26 avr. 2021

Un Numide en Amérique du Nord - 349 -

Québec : le Français, l’Immigration et l’indépendance

Le temps des vraies ruptures !?

Ce ne sont pas les recommandations institutionnelles qui créent la langue,

Mais l’usage qu’en font les locuteurs.

Depuis la fin du millénaire dernier des visionnaires disaient que le monde allait changer. C’est ce qui s’est réellement passé avec les prémices idéologiques conséquences de la chute du mur de Berlin, les changements géostratégiques de l’Europe de l’Est, la guerre des Balkans et le retour aux frontières initiales, l’émergence spectaculaire de la Chine, etc… Il y a aussi les attentes après investissements dans l’Intelligence artificielle et les nouvelles frontières spatiales. Toutes ces transformations ont ouvert la porte à la mobilité de potentiels humains du sud vers le nord en raison notamment des guerres engendrées les empires pour le contrôle des richesses diverses et multiples que recèlent des territoires entiers entre l’Asie et l’Afrique et dans l’attende des nouveaux affrontements qui se dessinent à l’horizon pour le contrôle de l’eau de l’Arctique. Le Canada est concerné mais aussi le Québec aujourd’hui comme province et demain comme État indépendant.  

Une révolution bien tranquille

En arrivant au Québec j’ai cherché le texte fondateur de la Révolution Tranquille, je n’en ai pas trouvé. Le seul qui m’est tombé entre les mains était ‘’le Rapport Parent’’ qui amorçait la déconfessionnalisation et les changements en profondeur de l’Education nationale du Québec. Bien entendu, il y a eu plusieurs réformes presque toutes sous les gouvernements suivants. Depuis, les années ‘’60’’, cette Quiet Revolution’’ = Révolution Tranquille a bien mis en évidence un projet de société Québécoise distincte avec comme axes porteurs l’économie, et bien entendu la déconfessionnalisation qui n’est pas forcément la laicité, la libération des femmes, l’égalité entre les hommes et les femmes, etc. Depuis le début du millénaire et au-delà de l’économie la société est confrontée à de nouvelles donnes Il s’agit notamment des seuils d’immigration et la capacité d’absorption des nouveaux arrivants sans occulter leur mise au travail qui malgré des acquis hors du Québec, semble ne pas répondre aux exigences des employeurs et aux attentes des principaux concernés.

Au fil du temps et jusqu’à nos jours, dans l’espace citoyen et politique, est apparu un triptyque qui concentre l’attention de tous sur ses principaux vecteurs. Le premier tourne autour des pivots capitaux et imbriqués que ce sont l’employabilité et la démographie ; le vivre ensemble et les quartiers ethnoculturelles. Le second est l’indépendance du Québec que certains prétendants et leurs organisations politiques n’abordent en période électorale que pour réduire l’influence du Parti Québécois. Enfin, le plus fragile mais néanmoins déterminant est la langue française comme socle de l’identité et de la culture de la société distincte.

L’immigration

Avec chaque nouveau gouvernement des influenceurs décortiquent la politique mise en œuvre par les précédentes législatures et des slogans fusent de partout pour l’exalter ou pour la décrier.  D’ajustements en modifications, ce sont les seuils et les proportions à ajouter ou à réduire le nombre de nouveaux arrivants, les critères de sélection en lien avec des valeurs partagées et la nouvelle mode qu’est la régionalisation pour désengorger Montréal. Une régionalisation qui, soit dit en passant, ne semble pas avoir conçue selon les attentes des uns et des autres. En fait, l’architecture de celle-ci est toujours bâtie sur les réponses à un paradoxe redondant : d’un côté la question qui est posée se résume à comment combler les déficits démographiques des régions ? De l’autre côté, comment satisfaire le patronat qui considère que plus le bassin de chercheurs d’emplois (chômeurs) est important moindre sont les salaires qu’ils payent ? La troisième problématique, celle des aspirations des immigrants, n’est pas prise en compte.

S’occuper des anciens avant les nouveaux

C’est là que l’on place un bémol. Considérant que plus d’immigrants sont reçus plus le déficit démographique est résorbé même si la stratégie globale ne fait pas dans le discernement des besoins et de leurs réponses est suicidaire puisque l’employabilité des immigrants échappe aux plans du gouvernement et encore plus à ceux du patronat en matière d’insertion socioprofessionnelle et de leur intégration socioculturelle.

À ce qui précède vient s’ajouter que l’employabilité des allophones est combinée avec leur francisation. Selon toute vraisemblance elle doit être bâtie non pas seulement sur les expériences passées mais repensée de fond en comble afin d’éviter l’ostracisation et la ghettoïsation de ces communautés. Dans la foulée de la réflexion sur l’immigration, ne faut-il pas considérer que les bassin de recrutement à l’international devraient bénéficier d’une attention plus soutenue afin qu’avec le temps leur potentiel qualifications / expérience ne se perde ? Pour les nouveaux arrivants la reconnaissance des acquis hors du Québec doit être réfléchie autrement et avec des offres de service locales.

L’intégration à la société d’accueil

Selon les observations faites ces dernières années, le nœud Gordien réside dans les valeurs importées avec eux par les immigrants. Elles sont de tous ordres : éducatifs, religieux, sociétaux, traditionnels, philosophiques, etc. Ces valeurs qui

se déclinent en référence à la communauté d’origine face aux autres communautés. Elles confrontent depuis fort longtemps celles de la société d’accueil. Dans la quasi-totalité des situations, les familles, femmes, hommes et enfants sont requis sans ménagement à en faire le deuil et à s’approprier celles de leur nouvelle société. Malheureusement, si quelques-uns s’adaptent d’autres, ont les leurs bien incrustées dans l’esprit ; ils deviennent ‘’dysfonctionnels’’. Avec le multiculturalisme ambiant imposé au Québec par le Fédéral et ses tentacules, il est évident que cela n’aide pas à ‘’l’effacement’’ recommandé mais bien au contraire le soutient et tend à ostraciser ces communautés. En fait c’est à se demande si le Québécois est suffisamment outillé pour y changer quoi que ce soit ?

Le français langue de l’identité et de la culture  

Postulons que c’est en faisant du français la langue d’un projet de société avec toutes ses institutions et arrimé à la pensée des précurseurs de la révolution tranquille, à la mémoire collective que le vivre ensemble s’améliorera. Des conversations sont organisées, des répliques sont émises, mais elles restent lettres mortes. Les partis politiques du fédéral et leurs prolongements provinciaux rejettent tout ce qui peut venir de l’opposition Québécoise historique. Pourtant, au-delà des slogans énoncés par quelques figures fortement médiatisées, ne faut-il pas considérer l’option que le Français au Québec puisse subsister au meilleur de son apogée ? Ne faut-il pas éviter de l’acculer à devenir

un dialecte ? Dans ce cas extrême il faut s’attendre à ce qu’une partie de l’âme, de l’identité et de l’histoire du Canada qui en souffriraient.   Je me souviens avoir demandé : s’il existe une culture de la langue française au Québec ? Des amis Québécois de souche, m’ont fièrement répondu par l’affirmative ajoutant qu’ils sont francophones mais Nord-Américains. J’ai polémiqué que le Français est presqu’inexistant dans des parties anglophones du Québec. Personne n'en parle alors que le bilinguisme est ''une réalité partagée'' au Canada. J’ai alors compris que la langue a certes ses fonctions propres mais qu’elles ne dépendent pas forcément des revendications identitaires individuelles. La langue ne détermine pas la pensée, sinon tous les francophones auraient les mêmes croyances et les mêmes représentations. J’en ai conclu qu’au Québec, le chemin est encore long avant que le français ne soit la langue de tous (de souches, anglophones et immigrants).

Libérer la langue de la loi 101

Poursuivons avec les bilans de l’application de la loi 101 qui soulignent sa fragilité. La qualité du français est drastiquement rétrogradée dans tous les domaines d’activités du Québec. Peut-être est-il temps de concevoir et d’établir une cartographie de son usage par bassin de population ? Cela montrerait, entre-autres, les poches des langues qui lui ‘’résistent’’ avec les hypothèses suivantes : La loi 101 ne joue plus le rôle qui lui était initialement dévolu et par conséquent son ajustement s’impose. La loi 101 doit être amendée régulièrement (au cinq ans) pour la consolider et répondre aux besoins de son usage dans tous les domaines d’activités.

Pour illustrer partiellement ce qui précède, j’ai appris lors d’une immersion dans une municipalité assez anglophone de l’Île de Montréal que la diversité des langues parlées par les communautés ethnoculturelles est une gêne qui réduit la portée de la loi 101. Les langues des communautés ‘’l’encerclent’’ sachant que ‘’leur meneur’’ est l’anglais majoritaire. Il est vrai que les locuteurs francophones pourraient la hisser au statut de langue majeure et la partager pour un meilleur vivre ensemble. Mais qui pourrait devenir le chef de file de cette option ? Partout dans le monde, le vrai instrument de l’apprentissage de la langue nationale est et restera son enseignement qualitatif.

Concluons que même si la langue française est belle et bien celle de la liberté et des libérations, ne faut-il pas la faire accepter par tous, non pas seulement, par le droit de la pratiquer mais aussi par le devoir et l’obligation de l’utiliser ?  Le français, langue de communication, de travail et de rayonnement de la culture et de l’identité Québécoise doit être le ciment entre tous les Québécois de toutes origines. Cependant et à mon humble avis cela se fera seulement et seulement si le Québec, État, Nation et Peuple deviennent indépendants.

Ferid Racim Chikhi

23 avr. 2021

Un Numide en Amérique du Nord - 348 -

Said Djabelkhir victime d’une exécution judiciaire ... !

En ce 22 avril 2021, alors qu’il y a peine quelques jours les Algériens célébraient les sciences et le savoir dans la lignée du penseur réformiste Ibn Badis, une nouvelle ère sombre pour l'élite Algérienne a été inaugurée par la justice Algérienne avec le silence ‘’complice’’ des gouvernants.

En effet, la décision judiciaire prise par le tribunal de Sidi M'Hamed met en veilleuse les actes abjectes des islamistes commis durant la décennie noire mais ouvre la porte à l'assassinat judiciaire 

Hier les islamistes tuaient par balle, de nos jours ils tuent par la loi, non pas divine mais humaine. Une loi inique qui musèle la pensée critique, la liberté d’expression et la liberté de conscience. Le drame c’est qu’elle empêche l’Ijtihad et l’expression de la rationalité.

En laissant faire et en acceptant, sans la moindre restriction le transfert du débat intellectuel et universitaire des lieux du savoir vers les cours (confusion avec les salles de cours des universités) de justice, les institutions de l’État silencieuses et par conséquent complices vident de leur quintessence les missions qui leurs sont dévolues. Oui ! Said Djabelkhir a été pénalisé et la sentence de 3 ans de prison ferme n'est qu'une blessure, certes grave mais soignable, dont il se relèvera rapidement pour de nouveau nous abreuver de ses travaux de réflexion sur l'intelligence et la raison.

Ferid R Chikhi

Un Numide en Amérique du Nord - 347 -

L'Algérie et la justice Islamiste ... !
Un procès inquisitoire !
Encore une fois la justice Algérienne s'en prend à l'ombre plutôt
qu'à la proie ! Dans les
faits, après avoir soumis à leur diktat l'école, les islamistes quadrillent la justice au vu et au su des pouvoirs en place. C'est ainsi qu'ils ont obtenu la condamnation de Said Djabelkhir à trois ans de prison ferme. Ce qui lui est reproché c'est d'avoir offensé l'Islam, de blasphémer, d’attenter aux préceptes de l’islam, d’être à la solde de l’étranger, de mener un travail qui affectera la société à long terme.
Said Djabelkhir rétorque qu'il n'appelle pas au djihad mais à l’Ijtihad, mais c'était vain, le juge n'écoute pas et décide en faveur des plaignants. Les trois sont enseignants à l'Université de Sidi Bel Abbes et ont obtenu le soutien d'un groupe d'avocats. Ce qui les lie c'est qu'ils sont tous Islamistes.
Il déclare entre autres que le combat pour la liberté de conscience est non négociable.
L'Éminent chercheur et islamologue soufi ira en appel.
Plusieurs milliers de citoyens Algériens, de professeurs d'universités, de femmes et d'hommes politiques, d'associations de la société civile et de partis politiques ont exprimé leur soutien à Said Djabelkhir.

Ferid Racim Chikhi

27 mars 2021

Un Numide en Amérique du Nord - 346 -

Le français comme langue de la majorité québécoise est assiégé comme peut l’être une forteresse inexpugnable et heureusement grâce à la résistance de ses locuteurs en Amérique du Nord il n’est pas soluble dans l’anglais, langue dominante de la majorité assiégeante. Existe-t-il une issue pour éviter son déclin, sa dissolution et son effacement ?  Cela ne semble pas avoir été prévu dans le plan de sa durabilité institutionnelle même avec la loi 101 et l’Office de la langue française confinés dans le labyrinthe des pas perdus face à une virulente agressivité des gens d’en face.
De quelques repères historiques
À la fin du 18ième siècle, l’Europe et particulièrement la France ont connu le siècle des lumières. La langue française était l’outil de communication incontournable. Plus près de nous durant les années ‘’50’’, en Afrique et en Asie, le Français a aussi été depuis le 16ième siècle et, aussi paradoxale que cela puisse paraitre, la langue de la libération des peuples soumis. C’est en français que les Haïtiens, les Indochinois, les Cambodgiens, les Vietnamiens … et les Algériens ont initié la libération de leurs peuples.
Les Algériens ont rédigé en français la déclaration du 1er novembre 1954, qui a porté la révolution et déclenché la guerre de libération nationale de ce pays. À ce jour le principal héritier de l’organe d’information de cette révolution est édité en français. C’est aussi l’Algérie qui a porté aux nations unies, dans la langue de Molière, la problématique de l’autodétermination des peuples et notamment celle des pays Africains.
En Amérique du Nord en général et au Québec en particulier
Depuis 1970, le Canada est membre de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) mais comme chaque année, presqu’à la même période ‘’le cirque’’ de l’anti français s’observe partout dans la province et charrie des messages hostiles au peuple Québécois, Chaque année à la même période une alerte est émise pour avertir du recul de l’utilisation de la langue française qui selon la constitution Canadienne a la même place que l’anglais en tant que langue officielle. La langue anglaise est une séquelle héritage de la monarchie britannique. Et là, on conviendra qu’il existe un vrai problème d’équité puisque selon des indicateurs validés il y aurait 44,5 % des Québécois francophones qui sont en mesure de parler convenablement en anglais. Ce qui n’est pas le cas pour les anglophones de bien des arrondissements de la Métropoles où l’usage de l’anglais domine et ce grâce à la densité d’une population qui se qualifie de minorité et par conséquent bénéficie de toutes les protections institutionnelles.
Des souvenirs d’antan
Durant mon adolescence, j’ai suivi avec un grand intérêt la relation entre ma langue maternelle face à celles de la rue et au français. Un de nos dramaturges, en l’occurrence Kateb Yacine[1] l’a qualifié de tribut de guerre. Le dosage des enseignements entre l’école coloniale et la Medersa (apprentissage de l’Arabe) était bien entendu à l’avantage du français, langue de l’indu-occupant. Cependant, lorsque l’un des deux enseignements prenait trop de place (devoirs à faire à la maison, préparation des examens, etc.) les enseignants d’arabe plus que compréhensifs nous facilitaient la tâche en nous invitant à privilégier nos études en français sans pour autant négliger nos travaux en arabe.
Au Québec, le français est en déclin. On l’observe. On le sent. On l’entend tous les jours, à la télé, à la radio. On le lit sur les pages des journaux écrits, les murs des réseaux sociaux. Lorsque je visite les pages sociales de mes amis d’Algérie, de Belgique, de France, du Mali, du Sénégal, de Tunisie ou du Vietnam et que je passe à celles de quelques-uns de mes amis Québécois je suis agacé par les fautes de conjugaison, d’orthographe et de syntaxe ainsi que par les mauvais usages d’une mauvaise traduction de l’anglais au français. Si celui-ci perd de sa splendeur et de sa valeur, je comprends que sa déperdition est programmée. Cette minimalisation, est, nous dit-on, causée par trois facteurs combinés. Selon bien des analystes ils résident dans la décroissance démographique des Québécois francophones, l’adjonction des langues importées par l’arrivée massive d’immigrants allophones et des facilitées qui leurs sont offertes pour apprendre l’anglais afin de les aider dans leur recrutement par des employeurs qui en usent comme critère de sélection.
Comment consolider la présence du français
Pourtant, au-delà de la démographie ce sont les normes et les standards de l’enseignement et de l’usage qui pêchent par défaut. C’est ainsi que l’on se rend compte que le français n’est pas seulement menacé par une réduction importante de ses locuteurs, de son utilisation de plus en plus réduite dans le monde du travail mais qu’il est bel et bien sur le chemin d’une exclusion certaine ou dans le meilleur des cas une transformation en une langue accessoire. La baisse de la qualité du contenu, de ses expressions aussi bien orales qu’écrites, c’est-à-dire de sa pureté est menacée. Mais bien entendu certains parleront d’émotions et vont jusqu’à annoncer l’accroissement des activités culturelles en français et une meilleure promotion de la culture locale toujours en français auprès des nouveaux arrivants pour le préserver, mais il n’est nulle part question de la même promotion auprès des communautés anglophones. Ce sont leurs espaces au Québec qu’il faut inonder de français. Qui oserait le faire ?
Libérer la langue de la loi 101
Sur le plan institutionnel, plusieurs bilans des effets de la loi 101 ont été répertoriés mais le constat ne peut être que sévère puisque le français est drastiquement rétrogradé dans tous les domaines d’activités du Québec et pour mieux l’apprécier une cartographie de son usage par bassin de population pourrait montrer les poches de ‘’résistance’’ avec comme points rouges : un peu plus Montréal et dans une moindre mesure au niveau des grandes métropoles de Québec, Sherbrooke et Trois Rivières.
Alors, plusieurs questions pourraient être posées : la loi 101 joue-t-elle encore le rôle qui qui lui est dévolue ? Les officiels oseront-ils mettre en oeuvre son contenu en toute objectivité ? La diversité des langues parlées par les communautés ethnoculturelle est-elle un handicap pour la langue française ou peut-elle devenir une force d’impulsion pour la consolider et la hisser au statut de langue commune et de partage pour un meilleur vivre ensemble ? Peut-on imaginer que la langue française comme outil de communication dans les domaines des sciences et des technologies est développée, préservée et renforcée ? Doit-on considérer que les technologies de l’information sont porteuses d’un danger pour l’utilisation du français ?
En fait, sans des règles contraignantes et bien appliquées, l’enseignement qualitatif du français ne saurait s’améliorer pour éviter sa corrosion voire sa disparition. Si la langue française est belle et bien celle de la liberté et des libérations, ne faut-il pas la faire accepter par tous, non pas seulement, par le droit de la pratiquer mais par le devoir et/ou l’obligation de l’utiliser dans tous les domaines d’activités y compris ceux du secteur privé et bien entendu dans les domaines des arts, de la culture, de l’industrie, du commerce, des technologies nouvelles, de l’environnement et de la durabilité de la société Québécoise ? C’est en faisant du français la langue d’un projet de société porteur et lié à la pensée des précurseurs de la révolution tranquille et à la mémoire collective que le vivre ensemble s’améliorera.
Ferid Racim Chikhi

[1] Kateb Yacine auteur de Nedjma ; le Cercle des représailles ; le Cadavre encerclé ; la Poudre d'intelligence ; l es Ancêtres redoublent de férocité…

23 févr. 2021

Un Numide en Amérique du Nord - 345 -

 Algérie : Le Hirak et le renouveau de l’Algérie

 Le pouvoir pourrait mettre en place des passerelles pour un dialogue serein et sincère.

Le Hirak c’est déjà l’an II et les opportunistes sont toujours à l’affût
pour dénigrer, nier, récupérer et le pire ce sont les organisations à l’origine de la débâcle institutionnelle, de la gabegie, des faux fuyants qui ne s’empêchent pas de s’approprier les acquis du mouvement pacifique du 22 février. C’est ainsi que nous assistons à ce qu’a énoncé en son temps 
l'historien grec Thucydide qui avait dit : ‘’l’Histoire est un éternel recommencement’’.  Même si bien plus tard, Louis-Ferdinand Céline nous dit, dans son style coloré, que « l’histoire ne repasse pas les plats ».

Les rendez-vous spontanés

L’Algérie a de tout temps eu des rendez-vous, souvent qualifiés, d’historiques qui marquent des arrêts et expriment les aspirations de son peuple sans pour autant que des animateurs, des leaders ou des meneurs n’émergent pour en devenir des figures de proues que l’histoire retiendra. C’était ainsi mai 1945, en décembre 1960 à la veille de l’indépendance. Mille et une tentatives de récupération ont été observées, ici et là, mais aucune n’a réussi. Pourtant, si la répression après mai 1945 a été sauvage et mortelle celle d’après février 2019 a été moins violente si ce n’est pour quelques animateurs qui ne sont plus visibles sur les radars et les arrestations d’autres subversifs qui seront vite oubliés. Or, aujourd’hui, la crédibilité des nouveaux hommes de la gouvernance dépend de leur efficacité avec une concentration de décisions pragmatiques ne serait-ce que pour que chacun sache quel regard porter à court terme, que peut en attendre chaque Algérien et comment aider à redresser la barre ?      

Le Hirak c’est déjà l’an II !  

Je le dis souvent, le Hirak fait partie de ces moments qui fécondent le sens commun. Le peuple se lève et se tient debout pour se libérer du joug d’un pouvoir qui a tenté d’empêcher jamais son expression et ses libertés. Il est réellement tout un rendez-vous qui met aux prises un peuple, une patrie, une nation a des gouvernants de tous bords qui ont mené à la dérive les institutions de l’État. Un pouvoir qui a provoqué la mort ou l’exil de milliers de jeunes, des hommes et des femmes, diplômés des universités et des grandes écoles. Il a poussé d’autres à se noyer en Méditerranée, sans compter tous les laissés pour compte qui n’arrivent pas à vivre autre chose que la mal-vie qu’ils connaissent depuis plus de deux décennies. Il a notamment ignoré l’histoire et la mémoire collectives des Algériens. Il a détourné et il a dilapidé les richesses accumulées, il a gaspillé le patrimoine de confiance et il a particulièrement imprimé pour longtemps une défiance d’un citoyen perçu comme un sujet de bassecour.  

L’Algérie et l’Algérien se retrouvent après soixante années d’indépendance toujours en quête de libertés pourtant considérées comme acquise dans le sillage de l’indépendance du pays chèrement acquise. L’Algérie est menacée de toutes parts. Elle l’est à l’intérieur par des maffieux qui se sont érigés en représentants du peuple et en propriétaires ad vitam aeternam des mécanismes institutionnels. L’Algérien, malgré sa résistance éternelle, est en ce début de millénaire dans un statut d’enchaîné sans chaînes, réprimé par des lois qui le limite non seulement dans sa mobilité physique mais aussi dans sa réflexion pour innover et créer selon ses aspirations légitimes.

De quelques séquelles et acquis du Hirak

Alors, le Hirak, puisqu’il en est question, a-t-il atteint ses objectifs majeurs ? Bien entendu, OUI ! Il poursuit sa marche. Comme résistance pacifique il n’est plus à la croisée des chemins parce qu’il a réalisé des consensus jamais opérés auparavant. Il a ébranlé le système en place sans le désactiver totalement. Ses acquis sont nombreux et l’on peut en dénombrer au moins une demi-douzaine qui sont :  l’éviction d’un président qui a échoué dans sa gouvernance ; la création des conditions pour discerner les stratagèmes et autres manœuvres à l’origine d’un marasme multiforme ; l’ouverture de la porte d’un non- renouvellement de la confiance à un pouvoir qui ne semble pas avoir encaissé et compris la leçon du Yetnahaw Ga’3. Il a malheureusement laissé des brèches pour l’accès à des opportunistes impénitents de la chose politique qui n’ont pas encore décrypté le sens commun de ce mouvement. Il a aussi provoqué des mutations profondes mêmes si pour l’heure elles ne sont pas visibles et enfin il a tracé les contours d’une nouvelle vision de l’Algérie.

A-t-il eu d’autres effets, même secondaires ? Oui ! Parce que le citoyen Algérien a de grandes aspirations qui sont inaltérables. Il s’agit pour lui du droit à une vie digne et exempt d’asservissement avec un sens de l’appartenance à une nation fière et reconnue globalement pour son intégrité et sa loyauté.  L’Algérien veut des dirigeants qui soient à l’image de cette jeunesse créative et mature et non pas à l’image de ces nonagénaires dépassés par les progrès scientifiques, la modernité et les développements divers faits tant au niveau local qu’au nveau international. Il veut des têtes nouvelles avec des profils originaux – juste à voir toutes les réactions d’admiration que chacun exprime lorsque certains réussissent dans les pays qui les ont accueilli par suite d’un exil forcé – qui influent directement sur toute la société et sur chaque individu et ce ne sont pas les enseignements dépassés d’une idéologie régressive qui changeront quoi que ce soit. Plusieurs observateurs, des militants et des activistes se sont donnés pour devise d’éviter que le mouvement soit détourné par les corrompus et les opportunistes de tous bords mais au 21ième siècle, celui que les anciens qualifiaient de Karn arb’atache[1] celui de la perte de sens tout est possible notamment avec le soutien des officines qui œuvrent dans l’intérêt de ceux qui les soudoient.  

Alors, deux questions vitales se posent d’elles-mêmes et se déclinent comme suit :  Si ayant atteint ses objectifs principaux même s’ils restent pour beaucoup illisibles, le Hirak peut-il être aller de l’avant ? SI c’est le cas par qui et comment peut-il l’être avec une pandémie qui commande au confinement, à la distanciation et au non-rassemblement des citoyens et aux autres dangers invisibles qui guettent le pays ?

L’Histoire un éternel recommencement !  

Comme Novembre 1954 engendré par les démarches politiques des premiers compagnons de la résistance face au colonialisme, favorables à l’indépendance de l’Algérie et systématiquement régénéré par les nationalistes et patriotes résidants à l’étranger, le Hirak peut être transformé par des citoyens engagés et émigrés aussi bien en Europe qu’en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde. Ils ont tous et pour toujours l’Algérie au cœur. Ce sont de vrais patriotes qui ne se laissent pas manipuler par les services d’intelligence étrangers. Ces patriotes sont qualifiés, actifs, entreprenants et comptent dans leurs rangs notamment d’anciens militants des partis démocratiques qui ont lutté contre l’islamisme, ils pourraient avoir le vent en poupe pour peu qu’ils soient aidés pour s’organiser en tenant compte des changements de fonds observés au pays.  

Dans son discours de jeudi 18 février 2021, le Président Tebboune a fait une série d’annonces. Pourtant, au-delà de leur importance non négligeable, elles sont encore une fois très mal diffusées et relayées. Leur lisibilité est nulle. La méthode de communication est encore une fois obsolète, même celle relative à l’ouverture pour le rajeunissement des candidats à l’assemblée nationale et à laquelle bien des jeunes devrait s’accrocher. Les autres messages sont à redistribuer parmi lesquels trois sont consistantes : celle des affaires de sécurité nationale ; celle du nouveau découpage administratif du sud et celle de la nomination des nouveaux walis. L’analyse, l’examen et l’explication de ces annonces devraient être repris. Ils tendraient, par exemple, à dire pourquoi une nouvelle configuration administrative du Sud au moment où il est proposé un échiquier politique avec une implication plus appropriée de la société civile et l’aide qu’elle peut avoir pour s’organiser ; comment ont été choisi les nouveaux Walis. C’est de cette Algérie nouvelle dont il est question et présenté par le président Tebboune à quelques encablures de la tenue prochaine des élections législatives.

Une autre concentration est exigée de l’État

Retenons que le gouvernement de Abdelaziz Djerrad est ajusté. Il a déjà fait de son mieux pour mener à bien ses affaires. Cependant, d’autres domaines d’activités connaissent un retard dans les correctifs attendus et ce en raison des profils des ministres qui n’auraient jamais dû être nommés parce que loin de connaître la signification de l’efficacité. Leur feuille de route était clairement énoncée mais ils ont agi sans jamais se débarrasser de leur mauvaises habitudes de tout nier, de tout rejeter, de tout dénigrer venant du même gouvernement qui les a accueillis. Face aux missions du ministère qui leur a été confié et aux tâches traditionnelles d’un ministre, ils sont restés inactifs sans pouvoir atteindre les objectifs assignés et encore moins tenter de faire le minimum qui était exigé d’eux. Si leur incompétence et leur arrogance ont aidé à la création de nouvelles brèches dans bien des secteurs, leur attitude et leur comportement sont à considérer avec attention afin de ne plus refaire le même type d’erreurs avec d’autres candidats. La tâche incombe à ceux qui sélectionnent, qui choisissent et qui aident à la désignation des commis de l’État. Ils devraient, eux aussi, changer de paradigmes et sortir des vieilles méthodes d’enquêtes privilégiant le clientélisme, l’appartenance à un groupe, etc. et se focaliser sur les profils alliant les qualifications, les compétences, les expériences et surtout les réalisations passées et surtout qui savent se remettre en question[2]. Ce sont les critères de base pour mettre de l’avant de vrais bâtisseurs. Pour mener à bien cette mission, le secteur des universités a besoin d’actions vigoureuses et doit être investi pour d’abord les sortir des griffes des pseudos-experts qui n’ont jamais rien prouvé dans leur vie professionnelle et dégager des lignes directrices pour mettre de l’avant les profils de ceux qui sont les plus doués, les plus habiles et les plus talentueux. C’est aussi la voie pour éviter que des ‘’endoctrinés et embrigadés’’ par des organisations politiques qui ne cachent pas leur ‘’religiosité’’ ne viennent perturber les affaires de l’État.  

Quel regard porter à court terme ?

Pour conclure, les effets du Hirak font que les équilibres politiques sont en cours d’ajustement aux nouveaux contours imposés par les changements majeurs non seulement internes mais aussi régionaux. Ceux qui attendent des retombées de ce vaste mouvement populaire devraient réfléchir en tenant compte de leur propre apport à la cohésion sociétale avec un minimum de pragmatisme face aux contraintes et autres préoccupations non seulement du simple citoyen mais aussi de toute la société Algérienne. Cela requiert des nouveaux dirigeants la confection d’états des lieux exhaustifs si ce n’est des diagnostics solides et sérieux en évitant de confier les destinées du pays à des charlatans qui ne possèdent que le déni et la défiance comme compétences et aucune aptitude à faire avec les destinées de l’Algérie.

Ferid Racim Chikhi

Analyste Groupe de réflexion Méditerranée Amérique du Nord (German)

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Aussi sur Algérie Patriotique

Eriger des passerelles pour un dialogue serein entre le pouvoir et le Hirak - Algérie Patriotique (algeriepatriotique.com)

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[2] Analyse des menaces et défis de l’Algérie, approche prospective, German, janvier 2021.

2 févr. 2021

Un Numide en Amérique du Nord - 344 -

 Algérie : La gouvernance de l’État et ses dossiers majeurs

“Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voulaient le contraire, et l’immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire.”

Sun Tzu

Les segments de réflexions qui suivent sont extraits d’une analyse de quelques menaces et défis [1] qui confrontent l’Algérie en ce début de l'année 2021. Que l’on soit pour ou contre le Président Tebboune et son élection, il est essentiel de considérer avec minutie les incertitudes et les risques générés par deux décennies de non-gouvernance, de corruption et de gabegie ainsi que le potentiel de résolution de leurs conséquences. Se pose alors une question simple mais dont la réponse est complexe : Comment procéder ou encore quelles sont les marges de manœuvres des gouvernants face à cet océan d’inconséquences ?

Des solutions et des principes de résolution

Plusieurs experts proposent ou suggèrent des réponses mais aucune ne semble convenir soit parce qu’elles sont incongrues soit parce qu’elles sont trop théoriques. Je ne sais plus qui est l’auteur de la citation suivante mais elle se vérifie tous les jours en Algérie : “un expert est quelqu’un qui a commis toutes les erreurs possibles, dans un domaine restreint.” Nous savons tous que les deux dernières décennies ont été catastrophiques et seules quelques institutions sont à l’œuvre des correctifs en cours comme le montre le ministère de la défense nationale par ses alertes sur les contingences géostratégiques auxquelles fait face le pays. Mis à part l’épisode des officiers arrêtés pour de multiples raisons, il lui reste de la crédibilité auprès du citoyen. Le gouvernement de son côté élabore des stratégies de sortie de crise malgré le déficit d’expérience de ses membres et des bévues qu’ils commettent à chaque prise de parole. Pendant ce temps le précepte selon lequel ‘’des institutions qui survivront aux hommes’’, édicté un certain 19 juin se pérennise. La solution miracle n’existe pas sans un projet de société édictant clairement les grands lignes d’une refondation de l’État, un abandon des références surannées et une stratégie de développement avec des axes porteurs d’une modernisation des institutions et de l’appareil de gouvernance. Un autre constat affligeant montre que tous les départements ministériels continuent de travailler comme au siècle dernier alors qu’une reconfiguration à la lumière des nouveaux instruments technologiques et outils du management moderne, la digitalisation, la numérisation des documents, la robotisation (de quelques secteurs), la modernisation des équipements, etc…

C’est un gouffre sans fonds que de la gouvernance des institutions de la république. Les hommes et les femmes qui en ont la charge devront faire preuve d’imagination et de bon sens. Cela exige des qualifications en gestion des organisations et des ressources humaines, des compétences comportementales appropriées, un capital expérience et bien entendu des attitudes conforme à l’éthique, la morale, au respect des institutions et des citoyens d’où l’exigence d’une vraie sélection des candidats loin des quatre critères d’un passé récent ayant conduit à l’échec de bien des personnels réputés sérieuxet intègres il s’agit du clientélisme, de la cooptation, du népotisme, du régionalisme. La cupidité et la corruption ont atteint des niveaux jusque-là inégalés c’est pour cela qu’une rigueur sélective s’impose loin des méthodes empiriques. Le Hirak a fait une partie du travail de nettoyage en exigeant que tout doit être changé. Les effets de ce mouvement de masse se feront encore sentir pendant fort longtemps, en témoigne l’intérêt que lui ont accordé non seulement les tenants du pouvoir mais aussi les chancelleries, les gouvernements des pays amis ou adversaires et bien des instituts de recherches en sciences humaines, sociales et politiques.

Des institutions politiques et des affaires domestiques

Au-delà de ce qui précède et prenant appui sur les apports du Hirak et les effets du Covid19, la refonte de l’échiquier politique par une révision et une mise à jour de la loi organique portant organisations politiques est un impératif à considérer avec attention pour éviter de nouvelles dérives que généreraient l’actuel projet de texte. À brève échéance il est certes impératif de renouveler les institutions élues (action qui aurait dû se faire juste après l’élection présidentielle) APW, APC et Assemblée Nationale avec comme perspective le réaménagement administratif des régions et leur décentralisation accompagné d’une déconcentration des pouvoirs afin que les perspectives électorales soient agencées dans le temps et seulement comme période transitoire.

Des secteurs et des domaines d’activités à relégitimer

Tous les rouages de l’État ainsi que les partenaires étatiques et privés ont été intoxiqués par des agissements de prédateurs d’où un indice de satisfaction nul. Toutefois, malgré les condamnations des fraudeurs, corrupteurs et corrompus, l’éthique et la morale doivent redevenir des valeurs tangibles si l’on souhaite que les délits observés à ce jour ne se reproduisent. Du côté judiciaire, les magistrats inconséquents en charge des multiples dossiers rouges doivent être rapidement écartés. Cela doit se faire pour éviter que les règles de ‘’l’intouchabilité et de l’impunité’’ ne se perpétuent. Le faire c’est le prix à payer pour restaurer la confiance du citoyen. Du côté de l’administration il importe de réparer les dysfonctionnements dû au manque d’évaluation des actes de gestion des uns et des autres, à l’étouffement des structures de contrôles : IGF, Cour des comptes, fiscalité, etc.

Une économie à repenser

Tout le monde est d’accord pour une relance économique. Mais là aussi la question est de savoir comment procéder ? Certains suggèrent de s’inspirer du passé récent et de considérer avec attention les réalisations d’il y a quatre décennies en matière d’industrialisation. Or, le contexte est différent à plusieurs niveaux. L’État de délabrement du secteur ‘’industrialisant’’ peut être dissuasif notamment parce que la partie la plus lucrative, celle des hydrocarbures, n’a pas été épargnée par la corruption. Le prix du baril de pétrole, est aujourd’hui, au-dessus de la barre des 55$, et le pays a certes de quoi tenir le coup en dépit des risques encourus mais il n’y pas que le secteur de l’énergie et des hydrocarbures qui a un besoin pressant de réformes, de restructuration, d’innovation et de bonne gestion. Cependant, des dossiers importants nécessitent aussi un regard critique et urgent parce qu’ils concernent les générations futures, la santé publique, les affaires internationales et la modernisation de l’État…

De l’éducation nationale et des générations futures

L’avenir du pays réside dit-on dans les apprentissages et les savoirs dispensés aux générations futures. Le système éducatif du primaire à l’universitaire en passant par la formation professionnelle est l’un des plus intoxiqués des institutions. Une refonte radicale des programmes d’enseignement et des infrastructures s’impose. L’immobilier (Écoles, instituts et autres campus universitaires) et bien entendu le mobilier et les équipements divers datent du siècle dernier alors que nous sommes en plein dans l’ère de la digitalisation (source d’emplois réels).

La santé de la population passe par l’écoute des professionnels

Le Covid19 et bien avant lui les autres fléaux sanitaires ont fait que la médecine est à double vitesse avec un peuple qui se soigne en Algérie et ses dirigeants à l’étranger. Personne ne peut nier que la santé publique est à refonder tant les chantiers qui la concerne sont multiples, interreliés et complexes. Autant les institutions (organisation et fonctionnement) que les ressources humaines, le développement de leurs compétences et leurs perfectionnement, les questions d’hygiène, de salubrité et de sécurité des établissements hospitaliers en passant par les équipements spécialisés doivent être mis à niveau pour répondre aux besoins du citoyen (source de formations et d’emplois)

À l’ère de l’Intelligence Artificielle

De l’introduction de l’informatique (décennie ‘’70’’) à son déploiement même boiteux l’Algérie a été en progrès constants jusqu’à l’apparition de l’intelligence artificielle (IA) en ce début de millénaire mais des trous béants ont été observés comparativement à bien d’autres pays  qui ont suivi le parcours technologique depuis les premiers lancements des vaisseaux spatiaux et le premier alunissage de la sonde soviétique Luna 9 ainsi que celui d’Apollo avec Neil Armstrong US. Les technologies ont évolué à pas de géants et la numérisation des documents, la digitalisation et les autres technologies de l’information occupent les esprits des dirigeants conscients que ces apports sont cruciaux pour aller de l’avant et mieux répondre aux besoins des populations de leurs pays respectifs. En Algérie, à titre indicatif, les deux secteurs complémentaires que sont les institutions financières et bancaires constituent à n’en pas douter des océans de management mais aussi des aires de lancement pour la transformation non seulement des outils mais aussi des mentalités sans lesquels les progrès sont vains. Ils requièrent des dirigeants la confection d’états des lieux exhaustifs si ce n’est de diagnostics solides et des recommandations sérieuses à mettre en œuvre sans délai.

Sur le plan international   

Un pays, ce sont certes les affaires nationales qui accaparent l’intérêt des citoyens mais il y aussi les affaires internationales notamment celles des communautés nationales à l’étranger. Aucune des deux ne doit être négligée. Il existe des dossiers chauds qui font l'actualité et qui sont en négociation. Cependant, la manière de les traiter interpelle. L’Algérie a une longue tradition diplomatique héritée de la lutte de libération nationale mais, cette diplomatie a-t-elle les mêmes attributs, les mêmes compétences et aptitudes que celles du passé ? Oui et Non ! Regardons de près le grand délire du rapprochement d'Israël avec les pays du Golfe Arabe au détriment de la Palestine et du Sahara Occidental, l’Algérie a gardé la tête froide et a été fidèle aux principes qui sont les siens. Sa position envers ces pays a été sous tendue par le respect des peuples qui luttent pour leur indépendance. Toutefois, il reste que sur le fond la question des principes ne saurait aller sans un cadre de références à la fois immuables mais sur la forme ils doivent tenir compte des nouveaux rapports de force au sein des institutions internationales et des mises à niveau par diverses adaptations aux nécessités du 21ième siècle.

L’Afrique est dit-on le continent de l’avenir de l’Europe mais elle est parsemée de conflits armés, d’armées de mercenaires, de firmes internationales qui dilapident les richesses. À cela s’ajoute une présence dynamique et intense de la Chine. Tout semble stagner mais les forces étrangères n’offrent aucune solution durable pour les troubles du Sahel et le renouvellement des contingents d’islamistes.

L’Europe est un partenaire à considérer à l’aune des changements et des évolutions imposés par les effets du Brexit et des réponses aux nouvelles questions et effets dû à la pandémie du Covid19. L’Algérie devra compter avec la reconfiguration non seulement des partenariats mais aussi de toutes les frontières.

Concernant le reste du monde, des opportunités sont offertes pour que l’Algérie reconsidère ses partenariats avec une maîtrise du management des affaires. Il est cependant vrai que des questions peuvent être posées au-delà des liens historiques. Les gouvernants doivent se demander si en ce début du nouveau millénaire il existe des intérêts à avoir des relations commerciales avec les pays du golfe ou ceux de l’extrême Orient s’ils sont porteurs de bienfaits ou au contraire de litiges divers ? Est-ce le même protocole qu’il faut utiliser pour les pays de l’Europe de l’Est redessinés depuis le début des années 2000 ?  

Pour conclure, il reste deux sujets qui occupent certains esprits et déchainent les passions : l’histoire et la mémoire. Deux héritages patrimoniaux qui interpellent les consciences et les imaginaires. Certains disent que ce n’est pas le moment d’en faire cas d’autres considèrent que c’est l’heure de les explorer. Mais on sait que la compréhension et la perception des Algériens leur est propre et personne ne la changera d’un iota tant que ni l’une ni l’autre n’est soumise à l’étude sans complaisance non seulement dans les lieux appropriés mais aussi dans les cursus d’études de l’école primaire à l’université et que les quelques historiens sérieux les rendent accessibles au grand public.

Ferid Racim Chikhi

Analyste / GERMAN

Groupe de Réflexion Méditerranée Amérique du Nord 



[1] Analyse des menaces et défis de l’Algérie / Approche prospective GERMAN/01/2021.

 Aussi publié sur Algérie Patriotique : Algérie : la gouvernance de l’Etat et ses dossiers majeurs - Algérie Patriotique (algeriepatriotique.com)