17 sept. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 75 -

Les Imazighen et le Christianisme – 2 -

Pour revenir à notre conversation, dis moi, comment selon toi s’est effectué cet apport des Imazighen au Christianisme, sous quelle forme, qui en sont les auteurs, quels ont été ses moments forts ? …. Le Numide lève la main et avec le sourire me dit : doucement, doucement, tu poses trop de questions en une seule. D'abord si je mets de côté le contenu des écrits des anthropologues, des ethnologues, des historiens, etc., je me rappelle d’une période de ma vie où j’étais passionné par l’Histoire de l’Algérie, je le suis encore mais durant les années’’70’’ je discutais beaucoup avec mon grand oncle Smaïl. Une fois il me dit que ’les européens en général et les français en particulier ignorent que comme l’Islam c’est en Algérie que le Christianisme a pris son essor vers leur continent’’. Il m’apprit par exemple qu’en plus de ‘’Victor 1er, qui a été le 1er Pape Amazigh qui gouverna l’Église de Rome, entre 190 et199, il y a eu d’illustres Imazighen qui contribuèrent au développement de cette religion, parmi lesquels les plus prestigieux ont été : Tertullien, natif de Carthage et qui s’est converti au christianisme en 193, respectueux de l’esprit de résistance et de patience des premiers convertis au Christianisme face aux persécutions des romains, c’est lui qui a dit ’on ne nait pas chrétien, on le devient’’ (Apol, XVIII).
Qu’avait-il de particulier ? Il a été un opposant au paganisme et  l’auteur en latin de la 1ere transcription du christianisme. Le Numide s’arrête quelques secondes et poursuivit… St AugustinSt Augustin est né à Souk-Ahras en 354, d'un père Amazigh et citoyen romain et d'une mère berbère, sainte Monique, il était théologien chrétien. Il est devenu évêque d’Hippone et il est considéré comme l’un des personnages le plus en vue dans le développement du christianisme en occident et le penseur le plus lu au Moyen Âge. On ne saurait parler de St Augustin sans évoquer son œuvre autobiographique, en treize volumes intitulée ‘’Les Confessions’’ il y raconte sa quête de Dieu. Il en dit ce qui suit « Les treize livres de mes Confessions louent le Dieu juste et bon de mes maux et de mes biens, ils élèvent vers Dieu l'intelligence et le cœur de l'Homme. »
Ferid Chikhi

13 sept. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 74 -

La Pauvreté est-elle soluble dans les actions de la société civile ?

Lors des discussions de la dernière assemblée Mondiale de CIVICUS, tenue à Montréal du 20 au 23 septembre 2010, un des thèmes débattu par les participants a été l’implication de la société civile dans la lutte contre la pauvreté. De bonnes questions ont été posées, de bonnes constations ont été faites et par conséquent il est clairement apparu des divergences sur le fond et la forme des voies et moyens de la réduire, mais tous voulaient en découdre avec ce fléau.
Julie Dumontier, chroniqueuse de Parole Citoyenne a relaté une partie des discussions de la plénière et j’ai retenu cette phrase qui en dit long sur la société civile : ‘’Si on doute de l’utilité de la société civile, on doute fort de l’utilité de l’Assemblée alors. Ce que je crois plutôt, c’est que la société civile s’engage, car elle croit fermement à son pouvoir, mais qu’elle constate aussi qu’il y a des barrières à ses actions et qu’elle cherche des solutions pour faire tomber ces barrières.’’

Pour ma part je trouve que  la pauvreté n’est pas la même partout. Encore une Lapalissade… me dira t’on, mais celle-ci se confirme sous plusieurs cieux et se décline dans diverses langues. La conséquence majeure est qu’il ne peut pas y avoir une seule solution pour la contrer ou au moins la réduire.
La pauvreté en Afrique de l’Ouest est différente de celle de l’Afrique de l’Est et de celle de l’Afrique du Nord. La pauvreté en Asie est multiforme. La pauvreté au Québec, parce qu’il y en a une ne ressemble en rien aux autres pauvretés.

Les ONGs ou la société civile peuvent y faire face, la combattre, la vaincre mais avec quels moyens ? Ceux que les gouvernants mettent à leur disposition lorsqu’ils veulent bien y contribuer ? Ou bien ceux qu’elles vont mobiliser lorsqu’elles savent où les chercher et les trouver ?
La seule richesse pour faire face à la pauvreté c’est la mobilisation des personnes qui la vivent. Le message de cette doit être vrai. Les pauvres ne doivent pas attendre que les riches enfoncent leurs mains dans le fond de leurs poches. C’est en mobilisant les citoyens autour d’actions de travail collectif que cela fonctionnera.
Un message de vérité, une mobilisation autour des tâches concrètes, une sensibilisation au travail collectif et le tout fondé sur l’éducation de tous. Ça se fait sur le moyen et le long terme. Il ne faut pas parler de productivité mais d’apprentissage et de développement d’activités formatrices.
Ferid Chikhi
Convergences Plurielles

12 sept. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 73 -

Les Imazighen et le Christianisme
Seule la mémoire collective... - 1 -
Le Numide, au-delà de la relation des Imazighen à l’islam il y a eu une période pourrais-je dire fastueuse durant laquelle le Christianisme a écrit quelques-unes de ses lettres de noblesse, que peux-tu me dire de la relation qui a existé entre les autochtones et cette religion ?
Il est vrai que du point de vue de l’Histoire il existe des écrits sur la période allant de 256 à 640 de l’ère Chrétienne et bien après, mais rien ne semble avoir été recensé sur les premiers chrétiens, leurs relations avec les Imazighen et comment ils ont fait pour vivre leur foi en Tamazgha. Il ne faut pas occulter le fait que l’Histoire s’écrit par les vainqueurs. Il n’y a que la mémoire collective qui préserve la fortune et le patrimoine des vaincus.
Comment, selon toi, a été transmise cette mémoire ? L’oralité a été l’instrument ou le véhicule de cette Histoire. Les quelques contes et légendes légués l’ont été au cours des longues soirées et veillées familiales ou singulières entre marchands et acheteurs dans les lieux publics. Il était question de marchands venus directement du Proche Orient ou passant par Rome, habitués à commercer avec les Numides de l’époque qui malgré le fait qu’ils fussent sous la domination romaine n’ont pas hésité à les accueillir, à les protéger et à les aider contre cet occupant qui les persécutait partout dans son empire.
Ces marchands avaient à faire à des païens qui avaient déjà entendu parler de cette nouvelle religion et de Jésus de Nazareth mais n’étaient pas prêts à renier leurs dieux pour un prophète. Cependant, il faut souligner qu’ils étaient à l’écoute.
Il est, aussi, vrai qu’avant l’Islam et après le Judaïsme, le Christianisme a pu et a su prendre une place prépondérante en Tamazgha. Mais s’il y a eu comme tu le dis des périodes d’apothéose et de consécration d’autres moments ont été violents et douloureux tels que le schisme Donatiste (aux environs de 305). Mais encore une fois ce qu’il faut ne pas négliger c’est l’apport des Imazighen au Christianisme. … Le Numide prend un moment de silence et…
À suivre
Ferid Chikhi