24 sept. 2011

Un Numide en Amérique du Nord - 124 -


Le non emploi des maghrébins au Québec -5/5-
Comme je le soulignais précédemment, des dizaines de commentaires, d’avis et d’opinions se sont succédé sur Linkdln, les uns aussi pertinents que les autres. Ma participation s’est voulue par moments complémentaire à certains commentaires et parfois en opposition à certains. Je fais mien le principe selon lequel nous avons tous une responsabilité tant individuelle que collective dans le statut de la communauté algérienne dans les pays qui l’accueillent.
Il est bien entendu que mon propos a été suivi de commentaires directs ou indirects fort pertinents pour quelques-uns et tout à fait hors de propos pour d’autres. L’idée de la polémique n’a jamais effleurée mon esprit mais il me semblait nécessaire de clarifier quatre points :
1. Je conviens, et c’est mon point de vue, que les Maghrébins (et dans ce cas précis je parle plus des algériens dont je fais partie intégrante - sans diminuer en quoi que ce soit les autres – mais je prétends la connaître au moins un peu plus que les autres communautés) qui ne se trouvent pas un emploi sont souvent surqualifiés, expérimentés, suffisamment dignes pour se passer du Bien Ëtre Social, et j'ajouterais fortement engagés pour être productifs dans les entreprises qui veulent bien les recruter. Ils font partie de mes 15%. Ce sont ceux qui en majorité sont arrivés entre 1998 et 2004
2. Je maintiens mon appréciation au sujet des autres 18% - arrivés entre 2004 et aujourd'hui - et si nous sommes - un tant soit peu – objectifs, nous connaissons, nous savons au moins en partie les raisons de cette situation.
À suivre
Ferid Chikhi

17 sept. 2011

Un Numide en Amérique du Nord - 123 -

Le non emploi des maghrébins au Québec -4/5-
Ce qu’il importe de souligner c’est qu’il reste entendu que d’autres éléments et paramètres sont à considérer mais il serait trop long et fastidieux de les lister ici. Toutefois, en guise de conclusion à cette réflexion j’estime que ce n’est pas parce que nous sommes titulaires d’une licence (diplôme universitaire en Algérie conforme à un baccalauréat au Québec) que nous détenons tout le savoir universitaire.
Ce n’est pas aussi parce que nous avons travaillé dans un secteur d’activité donné dans notre pays d’origine que nous avons la bonne expérience tant attendue par l’employeur québécois. Ce n’est pas enfin parce qu’on a dirigé (au Québec on dit superviser) un service (une équipe) que nous avons du leadership à la Nord Américaine.
C’est dire combien il est aisé de lancer la pierre à ceux qui nous ont ouvert la porte de la Belle Province, de les identifier comme étant des racistes, des ségrégationnistes, des xénophobes et je ne sais quoi d’autre ; ne serait-il pas plus utile de se questionner et d’interpeler nos consciences pour apprendre à mieux nous connaître, mieux apprendre à parler de nous-mêmes et surtout de faire preuve d’un peu d’humilité.
Je termine par ce proverbe bien de chez nous : ‘’Même si le coq monte sur ses ergots il ne volera jamais comme l’épervier’’.
Ferid Chikhi

6 sept. 2011

Un Numide en Amérique du Nord -122 -

Le non emploi des maghrébins au Québec -3/5-
J’ai cherché et analysé les indicateurs de ma prospection et j’ai inventorié plusieurs raisons. Au-delà des exigences des employeurs et, personne n’ignore combien ils changent d’un secteur d’activité à un autre, pour ne pas dire d’une entreprise à une autre, il y a le profil de nos compatriotes. Je livre ci-après et seulement à titre indicatif quatre paramètres établis à partir d’un groupe de 265 personnes représentatives de ceux qui n’ont pas eu d’emploi depuis leur arrivée au Québec.
* Les paradigmes qui constituent le cadre de références des valeurs et principes généraux et même professionnels de nos compatriotes sont tellement ancrés dans leurs esprits qu’ils n’arrivent même pas à s’en défaire et / ou à les mettre en veilleuse le temps de se faire recruter. D’où une mentalité d’attentisme et de refuge dans un ‘’Bien Être Social’’ sans lendemain. Couplé au travail au noir ça permet à certains de se payer, entre autres, deux à trois voyages dans l’intervalle de quatre années passées au Québec.
* La connaissance de soi, qui permet de se découvrir et d’apprendre un peu plus sur ses forces et ses faiblesses, savoir en parler, savoir s’engager et se projeter, etc. fait partie des derniers soucis de nos chercheurs d’emploi. ‘’Ils soutiennent qu’ils savent qui ils sont et ils n’ont pas eu besoin de venir au Québec pour l’apprendre’’.
* La visite d’exploration et la visite d’information - en plus du réseautage - est un outil de travail parmi les plus privilégiés des chercheurs d’emploi, ici, au Québec. Elle permet de reléguer au second plan le ‘’nom bizarre’’ que nous portons et qui décline notre identité, nos origines culturelles et même religieuse.
* Si l’on y ajoute que nos compatriotes envoient des tonnes de curriculum vitae par courriel et attendent devant leur écran qu’une réponse leur parvienne vous faites presque le tour de la question.
A suivre
Ferid Chikhi

28 août 2011

Un Numide en Amérique du Nord - 121 -

Le non emploi des maghrébins au Québec -2/5-
Au niveau technique l’utilisation faite des indicateurs tirés des statistiques est contestable. En effet, beaucoup d’analystes, de commentateurs et de faiseurs d’opinions ont notamment focalisé sur les 35% des algériens et 28% des maghrébins qui ne travaillent pas. Ils ne mettent en évidence ni le fait que ce sont ceux qui ont entre 1 an et 5 ans de présence au Québec, ni le fait que cela concerne une période donnée (2001-2005). Mieux encore, ne pas être en emploi est une chose et ne pas avoir d’occupation en est une autre. La définition du chômage prend une autre signification puisque selon le Bureau International du Travail (BIT) dit qu’il s’agit de personnes qui ont été au travail et qui l’ont perdu.
Par ailleurs, si le questionnaire avait été un peu plus fin nous découvririons qu’une des réponses pourrait être du genre : une partie de ces ’’chômeurs’’ est aux études ou à une occupation accessoire en plus du bien être social, alors qu’elle déclare qu’elle chôme. Cet indicateur ne dépasserait pas les 15% avec beaucoup d'indulgence.
Dans ma pratique quotidienne, et ce depuis quelques années, j’offre un soutien à des chercheurs d’emplois d’origines diverses : Algériens, Marocains, Tunisiens, Roumains, Russes, Camerounais, Congolais, Haïtiens, Péruviens, Colombiens, et encore plus, y compris à des Français et à des Québécois. J’offre les mêmes services à des personnes ayant un statut particulier tel que les handicapées. Ceux parmi eux qui liront ce post pourraient en témoigner.
Au cours de cette même pratique, je me suis posé la question suivante : Pourquoi, à quelques exceptions près, tous ceux qui ont suivi mes ateliers ou mes conférences ont décroché un premier emploi, et un second pour certains, dans les trois mois qui suivirent leur participation à ces ateliers alors que les Maghrébins, pas tous heureusement, ne le font pas ? La même question pourrait être posée à tous les conseillers en emploi de tous les organismes qui pratiquent dans ce domaine. Mieux encore des recherches sur le sujet faites par des étudiants en maîtrise et en doctorat sont en cours de finalisation. Je ne parle même pas de celle de l’IRPP*.
À suivre
Ferid Chikhi

Un Numide en Amérique du Nord - 379 -

  L’émotion vient avant la raison Lorsque les auteurs écrivent ils ont auparavant longuement réfléchi. Lorsque les auteurs écrivent ils ...