11 juil. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 65 -

L’adaptation, les ajustements et l’intégration ?
Instruire celui qui arrive des valeurs, des moeurs... -5-
Poursuivant la conversation de la semaine dernière, Le Numide souligne que pour ce qui est des préjugés, il y a toujours un point d’initiation, un début à chaque chose. Par exemple, il faut d’abord, que celui qui se pose comme objecteur se débarrasse des préjugés qu’il véhicule concernant le statut de l’autre. C’est la même chose pour la culture du pays d’accueil et le principe de la réciprocité doit être respecté. Celui-ci consiste à instruire celui qui arrive des valeurs, des mœurs, des pratiques, des habitudes sociales et de tout ce qui compose non pas et seulement le folklore mais aussi et surtout les règles qui régissent la société et ses citoyens.
Dis moi, Le Numide,  comment cela pourrait-il se concrétiser puisque tu dis que la culture est différente, la formation est différente et l’éducation est différente ? Comment quelqu’un qui a des préjugés peut-il s’en défaire pour accéder à l’autre ?
C’est simple, à mon sens, chacun doit se repositionner par rapport à son savoir et ses acquis. Considérant l’apport des années ‘’60’’ que ce soit ici au Québec, au Canada ou ailleurs dans le monde, l’instruction et la circulation de l’information se faisaient de la même manière et avec presque les mêmes instruments, à tel point que partout il y a eu une révolution scolaire. Au Québec c’était les prémisses de la révolution tranquille, en Algérie le début de l’indépendance, etc.
Tu sais très bien qu'en Algérie nous ne savions pas ce que la révolution tranquille voulait dire ? Détrompe-toi, beaucoup d’étudiants le savaient et un grand nombre de compatriotes étaient au courant que le FLN et son département des Mouvements de libération nationale étaient en contact avec le front de libération du Québec (FLQ)…Il est vrai qu’à l’époque tu travaillais au département des études  ... dans les années ‘’60’’, Non ! C’est durant la décennie suivante que j’y étais…pour poursuivre sur les préjugés, il faut savoir qu’un grand nombre de souverainistes avaient suivi de très près le développement de la révolution de Novembre et le processus d’indépendance qui s’en suivi. Certains en parlent encore. Plus tard dans les années ’’70’’ des contacts existaient avec des cadres du FLN et les indépendantistes québécois. Peux-tu en citer quelques-uns ? En as-tu rencontré ? Laissons cela pour un autre moment et restons sur notre thème ; des évènements qui se déroulaient dans quelque partie du monde n’échappaient ni aux étudiants, ni aux militants et encore moins aux gouvernants, c’était ainsi pour la guerre du Viet Nam, les premiers pas de l’homme sur la lune. Nous étions tous au diapason de cette information.
Mais en Algérie qu’est ce qui se passait qui pouvait intéresser les nord américains, les canadiens ou les québécois ? En Algérie !? Et bien, c’était l’époque des premiers plans régionaux triennaux et spéciaux qui orientaient la reconstruction du pays, les universités s’emplissaient de jeunes avides de savoir et d’apprendre… et les pays européens et nord américains étaient intéressés par l’édification de l’Algérie, il y avaient des contrats juteux pour la réalisation de projets de grande envergure. A la même période se tenait au Québec l’Expo 1967 et la contraception simple était devenue accessible à toute les femmes ; c’était la libération sexuelle avec la pilule ‘’Énovid’’. C’était aussi un évènement marquant qui, en Algérie, n’était pas à l’ordre du jour et ne nous traversait même pas l’esprit. Par contre nous étions à l’écoute de tout ce qui se disait sur la guerre froide et la menace atomique. C’est ce genre d’évènements qui doit être mis au même niveau et valider ce que nous savions et ce que les autres ne savaient pas. L’inverse étant valable.
Était-ce la même situation durant la décennie ‘’70’’ ? Le Numide se tait, réfléchit et lève son index et dit faisons une pause. Il se leva et sortit dans le jardin…
À suivre…
Ferid Chikhi

4 juil. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 64 -

L’adaptation, les ajustements et l’intégration ?
Les différences entre l’homme et la femme s’affichent... - 4 -
Dans la dernière partie de la conversation  Le Numide préconise des changements de paradigmes et nous dit son avis sur le relativisme culturel. Il soutient qu’il ne s’agit pas de ’changer de lunettes’’ pour mieux voir les autres. Il s’agit d’admettre que nous sommes en retard dans bien des domaines. La culture, nous dit-il, ne se complait pas de frontières figées, elle évolue, elle progresse … autour des individus qui la font et qui en font partie, de leur identité et de leur personnalité collective et singulière…la discussion se poursuit sur le même thème avec la question suivante, à savoir comment changer et rivaliser avec les autres  ….  Comment cela peut-il se produire…
Le Numide répond qu’il faut créer et consolider des passerelles entre les groupes sociaux et entre les cultures pour en premier réduire l’ignorance et faire avancer les idées, les caractéristiques dominantes de l’autre culture que ce soit en ce qui à trait aux attitudes et aux comportements, aux expressions d’usage, etc. il souligne en prenant l’exemple de nos compatriotes,  j’ai appris avec le temps que l’éducation de l’Algérien, celle dans laquelle il a baigné depuis sa naissance est différente de celle de l’Algérienne.
Mais est-ce possible ? Ils baignent tous les deux dans le même milieu dans la même ambiance… !? C’est visible à l’œil nu. Il faut sortir du cadre de référence habituel pour l’observer. Chaque fois qu’un couple, qu’une famille débarque à Montréal, les différences entre l’homme et la femme s’affichent et sont criardes.
Pour y remédier, la démarche est simple. Elle consiste à rechercher les éléments de compréhension qui aide à communiquer avec l’autre en toute objectivité. La meilleure façon de le faire n’est ce pas en l’écoutant et en partageant !? Celles et ceux qui l’ont compris réussissent très bien.
N’est ce pas là une généralisation de trop et que fais-tu des préjugés des uns vis à vis des autres ? En général ne sont-ils pas la source d’incompréhensions déraisonnables qui éloignent les protagonistes ?  Tu poses trois questions. Commençons par la 1ere. Par moment, il faut justement généraliser. Il existe dans chaque groupe ethnique, social, professionnel, etc. plusieurs individus qui polluent l’ambiance soit par leur attitude et leur comportement, soit par leur présentation et leur langage ou encore par leur habitude de vie qui ne conviennent pas à tous et qui perturbent l’harmonie du groupe. Tant que cela se passe à l’intérieur du groupe leur prise en charge est collective et par moment individuelle. Mais dés que cela s’externalise ça devient problématique pour tous. C’est au début de chaque observation faite par ceux qui sont en dehors du groupe que les plus éclairés de la majorité doivent intervenir pour faire respecter les règles transgressées par les extrémistes. Sans quoi ceux qui sont étrangers à la communauté ne voient que les aspects négatifs et commencent  leur stigmatisation.
À suivre…
Ferid Chikhi

1 juil. 2010

Un Numide en Amérique du Nord -63 -

Digression - Poésie de chez-moi
J’ai rêvé que j’étais dans mon pays ...
Au réveil, je me suis trouvé en exil .
Nous, les enfants de l’Algérie
Aucun coup ne nous est épargné.
Nos terres sont devenues prisons.
On ferme sur nous les portes.
Quand nous appelons
Ils disent, s’ils répondent :
Puisque nous sommes là, taisez-vous !

Lounis Ait Menguellat