11 janv. 2011

Un Numide en Amérique du Nord - 88 -

Yennayer...le nouvel an berbère
Le 12 janvier 2011 correspond au nouvel an 2961 du calendrier berbère. L’une de ses caractéristiques les plus remarquables est d’être fêté par toutes les populations de l’Afrique du nord.
L’an zéro du calendrier berbère remonte à l’époque oû l’Egypte ancienne était une puissance régionale qu’aucune autre n’inquiétait. Mais c’était compter sans SheShonq 1er, prince de la tribu berbère des Mechaouch, qui conquit le pays des Pharaons et y régna de 945 à  924 avant J.C. Il fut le fondateur de la 22e dynastie égyptienne. Son action principale a été de réunifier l’Égypte en l’an 950 avant J.C. Il occupa la Palestine et Jérusalem et s’empara des trésors du temple de Salomon.
Yennayer c’est aussi la relation des berbères avec d’une part la terre nourricière et le cycle des saisons ainsi que les liens entre les vivants et les morts. Des coutumes et des rites anciens perdurent et confirment la place de Yennayer dans les traditions berbères.
Yennayer comme le disent les anciens n’est pas seulement un moment de l’année célébré à la fois avec faste mais aussi même si cela parait paradoxale avec cette sobriété reconnue comme une valeur par les populations confrontées à un climat versatile, à une terre exigeant des efforts collossaux avant qu’elle ne produise ce qu'elles attendent d’elle, Yennayer c’est surtout une organisation sociale qui fait le lien entre des croyances païennes et des pratiques en constante évolution.
Le calendrier Grégorien n’a pas changé cette célébration et l’avènement de l’islam l'a intégrée en tant qu'innovation ponctuelle et locale.
Alors bonne et heureuse année 2961

Ferid Chikhi

9 janv. 2011

Un Numide en Amérique du Nord - 87 -

Retour à une source bien inspirante... -2-
Berlin et ses lieux mythiques …
’Une sensation empreinte
d’un saisissement émotionnel singulier’’
Comme je le soulignais dans une précédente rétrospective, un retour aux sources n’est pas seulement un voyage vers le passé c’est aussi et à titre indicatif ressentir la sensation que le lieu que l’on revisite fait partie un peu ou beaucoup de nous. Je me suis même posé la question suivante : Qu’est ce qui pourrait-être commun entre ‘’Batna’’ ma ville natale et Berlin que j’ai visité à trois reprises lors de mon long séjour en Allemagne il y a de cela une dizaine d’années ?
La réponse pourrait être subdivisée en plusieurs parties. Par exemple, en observant au plus large et au plan historique les vestiges et l’héritage culturel laissés par l’occupation plusieurs fois centenaires par l’empire romain je peux dire sans risque de me montrer qu'elle est une empreinte indélébile dans le paysage ou les alentours des deux villes. Si je ramène le tout au plan personnel, j’ai trouvé des caractéristiques similaires dans la sensation que j’ai ressentie en retournant à Berlin et celle que j’ai toujours eu par le passé en me rendant à Batna, en particulier en marchant, dans Friedrich Strasse et le Quartier 206. Même à dix années d’intervalle, les devantures des boutiques réagencées ou complètement modifiées pour le shopping haut de gamme des créateurs de mode avec cette ambiance fortement art-déco ne fait que confirmer cette forte sensation empreinte d’un saisissement émotionnel singulier.
Les lieux ne m’étaient pas inconnus j’avançais le long de ces boutiques sous les arcades avec la nette impression que rien ne m’était inconnu. Les lieux faisaient partie de moi et je faisais partie de ces lieux.  Il en était de même lorsque je me suis rendu à Postdamer Platz, à Ku’damm à Yaeuntzien Strasse ou à la Hackesche Höfe. Et dire, qu’au plan de l’architecture il n’y a rien de commun entre Batna et Berlin si ce n’est le ‘’B’’ et le ‘’N’’.
Je n’avais passé que quelques heures en ces lieux, je dirais mythiques de la capitale allemande, pas très loin du fameux Check Point, aujourd’hui matérialisé par un monument floral. Repère mnémonique redisant que des évènements majeurs se sont déroulés à cet endroit précis de la capitale allemande. Quelques 150 photos géantes et des légendes en anglais et en allemand, retracent l’histoire et la symbolique de l’opposition qui a caractérisé les relations entre les américains et les soviétiques. Le ‘’Mur’’, ‘’Der Mauer’’ n’existe plus. Quelques uns de ces pans ont été dispersés dans la ville à des fins touristiques.
Ferid Chikhi

5 janv. 2011

Un Numide en Amérique du Nord - 86 -

Exclusif
Digression poétique
En ce début de 2011 et au moment où les coptes sont victimes de la violence intégriste il existe de par le monde des personnes qui scrutent l’histoire et qui par leur capacité de recherche et d’analyse nous offrent une lecture plus pertinente du contenu spirituel de l’Islam. Ils ont l’intelligence de nous dire comment par l’éducation et la diffusion des sciences il est possible de s’orienter vers ''le bien vivre ensemble''. Mohièdine Boutaleb, ancien médersien et professeur à la retraite en fait partie. Il nous dit que c’est par les qualités de discernement, l’esprit d’ouverture et la pensée positive que les peuples se rapprochent et que les barrières de l’intolérance tombent.

L’Islam Conciliant

L’Islam combat l’extrémisme
Il est contre l’intégrisme
C’est une guidance vers le bien
Qu’il inculque même au vaurien.
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Il exalte toujours la science
Son alpha est magnificence
« Lis »  premier verbe révélé
Au cœur d’Ahmed Dieu l’a fort scellé
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Il n’affiche pas le mépris
Il hait autant le parti pris
Du golf persique à l’Atlantique
Il a été trop pacifique
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Par deux fois les Juifs sont sauvés
Au Maghreb de Satan le mauvais
Sisebut (1) que nos ancêtres ont sabré
Sauvegardant les survivants navrés
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Puis leurs descendants andalous
N’ont pas trouvé de jaloux
Chez nous le Judaïsme espagnol
A resplendi sous nos coupoles (2)
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La preuve est bien produite
Par Chouraqui (3), de bonne conduite
La manifestant au monde entier
Que les Arabes sont des altiers.

Avec la courtoisie de l’auteur
Mohiédine Boutaleb

Notes Explicatives :
(1)    Il s’agit de Sisebut (Flavius) roi des Visigots d’Espagne, mort en 620 et non en 550 date erronée inscrite par inadvertance sur la page 55 de l’ouvrage d’André Chouraqui. Cette restitution est due à Larousse (Volume 5 P 370) qui ajoute « élu en 512, à la mort du Gundmar, il soumit les Astures et les Vascons, et chassa à peu prés complètement les Byzantins de la Lusitanie et de la Bétique. Il créa une marine qui peut-être conquit Ceuta et Tanger. Il s’intéressa aux études et dédia à Saint Isidore de Séville un poème sur les éclipses. Mais il persécuta les Juifs et, dit-on, mourut empoisonné… »
(2)    A la fin du 8eme Siècle Hégirien correspondant au 14ième Grégorien, un rescapé Juif du pogrom antijudaique espagnol, abusant du laxisme de ses bienfaiteurs, les Maghrébins de Famantil, capitale du Touat, devint, astucieusement, leur Imam quarante ans durant et ce, rendant les mal pour le bien. Quand ils s’aperçurent de son blasphème ils durent le lapider au lieu-dit El-Mardjam, sis jusqu’à nos jours au nord d’Ain Safra.
3)     L’auteur de l’ouvrage « Les Juifs d’Afrique du Nord » est né et a grandi à Ain-Temouchent où sa famille établie dans la région au XIXième Siècle possédait un vignoble au début des années 50. Il rejoint Israël où il se lie d’amitié avec Bengourion alors premier Ministre durant la guerre 1967.
Mais il est connu à l’étranger et surtout pour avoir traduit le Coran en Français. En 1995,  Il confie à un journaliste d’El Watan que le Coran prêche la paix et la tolérance.
Au cours de leur long entretien qui s’est déroulé sous son toit, Chouraqui lui fait des révélations troublantes. «Il m’explique dit-il que dans la tradition hébraïque, le fils doit visiter la maison où sont nés ses parents avant de se marier. Il le rappelle à son fils, officier dans l’armée israélienne. Ayant trouvé une fiancé, je prends - me raconte André Chouraqui -,  le téléphone et j’appelle le Président Chadli Bendjedid à Alger. Je lui explique ma décision de faire le déplacement à Ain Temouchent avec mon fils pour lui montrer la maison familiale. 
Il a immédiatement donné son accord. Arrivés à Paris, un responsable me confirme l’accord donné par Chadli. Nous avons débarqué à Oran où une voiture officielle nous attendait. De l, nous nous sommes rendus à Ain Temouchent. Nous avons pu visiter la maison familiale.
Ensuite nous avons quitté l’Algérie sans problème, au grand étonnement de mon fils. C’était avec regret que j’ai quitté ce vieil homme qui m’a donné l’impression d’être entièrement sincère. »
En parcourant son ouvrage précité, le lecteur ne s’étonnera pas outre mesure de l’accueil chaleureux réservé au journaliste d’El Watan par André Chouraqui qui s’est rappelé, en honnête intellectuel, au meilleur souvenir de la terre qui avait sauvé par deux fois la vie à ses ancêtres poursuivis par la haine viscérale des Espagnols antisémites.
Mohiédine Boutaleb