Diversité et Convergences





21 Octobre 2014
Le Prix Euro-Méditerranéen Elissa / Didon 2014
A quatre lauréates des deux rives de la Méditerranée
“La Fondation Tyr’’ présidée par Maha El- Khalil Chalabi, en partenariat avec le programme MED 21

- (Réseau de Prix pour l’Excellence en Méditerranée), et le Prix Didon d’Or de Carthage ont créé le 25 juin 2014 le Prix Elissa / Didon pour la promotion des femmes en Méditerranée, notamment dans les Villes Membres de la Ligue des Cités Cananéennes, Phéniciennes et Puniques.
Le Prix  Elissa / Didon consacre l’apport marquant d’une personnalité féminine œuvrant dans la vie culturelle, politique, sociale, économique, scientifique, la défense de la démocratie et des droits humains, la promotion du dialogue et de la coopération comme bases de rapport entre les pays de la Méditerranée.
Cette année, quatre femmes ont été sélectionnées par le Comité Exécutif du Prix Elissa/Didon lors de sa séance tenue à Paris le 10 septembre 2014. Il s’agit de
• Lady Yvonne Cochrane (Liban) en reconnaissance de son engagement à la sauvegarde du Patrimone Libanais
• Madame Rodi Kratsa (Grèce) en reconnaissance de son soutien à la promotion des femmes en Méditerranée
• Madame Chérifa Kheddar (Algérie) en reconnaissance de son combat contre la violence faite aux familles
• Madame Souhair Belhassen (Tunisie) en reconnaissance de son combat pour les droits des hommes et des femmes.
Notre amie Chérifa Kheddar, présidente de l’Association Djazaîrouna était présente pour recevoir
son trophée, le 12 octobre 2014, à Athènes au cours du diner organisée au Musée de l’Acropole en présence notamment de : leurs Excellences M. Boutros Boutros Ghali (Ancien Secrétaire Général des Nations Unies), M. Hervé de Charrette (Président de l’Association Internationale pour la Sauvegarde de Tyr - France- et ancien Ministre français des Affaires Etrangères), et M. Konstantinos Tasoulas (Ministre Grec de la Culture) et Mme Marianna Vardinoyannis (Ambassadeur de bonne Volonté de l’UNESCO).
D’autres personnalités, les Maires de quelques villes grecques et de la Méditerranée, des Ambassadeurs, des chefs d’entreprises, des représentants de la presse internationale et des intellectuels étaient également présents.
Dans la lettre adressée à Mme Chérifa Kheddar,  la présidente de la Fondation Tyr, Maha El- Khalil Chalabi a notamment souligné que ’Cette distinction amplement méritée récompense votre engagement et votre combat contre la violence faite aux familles.’’ 
Pour mémoire notre amie Chérifa a perdu le 24 juin 1996, sa sœur Leila, avocate et son frère Mohamed Rédha, architecte  lâchement assassinés par des islamistes. En septembre 1996, elle a créé l’Association Djazairouna avec pour siège social la maison où a eu lieu le double assassinat.
Alors encore une fois BRAVO ! CHERIFA
Ferid Chikhi





 

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12 octobre 2014
Proche et Moyen Orients : Les USA! Encore eux !?
Le Jeu d’Échecs n’est pas un jeu de Dames (sans jeu de mots). -1-
Je m’étais promis de ne plus aborder ce sujet, au moins pendant quelques semaines, mais il est tellement présent dans les esprits et les conversations de bien des personnes de mon entourage que j’ai repris ma plume, disons plutôt mon clavier, et je me suis laissé aller… à noter ce qui suit :
Nouvel ordre ou désordre mondial ? Des constats
Passer d’une notion ou d’un concept théorique à un état géopolitique, du projet d’un Nouvel Ordre Mondial à un aménagement territorial comme si c’était la direction administrative du ministère du plan et de je ne sais quelle institution, n’est pas en soi une simple vue de l’esprit mais un processus engagé après la guerre froide… Alors je me suis demandé, où en sommes-nous  de nos jours et depuis presque un quart de siècle avec ce Nouvel Ordre Mondial ? Quelle place a été attribuée à ISIS-EI-DAECH, organisation criminelle transnationale, à la solde de quelques puissances, qui survient comme par enchantement dans un territoire dont la position stratégique n’est plus à formuler et qui au nom de l’Islam commet des exactions innommables contre des populations qui sont loin de connaître la signification de la  géostratégie ou de la géopolitique mais qui ont une foi inébranlable dans un ‘’Mektoub’’ bien scellé (Destin) ? 
Les puissances occidentales et leurs émules, officines, conseils internationaux, regroupements régionaux, trilatérale, et autres comités pour essaimer les soi-disant valeurs démocratiques universelles à travers le monde ont-elles abouties dans leur projet de domination d’un monde de plus en plus multipolaire ?
Nous savons que d’un monde bipolaire et ses enjeux préalablement définis, sommes-nous rendus dans un monde ordonné ou bien dans un espace international où le désordre règne en maître absolu au seul bénéfice d’un empire des temps modernes ?
Faut-il croire que plus personne, plus aucun gouvernement, plus aucun médiateur n’est en mesure de replacer sur l’échiquier géopolitique les multiples éléments dont certains ont été fortement endommagés ? Ce sont là quelques questions qui me viennent à l’esprit suite aux diverses conversations avec des proches.
Disons-le de façon directe, presqu’un quart de siècle après la chute de l’URSS, la domination sans partage des USA est devenue quasiment admise et acceptée par tous les États et ce en fonction d’enjeux planétaires qui mettent en exergue de nouveaux rapports de force, exception faite de la place que se taillent : Cuba, la Corée du Nord, la Chine, l’Iran et l’Inde.  
Il est vrai que personne ne saurait nier que l’affaiblissement de la Russie héritière de l’URSS a laissé place au seul capitalisme en tant que modèle qui s’impose à tous avec l’avènement de l’Organisation Mondiale du Commerce, la consolidation du Fond Monétaire International et autres organisations de surveillance ou de régulation influents sur le système économique mondial et celui des pays en voie de développement détenteurs en général de richesses inexploitées ou partiellement exploitées (exception faite des hydrocarbures).
Ce Nouvel Ordre Mondial devait être porteur de paix et de démocratie, mais là aussi, personne n’ignore que le conflit Israélo-Palestinien reste le grain de sable qui empêche le processus d’être mené à terme. Le parti pris flagrant des USA en faveur d’Israël n’est pas pour améliorer la situation et malgré les appels à la prudence, à l’équilibre des forces, au respect et à la dignité des peuples, les USA ne veulent rien entendre au fait que le mélange des genres ne facilite pas le déroulement du processus.
Je me rappelle de cet accord tacite et admis comme intangible par les révolutionnaires algériens qui consistait à considérer que le politique prime sur le militaire… et que l'intérieur prime sur l'extérieur. De nos jours les États-Unis d’Amérique devraient s’en inspirer et le revisiter en considérant que : C’est la politique qui oriente et impose les choix économiques, financiers, sociaux et culturels et non pas la finance internationale ou une minorité revancharde qui veut faire payer un prix exorbitant des  exactions qu’elle a subi à une population bafouée dans ses droits les plus élémentaires et aussi que les ''élus appelés'' résidents depuis belle lurette à l'étranger ne sauraient faire face aux multiples risques et autres dangers qu'encourent ceux qui sont restés au pays.
Alors peut-on envisager une normalisation des équilibres mondiaux après les nouveaux conflits internationaux de l’après-guerre Froide ? NON ! La réponse ne peut être que négative, tant il est très difficile d’imaginer un autre rôle que celui dévolu actuellement à l’ONU. Un rôle pour le moins accessoire mais évidemment important que celui d’être une tribune internationale et un alibi à partir desquels sont égrenées les détresses, les désastres, les fléaux et les calamités du monde sans pour autant y apporter les solutions adéquates et appropriées.
Les États-Unis ne veulent pas ou ne se rendent pas compte que cette institution internationale est devenue un ventre mou. Même le terrorisme, ce nouvel outil de désorganisation, de déstabilisation et de subversion est actionné pour générer des bouleversements qui au final deviennent incontrôlables.  Ce Nouvel Ordre Mondial pouvait-il, vraiment, être configuré autour des effets et des conséquences des conflits tels que les invasions de l’Afghanistan en 2002, de l’Irak en 2003… les pressions et intimidations contre la Corée du Nord et l’Iran ou encore ce qui est qualifié de croisade contre l’axe du mal ?
Mais revenons à ces autres aspects qui interpellent y compris ceux qui ne s’intéressent pas à la politique, mais beaucoup plus les observateurs avertis, les analystes intelligents, les journalistes objectifs, les diplomates sérieux et raisonnables, etc. Toutes ces sentinelles se demandent comment, les USA, en instrumentalisant ISIS - EI -DAECH pour le tracé du nouveau schéma des Proche et Moyen Orient, peuvent-ils le considérer comme facteur stabilisateur d’une région qui a connu de par son histoire des bouleversements à l’origine d’une grande partie de l’évolution du monde ?
Le Jeu d’Échecs n’est pas un jeu de Dames (sans jeu de mots). -2-
Le prix des idéologies meurtrières
 Encore une fois, les USA, comme ‘’mauvais élèves’’, ainsi que l’avait si bien énoncé le défunt et honorable Général GIAP, ont créé un véritable champ de guerre qu’Ils voient comme un échiquier, le support d’un jeu. Là encore, si nous faisons appel à cet illustre général Vietnamien et si j’ose le paraphraser, il aurait dit ‘’ les Américains sont naturellement sûrs de leur victoire et ne veulent entendre les conseils de ceux qui ont fait l’expérience des invasions, des infiltrations et de l’occupation de leur pays (...) Ils (les Américains) n’ont qu’une connaissance livresque de l’histoire, de la culture, des coutumes, de la personnalité des populations concernées''. Et Barack Obama, (au lieu et place de Mac Namara) : ‘‘Vous avez engagé contre ces populations de formidables forces, …. aviation, …, mais vous ne comprenez pas ces peuples, épris d’indépendance et de liberté et qui veulent être maître de leurs pays.’’ C’est dire combien ‘‘Les néocolonialistes sont de mauvais élèves de l’histoire’’.
Malgré leur déficience avérée, de ‘’manager’’, pour reprendre un concept qui leur est si cher, les multiples paramètres de la composante d’ISIS, de piloter leurs drones tueurs pour limiter les avancées de DAECH, ou dans quelques situations particulières tenter d’influer sur les variables exogènes de l’Organisation de l’État Islamique, qu’ils n’ont jamais envisagées, telle la perte de contrôle de cette organisation criminelle, ils tentent de rester maître d'une crise qui leur a déjà échappé.
Tout en faisant de leur mieux, ils se risquent à impliquer des auxiliaires (réunir la coalition la plus large possible) qui n’attendent qu’un appel médiatisé afin de participer de près ou de loin à un jeu où les écueils pourraient se transformer en périls ou en retournements de situations tout à fait aléatoires et souvent ravageurs. Par exemple celui de l’enlisement en cas d’intervention terrestre.
Juste à titre de rappel, de l’Algérie aux Balkans, de Gaza au Mali, de l’Égypte au Nigéria sans oublier la Somalie et le Soudan, de l’Irak à  la Libye nous revoici au Kurdistan et bien entendu en Syrie.  En fait, ce qui semble démontrer la stupidité des hommes de l’empire c’est de vouloir jouer aux échecs convaincus qu’il s’agit seulement d’un jeu de dames (Sans jeu de mots ironique ou réducteur). Alors tentons un éclaircissement basé sur ‘’une discussion de café’’ n'est ce pas là que se jouent tous les jeux.
Retenons, et ce, à juste à titre indicatif que c’est à peine si l’opinion publique internationale avait commencé d’absorber et d'assimiler quelques éléments d’informations de ce qui s’est passé lors du déroulement du fameux ''Printemps Arabe'' avec la déstabilisation de l'Égypte, la destruction de la Libye, les dommages collatéraux au Mali et en Tunisie, les massacres collectifs et les kidnapping de masse opérés par Boko Haram et des effets de l’attaque contre les installations de Tingatourine que de nouveaux massacres et kidnapping sont perpétrés par DAECH selon l’appellation arabes, ISIS pour les anglo-saxons et l’Organisation de l’État Islamique pour les français.
Dans la foulée, ils ont tout mis en œuvre pour faire oublier les agressions aussi répétées que dévastatrices d'Israël contre les Palestiniens de la bande de Gaza et l'instabilité permanente de la région pour le seul bénéfice et la préservation de cet État.  Nous ne sommes plus en Afrique et au Mali donc au Sahel, ni au Moyen Orient c’est-à-dire dans la Bande de Gaza et par extension la Palestine, Israël, le Liban et l’Égypte mais au Kurdistan qui est entouré de l’Iran, de l’Irak, de la Syrie et de la Turquie.

En déstabilisant cette région, l’hypothèse la plus probable est que les USA principalement et leurs alliés visent l'Iran et la Syrie, ce que ni les profanes, ni les experts en géopolitique et encore moins les gouvernements, quelle que soit leur proximité avec l’un ou l’autre des pays pris dans ce mélimélo Occidental, ne sauraient ignorer.  
Les autres parties prenantes du Nouvel Ordre Mondial
Pas très loin de cette zone de guerre où DAECH s’est installé et progresse de plus en plus vers le nord-ouest tout en voulant instaurer son Khalifat, c’est la fragilisation du tissu identitaire et civilisationnel des populations locales qui est scellée et que le remodelage ou la reconfiguration de cette partie de l’Asie Mineure s’opère avec des dommages et des altérations innommables, sans compter les conséquences sur les populations meurtries, désagrégées et précarisées.
Et dire qu’il y à peine une quinzaine d’années, un projet presque similaire a été mis à l’épreuve pour réviser l’organisation géopolitique de la partie centrale des Balkans. Alors, l'on vient à se questionner sur l'éventualité d'une caractéristique qui relierait tous ces pays ? La réponse est presque toute trouvée : La Russie, la Chine, bien d’autres pays d’Asie et de l’Amérique du Sud ne sont pas partie prenante de ces conflits qui surgissent, ici et là, comme par magie. Cependant, avec ISIS-EI-DAECH, et au-delà, des massacres que subissent les populations de cette région, c’est aussi et surtout l’occupation d’un territoire, d’un espace qui de par sa position géographique intéresse au plus haut point les puissances alliées et ce ne sont pas les quelques ‘’invités’’ venus d’Allemagne, des Pays bas etc. qui y changeront grand-chose. Bien au contraire de telles implications interpellent les ressortissants originaires de cette zone et résidents dans ces pays européens à devenir des relais à haut risque et instruments du néocolonialisme imposé de l’extérieur.
Toutefois, autant les gouvernants que les populations des pays limitrophes du Kurdistan ne sont
favorables à être évincés au seul bénéfice des puissances occidentales et de leurs armées. Oui ! La Turquie a toujours eu mal du Kurdistan. Un Territoire enserré par quatre pays que sont la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran ; seuls ces deux derniers reconnaissent officiellement une de leur région sous la dénomination de « Kurdistan ».  C’est dire que l’occupation de cette région par les USA et leurs alliés revêt une importance géostratégique et capitale non seulement pour eux mais aussi pour toutes les parties prenantes à cette infiltration d’ISIS-EI-DAECH.
Faisant un tout petit peu de prospective et demandons-nous si l’on peut un seul instant imaginer ou penser que l’Iran se laissera chasser d’Irak ou de Syrie ? Même si cela venait à se concrétiser acceptera-t-il pour autant une présence militaire étrangère de la région ? Pour cette puissance régionale la dynamique des rapports de force et surtout le temps sont des facteurs qu’elle considère avec une attention particulière.
Dès qu’elle sentira que le moment lui est favorable, elle distribuera des cartes qu’elle tient bien en main par exemple les Houttistes au Yémen, le Hezbollah au Liban, etc. des cartes qui perturberont le processus mis en œuvre par les alliés. N’est-ce pas, entre autres, pour cette raison que les Turcs n’osent pas s’aventurer au Kurdistan ?
Pour clore ce chapitre, n’oublions pas que les Russes n’ont pas dit leur dernier mot et à l’évidence, ils ne resteront pas les bras croisés tout en poursuivant leur œuvre utile en Syrie et en Ukraine. Et, qui est assez crédules pour imaginer un seul instant que le Nouvel Ordre Mondial se fait ou se fera sans la Chine, sans les BRICS, sans l’Europe, le reste de L’Amérique du Sud et sans l’Afrique non pas comme sous-traitants mais comme partenaires à part entière ? Vous aurez tout compris, il ne s’agissait que d’une discussion de café et bien entendu le Jeu d’Échecs dans lequel excellent les Iraniens et les Russes malgré sa complexité n’a rien à voir avec le Jeu de dames qui semble compliquer la vision des USA et leur fait voir de façon biaisée les enjeux fondamentaux.
Ferid Chikhi

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25 septembre 2014
L’odieux assassinat d’Hervé Gourdel
Notre silence ne veut pas dire...
Non! Et Non ! Il ne faut jamais se taire. Il ne faut jamais oublier ce que les peuples durant les moments les plus durs de leur vulnérabilité ont osé initier et mener à terme des changements majeurs pour se libérer du joug de leurs oppresseurs et autres tortionnaires créés, manipulés et dépêchés sur le terrain par les seigneurs de la guerre des temps modernes.
Nous sommes au début d’un millénaire que d’aucuns annoncent comme étant celui de la puissance que procurent, entre autres, les nouvelles technologies de l’information, l’industrie des médias beaucoup plus que les armes de destruction massive aux mains de quelques pouvoirs occultes qui derrière les murs des forteresses qui les abritent dirigent à leurs convenances l’humanité entière.
Pourquoi ne faut-il pas rappeler et dénoncer que ce sont les alliés, leurs amis, leurs apparentés et autres auxiliaires occidentaux qui sont à l'origine de ce fléau nommé ‘’Islamisme et terrorisme’’ juste pour s’accaparer des puits de pétrole des pays du golfe et en même temps se défaire contre monnaie sonnante et trébuchante d'un armement qualifié d’obsolète mais toujours opérationnel ?
Pourquoi ne faut-il pas rappeler et dénoncer le soutien sans équivoque qu'ils ont toujours accordé aux Saoudiens, au Qatari et tutti quanti ?
Pourquoi ne faut-il pas rappeler et dénoncer que ce sont leurs actions et leurs soutiens aux régimes despotiques des pays arabes qui oppressent leurs populations et en font des ignorants au lieu de les aider à s'instruire ?
Pourquoi faut-il que nous fermions encore la porte à la mémoire, n'a-t-elle pas été tant bafouée, brimée, falsifiée qu'il faut encore nous taire ? Alors, ‘’OUI!’’ Il y a des solutions et l'une des principales et d'inviter ces pays dirigés par ces roitelets de mettre à l'œuvre leurs armements, leurs soldats ... OUI!
Ce sont avant tout leurs pouvoirs qui sont menacés alors qu'ils s'y mettent et qu'ils arrêtent de financer ces individus mercenaires et autres criminels...
Oui ! Pourquoi faut-il s’émouvoir maintenant que ces assassins menacent les citoyens des pays alliés?
Pourquoi faut-il que tout le monde s'y mettent alors que durant les années ''90'' nous les appelions au secours et qu’ils n'ont pas daigné répondre tout en choisissant d'accueillir les chefs des groupes armés?
La vie de leurs ressortissants a-t-elle plus de valeur que celle des nôtres ?
Oui ! La réponse est affirmative si l’on se réfère à Gaza, à la Palestine… à la Libye, à l’Irak à la Syrie…
Aujourd’hui, ils osent nous demander de faire la démonstration que nous ne soutenons pas ces assassins, qu’ils ne font pas partie de nos peuples, de notre communauté.
Mieux encore ils nous demandent de dénoncer et de manifester contre ces criminels... alors que nous l'avons fait pendant des dizaines et des centaines de jours...
Ils montrent à qui veux les voir quelques personnes qui de leur confortable place Londonienne et ailleurs en Europe scandent ''NIMN'' Not In My Name. Ces mêmes personnes qui hier encore étaient silencieuses et jouissaient à la vue de nos sœurs et frères victimes de ces intégristes...
Faut-il aussi oublier tout ça et considérer que nous sommes tous responsables ? Oui et Non ! Désolé, ça ne peut pas fonctionner dans un  seul sens... Nous avons été contre ces tueurs, ces criminels, ces assassins et
  Notre silence ne veut pas dire que nous oublierons qu’ils les ont accueillis malgré le sang encore frais de nos martyrs sur leurs mains…
  Notre silence ne veut pas dire que nous avons baissé les bras,
  Notre silence est un cri d’horreur et de douleur, il dure depuis plus de 20 ans.
  Notre silence ne veut pas dire que nous avons oublié et qu’un jour nous oublierons,
  Notre silence est un cri de rage et ils n’ont pas voulu l’entendre lorsque notre intelligentsia, nos journalistes, nos villageois, nos dramaturges, nos écrivains, nos citadins, nos artistes, nos paysans, nos agriculteurs, nos enseignantes, nos aînés, nos montagnards, nos enfants, nos femmes étaient victimes de la barbarie…
  Notre silence ne veut pas dire que nous ne rendons pas hommage aux victimes,y compris,celles qui ont été les convives ponctuelles de notre Algérie.
Ferid Chikhi
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Les marchepieds des libéraux

Le PLQ entre victoire et amertume
Les Maghrébins ne sont pas tous pareils
Il est des victoires amères qui restent difficiles à assumer. La victoire des libéraux le 7 avril 2014 fait partie de ces victoires dont on ne peut se délecter car déloyale.
Les marchepieds des libéraux
Lorsqu’on admet tacitement qu’un maire celui de Lapinière, (comme l’a dénoncé avec raison F.H. Pépin) se porte à la rescousse du candidat libéral avec tous les moyens dont il dispose au mépris de la loi : est-ce cela s’occuper des vraies affaires pour les libéraux ?
Lorsqu’on admet tacitement que certains lieux de cultes à travers tout le Québec
se transforment en siège de campagne électorale pour un parti politique au mépris de la loi régissant ces lieux et ce, au mépris de la pratique religieuse des croyants et croyantes : est-ce cela s’occuper des vraies affaires pour les libéraux ? Aucun marchepied ne semble rebuter le Parti Libéral. Ce qui s’est passé à Lapinière et dans ces lieux de culte, lors des dernières élections provinciales est la preuve que toute alliance conjoncturelle est acceptable pour les libéraux si elle a pour finalité « le pouvoir ».
Lorsqu’une campagne de peur est menée envers une partie de la population et qu’envers l’autre, seul le mépris est affiché, n’est ce pas sombrer dans la discrimination, fortement décrié par ailleurs ? Nous déplorons ces pratiques, non démocratiques et que nous pensions avoir laissées, loin derrière nous, dans nos pays d’origine. 
Les Maghrébins sont pluriels par leurs cultures et leurs identités
Madame Kathleen Weil, nouvelle ministre de… l’inclusion, dit vouloir « panser nos blessures et bâtir des ponts », car selon elle « le Québec aurait connu une recrudescence de gestes d’intimidation dans la foulée du débat sur le projet d’une charte de la laïcité ». De quels dommages s’agit-il ? De quels ponts est-il question d’établir, entre qui ou entre quoi ?Comment compte t-elle venir en aide à une communauté qu’elle ne connaît absolument pas ? Elle parle de la communauté « maghrébine » comme d’un bloc monolithique et uniforme. Et pour contrôler cette communauté, quoi de mieux que de lui créer des espaces où son avenir sera dirigé, contrôlé, un avenir dans lequel les femmes seront condamnées à vivre ce qu’elles pensaient avoir fui à tout jamais. Bref, le retour vers l’horreur. Si madame la ministre avait pris le temps d’observer et d’analyse son environnement proche, elle aurait peut être compris les changements sociétaux que connaît le Québec depuis une décennie. Elle se serait aperçue que cette communauté est plurielle, comme n’importe quelle autre communauté à travers la planète.
Elle se serait aperçue que cette communauté est parcourue par différents courants de pensée, de culture et même d’identité.
Elle se serait aperçue que cette communauté a évolué, en fait, tout comme sa communauté.
Elle se serait aperçue que cette communauté, elle aussi, vit au XXIe siècle et que, tout comme la sienne, elle aspire à des lendemains meilleurs, ancrés dans la modernité et libérés du dogme patriarcal et religieux.
C’est une aspiration légitime pour nous et pour nos enfants et c’est ce rêve que nous sommes venus réaliser ici, au sein de ce grand Québec francophone édifié par la révolution tranquille. Avec plus d’empathie et moins d’arrogance, madame la ministre se serait aperçue que cette communauté plurielle ne veut pas être regardée comme une communauté à part, mais comme faisant partie de ce grand peuple accueillant au point de s’effacer lui-même et qu’on appelle « le peuple québécois ».
Elle se serait aperçue que cette communauté est capable de progrès, d’évolution, de démocratie et de pluralité.
Elle se serait aperçue que cette communauté existe en dehors des schémas multiculturalistes, si chers aux néolibéraux, que nourrit le racisme latent dont nous sommes victimes.
Elle se serait aperçue que nous sommes des citoyens au même titre qu’elle, que nous ne sommes pas des Maghrébins musulmans mais des Québécois et c’est ainsi que nous voulons être considérés.
Elle se serait rendu compte que si nous avons décidé de nous installer au Québec, ce n’est pas pour peupler les ghettos que le multiculturalisme nous construit si généreusement dans le seul but de nous ostraciser.
De la division et de l’exclusion
Si madame la ministre veut réparer les dommages, elle doit commencer par respecter cette communauté dans toute sa diversité. Elle doit arrêter de l’infantiliser en s’adressant à elle comme à des citoyens diminués, qui ont besoin d’une protection particulière. Nous ne voulons pas être des cas particuliers : nous faisons, ne lui en déplaise, partie intégrante de ce pays et de ce peuple québécois.
Il est souvent nécessaire de se remémorer certains faits que la ministre de… l’inclusion tente d’occulter, volontairement ou pas ? Lors des nombreuses marches de ses « protégés » dont la majorité s’inscrit dans la mouvance islamiste des frères musulmans et autres, beaucoup d’entre nous ont reçu, de ces manifestants, une volée d’injures les plus abjectes, les slogans les plus racistes et les plus xénophobes étaient portés par leurs banderoles. Est-ce cette fracture que dénonce la ministre ? Est-ce cette blessure qu’elle veut panser ou réparer ? Beaucoup, parmi nous, ont été menacés, ici et dans leurs pays d’origine, injuriés, intimidés : à aucun moment nous avons entendu madame Kathleen Weil se désoler et prendre acte de ces dépassements. S’il est un facteur de division, il faut le voir dans la politique relativiste et multiculturaliste qui refuse que l’État soit laïc dans sa forme et dans son fond. La division et l’exclusion, c’est le Parti libéral dont fait partie madame la ministre, qui l’encourage ; Madame Fatima Houda Pepin en a fait les frais ; seule députée musulmane depuis plus de 20 ans, elle a publiquement mis en garde la société québécoise contre l’intégrisme religieux, bel et bien présent au Québec. Son crime serait-il celui d’avoir distingué l’islam en tant que spiritualité et pratique religieuse de l’islam politique asservissant et facteur de division ? 
Des alliances de subordination 
Madame la ministre a fait le choix de nous ignorer. Et c’est tant mieux, car nous refusons de nous associer à des individus dont l’usage de la religion à des fins politiques est et sera le moyen par lequel ils comptent domestiquer les peuples. Nous les connaissons, nous avons vécu avec eux, par le passé, et nous savons que nos projets de société ne sont pas conciliables.
Nous voulons des lois humaines, eux préfèrent utiliser des lois divines perverties. Nous demandons une reconnaissance citoyenne, eux réclament une reconnaissance politico-religieuse.
Parlant des choses à réparer et des plaies à panser. Les laïques que nous sommes, bien avant le débat sur la charte, nous avons été traités de cellules cancéreuses à extirper, absolument, de la société québécoise. Est-ce à cela que la ministre de l’inclusion va s’attaquer ?
Parlant des choses à réparer, durant les 9 années de règne sans partage du PLQ, chez cette même communauté que l’on semble découvrir subitement, le taux de chômage a pratiquement triplé pour se retrouver au niveau décrié à ce jour.
Parlant des choses à réparer, c’est durant les 9 années de règne sans partage du PLQ que les maghrébins francophones, souvent détenteurs de diplômes européens et fortement expérimentés, ont été poussés à l’oisiveté, au bien-être social ou à exercice de n’importe quel autre métier leur permettant à peine de vivre décemment. 
Le Québec à l’étranger et la Laïcité 
Il semblerait que le débat sur la charte de la laïcité a terni l’image du Québec à l’étranger ? NON ! C’est la mise à l’index du débat démocratique sur un sujet aussi important que celui de la laïcité de l’État qui a porté atteinte à la démocratie au Québec. Comment peut-on, à ce point feindre d’ignorer que ce sont les débats qui font avancer les sociétés vers plus de liberté, de démocratie et d’égalité ?
Non, madame la ministre, sachez-le bien, cette charte nous la voulions, nous la
soutenions et continuons de la soutenir. C’est notre projet de société, celui de nos enfants. C’est un projet rassembleur où vos ghettos n’auront plus leur place. C’est un projet qui transcende toute partisanerie qui aveugle et les pouvoirs qui déshumanisent. Ce qui a terni l’image du Québec à l’étranger, c’est cette incapacité chez les libéraux à nommer les choses sans les pervertir. Aussi, nous ne pensons pas que la ministre des Relations internationales au langage inconvenant soit la personne la plus qualifiée pour redorer le blason du Québec à l’étranger. Si c’est cela « les vraies affaires », nous craignons pour l’image du Québec à l’étranger.
Leila Lesbet
Leila Lesbet est membre fondatrice de l’Association des Québécois Nord-Africains pour la Laïcité (AQNAL)

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Le formatage de la pensée unique par le message unique
Le quatrième pouvoir instrumentalisé par les puissances de l’argent
Publiée sur Tribune libre de Vigile

Quelques années après mon installation au Québec et avant de devenir citoyen Canadien, j’étais enthousiaste à la seule idée que ce que je voyais à la télévision, ce que j’écoutais à la radio et ce que je lisais dans la presse écrite ne relevait point de la langue de bois et que la diversité et je dirais la pluralité des pensées, des idées, des opinions, etc. grâce aux supports de grands médias étaient assurée et assumée. Je le pensais intrinsèquement et fondamentalement.
Au lendemain des travaux de la Commission Bouchard & Taylor, créée par le Parti Libéral provincial pour baliser les accommodements religieux dits raisonnables, j’avoue être revenu de loin. Une des raisons essentielles réside dans le fait que ces travaux ont été mis au placard avec les suites que nous connaissons tous.
En fait je m’était rendu compte que la quasi majorité des journalistes, les animateurs des débats, les chroniqueurs, les éditorialistes - qui appartiennent aux grands groupes tels que Quebecor, Gesca, Cogeco, Radio Canada et CBC, ladivision de Bell Media avec entre autres CTV propriété de BCE Inc. (côté en bourse), la plus grande compagnie de communications du Canada - parlaient le même langage informationnel et communicationnel et je trouvais cela normal sachant qu’ils ont été formés à la même pensée et la même école de journalisme.
La variété et la diversité des émissions et des écrits proposées par les uns et les autres disaient la même chose à quelques exceptions près mais dans une forme qui diffère selon que l’on soit vu, lu et écouté d’un océan à l’autre, sur le continent nord américain pour les supports en anglais ou tout simplement provincial dans l’espace strictement québécois. ‘’Du vernis à ongle’’ diraient certains.
Donc, mon étonnement venait du fait que la diversité des programmes d’informations, de variétés et de loisirs est telle que personne ne devrait s’ennuyer. Si j’y ajoute les chaînes Étatsuniennes ça devient un monde abyssal de médias, etc. C’est dire que le croisement des diffusions venant du Sud (USA) ou de l’Ouest Canadien tous deux anglophones ne laisse aucune chance aux médias francophones de dominer même dans l’espace censé être le leur.
Alors, selon mes observations les faiseurs d’opinion, les commentateurs, les analystes, les… ne peuvent que tenter de s’ajuster, de s’adapter et d’imiter les auteurs de l’envahissement anglophone à défaut de les contrer par le contenu des programmes. Je dois souligner que seuls les caricaturistes restent près de leur art et disent la vérité.
Ça me rappelait aussi qu’en Algérie au lendemain de l’indépendance (juillet 1962) et le ‘’Sursaut révolutionnaire’’ (juin 1965) le socialisme a été choisi comme idéologie de gouvernance. Le Front de Libération Nationale (FLN) est devenu Parti Unique ce qui a engendré la Pensée Unique, la Presse Unique, etc. et gare à celui qui sort du cadre de référence unique.
Récemment sur un réseau socioprofessionnel la question de la pensée unique a été abordée et à fait l’objet de divers échanges portant sur sa définition, sa portée, ses effets, etc. sur le citoyen et toute la société. J’ai souri à l’idée d’en débattre. J’ai proposé de commencer en partant de la dérision en suggérant que ‘’C’est celle de quelqu’un qui parle pendant que les autres hochent leurs têtes de haut vers le bas ! Quant il finit de l’exprimer les autres continuent de hocher leurs têtes’’. J’ai commencé par la dérision parce que j’anticipais qu’à un moment ou à un autre certains des commentateurs emprunteraient les chemins de la philosophie, d’autres ceux de la sociologie, etc.
Le monde de l’information à la sauce États-unième 
Tout en réfléchissant à ce que je pourrais en dire, aujourd’hui, que je vis en Amérique du Nord, depuis presque une quinzaine d’années, j’ai été amené à examiner et à commenter la tournure que prend la politique au Québec avec la dernière campagne électorale des législatives qui porté le Parti Québécois à gouverner La Belle Province en minoritaire et celle qui se tiendra le 07 avril 2014. 

Bien qu’elle tire à sa fin et que nous sommes à la veille d’un nouveau gouvernement, les débats sur le moindre mot, le moindre rictus, la moindre information sur le passé, le présent et le futur, le tout petit geste des candidates et des candidats du Parti Québécois, ont été scrutés à la loupe, non pas et seulement par les adversaires, ce qui est de bonne guerre, mais surtout par des journalistes qui ont érigé la désinformation en art professionnel. Les décryptages sans fin et… avec des règles douteuses sont jetés à la figure de l’auditeur, du téléspectateur ou du lecteur.
De leur côté les spécialistes, politologues et autres universitaires habitués à être sollicités lors de telles campagnes électorales ont été, à deux ou trois exceptions près, débarqués ou ignorés. C’est dire combien je ne trouve plus le commentaire, l’éditorial, l’analyse, l’écrit journalistique objectif, raisonnable, impartial, désintéressé et je n’oserai même pas dire ‘’intègre’’ tant ils sont colorés de parti pris et de partisannerie, comme si tous ces porteurs de nouvelles appartenaient à la seule droite néo libérale.
A titre indicatif, selon un sondage CROP - La Presse (connus pour leur proximité fédéraliste), publié le 18 mars 2014 et portant sur les intentions de votes des électeurs, faisait ressortir que le candidat libéral était en avance de sept points. Et c’est le début de la déferlante… des commentaires les uns plus vicieux, plus démagogiques, plus immoraux… plus médiocres… plus corrompus que les autres sont diffusés en boucle sur toutes les chaînes de la province et du reste du Canada. Les sondages les plus récents ne dérogent pas à cette règle
Bien entendu, quelques commentateurs et autres animateurs d’émissions de nouvelles ont tenté de rester neutres mais dans l’ensemble le parti pris était évident, visible et flagrant. De fait, même si le téléspectateur, l’auditeur, le lecteur… soumis à ce battage médiatique n’est pas dupe, il donne pourtant l’impression d’avaler tout ce qui lui est servi… Si j’ajoute l’usage des technologies de l’information par les réseaux sociaux… des indicateurs anodins finissent par impressionner et par convertir le plus sceptique.
Des plaintes des consommateurs ont été adressées aux ombudsmans et aux commissaires à l’éthique, aux directions des rédactions pour reprocher leur parti pris, mais ce sont des réponses toutes faites - soulignant que tout était en règle étaient reçues par le citoyen. Cela a été mon cas pour une réclamation que j’ai adressée à Radio-Canada.
Pour en revenir à ma perception de la pensée unique, je considère que la dérision suffit
un temps mais pas tout le temps. Il y a aussi la raison qui s’impose. À mon avis, quelque chose de plus conforme dans le monde politique crée l’espace nécessaire et suffisant pour implanter la pensée unique qui regroupe les idées auxquelles doivent se conformer les citoyens au sens large du terme. Un cadre de référence conçu par les idéologues ‘’d’un certain État’’ et duquel personne ne peut déroger ; le faire – déroger du cadre de référence - c’est s’exposer à être qualifié d’inconstant, de fluctuant, d’indécis à l’égard de cette pensée supposée être celle de la majorité alors qu’elle n’est que celle d’une minorité qui détient le pouvoir.
Ce qui est extraordinaire c’est qu’elle arrive à en faire la pensée de tous. Ailleurs il serait question de propagande, ici ce n’est pas le cas. Pourtant, dans son ouvrage ‘’La propagande nouvelle force politique’’, Jacques Driencourt, nous dit ‘’Le règne de la Propagande au XXème siècle repose autant sur ces instruments inventés parla science, qu’il est motivé par l’atmosphère générale d’irréalité dans laquelle baigne l’humanité. C’est dire que l’imprimé, le cinéma ou la radio (et aujourd’hui, que nous sommes passés au 21ième siècle, les technologies de l’information) découvertes du monde moderne, ne font que renforcer, amplifier et étendre une action qui a toujours existé justement par le fait qu’elle est le corollaire inévitable de ces activités naturelles de l’homme que sont la pensée, la parole…).
Elle est celle de la puissance d’un groupe, du pouvoir en place, de l’institution étatique, elle est centralisatrice, celle de l’Empire ou d’un empire, etc. Elle préconise que c’est l’intérêt général qui prime l’intérêt individuel, mais elle met de l’avant la liberté individuelle. Et elle est qualifié de démocratique dés lors qu’elle serait celle de la majorité. Mais elle ne sert pas le projet de société que les plus éclairés souhaitent pour leur pays.
Selon certains politologues, sociologues et philosophes, ‘’la pensée unique désigne l’intelligence d’un groupe de personnes qui veut dominer ou domine déjà des groupes sociaux, des communautés et parfois des populations entières. … sans possibilité de contradiction’’. Elle serait donc contraire aux valeurs de changement individuel que recèle toute société qui se voudrait progressiste et qui se développerait sur la base de l’autonomie et des libertés individuelles pour le bien de la collectivité. Elle se qualifierait de convenable dés lors qu’un consensus recherché par quelques-uns se fonde sur une argumentation saine en tant que contenu d’un projet de société et acceptable par l’ensemble.
D’autres, la conçoivent comme celle d’un régime totalitaire, dictatorial et bien entendu hégémonique qu’elle soit au sens idéologique, culturel, économique ou social, etc. Elle utilise tous les outils qu’elle trouve dans son environnement social et politique pour orienter et manipuler les citoyens de sorte qu’ils aillent dans le sens qu’imposent les tenants des pouvoirs afin qu’ils se maintiennent aux commandes et rester toujours en haut de l’échelle.
Alors, sauf si nous voulons mettre des œillères, nous savons que depuis le milieu des années 60 ’’la lutte contre la pensée unique’’ était présente dans beaucoup de pays. Elle s’est aussi retrouvée dans des pays ‘’enclavés’’ et ce malgré les vœux des populations qui aspiraient à l’indépendance dans un espace "bien défini’’. Ces enclaves étaient prises entre le soutien ’’indéfectible’’ des pays de l’Est et les anciennes puissances coloniales. Quelques-uns de ces pays africains, asiatiques, etc. ont succombé à ce cauchemar. D’autres s’en sortent à peine et avec moult difficultés. L’idéologie en question se voulait porteuse du même message à forte connotation de langue de bois, véhiculée par une presse diversifiée mais avec un contenu uniformisé et lissé (Agence Tass, Izvetzia, Chine nouvelle, etc.), bien entendu les médias lourds étaient instrumentalisés (Radio et TV naissante... les réseaux sociaux n’existaient pas encore).
Mieux encore, depuis des siècles quelques-unes de ces enclaves, des petits territoires dominés par des pays qui leur imposent leurs idéologies ont pu se libérer et reconquérir leur souveraineté. D’autres poursuivent leurs luttes pour s’affranchir de la primauté de ces États qui ont tenté de les absorber ou de les fédérer sans jamais les accommoder en préservant leurs identités, leurs cultures, leurs spécificités. Ces territoires, ces nations, ces peuples, ces pays avec leurs sociétés distinctes restent réfractaires à toutes formes d’assimilation ou de fusion mais sont soumis malgré leurs tentatives de se libérer des séquelles des pouvoirs anciens à une aliénation identitaire et culturelle innommables.
Qu’est ce qui rapproche les libéraux et les solidaires des islamistes ? 
J’ai toujours fais une distinction profonde avec la déviation religieuse, surtout que parmi tant d’autres compatriotes j’ai vécu intra-muros ce qui est qualifié de manquements ou encore d’errements aux principes rassembleurs c’est à dire les fondements ou tout simplement les piliers de l‘Islam. Là, nous quittons l’espace social pour l’espace politique et pour ce qui me concerne par exemple, l’Islam politique, le Wahabisme ou l’utilisation de la religion à des fins politiques est une déviation de la religion, contrairement, par exemple, au Salafisme qui en est une application rigoureuse et dogmatique que je ne cautionne pas et que je rejette avec vigueur parce que régressif et rétrograde.
Par conséquent, se pose une question essentielle qui se lit de la sorte : Qu’est-ce qui rapproche les libéraux et les solidaires des islamistes ? J’ai choisi une réponse à deux volets : 

1) Autant les premiers sont pour la réduction de la participation de l’État et pour la promotion d’une pseudo efficacité économique ; pour les seconds ce n’est qu’une revanche sur les souverainistes qui ne leur ont pas fait suffisamment de place pour leur soi-disant idées de gauche qui au lieu d’être surtout sociale ont glissé vers le solidaire. En fait, comme le dit le vieux proverbe chinois, au lieu ‘’d’apprendre au citoyen à pêcher, ils préfèrent lui donner du poisson à manger’’.
2) Pour les autres, les enjeux de la mondialisation ne sont pas étrangers à leur entrisme et à l’utilisation de tous les moyens pour assoir leur visibilité et frapper les esprits. Toute forme de dérégulation ou de non application des lois du pays et l’introduction de leurs propres lois d’abord aux citoyens originaires des pays arabo-musulmans, même si cela accroît les inégalités et surtout entre femmes et hommes, est une condition sine-qua-none pour offrir leur soutien.
Alors, oui, les libéraux sont laxistes et leur qualité première arrange les islamistes pour l’expansion de leurs extrémismes. Les deux ne se gênent pas d’actionner les solidaires pour casser le vote souverainiste. Les deux usent et abusent des médias lourds, télévision, radio et journaux à fort tirages pour contrôler toute la société et maintenir leur hégémonie. Les premiers culpabilisent les opposants, les seconds se portent comme victimes des souverainistes. Autant les libéraux sont par certains côtés laxistes autant les islamistes les rejoignent dans leur extrémisme.
Des journalistes, des commentateurs, des animateurs des médias lourds se sont laissés instrumentaliser pour orienter les débats, les conversations et les discussions. De vecteurs de transmission de l’information et d’éveilleurs de la conscience sociale ils ont rompu le pacte social pour devenir des acteurs politiques. Ils aident ainsi au ‘’contrôle des esprits’’ le fameux ‘’US mind control’’.
Tout ce magma informationnel, ce quatrième pouvoir au lieu de rester neutre s’est mué en l’outil approprié et bienséant au service d’un groupe de puissants. Il diffuse et impose un message en boucle, uniforme et constant qui diabolise l’autre, l’opposant, l’adversaire ; résistant à l’ordre de la majorité Canadienne, désobéissant et s’accommodant très peu dois en vigueur au Canada, ou encore rebelle et séditieux (et bien entendu le mot qui fâche) séparatiste ; cela n’est pas dit textuellement, mais il se fait dire implicitement par les questions orientées qui sont posées aux mêmes acteurs choisis parmi les citoyens victimaires.
· Je suis partisan de ceux qui militent pour une solution du juste milieu qui consiste en la création et le développement d’un espace commun où toutes les pensées, toutes les idées, toutes les morales qui fâchent, je veux dire qui ne sont pas admises, acceptées, partagées… par les autres soient bannies.
· Je suis pour que tous les dogmes et surtout les spécifiques qui minorisent, font régresser et soumettent des citoyens n’y soient pas admis.
· Je suis pour un espace commun où la liberté de conscience existe mais ne s’impose pas ;
· Je suis pour un espace où la liberté de penser où toutes les idées nouvelles sont encouragées et défendues ;
· Je suis pour un espace de communication où le débat, les échanges sont cordiaux et courtois.
·  Je suis pour un espace où les synergies citoyennes sont possibles et comme cela se dit communément qui permettent à ce que de la discussion jaillisse la lumière.
· Je suis pour un espace protégé où les citoyens ne sont pas tenus de se taire si une injustice apparaît.
·  Je suis pour des médias qui osent questionner l’ordre établi et informer le public.
·  Je suis pour un projet de société où les valeurs universelles sont partagées ;
·  Je suis pour une société où une pensée singulière et spécifique qui ne conviendrait à la majorité des citoyens est mise en quarantaine dés le moment où vis-à-vis des autres elle est considérée comme violente et provocante sans pourtant ignorer, aider et accompagner ceux qui la porte en tenant compte des règles acceptées par tous.
Alors, je me demande si apprendre, comprendre, s’imprégner et s’approprier les valeurs et les règles de la majorité, s’associer au projet de société de l’ensemble est devenu si ardu qu’il soit honni ?
Si une personne ou un groupe de personnes a, tout à fait, le droit d’exprimer ses pensées, ses idées, ses morales, etc. a-t-il/ a-t-elle le droit de le faire en les imposant aux autres tout en rejetant celles préexistantes ?
Un jour nouveau commencera en cette deuxième semaine d’Avril 2014. Ce sera un jour de noirceur ou un jour de lumière. C’est à l’électeur, au citoyen de décider.
Ferid Chikhi
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Commentaires des lecteurs
Suzanne Bousquet7 avril 22h25
Le rouleau compresseur du quatrième pouvoir...
Votre article décrivant les mécanismes des dérives totalitaires portées par les médias est remarquable. De loin la meilleure analyse à ce jour sur le sujet !
Cette soirée de balayage libéral du 7 avril 2014 est un point tournant de l’histoire du Québec. Les conclusions que nous pouvons tirer de la présente situation font frémir. Ainsi, tous les seuils de dérapage éthique et moral sont franchis. Nous voici parvenus au stade où les voies soi-disant démocratiques d’un scrutin universel peut désormais laisser passer n’importe laquelle aberration. La corruption est cautionnée et plébiscitée. Une bonne partie de l’électorat québécois francophone vient de voter sa propre descente aux enfers.
Le quatrième pouvoir est un despote qui tient la démocratie captive. Ce soir, il a planté un poignard dans le cœur de la nation québécoise. Au point où elle en est, ne restera que les sursauts de ressentiment des esprits lucides.
Rien ne permettra de délivrer la liberté selon les voies conventionnelles. Il nous faut à présent des gens d’action.

Mario Goyette7 avril 21h22
Les québécois viennent d’allumer un baril de poudre.

Marcel Haché6 avril 18h39
Une société totalitaire peut très bien s’accommoder d’un régime démocratique. Malgré que Nous vivions en régime démocratique, le Québec n’est pas moins totalitaire que toute l’Amérique du Nord.
L’unanimisme de nos grands médias à l’égard de l’Indépendance, à l’encontre de l’Indépendance, témoigne de l’étroitesse du passage qui reste consentie à la Nouveauté.
Et c’est ainsi que, chaque fois depuis 40 ans qu’il est question d’indépendance, de simple liberté, d’affranchissement ou de référendum, les activistes du fédéralisme, qui sont les premiers porteurs supporteurs du totalitarisme dans notre société, aussi les plus vaillants supporteurs des chartes et du gouvernement des juges, chaque fois qu’il est question maintenant de référendum, ils dramatisent facilement quelque chose qui n’est pas dramatique en soi.
Malheureusement, et depuis 40 ans, les indépendantistes qui, eux, ne perçoivent pas à priori un référendum comme quelque chose de dramatique, tombent invariablement dans le panneau de dramatiser quand même, eux aussi, la tenue du référendum.
Qu’ils en parlent ouvertement ou à voix basse, les indépendantistes n’arrivent plus à « dédramatiser » ce qui est pourtant éminemment démocratique, et supportent bien involontairement les stratégies de blocage de tout ce qui dressé contre la Nouveauté ou l’Indépendance.
Vous avez raison concernant la dérision Ferid Chikhi. Un gouvernement provincial indépendantiste (majoritaire) obtiendrait de meilleurs résultats avec une immense campagne humoristique afin de dédramatiser une situation bloquée, dramatique seulement pour certains individus bien planqués et profiteurs du système. On est loin du compte.
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Yennayer, nouvel an berbère 2964

Les revenants de Mchounech
Pour une fois qu'un office local du tourisme (encore heureux qu'il en existe encore quelques-uns !) s'implique dans la célébration de Yennayer, en mobilisant d'importants moyens pour faire de cette entrée en l'an 2964 du calendrier berbère une grande fête populaire s'étalant sur deux jours, voilà que les gardiens du temple mettent leur grain de sel (j'allais écrire leur grain de..., mais je vous respecte tellement...) et refusent d'accorder les autorisations nécessaires pour organiser cet événement ! 

Pour parler plus clairement, ce sont les autorités locales qui n'ont pas voulu de Yennayer ! Pourtant, les gars de l'office du tourisme de Mechounech ne voulaient ni organiser un concert de Lady Gaga, ni une partie de rave ; non, ils n'avaient pas l'intention d'élire miss Aurès, ni de construire une salle de cinéma (quel crime ça aurait été !). Simplement fêter la plus nationale, la plus authentiquement algérienne des fêtes du calendrier ! 
Yennayer est à nous et à nul autre, il est aux Amazighs dont le territoire s'étend de l'Atlantique au Nil. Les cheikhs cathodiques débiles peuvent l'interdire, comme d'autres veulent occulter le Mouloud, ils ne pourront jamais nous transformer en zombies allaités aux mamelles de la bêtise et du reniement ! Yennayer, c'est demain ! Nous le fêterons à la barbe et au nez de tous les illuminés ! Par tous les moyens, soutenons l'OLM de Mchounech et renvoyons à leurs trous ces revenants qui veulent nous ramener en 1990 !

Cherchez la page Facebook de l'office local du tourisme de Mechounech et insérez-y vos messages de soutien. Au début de la décadence, nous étions seuls à dénoncer les bandes qui encerclaient la salle Atlas de Bab-El-Oued pour y interdire un gala de Lynda de Susa (quotidien Horizons). Aujourd'hui, grâce à l'internet, nous pouvons être des millions à exiger que l'on respecte simplement notre identité ! Un message de toi peut faire basculer les choses ! La fête, c'est demain !
Maamar Farah

maamarfarah20@yahoo.fr
Samedi 11 janvier 2014
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Charte des valeurs


Le voile : Expansion de l’islamisme ... et non pas de l’islam 
J’ai lu avec attention le texte, fort intéressant, d’Yvonnick Roy, publié lundi 28 octobre 2013, sur VigileNet, en Tribune Libre sous le titre 
««La fixation sur le voile»» http://www.vigile.net/La-fixation-sur-le-voile.
Beaucoup d’éléments intéressants pour les profanes mais pour celles et ceux qui connaissent un peu l’histoire des religions peut être auraient ils la même idée que la mienne, celle de proposer quelques précisions concernant les deux versets relatifs ‘’au voile’’ et l’idéologie qui le met en exergue ?
Au plan théologique et religieux :
Les deux versets qui sont cités et auxquels il est souvent fait référence devraient être considérés selon, au moins, un paramètre historique du point de vue de la chronologie de la révélation, de la compilation établi par Othman Ibn Affan et de sa fixation réalisée deux siècles après la mort du Prophète.
La mention de la sourate 33 en premier et la sourate 24 en second et pour cause est correcte, cependant :
• La sourate ‘’33’’ (Sourate Al-Ahzab – Les Coalisés) est en réalité celle qui a été révélée en premier et dans cet ordre elle est la 90ième. Par contre la Sourate 24 (Sourate En Nour – La Lumière) est en fait la 102ième de la révélation.
• Selon l’ordre de la révélation – donc la Sourate 24 en dernier- il n’y a que les ‘’atours’’ ‘’le buste, la poitrine des femmes qui seraient concernés … et pas du tout la tête, les cheveux …
Par conséquent, la première sourate - 33ième - Sourate El Ahzab - n’a pas été pratiquée ou longtemps respectée.
Retenons qu’entre les deux, plusieurs années se sont écoulées et que ‘’des réformes - du temps même du Prophète - avaient débuté … il serait très long et fastidieux d’en expliquer les différents éléments. Toutefois un des premiers repères se situe dans Sourate El Baqarah (La Vache) classée selon la révélation 87ième et selon la compilation faite par Othman Ibn Affan, 2nde, qui dans son verset 106 dispose : ‘’Si Nous abrogeons un verset ou que Nous le fassions oublier, Nous en apportons un meilleur, ou un semblable …’’.
Au plan idéologique :
Il est souligne dans le texte d’Yvonnick Roy qu’il s’agit bien de coutumes et j’ajouterais ‘’révolues’’ et non de prescriptions religieuses permanentes ...
1) Il se fait que presque tous les fondamentalistes des pays musulmans ont été dépassés par l’avènement de l’islam politique depuis la révolution Iranienne en 1979 ...
2) Pour ne pas être en reste certains parmi les Saoudiens (aujourd’hui les Qataris) et notamment leurs gouvernants, même s’ils ont toujours refusé la politique des frères musulmans, ont choisi de soutenir l’Islam politique et prendre de vitesse les émules de Khomeyni.
Alors, il faut comprendre, sauf pour celles et ceux qui veulent se mettre des œillères que le voile islamique est surtout et avant tout un étendard, un signe idéologique dans l’expansion de l’Islamisme ... et non pas de l’Islam.
Notez que Sourate El Meida (La Table) classée 5ième de la compilation alors qu’elle est la 112ième de la révélation dispose dans son verset 68 : Dis : “ô gens du Livre, vous ne tenez sur rien, tant que vous ne vous conformez pas à la Thora et à l’évangile et à ce qui vous a été descendu de la part de votre Seigneur’’. Et certes, ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur va accroître beaucoup d’entre eux en rébellion et en mécréance. Ne te tourmente donc pas pour les gens mécréants. (fc*)
Et dans le verset 69 il est clairement mentionné : "Ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Sabéens, et les Chrétiens, ceux parmi eux qui croient en Allah, au Jour dernier et qui accomplissent les bonnes œuvres, pas de crainte sur eux, et ils ne seront point affligés’’. (fc*)
Alors pour celles et ceux qui s’engagent dans le prosélytisme islamique ils ne peuvent pas ignorer que cela leur est formellement interdit.

Ferid Chikhi
 (*fc) = fin de citation.
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‘’Les Frères ont toujours été contre la culture et contre les intellectuels’’
Courtoisie d’Ahmed Halli, auteur de la chronique hebdomadaire ‘’Kiosque arabe’’
publiée par ‘’Le Soir d’Algérie’’ que je vous propose la lecture de cette belle réflexion Le
Caire, c’est plutôt mieux que Paris. J’ai retenu entre autres cette belle phrase qui trône au beau milieu du texte   ‘’Ceux-là ne se contentent pas de vouloir vivre chez les autres, comme s'ils étaient chez eux, ils veulent aussi imposer leur volonté à leurs pays d'origine’’, elle va tellement bien avec les attitudes, les comportements et les propos souvent déconcertants de celles et de ceux qui croient avoir tout compris alors qu’elles et qu’ils sont dans l’ignorance totale des conséquences de la politique d’inclusion du tout venant. Alors lisons Ahmed en le suivant dans sa lecture de l’agression qu’a vécue à Paris l’illustre écrivain égyptien Alaa al-Aswany.
Ferid Chikhi
Le Caire, c’est plutôt mieux que Paris
Lorsqu'ils ne se sentent pas assez nombreux, donc assez forts, ils commencent par la persuasion : ils seraient infiniment désolés de vous voir persister dans l'erreur et l'errance (ils ne parlent jamais d'impiété ou de mécréance, c'est pour plus tard). Ils aiment tellement le frère en vous qu'ils aimeraient vous avoir (avec eux) parmi les élus du paradis.
Pendant qu'ils vous «courtisent» ainsi, vos enfants apprennent à être comme eux sur leurs bancs d'écolier, s'initient à la façon la plus adéquate de porter des œillères (1). Une fois qu'ils pensent vous avoir acquis à leurs vues, ou vous avoir réduits au mutisme du complexé, ils se montrent enfin sous leur vrai visage : arrogants, agressifs, tyranniques.
Ceux-ci sont parmi nous, en terre d'Islam, du nouvel Islam importé d'Arabie saoudite, un Islam qui résiste même aux turpitudes morales et politiques de la famille wahhabite.
Un «Islam» que décrit si bien l'Égyptien Ala Aswani : «Le régime saoudien a dépensé des milliards de dollars afin de propager la conception wahhabite (fondamentaliste)
de l’Islam, une conception qui mène immanquablement à pratiquer une religion de pure façade (ceux qui le contestent devraient regarder l’énorme hiatus entre le discours et la réalité en Arabie saoudite).
Sur les chaînes satellitaires saoudiennes, des dizaines d’hommes de religion parlent vingt-quatre heures sur vingt-quatre de questions religieuses, mais jamais du droit des citoyens à élire leurs gouvernants, ni des lois d’exception, ni de la torture et des arrestations arbitraires.
Leur pensée ne s’attarde jamais aux questions de justice et de liberté. En revanche, ils se vantent d’avoir réussi à mettre le voile à une femme. Comme si Dieu avait révélé l’Islam dans le seul but de couvrir les cheveux des femmes et non d’établir la justice, la liberté et l’égalité.»
Ils sont pires encore, nos islamistes d'exportation, ceux qui vivent en paix, dans la maison de la guerre, «Dar-Al-Harb», dans cette Europe chrétienne qui les accueille plutôt bien, leur construit même des mosquées parfois (2). Ceux-là ne se contentent pas de vouloir vivre chez les autres, comme s'ils étaient chez eux, ils veulent aussi imposer leur volonté à leurs pays d'origine.
Sachant que dans cette Europe démocratique, respectueuse des droits humains, ils ne risquent pas d'être tués par balles ou sous la torture, ils se «lâchent», comme dirait le ministre français de l'Intérieur.
Ragaillardis par le prompt renfort d'une impunité garantie, ils se livrent à toutes les vilenies, joignant parfois l'agression physique à l'injure.
Mercredi dernier, ils se sont encore mobilisés pour un nouveau forfait, en faisant de l'Institut du monde arabe à Paris, une annexe de la mosquée Rabéa Al-Adawya du Caire.  Quelques dizaines de ces excités se sont mobilisés contre un seul homme : et cet homme n'est pas accusé de coloniser la Palestine ou convaincu de crimes contre l'humanité. Cet homme, c'est tout simplement l'écrivain égyptien, Alaa al Aswani, invité la semaine dernière par l'Institut du monde arabe à présenter son dernier roman Nadi Essyarat (L'Automobile Club).
Quelques minutes à peine après le début de son intervention, des slogans hostiles à l'armée égyptienne et à son chef, Abdelfattah Sissi, ont commencé à fuser des premiers rangs.  Des insultes personnelles ont visé le plus grand romancier égyptien et arabe du moment, lui reprochant notamment son soutien à l'intervention de l'armée pour destituer Morsi.
Puis, comme répondant à un mot de passe, quelques dizaines de spectateurs ont retiré leurs manteaux ou vêtements apparents pour exhiber des tee-shirts frappés de la main à quatre doigts (symbole de campagne des Frères musulmans), raconte l'écrivain.
Non contents de piétiner les beaux fauteuils de l'amphithéâtre et de molester les autres spectateurs, ces nervis se sont rués sur la tribune. Ils ont saccagé tables et micros avant de s'en prendre à la personne de l'écrivain, qui aurait été ignoblement lynché si des fonctionnaires de l'institut n'étaient pas intervenus pour lui faire quitter les lieux.
Dans la soirée, les auteurs de cette tentative d'homicide se sont vantés de leur pitoyable équipée en diffusant des vidéos de leur «victoire». Sur les sites islamistes, on a donc célébré l'exploit de trente individus bêtes et méchants s'attaquant à un seul homme, qui plus est, un écrivain de renommée internationale qui fait honneur à son pays et à sa langue. 
En fait, si Ala Aswani a exprimé son soutien à l'action de l'armée, c'est qu'il a estimé en son âme et conscience que Morsi et les Frères musulmans étaient la pire alternative.  Beaucoup ont oublié qu'il a été l'un des acteurs essentiels de la révolution du 25 janvier après avoir été un adversaire résolu de Moubarak. Par la suite, il n'a pas ménagé ses critiques contre l'armée qu'il a accusée notamment de réprimer les libertés et de collusion avec les dirigeants de la confrérie islamiste.  C'est surtout cette hostilité aux Frères musulmans, qu'il justifie arguments à l'appui, qui lui vaut un tel acharnement. 
L'écrivain égyptien Oussama Al-Ghazali Harb explique cette haine par la place qu'occupe Ala Aswani dans la culture égyptienne : «Le problème d'Aswani avec les Frères, réside dans le fait qu'il symbolise tout ce qui leur est opposé et qui révèle leur vraie nature, ainsi que leur stérilité et leur faillite. Aswani est un intellectuel de haute lignée, engagé au service de son pays et proche de ses préoccupations, comme en témoigne sa participation active à la révolution du 25 janvier. Mais les Frères ont toujours été contre la culture et contre les intellectuels. Et si quelqu'un connaît, parmi les Frères musulmans, un seul intellectuel de grande stature, qu'il nous le montre.»Apparemment très marqué par cet incident, Ala Aswani a dû finir par se demander s'il n'était pas plus en sécurité en Égypte qu'en France, et s'il n'était pas préférable de vivre au Caire qu'à Paris.  Quant à ses assaillants et aux images d'intolérance et de haine, qu'ils ont montrées, ils auront apporté, une fois de plus, une contribution de taille à la montée de l'islamophobie et du racisme anti arabe. 
Par Ahmed Halli
(1) J'ai été agréablement surpris par la dernière position des «Ulémas» algériens qui ont qualifié de catastrophique la situation de l'école algérienne. Il faut un début à tout.
 (2) Samedi dernier, on a inauguré en grande pompe la basilique Saint-Augustin à Annaba, en hommage au grand théologien et philosophe qui fait honneur à son pays, l'Algérie.
On devrait penser plus souvent à lui rendre la pareille autrement qu'en donnant son nom à des fromages ou à des vins, comme s'il s'agissait d'un paysan auvergnat.


Ahmed Halli, a été longtemps journaliste à Algérie Actualité il est aujourd’hui chroniqueur au Soir d’Algérie.   
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08 mars ... journée internationale des femmes

Au nom de quoi ... ?





L’humanité comme un fardeau

Quand l’avenir est sur son dos

Quelle est donc cette société

Qui leur exige de porter

Le poids de la désespérance

Les désarrois de l’existence

Les frustrations accumulées

Qu’elle s’entête à soulager



Au nom de quoi la dégrader

Quand elle est la vie incarnée

Il lui faudrait lors expier

Le fait d’en être le creuset

Pourquoi sur elle déverser

Les rancœurs de tous les ratés

Tous les échecs des sociétés

Qu’il leur faut pourtant supporter

Sans qu’elles puissent en maîtriser

Plus le cours ni les destinées

Que le pouvoir patriarcal

Qui porte au pinacle le mâle



Pourquoi cette soif de pouvoir

Plus que le partage d’espoir

Pourquoi l’instinct du prédateur

Plutôt que les élans du cœur

Pourquoi sans cesse l’arbitraire
Plutôt que l’union solidaire
Ces prisons reconstituées
Dès qu’elles s’en sont libérées

Quelle est cette ancestrale peur
Valant l’oppression de nos sœurs
Nos indissociables moitiés
Sans elles il n’est d’humanité
Qui ne saurait être viable
Ou tout simplement respirable
Quand sa condition périclite
C’est l’avenir qui se délite

L’insulte adressée au futur
Qui s’affiche dans chaque injure
Dans l’ostentation de la haine
La plus fétide des haleines

Ce n’est que dans la conjonction
De nos efforts à l’unisson
Le respect de nos différences
Dans une commune conscience
Qu’émergera un lendemain
Propice à tout le genre humain

Pedro DA NOBREGA
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Histoires d’avant et d’hier
Dans une précédente chronique j’’avais évoqué le mythe de ''mes souliers'', ceux que j’ai donnés à une cordonnière Québécoise pour qu’elle les répare, usés qu’ils étaient par les milliers de kilomètres que j’ai parcourus grâce à eux.
Je lui avais expliqué qu’ils venaient d’ailleurs et qu’ils avaient quelque chose de distinct par rapport à ceux qui lui étaient familiers. Je lui avais décrit les chemins forts différents et divers qu’ils m’ont permis d’emprunter.
Ce qui suit est un autre aspect de ce que quelques-unes de mes pérégrinations m’ont apporté ou mieux encore ce que j'ai pu en tirer comme moments de plaisir, d’enthousiasme, de divertissement, de bonheur, de satisfaction mais aussi de crainte, d’appréhension, d’inquiétude et de signes indicibles et prémonitoires. Certes je ne livre pas tout mais juste quelques moments de vérités.
En fait, j’ai souvent eu l’impression, le sentiment ou l’émotion d’avoir vécu il y a fort longtemps dans des lieux et places que j’ai récemment visitées et qui sont profondément ancrées pour ne pas dire enracinées dans ma mémoire. Que ce soit en Algérie, en Turquie, en Tunisie, au Danemark, en France, en Belgique, aux États-Unis, au Canada, au Maroc, à Cuba, en Espagne, en Allemagne, en Suisse, au Luxembourg, au Pays Bas, etc. j’ai ressenti les mêmes effets, la même excitation, la même prise de conscience d’un vécu de jadis.
Je précise que ce sont là des pays et quelques-unes de leurs villes que j’ai visités ou qui m’ont accueillis ne serait-ce que quelques heures, quelques semaines ou quelques mois. Là où mes souliers m’ont mené. Ce qui était marquant durant ces incursions c’est cette même sensation ressentie à un moment donné et précis de ma présence. La même sensation du ‘’j’ai déjà vu’’ ou du ‘’j’y ai déjà vécu’’ … une rue, une maison, un jardin public, une épicerie, une haie de fleurs qui sépare un jardin de la rue, un marché, l’entrée d’une entreprise, les discussions entre les gens, les cris des enfants, les empoignades entre les femmes, une chanson provenant d’une maison, l’exhalaison d’un parfum … Ce ne sont pas seulement des sensations mais encore plus des émotions.
Oui ! Des émotions, qui deviennent des indicateurs d’un passé lointain mais à portée de main, enfouis dans la mémoire et qui remontent à la surface comme une balise qui n’est jamais immergée, une borne visible de loin, une frontière sans lisière et sans que ce ne soit une rupture mais le début du rappel d’un souvenir lointain et marquant.
Ces émotions, ces sensations, j’ai commencé à les vivre, à titre d’exemple à :

Annaba, l’Hippone Romaine, réceptacle d’une partie de la vie St Augustin. La basilique et les ruines tout autour me paraissaient des lieux que je connaissais. Dans ma prime adolescence, à chacune de mes visites je savais où aller en premier. Le chemin à suivre et le puits qui m’attirait – j’allais dire – sans ménagement. Là, une image, toujours la même, m’apparaissait. Un romain dans sa toge blanche rayée sur un côté de rouge. La tête ornée d’une couronne fleurie. Accompagné d’un femme, habillée d’une robe blanche qui mettait en valeur ses formes. Prenant ma main, il me faisait comprendre que je ne devais pas trop me pencher au risque d’y tomber.  
Equeurdreville, une ville du Cotentin, en Basse-Normandie pas très loin de Cherbourg. La ville aux parapluies. J’y ai vécu six mois. J’en connaissais les moindres recoins. Je me rappelle de cette sensation d’attrait que j’avais pour l’Arsenal de la ville situé pas très loin du port à partir duquel sont parties, au moment où je m’y trouvais, des frégates de guerre pour Israël.
Je n’ai jamais su pourquoi cet intérêt envers un lieu qui ne me disait absolument rien. Pourtant, chaque fois que je passais à proximité j’avais la conviction d’en connaître de grands pans. Je ressentais un appel à suivre les employés qui entraient ou sortaient par la grande porte en fer forgé. J’étais intrigué par cette sensation de connaître les lieux comme si j’y avais travaillé il y a fort longtemps.
Ce qu’il y a d’extraordinaire c’est que mes souliers m’avaient aussi conduits au Mont St Michel. En déambulant dans les petites ruelles, j‘observais les maisons conservées à l’ancienne, les boutiques à touristes, les petits restaurants familiaux d’où émanaient les senteurs des omelettes et des crêpes délicatement préparées par des cuisinières habiles et vendeuses averties, habillées de belles robes multicolores ; tout cela faisait que m’assoir à l’une des tables de ces ‘’restaurants maisons’’ et déguster une crêpe ou une omelette m’a toujours donné l’impression que j’étais un habitué des lieux mais en d’autres temps. Je me sentais à l’aise et je ne ressentais aucune difficulté à apprivoiser les lieux. Les serveuses Normandes étaient toujours souriantes et affables. Oui ! C’était commercial mais il y avait des gestes, des sourires, des attitudes familières qui me mettaient à l’aise. Je sentais que l’atmosphère, l’ambiance et le décor en faisaient de même avec moi.
La Havane, Hôtel Ambos Mundos, le musée-maison d’Ernest Hemingway. Tout ce qui se rapporte à la vie de cet écrivain américain et sa présence à Cuba. Ses amours, son cocktail, ses muses, ses écrits. Voir son fauteuil dans le salon ainsi que sa chambre constituent un retour sur sa vie et sa présence dans cette ville. En faisant la visite de cet espace, j’avais l’impresison que le temps était suspendu en particulier en voyant son bateau dans le jardin.
Des souvenirs remontent à la surface et me rappellent mes lectures du ‘’Vieil homme et la mer’’, ‘’L’adieu aux armes’’, ‘’Le soleil se lève aussi’’.  C’était comme si j’y étais. Si j’ajoute le bar, les livres, les trophées de chasse … il ne manquait que sa présence … j’imaginais qu’il allait apparaitre et me parler. Que j’allais le toucher … alors que dehors deux rues piétonnes enserrent l’hôtel en un coin de rue que personnes ne peut râter. Le tout est figé dans une ambiance de fête animée par des troupes de musiciens et de danseurs cubains qui se relaient sans discontinuer. J'ai toujours eu la sensation que je connaissais ces lieux et ces personnes que je voyais pour la première fois.
Ce qui est singulier à la limite du fabuleux, c’est que pour chacune des villes que j’ai citées plus haut et bien entendu celles que je n’ai pas mentionnées, il existe un lien, une relation étonnante, inexprimable, contenant quelque chose de sublime. Un moment marquant inoubliable par son intensité ; un souvenir même fugace qui reste incrusté de façon indélébile comme le serait une révélation. Une rencontre fortuite qui finit par devenir une amitié indissoluble. Une odeur ou un parfum que j’ai humé et dont je n’arrive plus à m’affranchir. Le contact avec une personne dont seules la forme et la couleur des yeux me relie à une ambiance émouvante par sa gaîté et sa singularité. Un édifice contemplé pendant quelques minutes devenues des moments significatifs par la splendeur et la somptuosité de l’architecture observée. Un marché ou une place publique où les gens passaient et repassaient, les uns me saluant, les autres me souriant sans que je ne sache qui ils sont, d’où ils viennent et où ils vont … pourtant j’ai toujours la même conviction, celle de les avoir connus, il y a fort longtemps … toutes ces sensations, toutes ces impressions, toutes ces perceptions, tous ces ressentis ne sont pas seulement une ou des représentations mais bien des sentiments de proximité provoquant des émotions intenses à la limite du trouble. Un trouble qui me fait prendre conscience qu’il ne s’agit pas seulement d’un effet éphémère mais d’un saisissement permanent et prégnant. Le lien entre un moment donné d’avant et un autre d’hier.
Ferid Chikhi
 
Quelques-uns des pays et des villes oû m’ont mené mes souliers  :
En Algérie les villes telles qu’Annaba, Khenchela, Sétif, Guelma, Souk Ahras, Ain Beida, Tizi Ouzou, Bejaia, Ain El Hammam, Bouira, Jijel, Skikda, Oran, Mostaganem, Médéa, Blida, Ténès, Azzefoun, Tamanrasset, Ain Salah, Djanet, Ouargla, Biskra, Laghouat, beni Abbes ; en Turquie : Istanbul, Izmir, Cesme ; en Tunisie : Tunis, Hammamet, Nabeul, Hamma Lif, Djerba ; au Danemark : Copenhague ; en France : Paris, Montpellier, Lille, Rouen, Marseille, Toulouse, Béziers, Strasbourg, Metz, Toulouse, Angers, Le Mont St Michel, la Normandie, Equeurdreville ; en Belgique : Liège, Bruxelles, Brugge ; aux État Unis : Washington, New York, Plattsburgh, Orlando, Buffalo ; en Grande Bretagne : Londres; au Canada : Ottawa, Kingston, Québec, Sherbrooke, Trois Rivières, Trento, Niagara Falls ; au Maroc : Rabat, Casablanca, Tétouan, Meknès, Marrakech ; à Cuba : Santiago de Cuba, Santa Lucia, Santa Clara, Trinidad de Cuba, La Havane ; en Espagne : Madrid, Barcelone, Oviedo, Almeria, Valence ; en Allemagne : Frankfurt, Berlin, Munich, Magdeburg … Heidelberg, Ladenburg, Mannheim, Karlsruhe ; en Suisse : Zurich, Genève, Lausanne, Berne; au Luxembourg ; aux Pays Bas : Amsterdam, Rotterdam, etc. 
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Moi mes souliers racontent ... 
Des chemins qui montent et des chemins de vie.
Ouaou! C’est quoi cette terre, recouverte de neige, où vous m’avez amenés?
Ça ! Ça, c’est le Québec !
Mais, vous rendez-vous compte du froid qu’il y fait ?
Bien entendu, c’est pour ça que nous t’y avons amené.
Mes pieds vont avoir froid. Ils vont geler. Vous ne convenez-pas à ce climat. Non seulement vous êtes troués de partout mais en plus vous êtes usés.  Si j’avais su, je serai resté dans mon désert, mes montagnes et mes monts. Ce grand territoire sculpté de vallées et de vallons ; couvert de dunes que le vent cisèle au gré du temps. Dans ma chaleur ambiante … Même vous, vous y étiez mieux.
Mais, passons ; quels chemins voudriez-vous que j’emprunte pour vous faire réparer. J'espère vous trouver un bon cordonnier ?
Tu es arrivé à destination. Ne vois tu pas toutes ces personnes qui attendent que tu leur contes tes pérégrinations !? Et, là, juste là, ce n'est point un cordonnier mais bien une cordonnière.
Une cordonnière ? Une femme !? ... pour vous réparer ! Bon, comme on dit au bled, ''Qui a des noix en casse, qui n'en a pas s'en passe''.
J’espère qu'elle saura prendre soin de vous. Mais il faudra prendre votre mal en patience. Il va falloir que je me fasse comprendre. Les gens d'ici ont un drôle d'accent. Ils pourraient me jeter des tomates ou des fruits pourris si mes mots ne sont pas compris et sont perçus comme un outrage, une injure ou un affront.
Ils pourraient en dire autant concernant le tiens. Vas-y ! Vas-y ! Parle à la cordonnière
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Bonjour, Madame, pourriez-vous me réparer ces souliers ? Ils viennent d'ailleurs. Et ils ont quelque chose de distinct par rapport à ce qui vous est familier. Ils ont emprunté des chemins forts différents.
Comprenez, c'était écrit dans le ciel. Le ciel de ma patrie, celle qui m’a vu naître. C’était écrit dans le ciel bleu de ce désert immense recouvert de sable doré qu'est le Sahara.
C’était écrit que ces souliers me mèneraient sur les chemins qui montent vers les cimes élevées du Djurdjura et du Dahra, de l’Aurès et des monts de Collo.
C’était écrit dans le ciel que sur les chemins qui montent vers les pics de l’Assekrem, je le rencontrerai. Je le rencontrerai le Petit frère Charles de Foucauld. Celui qui s’y est retiré pour se rapprocher de Dieu.
Savez-vous, chère cordonnière, savez-vous que la vieille Targuia " m’avait dit – parlant de ce petit homme - que c’était un musulman qui parlait une langue qu’elle ne comprenait pas. C’était la langue de son Dieu, m’avait-elle dit. ''Mais par Allah'', avait-elle poursuivi, ''par Allah, lorsque je l’entendais parler de son Dieu, j’avais la sensation qu’il ressemble au Notre.''
Je peux vous confier ma chère que cette rencontre avec Charles de Foucauld m’a beaucoup marquée. Eh! Oui. Eh oui, déjà dans ma tête, j'avais débuté mon cheminement. Ces souliers, que vous voyez là, m'ont fais passer de mes chemins qui montent vers les chemins de vie, m’emportant d’un océan à l’autre, je me suis retrouvé dans ce pays immense comme mon désert. Un pays de blanc revêtu six mois de l’année, mais avec une touche de verdure.
Pourrais-je me permettre de vous confier autre chose ? Dés que vous les aurez réparés, ces souliers vont vite trouver des chemins qui me conviennent, des chemins qui pourraient me mener encore plus loin, encore plus haut.
Sachez que j’ai rencontré des personnes sur ces chemins de vie. Il y avait quelque chose de commun entre leurs paroles et celles du Petit Frère Charles rencontré sur l'Assekrem.
Sur mes chemins de vie, je n'ai pas retrouvé le Petit Frère Charles. Mais j’ai rencontré Marie et Pierre, Marc, Rachel et Jean... et bien d'autres. Toutes et tous parlent sa langue. La langue de l’écoute, de la tolérance, de l’amour, de l’échange, de la solidarité. La langue du Petit Frère Charles ... Finalement, elle me sert bien cette langue que d’aucuns disent qu’elle se perd au milieu de Babel.
Que dis-je ? Elles se trompent ces mauvaises langues, parce que mes souliers, ceux-là même qui m’ont mené sur ces chemins de vie, ils me l’ont dit, elle sait mieux résister dans le froid du Québec que dans celui du RoC.
Encore mieux ma chère cordonnière laissez moi vous parler de la langue de la tolérance, de l'amour et de la solidarité ?
Oui ! Oui ! C'est bien cela qu’il est question et les veilleurs se sont rassemblés pour mieux la protéger et la préserver. Elle avait déjà pris les chemins qui montent, à présent elle est sur les chemins de vie.
C'est là toute l'histoire de ces souliers, je vous les confie pour les réparer. Peut-être me mèneront-ils sur d'autres chemins.

Ferid Chikhi

Présentation du 28 septembre 2012