19 mai 2015

Un Numide en Amérique du Nord - 241 -

Digest : La bas, ici et ailleurs - I -
Cinq (5) sujets partagés
Alors que les sujets politiques ne manquent pas sur la planète information, bien des murs et des plateformes conçues pour une expression libre, ne servent pas à séparer les citoyens du monde – comme cela existe notamment en Israël - mais à les rapprocher malgré une relation toujours et encore virtuelle. Cette fois-ci il s’agit de thèmes dans le désordre que je propose d’explorer et de déchiffrer en digest.
1) Algérie - I - : la numérisation de l’État Civil in El Moudjahid… Le doyen des quotidiens nationaux algériens, malgré le fait qu’il s’agisse bien d’un média public, reste le seul journal à donner des informations sans commentaires, sans analyse et sans plus verser depuis longtemps dans la langue de bois, laissant ainsi au lecteur la possibilité de se faire sa propre idée. J’avoue que je parcourais ses titres par habitude et surtout en raison d’une petite ‘‘affection’’, sachant que c’est le premier après Révolution Africaine qui a publié mes opinions, mes réflexions et mes articles. Donc de temps à autres je lis quelques exergues sans aller plus loin. Et, récemment un titre a attiré mon attention : Algérie: État civil, passeports, permis de conduire... des chiffres qui m’interpellent et pour cause, selon, Le Monsieur «Informatique» du ministère de l'intérieur, directeur général du département de la numérisation, entre autres, de l’état civil, de la carte nationale, du passeport et du permis de conduire électroniques, nous apprend que le dit fichier est entièrement numérisé, soulignant que 61 millions d’actes de naissance l’ont été et que 47 millions d’entre eux ont déjà été retirés. Il révèle également que ce travail a permis aux citoyens, depuis le début de l’opération, de retirer 3,5 millions d’actes de naissance (12 S), 4 millions d’actes de décès. Mieux encore 3 millions d’actes de mariage ont été retirés en dehors des communes de naissance. 
Ces informations ont été communiquées lors d’une rencontre avec des journalistes et c’est là que mon intérêt a été aiguisé parce que mon inquiétude réside dans le fait que justement pas un seul journaliste ne lui a demandé pourquoi il parle de la quantité de documents établis et délivrés... qu'il en oubli le mal que ressentent et que vivent les citoyens (S'il les considère comme tels) lors du dépôt des demandes de tous ces documents... et lorsqu'ils les reçoivent truffés d'erreurs, de fautes, etc. ... LA QUALITÉ DU SERVICE...et des PRODUITS...
Il est vrai, que ce ne sont ni la compétence ni l’intégrité de ce Monsieur qui posent problème, je dirais même que c'est le cas de la grande majorité des cadres Algériens, mais le contenu de ce qu'il livre aux consœurs et confrères ainsi qu'aux citoyens pêche par défaut. Les journalistes présents ne semblaient pas avoir fait leur boulot en se préparant à poser les bonnes questions... Bien entendu... Les statistiques ont leur signification mais on peut aussi les faire parler... Par ailleurs, il a été question des équipements et je me suis demandé, comment se fait-il que personne n'ait questionné cet éminent fonctionnaire sur leurs origines, leurs constructeurs ? Sur leurs couts ? Ou encore, où ont été formés les employés qui utilisent ces équipements et qui s’occupe de la maintenance ? Quelle est la proportion de l'utilisation qui en est faite... ? Pourtant, ces rencontres sont des opportunités en or pour évaluer les avancées des programmes gouvernementaux et faire les critiques appropriées plutôt que de verser dans le dénigrement systématique... (Du moins c'est là mon point de vue et…) c'est là que se situe le vrai problème des cadres Algériens. Incapables ce prendre leurs responsabilités !!
2) Québec : Ce qui est désolant c’est que depuis 2010, l'Islamisation s'étend aux prisons et le prosélytisme fait des dégâts même dans les budgets des centres pénitentiaires... et dire qu’il y a celles et ceux qui font dans les amalgames, les confusions entre les religions et les idéologies. Ils le savent mais ils ont tendance à enfoncer la lame au plus loin et la tourner pour encore et encore faire mal. Juste pour ce qui concerne l’Islam, ils omettent consciemment ou par omission  que les autres religions ont eu et ont encore leurs intégrismes et que les puissances s’abreuvent aux idéologies religieuses qui leur siéent le plus.
Je ne suis pas tellement en accord avec cette assertion qui fait de la religion une idéologie. Elle ne peut ni être démontrée ni prouvée par contre la religion inspire des individus qui en tire une idéologie, c'est plus que démontré et prouvé. Dans un journal Québécois, il est écrit qu’en moyenne, le prix d’un repas en prison coûte 2 $ à l’État. Le prix unitaire dun repas fait de produits casher s’élève à 5,25 $ et à 3,31 $ pour un repas fait de produits halal. Le nombre de repas halal préparés pour les détenus musulmans incarcérés dans les prisons québécoises continue d’augmenter, allant même jusqu’à doubler depuis quatre ans. Il semblerait même que certains criminels se convertissent par opportunisme pour profiter des diètes religieuses parce que ces repas sont un peu plus santé, de meilleure qualité et des portions un peu plus généreuses. Les couts de ces repas sont passés de 299197$ en 2012/2013 à 349 125$ en 2014-2015. À ce moment de la réflexion une question, me traverse l’esprit : Comment se fait-il que depuis, à peine, 5 ans seulement, le nombre de musulmans incarcérés ait autant augmenté ? Le journaliste auteur de cet article comme les autres ne s’est pas posé cette question…
3) Repères : La vie, les silences et les mots, les chemins vers le jamais ou vers le succès... Souvent
des pensées d’auteurs ont traversé le temps et l’espace pour nous revenir marquant avec force et certitude des moments présents que nous vivons presque sans repères et elles nous aident à nous replacer, à nous repositionner et même à repartir du bon pied.
Par exemple, Sénèque a dit ‘’En suivant le chemin qui s’appelle plus tard nous arrivons sur la place qui s’appelle jamais et un anonyme a souligné que : ‘’La vie est un  rêve pour les sages ; un jeu pour les fous, une comédie pour les riches ; une tragédie pour les pauvres. Et, un autre nous avise qu’’’Il y a des silences qui disent beaucoup. Sauf qu’il y a des gens qui parlent pour ne rien dire’’.
4) Algérie - II - : C’est encore El Moudjahid qui a retenu mon attention avec un article sur Les Foggaras. Selon M. Abdellah Smaïli, professeur et chercheur en Histoire de la région d’Adrar, la classification des  foggaras (système traditionnel de captage et d’adduction d'eau dans le Sahara)
permet de "capitaliser le savoir local ancestral et les connaissances académiques modernes" dans l’objectif de "perpétuer un mode de gestion de l’eau". Ce système a prouvé son efficacité et a permis à l’homme de survivre dans les régions arides. Évoquant l’histoire de la création des foggaras à Adrar, il a fait savoir que ce type d'irrigation, profondément original, créé par les Amazighs de cette région, donne aux oasis du Touat, qui s'étendent le long de la vallée de l’oued Messaoud, un cachet particulier et spécifique. Dans les détails qu’il nous fournit, M. Smaili a expliqué qu’une foggara est une canalisation souterraine avec une pente légère, construite pour alimenter les palmeraies, et court à environ 5 ou 10 mètres sous la surface du sol, soulignant que l’ingéniosité du procédé réside dans son adaptation aux conditions de la vie et du climat sahariens, assurant ainsi, a-t-il appuyé, "un approvisionnement à débit constant, et une limitation de l’évaporation".  
Tiens, jusqu’à ce jour, cette invention, dont l’utilité n’est plus à démontrer, là où le manque d’eau se fait ressentir, n’a pas reçu, par exemple, un Prix Nobel.
5) New York : ‘’Les Femmes d’Alger’’. Ce chef d’œuvre de Picasso et son cout exorbitant intéresse plus d’un individu mais je vais oser le ramener à terre et demander quel est le lien entre cette œuvre picturale et la jupe courte d’une étudiante d’Alger ? En fait, c’est du pareil au même si l’on prend un raccourci. En ce mois de mai de 2015, le recteur d’une université Algérienne - devenu entretemps ministre de l’enseignement supérieur - n’a pas trouvé mieux que de soutenir ‘’un de ses gardiens des mœurs’’, qui a refusé l’accès de l’université et par conséquent celui de la salle d’examen à une
étudiante vêtue d’une jupe, légèrement au-dessus des genoux mais, suffisamment courte pour mettre en évidence ses belles jambes. Pendant ce temps, à l’autre bout du monde, plus précisément à New York, une chaine de TV américaine, en l’occurrence FOX5NY, à l’évidence en total contradiction... entre ce qu’elle montre le matin - le tableau de Picasso sans en cacher quoique soit - et ce que ses téléspectateurs peuvent voir le soir  - a décidé dans un moment de puritanisme décadent, de cacher les seins de ce fabuleux tableau ‘’Les Femmes d’Alger’’.
Et bien c’est dans le pays le plus libertin du monde mais aussi le plus suintant de puritanisme avec cent sept Églises indépendantes développant cet esprit  de pudibonderie extrême que sévit Fox5NY.  J’allais dire, tant mieux, car nous préférons garder les seins de nos femmes pour nous…
Ferid Chikhi

10 mai 2015

Un Numide en Amérique du Nord - 240 -

Des murs virtuels ou des débats virtuels
Digest : Ce que nous disent les réseaux sociaux.
Ils sont étonnants et même souvent prodigieux, ces thèmes et ces sujets qui, au cours d’une seule semaine, réunissent sur un mur virtuel, ce qui est qualifié de participants aux réseaux sociaux. Des personnes d’âges différents, de formations diverses et singulières, d’expériences de vie variées. Généralement, c’est tellement disparate que cela parait presqu’invraisemblable. Et dire que chaque semaine, pour ne pas dire chaque jour, des milliers de sujets avec des thèmes particuliers sont discutés et font souvent l’objet d’échanges controversés et quelques fois très durs.
Sur un mur virtuel il arrive des moments ou les sujets abordés deviennent des anecdotes, des histoires à dormir debout… mais les auteurs des avis et autres commentaires arrivent à les rendre
presque vrais. Ils sont importants d’une part par la grandeur des personnes avec qui l’échange des informations s’opère, leurs connaissances, leurs expériences, leurs qualifications… et d’autre part, par la petitesse de certains, imbus de leur personne, ignorants de leur propre ignorance, de leurs méconnaissances et de leur médiocrités ; ils ont l’avantage de pouvoir  s’exprimer par des stupidités et des idioties, des inepties et inanités qu’ils débitent à des moments où vous y attendez le moins. L’avantage du virtuel est qu’il laisse la grande possibilité à tout un chacun de dire ou de retirer les récalcitrants de leurs murs mais pas de celui des autres ‘’amis virtuels’’.
L’expression par l’écriture devient importante, intéressante, parfois savoureuse, souvent interpellant… par les opinions et les commentaires de celles et de ceux qui sont pour ou contre, par la concision, la clarté et par ailleurs par le brouillon et le bouillonnement des idées qui épousent les mêmes vues que les vôtres ou au contraire sont divergentes.
Récemment, ces thèmes allaient dans tous les sens. Ils ont passé en revue, de manière succincte et résumée, le rôle et la présence des grandes puissances occidentales dans la reconfiguration du monde, des spécialités culinaires de  la région sud de l’Aurès, les images de certaines femmes voilées voleuses de profession, la manipulation maladive de certains médias occidentaux, les assassinats politiques, les définitions de la démocratie selon des intellectuels des pays occidentaux, la signification des tatouages berbère et leur origine
Prenons-en quelques-uns dans l’ordre de leur apparition sur la toile…
1)      Passer le relais pour garder la main…
Le rôle et la présence des grandes puissances dans des pays qui n’ont rien fait d’autre que prendre position contre des politiques qui ne leur conviennent pas. Et, bien, là où les USA et la GB ont foutu la M...De... c’est au tour des Français de rappliquer pour prendre la suite… afin de nettoyer les saletés laissées par les premiers. Au moment où ils tentent de se retirer de là où ils ont eux-mêmes foutu la pagaille. Ça se nomme passer le relais pour garder la main.
2)      L’évocation de certains plats devient une provocation 
La ‘’provocation’’ - parce que c’était ressenti comme un acte de provocation - perpétrée par l’un d’entre nous, lorsqu’il nous a proposé rien de moins qu’une spécialiste culinaire de la région Sud-Est de l’Aurès - la vraie Hassoua -  c'est du feu! À tel point que je lui ai demandé d’arrêter de nous mettre l’eau à la bouche….
3)      ''Les femmes voilées presque toutes les mêmes''
Les images de certaines femmes voilées, expertes en vol de bijouterie. Elles sont ''presque toutes les mêmes'' et ‘’hacha limatesthalhache... exceptions faites de celles qui ne le méritent pas’’. Elles font tout en douce... et en dessous. En tout cas je récuse tous ceux et toutes celles qui brandissent l'Islamophobie comme bâillon.
4)      Les médias occidentaux et la bêtise institutionnalisée
Les médias occidentaux savent tout et ils savent manipuler leurs téléspectateurs, leurs auditeurs et leurs lecteurs, convaincus qu'ils ne seront jamais découverts. Ils pensent les leurrer mais en fait ils ne mentent qu'à eux-mêmes... Ils sont devenus comme les hommes politiques à qui l’on demande ‘’Quand dites-vous la vérité et quand mentez-vous ?’’. Et lorsque la bêtise s'accompagne de l'idiotie c'est la stupidité qui règne.
5)  Les assassinats politiques des Algériens
Le rappel de l’assassinat de feu Mohamed Seddik Benyahia, un moment fort pour celles et ceux qui  se rappellent de lui alors qu'il était Ministre des Affaires étrangères. Il faisait preuve d’un grand sens de la diplomatie. Mais ce dont toutes et tous se rappellent c'est qu'il avait été avant cela Ministre de l'Enseignement Supérieur. C’est lui qui a été à l'origine de la réforme universitaire et fit un trait sur l'enseignement selon le modèle hérité de la colonisation. Il organisa la Démocratisation de l'Enseignement Universitaire... Il facilita la création des Œuvres Universitaires... Les Irakiens en abattant l'avion qui le transportait on en décidé autrement. Pourtant, il se rendait à une rencontre pour la paix.
6)      La corruption
Sa principale prémisse réside dans la perte des valeurs familiales et celles des principes démocratiques, d’honnêteté, d’intégrité et de respect de soi et des autres… dispensés par le système éducatif. Les fondements de ce fléau se trouvent aussi dans la défiance à l'endroit de la justice...  Pour y remédier il faut réformer complètement le système éducatif, en le mettant au diapason de ce que font les pays les plus développés... Sans quoi il n'y aura aucun redressement même avec des médiateurs, des conciliateurs ou des lobbyistes. Ils s'abreuvent tous à la même fontaine
7)      Quelle démocratie pour quel pays ?
La définition de la démocratie vue du Québec, par des Québécois à qui j’ai dit que j'ai connu plusieurs formes de démocraties... avec des partis uniques, du bipartisme et du pluripartisme... ne fait pas tellement débat en raison du fait qu’elle considérée comme acquise et irréversible. Cependant, la course à la chefferie péquiste, me fait rappeler celle d'un parti où plusieurs idéologies, plusieurs doctrines et plusieurs courants se disputent un brin de pouvoir et je suis vraiment curieux d'arriver à la fin du parcours.
J’observe que des ingrédients, qui dans de telles situations font la différence, sont en déficit : Le grain de sel ainsi qu’un véritable manque de ressourcement... J’ai donc décidé de m’assoir sur la ''rive gauche du fleuve’’ pour observer ce qu'il charrie... Le spectacle est magnifique et l'expérience enrichissante.
Mieux encore, je prends le temps de me questionne sur les capacités militantes des hommes et des femmes de ce parti pour nous donner une autre cheffe !? J’ai la nette impression qu’ils ne savent plus où donner de la tête tant le leadership est superficiel mais j’aimerais aussi me tromper... J’en parle comme ça parce que j’ai vécu dans une démocratie qualifiée de ''populaire'' et dans une démocratie qualifiée de ''directe''. Je vis dans une démocratie dite ''représentative''... mais croyez-en ma petite expérience : Le citoyen s'exprime mais il n'est pas écouté... et c'est là que réside le problème.... Le seul moment où il est ''entendu'' c'est lorsqu'il sort dans la rue... Et, là encore, des lois sont en cours d'examen pour l'en empêcher.
8)      Les signes sur le corps
La signification des tatouages des femmes berbères, pour certains, viendrait de l’époque de la propagation du Christianisme. Or, celui-ci n'avait pas besoin de se propager en Algérie et l'Histoire démontre par des faits et des évènements réels et bien authentifiés que ce sont les Amazigh qui l’ont propagé en Europe par St Augustin et bien entendu par le second Pape après St Pierre en l'occurrence Victor 1er. Les missionnaires chrétiens, et autres Pères Blancs de la colonisation française ont, bien entendu, tenté la voie du prosélytisme mais cela n'a pas donné grand-chose, l'Algérie est restée Musulmane et les tatouages sont connus comme étant ante christianisme  et antéislamiques.
Comme je le disais au début de ce propos, sur un mur virtuel il arrive des moments ou les sujets abordés deviennent des anecdotes, des histoires à dormir debout… mais les auteurs des avis et autres commentaires arrivent à les rendre presque vrais. Cela à l’avantage de ne jamais être effacé mais pourraient être supprimés, ils ont aussi l’avantage de constituer un déclic pour un réveil en sursaut qui pourrait rendre le tout réel même si la distance du virtuel est indéchiffrable.
Ferid Chikhi 

3 mai 2015

Un Numide en Amérique du Nord - 239 -

Constantine prestigieuse capitale de la culture Algérienne.
C’est devant une belle assistance que la troisième édition du Café Littéraire de Montréal, une initiative de l’Association des Amazighes d’Amérique du Nord s’est tenue ce samedi 02-05-2015, au : Café Gouraya, coin Papineau et Beaubien.
Le thème a été consacré à l’Histoire de Constantine Capitale Numide.    Le conférencier, Ahmed Houamel, un jeune passionné d’Histoire, des Arts et de la Culture est originaire de Batna. Il a étudié à Mc Gill et à l’université de Montréal. Il était accompagné entre autres de Nacer Irid et Saliha Abdenbi de l’AIAN.
Son exposé, malgré le temps de présentation limité, a passé en revue les grandes dates de la fondation de la Cirta antique et ses fondements préhistoriques jusqu’à la Constantine contemporaine.
Il a mis en exergue, non seulement les différents règnes des Rois Amazighs Massyles depuis
Massinissa mais aussi les grandes étapes de la construction de la ville du Rocher et les guerres qui ont jalonné les dynasties Amazighes jusqu’à l’Indépendance de l’Algérie et la prise en main de la Capitale de l’Est Algérien par les Algériens.
Le débat qui s’en est suivi a, par moments, pêché par défaut; quelques intervenants tenaient à faire le lien avec l’actualité en revenant à Constantine Capitale de la Culture Arabe. Pourtant, le cadre de références définies intelligemment par le bureau de la conférence,  Ahmed Houamel, Nacer Irid ainsi que Saliha Abdenbi a permis de faire la démonstration que Constantine est bel et bien une des prestigieuses capitales de la culture Algérienne mais qu’elle fait aussi partie du patrimoine universel, c’est ce qui l’a amené à questionner les nombreux observateurs, analystes et autres historiens à réfléchir à la consécration du territoire sur lequel a grandi le Royaume de Massinissa comme espace archéologique et donc de recherche et d’études.
Ferid. R Chikhi

4 avr. 2015

Un Numide en Amérique du Nord -238-

Algérie 53 ans après
Moi, mes souliers racontent
Nous avons été aspirés par la mondialisation -4-
Et voilà, nous sommes en avril 2015, à la même époque en 1962 apparurent des ‘’militants’’ qualifiés de ‘’Dizneufmarsistes’’ ; ils n’ont jamais été au maquis mais semblaient savoir ce qui allait se passer dans les premières semaines de ce printemps avant l’été de l’indépendance. 52 ans après la signature des accords d’Évian …. Bien des questions restent posées sur l’État de cette jeune Nation que d’aucuns vouent à une autre explosion populaire, durant ce même mois d’avril 2015, tant les paramètres variables semblent devenir ingérables et que les incertitudes aussi bien nationales, régionales, qu’internationales se font de plus en plus persistantes. Les ‘’valeurs et autres constantes révolutionnaires’’ ressassées depuis plus d’un demi-siècle n’accrochent presque plus personne.
Récemment encore, je discutais avec des jeunes (35 à 40 ans) d'un épisode de la Guerre de Libération Nationale et je leur disais que la même attention, le même intérêt, étaient portés par tous les algériens quels que fussent leurs origines, leurs régions, leurs statuts, exception faite de ceux qui ont choisi l'autre camp, que ce soit en toute connaissance de cause ou par ignorance, après 20 minutes d'écoute j'ai cru qu'ils étaient fatigués par mon discours.  Bien au contraire, ils ont posé d’autres questions et j'ai pour toute réponse plausible mais aussi pour les rassurer et les mettre en confiance, tirer les trois tomes d'El Moudjahid de la Révolution. Ils les feuilletèrent en s’arrêtant pour lire des paragraphes entiers. L’un d’entre-eux me demanda si la révolution avait été faite en arabe ou dans les deux langues, arabe et français ? Je répondis que les réflexions, les analyses, les rapports, les chartes, les documents officiels ont toujours été pensés en Algérien mais leur rédaction s’est faite en français. Alors, il prit la décision de faire des recherches et de m’emprunter les trois tomes d’El Moudjahid. Il me dit qu’il allait s’organiser pour organiser une présentation lors de rencontres avec ses amis québécois. Il pense même organiser des conférences... qui se tiendraient à Montréal.
Pour aller dans le même sens, récemment encore quelqu'un me demandait avec sagesse ''Oui Ferid. Il faut être fier de ce qui a été réalisé par les Algériens. Mais alors pourquoi sommes-nous si nombreux à être partis? C'est comme si ma réponse était déjà prête. En fait, j'y avais pensé depuis des années, mais jamais je n'ai pensé que ça serait un compatriote qui me la poserait. Elle consiste en ces quelques mots : ‘’la réponse, en ce qui me concerne, réside dans le fait que nous avons été aspirés, beaucoup plus, par la globalisation que par les effets de la décennie noire ou encore par la crise morale qui n'a pas été anticipée par les survivants de la révolution de Novembre 1954 ou tout au moins qui a été entretenue par les faux héritiers, falsificateurs et autres effaceurs de la mémoire collective...''
En fait, et sur une autre page du même registre, j’estime qu’au plan institutionnel il existe un vrai problème de fond et rien ne changera tant que la constitution ne le prend pas en charge.  Ce problème réside dans la définition, non pas et seulement, du PEUPLE ALGÉRIEN… Qui est-il ? D’où vient-il ? Où va-t-il ? Et Surtout de qui est-il composé ? Mais aussi du CITOYEN : Qui est-il ce citoyen algérien ? Que veut-on faire de lui ? Où veut-on le mener ? Et où, par lui-même, va-t-il aller ?  Il faut croire que tant que ces questions n’ont pas trouvé de réponses pertinentes, l’Algérie et les Algériens iront d’errements en errements au lieu d’aller sur un chemin balisé.
Ferid Chikhi

Un Numide en Amérique du Nord - 376 -

  Histoire et mémoire : sortir de l’émotionnel pour aller vers le raisonnable L’Algérien est-il condamné à apprendre son histoire seulement ...