12 sept. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 73 -

Les Imazighen et le Christianisme
Seule la mémoire collective... - 1 -
Le Numide, au-delà de la relation des Imazighen à l’islam il y a eu une période pourrais-je dire fastueuse durant laquelle le Christianisme a écrit quelques-unes de ses lettres de noblesse, que peux-tu me dire de la relation qui a existé entre les autochtones et cette religion ?
Il est vrai que du point de vue de l’Histoire il existe des écrits sur la période allant de 256 à 640 de l’ère Chrétienne et bien après, mais rien ne semble avoir été recensé sur les premiers chrétiens, leurs relations avec les Imazighen et comment ils ont fait pour vivre leur foi en Tamazgha. Il ne faut pas occulter le fait que l’Histoire s’écrit par les vainqueurs. Il n’y a que la mémoire collective qui préserve la fortune et le patrimoine des vaincus.
Comment, selon toi, a été transmise cette mémoire ? L’oralité a été l’instrument ou le véhicule de cette Histoire. Les quelques contes et légendes légués l’ont été au cours des longues soirées et veillées familiales ou singulières entre marchands et acheteurs dans les lieux publics. Il était question de marchands venus directement du Proche Orient ou passant par Rome, habitués à commercer avec les Numides de l’époque qui malgré le fait qu’ils fussent sous la domination romaine n’ont pas hésité à les accueillir, à les protéger et à les aider contre cet occupant qui les persécutait partout dans son empire.
Ces marchands avaient à faire à des païens qui avaient déjà entendu parler de cette nouvelle religion et de Jésus de Nazareth mais n’étaient pas prêts à renier leurs dieux pour un prophète. Cependant, il faut souligner qu’ils étaient à l’écoute.
Il est, aussi, vrai qu’avant l’Islam et après le Judaïsme, le Christianisme a pu et a su prendre une place prépondérante en Tamazgha. Mais s’il y a eu comme tu le dis des périodes d’apothéose et de consécration d’autres moments ont été violents et douloureux tels que le schisme Donatiste (aux environs de 305). Mais encore une fois ce qu’il faut ne pas négliger c’est l’apport des Imazighen au Christianisme. … Le Numide prend un moment de silence et…
À suivre
Ferid Chikhi

6 sept. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 72 -

Les Imazighen et l’Islam
Quand un arbre tombe on le relève par la tête - 2 -
"Le Berbère dit : "Vous m’avez regardé hier avec insistance ; j’ai craint que quelque verset de Dieu fût descendu sur vous à mon sujet
Le prophète lui dit : " En effet je t’ai regardé hier avec insistance, à cause de Gabriel (que le salut soit sur lui). Gabriel est venu vers moi et m’a dit : " Ô Muhammad, je te recommande la crainte de Dieu et les Berbères. " Je dis à Gabriel : " Et ces Berbères que sont-ils ?" Il répondit : " C’est le peuple auquel appartient cet homme. Il te désigna, et je t’ai observé ". Je dis alors à Gabriel : " quel sera leur rôle ".
Il me répondit : "Ce peuple vivifiera la religion de Dieu quand elle sera morte et la renouvellera quand elle sera usée."
Gabriel ajouta : "Ô Muhammad, la religion de Dieu est une créature parmi les créatures. Sa patrie est le Hijaz, elle a pris naissance à Médine.
Née faible, elle se développera et grandira jusqu’à ce qu’elle soit puissante et glorieuse, elle donnera des fruits comme en donnera un arbre ; puis elle tombera.
Or la tête de la religion du peuple de Dieu tombera dans le Maghreb ; et quand un arbre tombe, on ne le relèvera pas en le prenant par le milieu ou par les racines, mais par la tête."
Le Numide se tait quelques instants et poursuit… il y a d’autres contes que m’a raconté cette arrière Grand-Mère et qui ont été transmis de bouche à oreille dans les maisons de Tamazgha ils confirment le lien très fort entre les Imazighen et l’Islam sans pour autant que ni leur identité ni leur personnalité ne soient remises en question tel que cela se passe depuis quelques décennies.
Ferid Chikhi

3 sept. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 71 -

Les Imazighen et l’Islam

Quand un arbre tombe on le relève par la tête - 1 -
Le Numide, C’est le Ramadhan que peux-tu me dire des berbères et de leur relation à l’Islam ? Ses yeux d'un marron clair fixent les miens comme pour chercher dans leurs abysses la réponse qui me conviendrait. Il fronce les sourcils, se gratte la tête dans la partie où les cheveux se font de plus en plus rare et après quelques secondes de réflexion il dit :
L’histoire des dynasties tu la connais, entre autres celle des Aghlabides, des Mourabitoune, des Rostémide, des Abd al Wadide, des Zénète, des Hafside, etc. Tu sais que ce sont les berbères qui ont conquis l’Espagne, le Portugal et une partie du Sud Ouest de la France…donc je ne vais pas refaire l’Histoire mais je vais te raconter une histoire que m’a transmise Many l’arrière grand mère maternelle de mes filles. Je te la raconte sous réserve...
Qu’entends-tu par là ? Lorsque certains vont la lire et l’entendre pour la première fois j’espère qu’ils ne se prendront pas pour les nouveaux élus de Dieu. Allons-y, elle se décline comme suit :
Un jour, un Amazigh se présenta devant Aicha, fille d’AbuBakr et troisième épouse du Prophète ; elle était assise entourée de ses proches.  Elle se leva et lui offrit sa place, privilège qu’elle n’accordait pas à son entourage. Ses proches se retirèrent indignés. L’Amazigh eut une conversation avec Aicha sur un point de religion et s’en alla. Alors Elle rappela ses fidèles et leur demanda pourquoi ils sont partis visiblement en colère ?
L’un d’eux répondit : Nous nous sommes sentis vexés par le privilège que tu as accordé à cet Amazigh. Nous les méprisons et pourtant tu l’as honoré plus que nous.
Aicha dit alors : Je lui ai fait honneur plus qu’à vous parce que l’envoyé de Dieu (que le salut soit sur lui) a prononcé des paroles fort élogieuses sur les siens. Sachez qu’un jour j’étais assise avec lui, quand un Amazigh vint à nous, le visage pâle et les traits tirés. L’envoyé de Dieu le regarda avec attention et lui dit : "Que t’est-il arrivé ? Es-tu malade ? Hier tu es parti en santé et rayonnant de joie et te voici blanc comme un mort sorti de sa tombe ? "
" Ô l’Envoyé du Dieu, dit l’Amazigh, j’ai passé la nuit dans une peine cruelle. " " Et quelle est cette peine cruelle demanda le Prophète ? 
À suivre
Ferid Chikhi