et a établi sa feuille de route. Soumise à un parlement illégitime qui l’a approuvée, on peut être d’accord et y consentir ou ne pas l’être et contester. Autrement dit, des questions de suivi se posent : Le Hirak a-t-il pris connaissance des résultats de cette pseudo approbation ? Si ce n’est pas fait, a-t-il au moins pris connaissance de son contenu et l’a-t-il validé pour savoir s’il répond à ses attentes ?cSi ce n’est pas le cas, l’accepte t’il ou la remet-elle en question ? Des rassemblements, des réunions, des regroupements se tiennent régulièrement un peu partout au pays et là où se trouvent des Algériens expatriés ; ces rencontres servent-elles la cause ? Si ce n’est pas le cas, une des actions premières à initier n’est-elle pas de regarder de près ce programme gouvernemental et entériner ce qui est pour le mieux ou dénoncer tout ou partie de son contenu ?
Dans la réflexion[2] précitée, j’avais souligné que les hommes du nouveau régime, ne sont pas si nouveaux qu’on pourrait le penser et pour cause, ils font partie des troisième et quatrième cercle du pouvoir, par conséquent ils ne peuvent se défaire en un tour de main de leurs habitudes et leurs attitudes héritées d’une ère révolue. Ils continuent, non pas d’agir mais, de gouverner comme leurs prédécesseurs, avec les mêmes travers, en appliquant des méthodes de résolution de problèmes sans états des lieux ni diagnostic appropriés. Nous avons eu quelques exemples de ces dérives citées par des ministres nouvellement installés.
Le rôle des élites
Alors, se pose une question essentielle : Que font les élites de l’Algérie nouvelle ? À quelques exceptions près, elles restent cloitrées dans un silence incompréhensible. Les professeurs des universités, ceux qui enseignent les sciences politiques, la sociologie, la psychosociologie, l’économie, le droit, le management, et j’en passe, ne disent rien du Hirak. Si cela arrive dans certains cas, ils s’enferment dans des cadres de références limités à des lectures d’auteurs et collègues ayant publié quelques écrits, restés lettre morte. Pourtant, les thèmes du Hirak sont nombreux, depuis l’unité nationale en passant par la mobilisation, la composante sociale, la diversité ethnique, les catégories intergénérationnelles, les multiples revendications, les attentes et les espoirs des uns et des autres … Ils constituent, à n’en point douter, une diversité d’agrégats qui font rêver des dizaines de chercheurs des universités et des académies à l’étranger. Comme bien d’autres observateurs du mouvement citoyen qui fascine le monde par sa quiétude, son calme, sa détermination et son intelligence collective, je comprends, l’hésitation de ces ‘’élites’’. Mais, l’inhibition imposée par la langue de bois, la pensée unique, la référence à un régime et un pouvoir sans partage ne sont pas facile à évacuer mais serait-elle la seule en cause ? La réponse se trouve dans les initiatives que peuvent prendre les uns et les autres pour anticiper l’avenir et canaliser les forces vives vers le chemin critique qui aidera à l’atteinte des objectifs sociétaux tant attendus depuis des décennies. C’est l’heure pour elles, pour ces élites, de se libérer et de prendre part, avant qu’il ne soit trop tard, à cette mutation singulière d’un peuple porté par sa jeunesse.
Novembre 1954, Février 2019 : deux actes de naissances
À 65 ans de distance, comme leurs ainés qui ont déclenché la révolution de novembre 1954 et qui se sont sacrifiés pour l’indépendance de l’Algérie, ceux des années ‘’90’’ qui ont été décimés par les hordes islamistes, l’apport des élites devient une exigence historique. Elles doivent s’exprimer, non seulement pour contribuer à formuler convenablement les désidératas du peuple qu’il soit celui des grandes villes du nord ou celui de l’Algérie profonde, non pas sous forme de slogans mais par une pensée nouvelle qui accompagne le ‘’Yetnahaw Ga3’’, elles doivent considérer les incertitudes et les dangers qui guettent l’Algérie au plan international.  
Le peuple est en attente d’une traduction de ses rêves, de ses exigences, de ses attentes par des réflexions que seuls les plus éclairés, les justes, les probes peuvent lui fournir. Que ces gens sortent de l’ombre et osent loin des craintes, des inquiétudes, des appréhensions imposées par des cadres de références dépassés et pour beaucoup obsolètes. Si elles ne le font pas maintenant, elles ne le feront jamais et elles seront pour toujours les révoqués de l’histoire. Il ne faut pas oublier que nos élites, ne sont pas seulement celles qui se trouvent à l’étranger mais elles sont aussi et surtout en Algérie. Elles se trouvent en premières lignes d’une révolution citoyenne unique et admirée partout dans le monde. Amener, les élites à se compromettre est un acte légitime montrant la loyauté envers la patrie. Ils éviteront par leurs idées et leurs pensées l’intrusion des forces étrangères qui n’attendent que leur heure pour s’approprier les effets du Hirak. Le Hirak ce grand mouvement citoyen s’inscrit dans la droite ligne des mouvements populaires qui soulèvent les grandes nations. Il brise les tabous. Les lignes de démarcation ont été franchies et le succès est juste en avant. Rester derrière ces lignes, c’est admettre malgré soi qu’elles protègent celles et ceux qui veulent interdire toute action positive, toute critique constructive et maintenir les ornières qui empêchent le discernement.
Pour conclure, rappelons-nous que la perte de sens, l’inculture, le détournement des concepts par des arrivistes qui n’ont jamais pensé et réfléchi aux biens de tous forment ce mur bâti par des mégalomanes tenaces et revanchards. Il faut l’abattre pour avancer sans peur ni crainte aucune vers le progrès et la modernité. La révolution de Novembre 1954 a sonné le glas du colonialisme et des jeunes Algérien-ne-s se sont sacrifié-e-s pour atteindre l’objectif assigné, celui de l’Indépendances. Le Hirak, sonne celui du totalitarisme, de la dictature, de l’hégémonie de quelques oligarques contre le citoyen. C’est un mouvement de jeunes qui veulent libérer la nation et ses citoyens de l’emprise des prédateurs de tout bord. Le Hirak doit rester ferme dans sa forme et diplomatique dans ses actions et il doit se structurer si ses animateurs ne veulent pas tout perdre. 
Ferid Chikhi

[1] http://www.convergencesplurielles.com/2020/02/un-numide-en-amerique-du-nord-254.html
[2] http://www.convergencesplurielles.com/2020/02/un-numide-en-amerique-du-nord-254.html

1 févr. 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 254 -

Le Hirak et le système Algérien
Quels défis attendent l’Algérie a partir du 22 / 02 / 2020
Dans une récente réflexion : http://www.convergencesplurielles.com/2019/12/un-numide-en-am-erique-du-nord-253.html j’avais souligné qu’à peine 72 heures après son élection le nouveau président a parlé d’une révision constitutionnelle. Depuis quelques jours il est question d'une nécessité de prendre son temps avant d’y toucher alors que l’opposition politique soumet sa feuille de route en douze points.
Une révision constitutionnelle au long cours
J’avais aussi mis de l’avant que depuis, plus de 35 ans les institutions Algériennes sont passées de la pérennité tant voulue par Boumediene à un effacement durable. Toutes les assemblées élues sont obsolètes mais survivent encore aux effets du Hirak. Les Municipales et les Wilayales ne sont plus que l’ombre d’une ''force politique'' déliquescente et sans représentativité pertinente d’une population qui s’en défient depuis au moins le 22 février 2019. Pendant ce temps les institutions administratives ont été vidées de leurs compétences et de leurs capacités à offrir aux personnes qui les sollicitent le service qu’ils attendent d’elles. 
La corruption et le militaire, des irritants ? 
L’élection du 12 décembre 2019 a eu pour effet, de rebattre les cartes et de les redistribuer en partie à une nouvelle ‘’composante’’ de dirigeants qui devraient fouetter la remise en marche des instances gouvernementales et des institutions parmi les plus sensibles. La vie politique, même celle des partis de l’opposition est secouée et leurs activités sont bousculées. Sur le double plan social et économique l’appareil d’État se met en mouvement avec beaucoup de prudence mais il faut admettre qu’il n’est pas encore tout à fait fonctionnel après vingt ans de stagnation.  
En fait, les Hirakistes ciblent deux maux que l’Algérien rencontre dans toutes ses activités, le premier est celui de la corruption, des corrupteurs et des corrompus et le second celui de la primauté du militaire sur le civil – d’autres disent sur le politique. Malgré le rejet largement exprimé par le peuple et quel que soit l’énoncé du premier et du second le changement majeur exigé est celui de la lutte sans merci contre les deux avec en ligne de mire la ''primauté du civil sur le militaire’’.  Malheureusement, les gouvernants ne l’entendent pas de la même oreille. La lutte contre la corruption : Oui ! Mais le second paradigme est complètement mis sous silence. Ils préfèrent articuler leurs actions autour des enjeux institutionnels (refonte de la constitution), politiques (mise en marche des organisations ministérielles alors que la dernière rencontre du PAD au siège du RCD ainsi que la plateforme adoptée qui souligne entre autres, la nécessité de dissoudre les assemblées élues pour aller

de l’avant avec les changements de fonds.), économiques ( tout ce qui a trait aux énergies et l’index est mis sur l’exploitation du gaz de schistes malgré de moults oppositions), culturels (rééquilibrage des théories idéologiques : amazighité, arabité, islamité dans leurs décors régionalistes) et bien entendu le repositionnement au plan international (par des démarches diplomatiques autour des dossiers de la Lybie, de la Syrie, de l’Irak, de la Palestine, de l’Afrique du Nord (Maghreb) et ses extensions vers le Sahel). Il est absolument nécessaire que les dossiers internationaux soient régis par un nouvel encadrement pour ne pas dire une nouvelle stratégie qui offrent des perspectives positives pour tout le pays par un redéploiement circonstancié des atouts naturels et bien entendu des compétences. Les équilibres de l’échiquier politique de l’Algérie ont fondamentalement changé et ce changement majeur se poursuivra tant que les revendications de base de la grande majorité de la population, constituée en société civile, ne sont pas au moins entendues et accompagnées sereinement. 
Mutations ou simple évolution sémantique
L’une des premières décisions du nouveau président a été de changer le gouvernement. Sa feuille de route préétablie prend en charge les dossiers restés ouverts depuis le 22 février 2019. À l’évidence, les revendications du mouvement sont de plus en plus difficiles à modifier et la libération des détenus d’opinion reste la plus sensible. Un minimum de transparence de la part des décideurs est de rigueur ; ça va de soi que des arrestations soient opérées contre celles et ceux qui tente d'user de  subversion pour porter atteinte à l'intégrité nationale mais celles réalisées par des agents ne font pas dans le discernement posent problème dés qu'elles ciblent systématiquement des citoyens qui encadrent le Hirak. Là le bâts blesse. Le pouvoir semble perpétuer ses pratiques et des deux côtés la défiance gagne du terrain. Alors, une question de fond se pose à tous : S’agira-t-il d’observer des mutations profondes ou à une simple évolution sémantique ? Les hommes du nouveau régime ne peuvent se défaire en un tour de main de leurs habitudes et leurs attitudes héritées d’une ère révolue. Ils continuent, non pas d’agir mais, de gouverner comme leurs prédécesseurs. En appliquant des méthodes de résolution de problèmes sans états des lieux ni diagnostic approprié.  Le Hirak comme tout mouvement citoyen devra s’adapter aux nouveaux contours que met en place la gouvernance de Tebboune. Ses meneurs, doivent prendre le risque de se mettre de l’avant pour discuter et négocier les prémices de la nouvelle politique nationale et surtout le projet de société que tous les Algériens attendent depuis des décennies. Les tenants du pouvoir qu’ils soient visibles ou cachés ne vont pas défaire en un tour de main de leurs paradigmes de gestion. C’est dire que la période de transition a bel et bien débuté et le face à face perdurera tant que les groupes de négociation ne sont pas encore profilés. Pour ce faire, une convention nationale devra être organisée avec comme premier objectif les prochaines élections locales, puisqu’il faudra tôt ou tard donner de la voix aux citoyens de tout le pays. Les arrangements, les accords et les engagements citoyens ne peuvent être l’apanage de tout le monde mais restent ceux de quelques ‘’ esprits libres engagés et dûment mandatés’’ avec une règle essentielle celle de procéder à une véritable séparation des pratiques anciennes.
Un système ne disparait pas mais se transforme - II – 
Les demandes capitales formulées par les Hirakistes, par exemple, celle de voir le système remplacer 

dans son ensemble est un objectif utopique et je doute qu’il soit atteint. Le système peut être modifié. Il peut être amélioré en bien. Il peut se transformer mais disparaitre comme par enchantement, c’est à voir. La seconde c’est qu’un bilan sommaire de l’apport et des effets du Hirak d'abord sur la mentalité de l'Algérien est à valider et en faire de même avec celui de la gouvernance de l’Algérie. Cela montre que bien des cibles ont été atteintes en onze mois de marches et de manifestations tranquilles avec une détermination militante sans pareil : Destitution d’un président malade ; arrestation de deux premiers ministres  et de ministres influents ; détention de généraux et autres officiers supérieurs ainsi que de commis de l’État voyous ;  éviction de corrupteurs considérés comme indéboulonnables ; élimination du champs professionnel d’affairistes corrompus… Tous ont franchi sans gêne la ligne rouge que leur imposaient leurs fonctions. Ils étaient tous formatés pour la pérennité d’un système qui comptent bien des dysfonctionnements. Tous ont fait les frais d’un manque flagrant de respect des règles élémentaires de l’éthique, de l’intégrité, de l’honnêteté et de l’engagement envers la nation … Bien du monde est tombé à la demande du Hirak.  À présent, les hommes nouveaux et les femmes nouvelles qui sont choisi-e-s pour gouverner le pays, que nous le voulions ou non étaient proches du régime précèdent. Ils seront mis à l’épreuve du temps. Ne perdureront que ceux et celles qui se plieront aux règles des vrais gouvernants. 
Ferid Chikhi