25 juil. 2021

Un Numide en Amérique du Nord - 376 -

 La ligne rouge que Trudeau ne devait pas franchir ! ?
Sommet contre l'Islamophobie d'Ottawa !!??

Je suis offusqué par la non-retenue du Premier Ministre Canadien qui, encore une

fois, prête son soutien à des groupuscules islamistes qui s'érigent en représentants de tous les musulmans du Canada sachant que ceux-ci se répartissent au moins en deux grands groupes : les Sunnites et les Chiites et que chacun d’eux se subdivisent en plusieurs sous-groupes aussi différents les uns que les autres, que ce soit par la pratique religieuse ou la tradition musulmane ou encore la culture d’origine.

Ce sommet qui marque une fracture entre les communautés musulmanes de diverses origines et les bourreaux islamistes montre la faiblesse du gouvernement fédéral face à des organisations et associations islamistes qui n’ont pour seuls objectifs que de semer la division et la stigmatisation des musulmans qui se sont adaptés aux lois du Canada et refusent que leurs soient imposées des lois importées des pays qu’ils ont quitté, pour certains, depuis plus de trois décennies.

Lorsqu’il est question de minorités, le premier ministre Justin

Trudeau va t'il soutenir ces musulmans qui constituent plus de 98% de ces communautés ou restera t-il dans sa posture d'aider des groupuscules connus pour leur violence et leur sournoiserie ?

C'est juste une question de bon sens à l'adresse des fédéralistes qui se disent contre le séparatisme !


Ferid Chikhi


19 juil. 2021

Un Numide en Amérique du Nord - 353 -

 Un Président, une Assemblée nationale, des élections locales et après ?

Aborder succinctement quelques aspects en lien avec les changements géopolitiques qui orientent le monde avec des effets certains sur l’Algérie depuis plus de trois décennies, et en particulier au cours des deux dernières années, n’est pas chose facile pour procéder à un décryptage objectif tant les facteurs déterminants sont volatiles et souvent dissimulés.

En Algérie, en plus de l’échelle démographique qui montre les proportions des tranches d’âges largement favorables aux jeunes, ce qui exige des réponses multidimensionnelles à des besoins nouveaux, il existe au moins quatre facteurs qui retiennent l’attention des analystes de la politique nationale.

Le premier porte sur les séquelles ravageuses des années 90', elles sont persistantes et significatives mais personne ne semble s’en occuper. Le second est le package des effets du Hirak sur les institutions et les hommes. Ils sont porteurs de belles promesses si ce n’est les agissements de quelques individus subversifs. Retenons à titre indicatif que jusqu’à récemment le nettoyage se poursuit au sein des institutions étatiques et parmi les plus en vue ce sont celles de l’armée qui scintillent le plus. Le troisième questionne le silence des intellectuels. Tendance lourde en lien direct avec la communication de leur savoir, leur savoir-faire et leur savoir-être dans une société en pleine transformation. Le quatrième facteur est celui de la non-communication institutionnelle en Algérie, elle enraye toute la dynamique de l’œuvre colossale entreprise depuis au moins le 19 février 2019.

Un Président, une assemblée nationale, des municipales et après ?!

Depuis, le 19 février 2019, l’Algérien né au milieu des années 80 et durant les ‘’90’’. Le nouvel Algérien qui acquiesça, qui accepta, qui se plia à tout ce qui venait du pouvoir, de la mosquée et même de l’école infiltrée depuis des décennies par le wahhabosalafisme s’est levé d’un seul bond pour rejeter le pouvoir corrompu et corrupteur … Il le conteste encore et toujours malgré les multiples arrestations opérées quotidiennement sur l’ordre dont ne sait quelle autorité judiciaire avec des conséquences insoupçonnées. Même la grâce présidentielle de juillet 2021 ne semble pas aller dans le sens de l’apaisement souhaité.

Pendant, ce temps, le président de la République poursuit la mise en œuvre de sa feuille de route en gérant son schéma de consolidation des mécanismes institutionnels par la consécration des assemblées élues qui obtiennent à peine 10% des suffrages (Présidence de la république, Assemblée Populaire Nationale, Bureau du Sénat) dans la perspective des élections locales, nouvelle organisation ministérielle qui suscite un paquet d’interrogations et le redéploiement de la diplomatie. Pour le commun des mortels, ces actions ne sont pas probantes vu le déni affiché par l’Algérien et la gifle qu’il a infligée au pouvoir en boudant les urnes. Par conséquent, personne ne peut nier que les élections présidentielle et législatives ont été un point de rupture inégalé depuis 60 ans.

En analysant ces facteurs, quatre changements majeurs sont apparus. D’abord, les organisations politiques peuvent être considérées comme de petites associations de quelques individus, sans grande envergure et leur attache avec la population est très faibles ; les islamistes n’ont plus le poids qu’ils revendiquent depuis deux décennies ; le pouvoir est toujours contesté par la grande majorité de la population et enfin au plan international, une petite accalmie de la part des partenaires européens dès le moment où les institutions élues sont mises en place même si des petits grains qui font grincer la machine diplomatiques persistent ; le retour d’un diplomate chevronné saura sans aucun doute les faire évacuer en temps voulu.

Des intellectuels sans audace !

Si ce n’étaient les effets du Hirak couplés à ceux de la pandémie (Covid19) on peut se demander où sont les intellectuels ? Leur silence est troublant. Comme dirait le plus crédules des observateurs : à l’horizon, rien de nouveau ! Pourquoi et comment se fait-il que les érudits, les instruits, les libres penseurs, les universitaires, ne prennent pas position, n’éclairent pas de leurs réflexions les citoyens ? Ces citoyens qui sont ‘’agressés’’ avec violence par les propos d’individus qualifiés de politiciens ou de prédicateurs incultes. Pourquoi ces intellectuels sont-ils quasiment absents du champ sociopolitique et culturel laissant le terrain à quelques personnages à peine lettrés qui ressassent les mêmes propos depuis plus d’un quart de siècle ? Pourquoi ne font-ils pas comme leurs devanciers, dire et écrire leurs pensées ? Bien entendu, il sera dit qu’ils n’osent pas, vu que la parole est censurée, interdite et ses auteurs systématiquement arrêtés.

Or, si l’on excepte la prise de paroles de quelques lettrés, docteurs (on n’en finit pas avec cette appellation galvaudée) souvent égocentriques qui font plus dans la subversion que dans la pédagogie, les questions relatives au silence assourdissant de la majorité inquiète. Le pire est qu’un grand nombre est sur les réseaux sociaux mais comme anonymes. Selon, un collègue sociolinguiste, l’origine principale résiderait dans la langue de communication. L’arabe. Langue imposée contre vent et marée, elle est parlée et comprise par plus de 90% de la population. Parler ou écrire en français à la majorité des Algériens est un défi que quelques auteurs sont en passe de relever, en revanche l’impact est embryonnaire. Le pouvoir en place a compris ce paradigme et il en use à outrance. Par conséquent, les effets des ‘’lettrés’’ en français sont minimes pour ne pas dire nuls. Là s’établit une problématique qu’il faudra visiter en substance.

Revenons quelques années auparavant, avant et durant la décennie ‘’90’’. Il n’y avait pas les réseaux sociaux pourtant nombreux sont ceux parmi lesquels les défunts Aloula, Boukhobza, Djaout, Sebti, Stambouli ou encore Tigziri … ont pris des positions courageuses. Ils ont osé s’exprimer dans les langages du peuple, au sein de la société civile. Ils étaient dans les partis politiques et même au sein des institutions étatiques. Les plus intègres ont observé les mouvements du peuple, ses angoisses, ses craintes, ses peurs des dérives sans issues. Ils ont été perspicaces et intelligents dans leurs recommandations. Malheureusement, ils ont été assassinés par les forces du mal et des ténèbres.

Un silence complice versus une communication pédagogique ?

Y a-t-il, aujourd'hui, quelques ‘’héritiers’’ pour offrir des idées constructives à une jeunesse désorientée ? Pourtant, ce ne sont pas les technologies de l’information et les réseaux sociaux qui sont à mettre en cause. Certes, ils devraient être un des outils les plus appropriés pour combler le vide abyssal auquel la population en général et l’universitaire en particulier est confrontée. Quelques universités ont bien développé des sites internet mais presque tous sont figés, jamais renouvelés pour ne pas dire inaccessibles. Sur le plan national, à l’heure de la numérisation universelle, la question de la communication et de l’information reste sans réponse.

Comparativement aux autres pays dont les universitaires sont omniprésents par leurs écrits et leurs éclairages, ils avertissent, conseillent, préconisent, inspirent, et recommandent des solutions, non seulement aux dirigeants mais aussi aux citoyens, qu’ils soient partisans ou non affiliés. En Algérie exception faite de quelques petites pointures, qui parmi nous peut citer cinq références expertes qui mettent la lumière sur les différentes problématiques politiques, sociales, économiques, culturelles, etc. ? L’interrogation qui à ce niveau est posée en trois segments est de savoir s’il s’agit d’un manque de savoir, un manque de savoir-faire ou tout simplement même si c’est complexe, un manque de savoir être ? Il est vrai que les présentations faites sur quelques plateaux de TV confirment la médiocrité des échanges que ce soit pour les questions posées par les animateurs ou les réponses données par les ‘’experts’’ en question.

L’absence des universitaires du monde médiatique

Le plus grave demeure que les enseignants des universités, ceux qui parlent de sciences politiques, de sociologie, de psychologie, d’économie, de droit, de management, et j’en passe, sont silencieux à l’endroit du grand public alors qu’ils peuvent faire œuvre de pédagogie pour atténuer les tensions, rapprocher les points de vue, réduire les mensonges et prendre la parole à ceux qui racontent des inepties.

Dans certaines situations, quelques-uns s’expriment à partir de l’étranger et arrivent à se relayer par des médium interactifs, d’autres dans des cercles restreints communiquent par des réseaux sociaux dynamiques. En revanche, leurs propos sont dans un langage ésotérique que ce soit en arabe ou en français et n’atteignent même pas un public averti. Ils mettent de l’avant des cadres de références éculés et des lectures d’auteurs étrangers sans ancrage particulier en Algérie. Malgré cela, les thèmes et les impacts du Hirak sont nombreux. Ils touchent l’unité nationale, la composante sociale, la diversité régionale, les groupes intergénérationnels, les multiples revendications identitaires et culturelles, le patrimoine culturel et artistique, les attentes et les espoirs des uns et des autres … la citoyenneté, les effets de la décennie noire sur la santé mentale, le dynamisme impulsé par le mouvement citoyen, l’industrie en général, l’économie, la sociologie, les changements climatiques, la numérisation, l’oisiveté des jeunes, l’absentéisme des employés des services publics, etc. Ils constituent, à n’en point douter, une diversité de sujets et de thèmes de recherches qui font rêver des dizaines d’érudits des universités et des académies à l’étranger. Comme bien d’autres observateurs du mouvement citoyen qui fascine le monde par sa quiétude, son calme, sa détermination et son intelligence collective, l’hésitation de ces ‘’élites’’ est compréhensible mais l’inhibition héritée de la langue de bois, de la pensée unique, de la référence à un régime et un pouvoir sans partage est dévastatrice. Il faudra un sens du discernement développé pour y remédier.

Diverses hypothèses peuvent être énoncées en matière d’initiatives que prendraient les uns et les autres afin d’anticiper l’avenir et canaliser les forces vives vers le chemin critique. C’est l’heure pour eux, pour ces ‘’doctes’’ de se libérer de faux carcans et de prendre part, avant qu’il ne soit trop tard, à cette mutation singulière d’un peuple porté par sa jeunesse. Un autre changement de paradigmes est nécessaire et tant attendu.

En guise de conclusion

Ne sont pas nombreux ceux qui s’associent aux quelques voix isolées qui clament que depuis 1962 tout va mal. Mis à part les simplets, personne, ne peut nier que l’Algérie a gagné en modernisation profitable à la majorité des Algériens, que ce soit pour les institutions, la législation et l’organisation sociétale, l’industrie et l’économie malgré le fait que cela ne fonctionne pas partout de manière équilibrée. Par manque d’anticipation et de perspectives réfléchies il y a encore beaucoup à faire.

Sachant que 75 % d'Algériens sont nés au cours des trois dernières décennies, cela ne veut pas dire que les libertés universelles recherchées par tous les Algériens est un fait institutionnel. Si l’on regarde de près les dégâts de la pensée unique et ses séquelles sur les groupes et les individus, l’évaluation frise la catastrophe. Sans occulter le fait que beaucoup de ceux qui sont nés pendant la colonisation ne sont pas forcément en mesure de réfléchir avec le savoir nécessaire et suffisant. Les politiques gouvernementales depuis 1962, tous domaines d’activités confondues, ne sont pas à la hauteur des espérances des plus éclairés et en deçà des attentes de la majorité. Malgré tout, l'Algérien est très critique envers ses gouvernants sans distinction alors que des efforts notables ont été et sont encore fournis par beaucoup de personnes.

Toutefois, de nos jours, le gouvernement a sur la table plusieurs dossiers chauds, la réduction de la pandémie et ses conséquences sur la population ; la mise au travail des compétences nationales ; l’initiation de vraies enquêtes sur les arrestations et le profil des détenus ainsi que sur les blocages de la liberté d’expression. Tous ces dossiers exigent de nouveaux modes de gouvernance. Qui ne semblent pas faire partie des stratégies des différents départements ministériels.

Ferid R. Chikhi

Analyste sénior, Groupe d’Etudes et de Recherches Méditerranée Amérique du Nord (GERMAN))

Aussi sur Algérie Patriotique :

Un Président, une Assemblée nationale, des élections locales et après ? - Algérie Patriotique (algeriepatriotique.com)


 

28 juin 2021

Un Numide en Amérique du Nord - 352 -

Québec : Les immigrants et leur employabilité !

La parenthèse du Covid19 n’est pas encore fermée que trois sujets se révèlent redondants tant leurs liens sont enchevêtrés et pérennes. Il s’agit des seuils d’immigrations, de l’employabilité des immigrants et des déficits en main d’œuvre notamment en régions.

Selon la lecture de quelques études accessibles au commun des mortels les trois thèmes ne vont pas dans la même direction. Il apparait clairement qu’ils ont la 
même caractéristique, celle d’être élaborés en silos c’est-à-dire indépendamment les unes des autres, même s’ils sont cités dans les bibliographies. Par exemple, les études sur la démographie ignorent celles de l’économie et il en est de même de toutes les autres. Donc, les recommandations et autres observations ne portent pas vers le même horizon surtout lorsqu’il s’agit du facteur humain. Celui-ci, suggère que les approches gagneraient à être interreliées.

Un fil d’Arianne pour sortir du labyrinthe !

Or, toutes les parties concernées par l’immigration iraient de l’avant si elles considéraient avec intérêt le fait que la sortie du labyrinthe où elles sont confinées requiert des politiques en adéquation avec les attentes des uns et des autres. Le gouvernement de la CAQ tente de le faire, mais ses objectifs ne seront atteints que si les solutions créent des synergies partagées par tous afin que le fil d’Arianne mène à l’issue espérée.

L’enthousiasme avant l’arrivée et les premiers mois après l’arrivée.

L’immigration, qu’elle soit volontaire ou non, est un projet qui se vit au jour le jour et en parallèle de la vie régulière que chaque candidat au changement assume avec les angoisses, les appréhensions, les frustrations et les peurs probables et improbables au fur et à mesure que le projet progresse. Que ce soit dans l’anonymat ou au vu et au su de tous ce projet se vit selon le cadre de références imposé par le pays d’accueil. Une fois rendu à destination, le nouvel arrivant poursuit la quête de son bien être en mesurant les multiples embûches qui parsèment son chemin et l’une des premières est l’emploi.  

Vous n’avez pas d’expérience du Québec !

À titre indicatif, demandons-nous, quel est l’immigrant en provenance d’Afrique du Nord, d’Amérique du Sud, d’Asie ou du Moyen Orient à qui il n’a pas été dit : ‘’vous avez les qualifications et les compétences requises mais vous n’avez pas d’expérience québécoise’’ ou encore ‘’vous êtes surqualifié, le poste ne demande pas autant de compétences. Si un poste qui répond à votre profil se crée nous vous contacterons’’. Le comble est sans doute l’exigence de connaitre l’anglais ou l’espagnol pour des emplois d’usine en région, mais aucun employeur ne voit que bien des immigrants parlent au moins deux langues.  C’est dire comment se sentir assis sur une scie de bûcheron.

Requalification et reconstruction

Avec le temps, nous observons que les valeurs professionnelles auxquelles émarge l’immigrant équivalent en partie celles de l’employé québécois qui est dans son milieu naturel. Une mise en adéquation pourrait limiter les conséquences en matière d’attitudes et de comportements. Par ailleurs, parmi les règles imposées celles des ordres professionnels pourraient être ajustées sachant que le non-emploi de l’immigrant est une porte ouverte à des effets négatifs dont les plus significatifs sont l’érosion de son potentiel de travail, la difficulté de maintenir son niveau de productivité et le pire de tous, les effets sur sa santé mentale.  

La formation comme tremplin !

D’autres solutions sont préconisées. Il est souvent question de la formation - en plus et hors les nouveaux programmes du MIFI[1] et du ministère de l’Emploi parmi lesquels le PMAT[2] - mais elle concerne surtout la francisation. C’est à ce niveau qu’une autre option opérationnelle pourrait être envisagée et ferait que l’entreprise adapte et transforme la période de probation en un cycle court d’apprentissages de connaissances pratiques sur le plan professionnel. Une formation doit être envisagée, l’histoire industrielle de la région et celle de l’entreprise dans le réseau des PME, sa place sur le plan sociétal, dans le tissu industriel et socioéconomique, son apport à l’environnement, ses perspectives de développement, en tenant compte de ses réseaux de concurrents et de fournisseurs. Cela augmenterait pour chaque nouvel arrivant son sentiment d’appartenance à la culture industrielle du Québec. À cela viendraient s’ajouter des programmes conjoints entre le ministère de l’emploi, les associations des gens d’affaires et les chambres de commerce qui sous-traiteraient ces ateliers de connaissances pour les entreprises de moins de 25 employés.

La régionalisation : Pourquoi pas une voie express ?

La régionalisation est à la mode. La délocalisation des nouveaux arrivants qui débarquent à Montréal qui considèrent que leur objectif est atteint, même si elle se

veut une réponse au déficit en main d’œuvre hors de la métropole doit être revue et corrigée pour tenir compte de la place de cet immigrant. Tous les secteurs d’activités sont concernés. Les employeurs multiplient les appels pour réduire le déficit en MO, mais les résultats sont nuls. Les incitatifs en matière d’attraction sont mal présentés et ne rejoignent pas les candidats potentiels. Ils sont réticents et la réponse au questionnement suivant n’a pas encore trouvée : Pourquoi veulent-ils nous envoyer en région alors que leurs jeunes ne veulent plus y rester ? Le manque d’informations persuasives est omis dans l’argumentaire des partenaires d’affaires.

Alors, pourquoi, les réflexions concernant l’insertion socioprofessionnelles et l’intégration socioculturelle se font-elles encore en vase clos ? Le MIFI et le Ministère du Travail, ont-ils pensé à la mise en oeuvre (en amont et en aval du processus de sélection) ‘’d’une voie express avec un guichet d’accueil’’ de l’aéroport vers les employeurs en régions comme cela existe déjà pour l’agriculture ? Le tout sans porter atteinte à la liberté de mouvement de l’immigrant. Ce dernier apprécierait une présence plus dynamique et avisée du MIFI avant et à son arrivée au Québec. C’est ainsi que se bâti le sentiment d’appartenance.

Ferid R. Chikhi


[1] Ministère de l’immigration, de la francisation et de l’inclusion

[2] Programme d’apprentissage en milieu de travail 

14 juin 2021

Un Numide en Amérique du Nord - 351 -

       Attentat de London (Ontario) : Et si les pendules étaient remises à l'heure  !?

Malgré un multiculturalisme traditionnellement bien implanté dans l’Ouest Canadien, il est évident que le crime de London (On) qui a été commis par Nathaniel Veltman non pas contre les musulmans mais contre l’étranger qui ose porter ses vêtements traditionnels au Canada, ne peut s’expliquer après coup par de simples considérations de santé mentale. L’acte en lui-même a été prémédité ce qui veut dire qu’il a été réfléchi et émettons l’hypothèse qu’il a été peut-être partagé. L’enquête si enquête sérieuse est entreprise déterminera les vrais tenants et aboutissants de cette tragédie.

C’est de la haine pas de l’islamophobie

La famille de Salman Afzaal. Le père, la sœur âgée de 15 ans, et la grand-mère, est originaire du Pakistan comme elle aurait pu être d’Indonésie ou de Malaysie ou d’Inde. Les vêtements de ces pays se ressemblent à quelques éléments près. Mieux,

ils auraient pu être hindouiste, chrétiens ou jaïniste. Malheureusement, les médias ont bondi à des conclusions orientées en signifiant qu’il s’agissait d’une famille musulmane, certes cela s’est avéré juste mais pourquoi n‘avoir pas dit ‘’ Canadienne’’ sans autre qualificatif ? Est-ce le multiculturalisme qui signifie qu’avant d’être canadien – même d’adoption - l’immigrant est qualifié d’abord par sa religion lorsqu’il s’agit notamment des musulmans ? L’usage des mots a son importance dans l’expression de la pensée. Les journalistes, les analystes, les politiques etc. le savent très bien.  

C’est ainsi que l’on remarque qu’un nouveau cadre de références est imposé depuis deux décennies dans un pays comme le Canada qui se dit ouvert à toutes et à tous, quelque-soit l’origine, la religion, la race, etc. Par conséquent, dans ce qui nous intéresse aujourd’hui, tous se mettent à dénoncer l’islamophobie cible parait-il de tous les musulmans et qui dans les faits n’en est pas une … Au racisme qui n’en est pas un. À la discrimination et à la stigmatisation qui n’en sont pas. En revanche ce nouveau cadre de références tient compte d’enjeux politiques cachés et qui met de l’avant d’un côté les islamistes et leurs soutiens parmi les fédéralistes et les Anglos et de l’autre les communautés musulmanes dans leur diversité et la société d’accueil. Et pour mieux paraitre les faiseurs d’opinion et leurs élus, etc. préfèrent détourner l’attention sur la loi21 et ses effets dont l’un serait Les actes terroristes de London (On) et de la mosquée de Québec. Mais, il y a bien entendu un mais, tous taisent en toute connaissance de cause, l’attentat de la Rue Yonge (23 avril 2018) en plein cœur de Toronto. Rappelons-nous, Alek Minassian (un Incel) avait foncé sur des passants avec sa camionnette tuant 10 personnes, presque toutes des femmes et blessé pas moins de 16 autres passants. Non ! Il faut surtout éviter de citer cet attentat et faire le lien seulement avec celui de Québec et la loi21.

Les amalgames qui tuent …

Pourtant, si les effets négatifs occasionnés par le terroriste Québécois lors de son attaque de la mosquée de Québec avaient été pris au sérieux par les autorités Canadiennes, London n’aurait pas été témoin de celui provoqué par le terroriste Ontarien.  Mieux encore si le Canada anglais n’avait pas ouvert la porte aux amalgames entre musulmans et islamistes au Québec et empêché que des idéologues kidnappent des morts en agissant de manière discriminatoire pour se mettre de l’avant et surfer sur la victimisation de tous les musulmans et la culpabilisation de tous les Québécois, peut être que la famille de London (On) serait encore parmi nous. 

Si la mort de Canadiens était respectée par des élus du Québec et du Canada, peut être que ni Québec ni London n’auraient été témoins de ces crimes abjectes.  Même au Québec, bien des faiseurs d’opinion, se sont dressés contre le fait que Justin Trudeau fasse le lien entre cet attentat et la loi21, c’était leur devoir, mais ils l’ont fait sans compassion ni empathie pour la famille des victimes et des communautés musulmanes. 

Le crime terroriste commis à London (On) qui a effectivement décimé toute une famille Canadienne, laissant un jeune adolescent orphelin et seul, pour se reconstruire, nous interpelle tous. Dès lors, réagir à chaud n’est pas approprié. Le musulman, pratiquant ou de tradition, pas l’islamiste, préfère s’abstenir de commenter par respect pour les défunts et leur famille tant que les dépouilles ne sont pas mises en terre. Il prend le temps de renouveler ses condoléances et sa sympathie aux proches.

Une stratégie d’intégration à revisiter

Les amalgames et la récupération politiques n’ont pas quitté l’espace public et politique et on observe leur grand retour dans la sphère gouvernementale et médiatique. Une occasion rêvée pour ceux qui s’accrochent à la victimisation et accusent tous les autres de discrimination, de racisme, de xénophobie, etc. Le ministre Benoit Charrette en a fait les frais face à des personnes instrumentalisées pour la circonstance. Qu’en aurait-il été si tous les musulmans de Montréal avaient rejoints cette vigie ? Encore une fois, le multiculturalisme ghettoïse les

communautés au lieu de considérer tout le monde d’abord en tant que citoyen afin de créer des ponts entre tous et en distinguant notamment les milliers de musulmans des quelques centaines d’islamistes … qui s’auto-proclament leurs représentants ! La famille Canadienne de London (On) n’avait rien de fanatique, ni d’extrémiste, ni d’islamiste ! Ses membres portaient leurs tenues traditionnelles qui n’a rien à voir avec ce que portent les femmes et les hommes islamistes ! Mais la haine aveugle même les gouvernants … Ce n’est point de cette façon que les vraies connections s’établiront entre les Canadiens en général, les Québécois en particulier et l’immigration. La stratégie d’intégration doit être revue de fond en comble pour configurer un vrai profil du citoyen Canadien et Québécois ce qui éviterait que d’autres drames ne surviennent et que la porte s’ouvre encore une fois pour que des extrémistes manifestent leur haine envers les personnes et la société d’accueil.

Ferid Racim Chikhi

19 mai 2021

Un Numide en Amérique du Nord - 350 -

 Algérie : Le Hirak n’est pas la désobéissance civile

L’écrit qui suit est une synthèse d’un essai sur l’évolution du champ politique algérien et des carences, des déficits et autres insuffisances institutionnelles, organisationnelles et fonctionnelles legs de la pensée unique de l’Algérie de 1962 à nos jours. Bien entendu des parties positives existent. Elles font l’objet d’une autre réflexion. Il est donc question successivement d’une partie de la pensée politique que personne ne met de l’avant, du système de gouvernance jamais diagnostiqué, de la place des élites et de leurs éventuelles influences sur les défis de l’Algérie après le 12 juin.

Des legs de la pensée unique … et des errements des dirigeants

L’Algérie est à quelques semaines du renouvellement des assemblées populaires tant nationales que locales forcées par le Hirak. Retenons que les chefs de file ont toujours été des représentants des partis politiques alors que bien des segments du système sont grippés et que ses limites et son obsolescence sont, elles aussi, consacrées.

Les nouveaux candidats, nous dit-on au nombre de 14.000 se veulent en majorité indépendants, mais le sont-ils vraiment ?

Jeunes et surfant sur les réseaux sociaux mais sans en connaitre les effets alors que des faiseurs d’opinion affiliés mettent de l’avant leur soi-disant maitrise des technologies nouvelles. Mais est-ce vraiment le cas ? Il est dit qu’ils iraient vite en besogne alors que leur expérience du monde politique leur échappe totalement. Toujours en matière d’institutions élues, il est vrai qu’un nouveau découpage administratif a été ordonné pour la création de nouvelles wilayas, ce qui veut dire nouvelles municipalités.  Subséquemment, une première question vient à l’esprit de ceux qui veulent avancer est celle de savoir ce qu’il en est du bilan de ces assemblées élues ? Ben entendu, personne n’en parle. Peut être que le Président aura l’idée de le faire faire après le scrutin ? Cependant, suffit-il de libérer les précédents élus sans leur demander des comptes ? C’est là une autre question qui ne peut être éludée ou balayée du revers de la main malgré l’existence d’une cour des comptes !!

Rappelons-nous qu’avec l’apparition du Hirak face à un système, totalement accaparé et détourné, devenu dans l‘esprit de certains ‘’immuable’’, l’Algérie en ce début du 21ième siècle, tente de stabiliser son mode de gouvernance malgré les difficultés de gérer des dossiers majeurs en raison de l’inexistence de compétences et en dépit du fait que l’exécutif tentent de leur impulser une dynamique nouvelle. Pour accélérer les processus, il est fait recours durant cette transition à la tradition des ordonnances pour décider de l’avenir de quelques domaines d’activités. Mais encore une fois rien ne se dit et ne se fait au sujet d’un éventuel diagnostic ou bilan des affaires de l’État et de ses institutions mettant de l’avant les grandes segments des déficits, le tout complété par un plan de développement et de rattrapage ou une série de perspectives. Les paradigmes restent les mêmes et on veut avancer !? N’allons pas plus loin et laissons les problématiques multiformes se formaliser. Il en sera question ultérieurement.

En parallèle de ce qui est souligné ci-haut, un autre aspect à observer est celui des figures distinguées du champ politique. Le changement est loin d’être radical et des zones grises persistent. Celles qui ont tenté de se recycler durant le Hirak ont été rejetées. Elles se sont autoproclamés comme animatrices et chefs de files sans se mettre au gout du jour. Elles font face à un vrai mur d’opposition constitué d’une population âgée de moins de 30 ans et des acteurs officiels qui les qualifient de manipulés par des officines étrangères. Quant à la société civile, elle vit des restes de ses tentatives d’organisation sans tenir compte du patrimoine sociétal du pays. Alors d’ores et déjà se pose une autre question : quels défis essentiels attendent l’Algérie après le 12 juin avec des élus inexpérimentés ?

Les mentalités sont formatées pour durer

Un autre facteur, et pas des moindres, est à considérer avec attention c’est celui de la défiance des citoyens à l’endroit des dirigeants issus du sérail. Il s’agit d’un mal qui n’a pas encore trouvé le remède miracle et les autorités ne trouvent pas mieux que de réprimer les manifestants du vendredi en les bousculant et en les arrêtant sans ménagement. Alors, que les arrestations, les détentions, les jugements expéditifs peuvent se faire dans la transparence. Le Hirak est subitement qualifié de ‘’désobéissance civile’’ et il faut l’arrêter avant le 12 juin.

C’est là que l’on observe que les séquelles des régimes précédents sont encore vivaces au sein de bien des rouages de l’État et leurs origines ne sont pas à chercher seulement dans la corruption mais bien dans la lutte des clans qui met de l’avant le manque de discernement menant à l’injustice avec en prime l’impunité des auteurs.

Au lendemain d’octobre 1988, l’Algérie semblait être sortie définitivement du parti unique et de la pensée unique. Cependant, il est difficile de changer des mentalités de personnes qui se sont incrustés dans l’État depuis pendant plus de deux décennies. Celui-ci est exigeant et peut prendre deux à trois générations. L’évolution de l’Algérie a été opérée dans un modèle de pensée uniforme qui ne laisse aucune place à l’innovation et à la créativité. Et pour cause, cela passe par trois créneaux : le système éducatif, le système judiciaire et celui de communication institutionnelle.

Le premier s’est vu imposer, par des ‘’têtes pensantes’’ de la pensée unique, un cursus éducatif porté aussi bien par une généralisation anarchique de l’utilisation de la langue arabe comme véhicule d’apprentissage alors que les gouvernants ne la maîtrisaient pas - rappelons-nous les difficultés qu’avaient des présidents, des ministres, des directeurs généraux à lire leurs discours en langue ‘’nationale’’ - le tout accompagné de la wahhabosalafisation rampante des lieux du culte. En conséquence de quoi l’école et la mosquée instrumentalisées il ne restait plus que les médium lourds qui manient la langue de bois avec un savoir-faire persistant et significatif. Pendant ce temps, les nouveaux ont emprunté au modèle en question plus pour dénigrer que pour critiquer.  De nos jours, tout est fait pour que le changement, qui est pourtant inéluctable, n’intervienne ni aujourd’hui ni demain.

La pensée politique, s’il en existe une, s’est redéployée et se décline globalement autour d’un axe principal qui met de l’avant d’un côté des dirigeants mégalomanes et leurs thuriféraires, égocentriques, arrogants et de l’autre côté leurs adversaires avec un fil à la patte et qui se disent hors système qui font dans la surenchère ; les deux ne se soucient point du devenir des citoyens. Pourtant des patriotes se démènent depuis des décennies pour une Algérie démocratique mais leurs actions, leurs discours ne portent pas.

Un système de gouvernance jamais diagnostiqué

Il y a eu par le passé des assises des assemblées élues, des commis de l’État (réunion des walis … etc.) et des domaines d’activités avec la gestion socialiste des entreprise … Même le fameux CNES … qui donnait un semblant de bilan et de perspectives … Tout cela a disparu sans mot dire.

Revenons au système. Selon presque toutes les définitions académiques un système est un ensemble d’éléments interreliés ou un ensemble de procédés, de pratiques organisées, destinés à assurer une fonction définie ou encore une tendance à penser et à agir selon un assortiment de valeurs rigides et dogmatiques. Qu’a donc de particulier et de spécial celui de l’Algérie ? Des hypothèses montrent qu’il défie le temps. Il est indéchiffrable pour les profanes. Il est hégémonique et immuable depuis l’indépendance de l’Algérie il est qualifié de constante ... Si nécessaire des parties de ses rouages sont recyclables et réutilisables  

Dans bien des pays un système de gouvernance qui voit quelques-uns de ses sous-ensembles freinés, immobiles ou

rouillés, donc ne répondant plus aux attentes des citoyens leur remplacement est automatique, ils ‘’dégagent’’ comme le demande le sens commun.  Mais pour cela il aurait fallu que l’alternance fasse partie de accords constitutionnels, des procédures de l’organisation et du fonctionnement institutionnels. Ce qui n’est pas du tout le cas. Alors, les hommes du système, de crainte d’être éjectés reproduisant les mêmes gestes et vont à l’encontre des aspirations du citoyen. Aujourd’hui, la situation est devenue tellement hermétique que les marges de manœuvre ne sont plus les mêmes. La preuve en est que face aux exigences du Hirak presque tous les objectifs ont été atteints depuis la déchéance de l’ancien président aux arrestations de bien des corrupteurs et des corrompus.

Faut-il penser qu’une deuxième partie va se jouer pour influer sur les changements institutionnels ? La course contre la montre est bien lancée et les gouvernants ont pris de l’avance sur les manifestants. Toutefois, ce mouvement pacifique populaire est miné de l’intérieur par des activistes de groupes organisés qui tentent de s’en accaparer et de l’extérieur le pouvoir en place qui les déloge sans ménagement. Pourtant, la stratégie électorale a un effet stabilisateur sur l’ensemble. Tout porte à croire que si ce forcing est approprié d’autres perspectives montrent qu’il ne mènera ni à un renouveau salutaire et encore moins au progrès.

Par ailleurs, les enjeux ne sont pas seulement domestiques. Leur dimension régionale est à prendre en compte. Certes il y a du travail qui est fait par la diplomatie Algérienne et les services complémentaire mais le miroir que reflète la politique intérieure est loin d’aider à plus de cohérence entre les deux côtés de l’image.

Où sont les élites !?

Il est souvent question d’intellectuels et d’élites mais ‘’qui sont-ils ? Qui en fait partie ? Qui s’y retrouve ? Peuvent-ils se regrouper et dans quel but ?’’ Des questions, qui en Algérie ne peuvent avoir de réponse en un claquement des doigts. Gestionnaires, chercheurs, philosophes politologues, professeurs d’universités, sociologues, etc.… ne font pas entendre leurs paroles. Leurs idées et leurs pensées sont éculées et sans effets parce qu’ils sont loin du citoyen.

Le citoyen moyen exige des gouvernants de faire place nette au profit de jeunes formés aux méthodes modernes de gestion, engagés et déterminés à faire de l'Algérie un pays de libertés ce qui permettrait aux élites non compromises et non corrompues de revenir pour aider, assister et conseiller les nouvelles promotions dans leurs réalisations pour un nouvel ordre Algérien. L’écho semble avoir porté ses fruits puisque le chef du gouvernement a ordonné l’ouverture de la fonction publique aux cadres des entreprises pour renforcer l’administration. Cet appel pose un problème de fonds en lien avec les centres de formation administrative et avec l’école nationale d’administration. Par ailleurs, en temps normal, ce sont les cadres de la fonction publique qui la quitte pour aider les entreprises, mais passons et donnons une bonne note à cette initiative, espérons que les bonnes sélections émergeront ...

Mis à part cette idée, comment mobiliser les élites de l’Algérie nouvelle ? Il est évident que ce ne sont pas les quelques webinaires organisés par des sommités algériennes à partir de l’international et en coopération avec des enseignants de quelques universités que la mobilisation se fera. Certes il s’agit d’un premier pas dans la bonne direction mais cela reste insuffisant.

Quelques-unes de ces rencontres sont bien menées mais dans la majorité des cas les égos, oui les égos, font perdre de temps et de vue les objectifs assignés, les processus suggérés et les synergies entre ceux qui sont encore en Algérie et ceux qui ont pris les chemins de l’exil. La distance entre le passé professionnel sans évaluation du capital expérience des uns et des autres pose problèmes. Les affiliés à quelques universités en Europe et ailleurs s’affichent comme des références incontournables mais leurs savoirs semblent être loin de la réalité managériale de l’Algérie. De leur côté les élites locales ne sont pas faciles à faire émerger. Alors pour le moment, ce type d’échanges ne sert que quelques-uns.

Quels défis attendent l’Algérie après le 12 juin

Donc, les facteurs et les leviers mis de l’avant sont quelques-uns sur lesquels les dirigeants devraient agir pour faire que les plaques tectoniques qui jusqu’alors étaient quelque peu équilibrées reprennent leur place et éviter que ce mouvement majeur se poursuive avec d’autres options. Les revendications de la majorité des citoyens sont légitimes et elles subsisteront tant qu’elles n’ont pas été contentées. De nouvelles têtes doivent prendre en main les rênes du pays et l’un des critères essentiels est qu’elles n’aient rien eu à faire avec les proches du régime précèdent.

Pour conclure, ce que vit l’Algérie est une autre opportunité qui fait la démonstration que le citoyen même s’il n’est pas organisé dans les associations civiles et/ou les organisations politiques est capable de se mettre debout pour faire face au risque multiforme et aux incertitudes qu’il apprécie comme étant les plus dévastateurs pour la cohésion et l’unité nationales. Le Hirak a sans conteste des effets positifs sur les différentes franges de la population en revanche ce ne sont pas les appels à l’ingérence étrangère qui offriront les solutions idoines aux problématiques qu’ils soulèvent, enfin de compte ne dit-on pas que le linge sale se lave en famille !?

Ferid Racim Chikhi

Analyste senior - German

 

26 avr. 2021

Un Numide en Amérique du Nord - 349 -

Québec : le Français, l’Immigration et l’indépendance

Le temps des vraies ruptures !?

Ce ne sont pas les recommandations institutionnelles qui créent la langue,

Mais l’usage qu’en font les locuteurs.

Depuis la fin du millénaire dernier des visionnaires disaient que le monde allait changer. C’est ce qui s’est réellement passé avec les prémices idéologiques conséquences de la chute du mur de Berlin, les changements géostratégiques de l’Europe de l’Est, la guerre des Balkans et le retour aux frontières initiales, l’émergence spectaculaire de la Chine, etc… Il y a aussi les attentes après investissements dans l’Intelligence artificielle et les nouvelles frontières spatiales. Toutes ces transformations ont ouvert la porte à la mobilité de potentiels humains du sud vers le nord en raison notamment des guerres engendrées les empires pour le contrôle des richesses diverses et multiples que recèlent des territoires entiers entre l’Asie et l’Afrique et dans l’attende des nouveaux affrontements qui se dessinent à l’horizon pour le contrôle de l’eau de l’Arctique. Le Canada est concerné mais aussi le Québec aujourd’hui comme province et demain comme État indépendant.  

Une révolution bien tranquille

En arrivant au Québec j’ai cherché le texte fondateur de la Révolution Tranquille, je n’en ai pas trouvé. Le seul qui m’est tombé entre les mains était ‘’le Rapport Parent’’ qui amorçait la déconfessionnalisation et les changements en profondeur de l’Education nationale du Québec. Bien entendu, il y a eu plusieurs réformes presque toutes sous les gouvernements suivants. Depuis, les années ‘’60’’, cette Quiet Revolution’’ = Révolution Tranquille a bien mis en évidence un projet de société Québécoise distincte avec comme axes porteurs l’économie, et bien entendu la déconfessionnalisation qui n’est pas forcément la laicité, la libération des femmes, l’égalité entre les hommes et les femmes, etc. Depuis le début du millénaire et au-delà de l’économie la société est confrontée à de nouvelles donnes Il s’agit notamment des seuils d’immigration et la capacité d’absorption des nouveaux arrivants sans occulter leur mise au travail qui malgré des acquis hors du Québec, semble ne pas répondre aux exigences des employeurs et aux attentes des principaux concernés.

Au fil du temps et jusqu’à nos jours, dans l’espace citoyen et politique, est apparu un triptyque qui concentre l’attention de tous sur ses principaux vecteurs. Le premier tourne autour des pivots capitaux et imbriqués que ce sont l’employabilité et la démographie ; le vivre ensemble et les quartiers ethnoculturelles. Le second est l’indépendance du Québec que certains prétendants et leurs organisations politiques n’abordent en période électorale que pour réduire l’influence du Parti Québécois. Enfin, le plus fragile mais néanmoins déterminant est la langue française comme socle de l’identité et de la culture de la société distincte.

L’immigration

Avec chaque nouveau gouvernement des influenceurs décortiquent la politique mise en œuvre par les précédentes législatures et des slogans fusent de partout pour l’exalter ou pour la décrier.  D’ajustements en modifications, ce sont les seuils et les proportions à ajouter ou à réduire le nombre de nouveaux arrivants, les critères de sélection en lien avec des valeurs partagées et la nouvelle mode qu’est la régionalisation pour désengorger Montréal. Une régionalisation qui, soit dit en passant, ne semble pas avoir conçue selon les attentes des uns et des autres. En fait, l’architecture de celle-ci est toujours bâtie sur les réponses à un paradoxe redondant : d’un côté la question qui est posée se résume à comment combler les déficits démographiques des régions ? De l’autre côté, comment satisfaire le patronat qui considère que plus le bassin de chercheurs d’emplois (chômeurs) est important moindre sont les salaires qu’ils payent ? La troisième problématique, celle des aspirations des immigrants, n’est pas prise en compte.

S’occuper des anciens avant les nouveaux

C’est là que l’on place un bémol. Considérant que plus d’immigrants sont reçus plus le déficit démographique est résorbé même si la stratégie globale ne fait pas dans le discernement des besoins et de leurs réponses est suicidaire puisque l’employabilité des immigrants échappe aux plans du gouvernement et encore plus à ceux du patronat en matière d’insertion socioprofessionnelle et de leur intégration socioculturelle.

À ce qui précède vient s’ajouter que l’employabilité des allophones est combinée avec leur francisation. Selon toute vraisemblance elle doit être bâtie non pas seulement sur les expériences passées mais repensée de fond en comble afin d’éviter l’ostracisation et la ghettoïsation de ces communautés. Dans la foulée de la réflexion sur l’immigration, ne faut-il pas considérer que les bassin de recrutement à l’international devraient bénéficier d’une attention plus soutenue afin qu’avec le temps leur potentiel qualifications / expérience ne se perde ? Pour les nouveaux arrivants la reconnaissance des acquis hors du Québec doit être réfléchie autrement et avec des offres de service locales.

L’intégration à la société d’accueil

Selon les observations faites ces dernières années, le nœud Gordien réside dans les valeurs importées avec eux par les immigrants. Elles sont de tous ordres : éducatifs, religieux, sociétaux, traditionnels, philosophiques, etc. Ces valeurs qui

se déclinent en référence à la communauté d’origine face aux autres communautés. Elles confrontent depuis fort longtemps celles de la société d’accueil. Dans la quasi-totalité des situations, les familles, femmes, hommes et enfants sont requis sans ménagement à en faire le deuil et à s’approprier celles de leur nouvelle société. Malheureusement, si quelques-uns s’adaptent d’autres, ont les leurs bien incrustées dans l’esprit ; ils deviennent ‘’dysfonctionnels’’. Avec le multiculturalisme ambiant imposé au Québec par le Fédéral et ses tentacules, il est évident que cela n’aide pas à ‘’l’effacement’’ recommandé mais bien au contraire le soutient et tend à ostraciser ces communautés. En fait c’est à se demande si le Québécois est suffisamment outillé pour y changer quoi que ce soit ?

Le français langue de l’identité et de la culture  

Postulons que c’est en faisant du français la langue d’un projet de société avec toutes ses institutions et arrimé à la pensée des précurseurs de la révolution tranquille, à la mémoire collective que le vivre ensemble s’améliorera. Des conversations sont organisées, des répliques sont émises, mais elles restent lettres mortes. Les partis politiques du fédéral et leurs prolongements provinciaux rejettent tout ce qui peut venir de l’opposition Québécoise historique. Pourtant, au-delà des slogans énoncés par quelques figures fortement médiatisées, ne faut-il pas considérer l’option que le Français au Québec puisse subsister au meilleur de son apogée ? Ne faut-il pas éviter de l’acculer à devenir

un dialecte ? Dans ce cas extrême il faut s’attendre à ce qu’une partie de l’âme, de l’identité et de l’histoire du Canada qui en souffriraient.   Je me souviens avoir demandé : s’il existe une culture de la langue française au Québec ? Des amis Québécois de souche, m’ont fièrement répondu par l’affirmative ajoutant qu’ils sont francophones mais Nord-Américains. J’ai polémiqué que le Français est presqu’inexistant dans des parties anglophones du Québec. Personne n'en parle alors que le bilinguisme est ''une réalité partagée'' au Canada. J’ai alors compris que la langue a certes ses fonctions propres mais qu’elles ne dépendent pas forcément des revendications identitaires individuelles. La langue ne détermine pas la pensée, sinon tous les francophones auraient les mêmes croyances et les mêmes représentations. J’en ai conclu qu’au Québec, le chemin est encore long avant que le français ne soit la langue de tous (de souches, anglophones et immigrants).

Libérer la langue de la loi 101

Poursuivons avec les bilans de l’application de la loi 101 qui soulignent sa fragilité. La qualité du français est drastiquement rétrogradée dans tous les domaines d’activités du Québec. Peut-être est-il temps de concevoir et d’établir une cartographie de son usage par bassin de population ? Cela montrerait, entre-autres, les poches des langues qui lui ‘’résistent’’ avec les hypothèses suivantes : La loi 101 ne joue plus le rôle qui lui était initialement dévolu et par conséquent son ajustement s’impose. La loi 101 doit être amendée régulièrement (au cinq ans) pour la consolider et répondre aux besoins de son usage dans tous les domaines d’activités.

Pour illustrer partiellement ce qui précède, j’ai appris lors d’une immersion dans une municipalité assez anglophone de l’Île de Montréal que la diversité des langues parlées par les communautés ethnoculturelles est une gêne qui réduit la portée de la loi 101. Les langues des communautés ‘’l’encerclent’’ sachant que ‘’leur meneur’’ est l’anglais majoritaire. Il est vrai que les locuteurs francophones pourraient la hisser au statut de langue majeure et la partager pour un meilleur vivre ensemble. Mais qui pourrait devenir le chef de file de cette option ? Partout dans le monde, le vrai instrument de l’apprentissage de la langue nationale est et restera son enseignement qualitatif.

Concluons que même si la langue française est belle et bien celle de la liberté et des libérations, ne faut-il pas la faire accepter par tous, non pas seulement, par le droit de la pratiquer mais aussi par le devoir et l’obligation de l’utiliser ?  Le français, langue de communication, de travail et de rayonnement de la culture et de l’identité Québécoise doit être le ciment entre tous les Québécois de toutes origines. Cependant et à mon humble avis cela se fera seulement et seulement si le Québec, État, Nation et Peuple deviennent indépendants.

Ferid Racim Chikhi