7 sept. 2015

Un Numide en Amérique du Nord - 247 -

Digest : Là-bas, ici et ailleurs -  IV -
Cinq (5) sujets partagés
L’instant qui interpelle les consciences Occidentales
Aylan, l’enfant Kurde, qui a été retrouvé gisant sur la rive occidentale de la Mer Égée, précisément en Turquie a pendant, une semaine, provoqué une onde de choc qui déstabilise les arcanes des puissances occidentales. Les images choc du petit Syrien ont ému le monde et suscité un élan de solidarité face à la tragédie. La photo prise au moment de sa découverte a fait la UNE de tous les quotidiens Britanniques et d’une grande partie de celles des pays Occidentaux. Son petit corps sans vie, face contre le sable de la plage, était balloté par les vagues. Mehmet Ciplak, le policier qui le découvre, ne sait quoi faire, si ce n’est se pencher et le prendre avec tellement d’attention de peur de lui faire encore mal. Mais c’est un enfant mort depuis la veille. Il est l’un des milliers de ces Syriens, Kurdes et autres Irakiens et Libyens victimes des guerres que mènent les puissances Occidentales, hors de leurs frontières et dans les pays dits ‘’arabo-musulmans’’.  Ce dimanche 06 septembre 2015, presque plus personne ne parle de lui. Il est enterré et oublié, comme les autres victimes, considérées comme quantités négligeables.
L’échec de la politique migratoire de l'Union européenne
Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, l’a déclaré : "Ce qui s'est passé en Hongrie depuis la nuit dernière est la conséquence, d'abord, de l'échec de la politique migratoire
de l'Union européenne". Selon les NationsUnies, plus de 400.000 personnes ont traversé la Méditerranée depuis le mois de janvier 2015 et plus de 3.500 y ont laissé leur vie. Alors que le Haut-commissariat aux réfugiés demande l’accueil de 250.000 victimes de la guerre qui ne semble pas s’arrêter au Moyen Orient, la Commission européenne se propose de recevoir seulement 120.000 de ces déplacés. Hier encore, 650 personnes ont été secourues en Méditerranée. Les arrivées par centaines en provenance des côtes turques proches se poursuivent à un rythme soutenu à partir des îles grecques d'Egée orientale.

Les Russes vont débarquer en Syrie
Selon toute vraisemblance, la Russie a déjà un pied en Syrie. Présente dans la base navale de Tartous, servant aux réparations de ses bâtiments de guerre, elle sera agrandie ainsi que celle de Jablleh, près de Latakia . Cette dernière deviendra une base aérienne et navale opérant à plein régime en Méditerranée orientale. Les multitudes de djihadistes qui assiègent Damas vont être soumises et le gouvernement du président Assad sera hors de danger. C’est une porte de sortie de la crise que vit l’Europe face à l’afflux incessant des réfugiés. Cette décision peut encore sauver la Syrie de l’effondrement total. L’armée de l’air russe combattra Daesch et ses frappes ‘’chirurgicales’’ feront des dommages collatéraux chez les alliés des USA de l’opposition al-Nosra et d’autres extrémistes islamistes parce qu’il n’y a pas moyen de les distinguer de ceux de Daesch.
La Russie a pour tâche difficile de sauver la situation. Obama, Kerry et Erdogan ainsi que les Saoudiens avaient pensé que Poutine lâcherait Assad, pendant qu’Ils ravageaient la Syrie.  Ce sont la Turquie et l’Europe qui sont perdantes. Déjà fortement déstabilisées par les réfugiés, c’est aussi le terrorisme qui les menace à grande échelle. Pour la Turquie les conséquences seront encore plus difficiles à gérer s’agissant du déclin rapide de la popularité d’Erdogan de la chute du niveau de vie, en raison essentiellement de ses mauvais choix politiques en Syrie.
Pourquoi pas les pays arabes ?
Pendant que l’Allemagne accueille plus de  dix milles réfugiés Syriens, bien des arabes, des arabo-musulmans et les autres s’étonnent que les pays du Golfe, en l’occurrence l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweït et les Émirats Arabes Unis
ne soient pas la destination privilégiés de celles et de ceux qui fuient la Syrie, qui ont fui l’Irak et le Kurdistan. En fait il ne viendrait  pas à l’idée de l’un de ces auto-exilés ou auto-déportées, abandonnés par ceux-là mêmes qui indirectement leurs font la guerre d’aller chercher refuge dans un des pays musulmans à l’Est de leurs pays.

Tous se tournent vers l’Europe parce que tous savent que les principes de droit d’asile et du culte de l’intégrité et de la liberté de la personne y sont respectés. C’est aussi parce que l’Europe est responsable avec les autres pays occidentaux de la situation économique et politique du Sud.  La barrière naturelle de la Méditerranée ne suffit plus pour endiguer le flux de ces vagues de personnes victimes d’une guerre injuste menée par Daesch et ses alliés Occidentaux. En fait, depuis octobre 2014, dix-sept pays Occidentaux avaient décidé d’ouvrir leurs portes aux Syriens mais pas les pays arabes.
Élections fédérales au Canada
Il y a quatre ans de cela, une vague orange a eu raison du Bloc Québécois et de la souveraineté au niveau fédéral. Selon mes observations de la vie politique du Canada en général et du Québec en particulier, les indépendantistes Québécois sont, à quelques milliers près, des fédéralistes qui s’ignorent considérant que la langue française est le paramètre qui les distingue et sert leur spécificité en Amérique du Nord.
L’intrusion dans l’espace politique Québécois du Parti Néo Démocrate a fondamentalement changé l’échiquier idéologique mettant de l’avant l’empreinte du progressisme c’est dire que l’électeur Québécois devrait considérer avec attention le fait que par le monde la gauche s’effrite et s’effiloche de plus en plus alors qu’au Canada le poids politique des provinces anglophones est de loin plus structurants que ne l’est le Québec même avec des indépendantistes à Ottawa. Sachant que l'Ontario à 122 sièges soit 36% et le Québec est loin derrière avec 23%. 
Les profils des candidats NPD,  montrent des caractéristiques plus libérales et conservatrices. Beaucoup  de ces candidats ont voté pour l'actuel premier ministre du Québec. Leur chef actuel Thomas Mulcair a déjà été député Libéral au Québec, il a confessé son admiration à Mme Thatcher. Récemment, encore, il a opté pour l'austérité et pour les pipelines. Le soutien des partis souverainistes au NPD, soi-disant pour déloger les conservateurs est un mauvais calcul dont les québécois devraient se passer. Tenter de relever le défi est une gageure parce qu’il est la voie toute pavée pour définitivement exclure la souveraineté. Toutefois, un gouvernement minoritaire libéral serait un tremplin pour la consolider et l’affermir.
Ferid Chikhi

24 juil. 2015

Un Numide en Amérique du Nord - 246 -

L’impuissance ‘’simulée'’ des Puissances Occidentales
Face à l’expansion du terrorisme Islamiste
Le propos qui suit est une synthèse d’une partie de mon vécu, partant de souvenirs enfouis dans la mémoire et des observations faites sur l’expansion rampante et la place grandissante de l’Islamisme au Québec et au Canada. C’est aussi le partage de ce vécu, encore et de nouveau, rappelé spontanément suite aux derniers attentats survenus récemment en Algérie, faisant onze victimes parmi de jeunes soldats pris en embuscade par des islamistes… et sur les perceptions des uns et des autres des exactions commises par les Mercenaires de l’État Islamique, Boko Haram, AQMI, etc. où qu’ils soient et relevés depuis quelques années.
Il y a quelques mois de cela et précisément en mars 2015 le titre d’un reportage de Radio Canada questionnait : Terrorisme : doit-on blâmer l’Islam ? L’exergue soulignait : ‘’L'islam est-il une religion de paix ou de violence? La question revient cycliquement avec l'intensité des attaques perpétrées par des terroristes du groupe armé État islamique (EI) qui se plaisent à égrener des chapelets de versets coraniques pour justifier l'horreur.’’
Pour moi, comme bien d’autres nouveaux citoyens canadiens venant d’Algérie, avec une expérience de plus dix années de luttes citoyennes, contre le terrorisme de groupes islamiques armés et des autres groupes affiliés à la mouvance islamiste, nous ne pouvons oublier, occulter ou encore mieux effacer de la mémoire… Les moments difficiles que nous avons traversés. En tout cas, en ce qui me concerne, ils restent sauvegardés avec leurs informations incommodantes dans une partie de mon esprit et parfois, pour ne pas dire souvent, ils ressurgissent me rappelant que la lutte n’est pas prête de se terminer.
Arrivé au début des années 2000 au Canada, je me suis vite rendu compte que l’Islamisme était bien
implanté dans ‘’Le plus Meilleur Pays au monde…’’, Territoire de paix disent les Islamistes… et qu’il fallait les prendre en considération dans l’équation d’intégration à la société d’accueil.
J’ai aussi remarqué que les qualités d’accueil, d’ouverture d’esprit, de disponibilité et d’échange, de générosité du citoyen canadien en général et du Québécois en particulier frisaient par moments l’inconscience. Je me suis alors fixé comme règle : Intervenir socialement mais éviter à tout prix le domaine politique.
Cependant, c’était sans compter avec la confirmation de ces signes qui accompagnent les premières incursions islamistes Bon Chic Bon Genre (BCBG) des militants ‘’intellectualisés’’ à la sauce gauchiste et les tentatives de récupération des partis en lice y compris ceux des oppositions à la recherche du moindre bulletin de vote qui ferait la différence au moment des périodes électorales.
En guise de rappel, plus de vingt-cinq ans sont passés depuis le début des évènements qui ont ensanglanté l’Algérie laissant sur le carreau plus de 200.000 victimes des exactions islamistes. D’autres groupes de criminels islamistes ont été formés dans des régions qui se plaisaient dans leur tranquillité et la quiétude dans laquelle vivaient leurs citoyens.
En quelques années, c’est un monstre hybride qui, surgi de nulle part décuple sa force et occupe de plus en plus d’espace, sous le regard imperturbable des leaders des puissances Occidentales, qui osent qualifier de Djihadistes (Disons-le sans détours de Mercenaires) ces tueurs sans foi ni loi et d’ÉTAT les territoires qu’ils soumettent à leur diktat.
Et comme beaucoup de mes concitoyens j’observe, qu’il y a comme une soi-disant impuissance déclarée de leur part face, non seulement, à leur implantation mais aussi à leurs actes outranciers et sauvages, leurs saccages tout en développant une terreur sanguinaire contre des populations civiles, paisibles et fragilisées.
Au même moment, des faiseurs d’opinions et des bien-pensants en rajoutent en souscrivant aux thèses des actes isolés lorsque perpétrés ici et là, même dans leur propre pays.
Ne dit-on pas ‘’chassez le naturel, il revient au Galop !’’ ?
C’est dire combien ce sujet dont l’importance politique est de nos jours consacrée me tient à cœur et m’interpelle depuis fort longtemps, surtout que bon an mal quelques illuminés en mal  de notoriété, vont jusqu’à lancer des appels aux musulmans afin qu’ils réforment le Coran, leurs pratiques religieuses, leurs principes de vie et leur proximité ou leur distance aux autres sociétés.
Or, plus personne n’ignore que même s’il y a un seul Coran, les lectures qui en sont faites, d’abord par les musulmans et ensuite par les autres, sont différentes en fonction des écoles de pensées jurisprudentielles et des contextes socioculturels et politiques, ce qui, par conséquent, suggère des pratiques et des références différentes.
À titre d’interpellation, quand reconnaitra-t-on que ce qui se passent en Asie : Pakistan et
Afghanistan ne ressemble en rien au contexte de l'Indonésie et de la Malaisie ; ce qui est pratiqué en Arabie Saoudite ne ressemble en rien à ce qui se passe en Iran et aujourd’hui encore en Irak…, ce qui se développe en Europe du côté de l’Albanie, de la Bosnie, etc. ne correspond en rien à l’Islam pratiqué par la Turquie ou celui des musulmans des anciennes colonies Françaises qui sont à la 3ième et même à la 5ième générations… ?
Mieux encore l’Islam confirmé et observé en Afrique du Nord – juste entre l’Égypte et le reste de la région Lybie, Tunisie, Algérie, Maroc ne ressemble presqu’en rien à l’Islam de l’Afrique Subsaharienne (Mali, Niger… Sénégal, etc. ou de l’Afrique de l’Ouest (Nigéria, Somalie, etc…). Et au-delà des régions musulmanes, ou à forte majorité de musulmans, il ne faut surtout pas oublier le schisme.
Alors prétendre que l’Islam et le Coran doivent être blâmés pour être à l’origine du terrorisme c’est aller vite en besogne. Cependant, les extrémistes islamistes se référant au contenu du Coran, existent bel et bien, et aujourd’hui personne ne saurait le nier. Ils sont arrivés à imposer leurs empreintes au niveau mondial grâce à la connivence des puissances occidentales et leurs doubles alliances avec les pétromonarchies du Golfe et Israël.
Des solutions existent et, elles ne résident ni dans la relecture du Coran ou son ‘’Allègement de tous ces versets qui appellent au crime des autres’’, mais elles résident bel et bien et  premièrement dans l’écoute de celles et de ceux qui n’utilisent pas cette religion à des fins politiques et deuxièmement dans l’éviction de celles et de ceux qui s’autoproclament représentants de tous les musulmans alors que leurs connaissances, leurs pratiques, leurs vécus sont non seulement basics mais surtout hors contexte. Elle réside aussi et surtout dans l’implantation d’une réelle laïcité préservant les religions de leur éventuelle utilisation à des fins politique, sociale, culturelle, économique, etc.
Toutefois, tant que les micros des radios, tant que les plateaux de télévisions et tant que les pages des journaux leur sont accessibles, la désinformation, les amalgames et les stupidités néfastes sur l’Islam, le Coran et les Musulmans ont de beaux  jours devant eux. Quand à ces mercenaires nommés par les puissances occidentales ‘’Djihadistes de l’Etat Islamique’’, seules des ‘’actions énergiques et chirurgicales’’ (comme se plait à le dire l’administration US) libérées des intérêts sordides liés aux richesses des pays occupés,  pourraient aussi en débarrasser le monde. Bon, mais là, ça semble faire partie de l’impossible. 
Ferid Chikhi

30 juin 2015

Un Numide en Amérique du Nord - 245 -

Digest : La bas, ici et ailleurs -III-
Conjonctures et actualités
Deux semaines mouvementées et mortifères, c’est ainsi que beaucoup qualifient cette fin de mois de juin 2015 malgré un début de Ramadhan que les musulmans pensaient calme et serein. C’était sans compter avec les criminels de DAESH qui ont ensanglanté la Tunisie et le Koweït tout en poursuivant leur occupation macabre en Irak et en Syrie. Les Algériens, en signe de solidarité avec leurs frères et sœurs de Tunisie promettent d’envahir, l’été durant, les plages de ce beau pays.  La conjoncture a cependant a été riche en sujets, faits et évènements aussi intéressants les uns que les autres.
À la mémoire de Boudiaf
En ce 29 juin 2015 et en commémoration du 23e anniversaire, de l’assassinat de Mohamed Boudiaf, seuls quelques compagnons, anciens moudjahidine et des plus jeunes militants étaient présents au cimetière d’El Alia pour se souvenir de ce grand patriote, père de la révolution de Novembre 1954.
Par contre c’est du Nord de Bouira, dans la commune de Haizer qu’un collectif de jeunes, pour la plupart des militants du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), a pris l’initiative d’organiser à sa manière, un hommage à ce martyr de la cause nationale.
Ils se sont mobilisés dans la soirée de lundi dernier d’abord en allumant des bougies et en brandissant des portraits de feu Boudiaf et l’emblème. Ils ont aussi observé, une minute de silence contre l’oubli. Ce même collectif avait fait de même en rendant hommage à la mémoire de Matoub Lounes, le 25 juin 1998.
Bien entendu, nous n’oublierons pas la perte cruelle de Slimane Amirat, victime d’une crise cardiaque alors qu’il se recueillait, sur la dépouille de son compagnon Mohamed Boudiaf. Qui oubliera la conception de son choix pour l’Algérie ? Il avait en quelques mots dit son amour pour sa patrie : ‘’À choisir entre l'Algérie et la démocratie, je choisirais l'Algérie’’. En ce  1er juillet 1992, l’Algérie venait de perdre deux de ses valeureux fils.
Raif Badaoui
Oui ! Commençons par ce jeune blogueur Saoudien qui a crée, en 2008, le site Free Saudi Liberals. Il militait pour une libéralisation morale en Arabie Séoudite. Il a finit par être accusé d'apostasie et d'insulte à l'Islam et par conséquent arrêté et emprisonné depuis juin 2012. Il a été condamné à 1 000 coups de fouet et 10 années de prison.
Son avocat Walled Abu Al Khair a été, lui aussi, emprisonné. Raif badawai a déjà reçu une partie de la sentence de flagellation le 09 janvier 2015.
Malgré la condamnation de la sentence par plusieurs gouvernements, l'ONU et Amnesty International, celle-ci a été récemment maintenue par la cour suprême du pays. Des dizaines d'organisations se déploient dans le monde entier pour empêcher l'exécution du jugement qui a été maintenu par la cour suprême saoudienne et faire libérer ce jeune Saoudien afin qu'il rejoigne sa famille réfugiée au Canada.
Le mariage gay aux USA
Mercredi 17-06-2015, avec deux décisions de la Cour suprême sur le mariage, les 9 juges ont invalidé, par 5 voix contre 4, la loi fédérale de protection du mariage (Defense of Mariage Act ou DoMA) votée en 1996, qui définissait ce dernier exclusivement comme l'union d'un homme et d'une femme. Tournant historique pour l'Amérique et victoire majeure pour la communauté homosexuelle,
Ce jugement suggère que les États n'ont pas le droit de discriminer les couples gays et il faut s'attendre à ce que des États comme l'Alabama ou le Texas soient saisis de multiples recours en justice.
Malgré, 52 % des américains se disant favorables au mariage homosexuel il existe une réelle et profonde division culturelle de l'opinion sur ce sujet. Les États qui refusent toujours le mariage gay ''vont se battre'', surtout que la Cour n'est pas allée jusqu'à définir le mariage comme un droit absolu ouvert aux homosexuels. Des batailles juridiques et politiques sont à prévoir dans les États mais aussi entre le niveau fédéral et celui des États.
La Grèce, sa dette et l’avenir de l’Europe
312 milliards tel est le montant de la dette Grecque. Elle devra rembourser 284 milliards d'euros, sur des centaines d'échéances pendant 40 ans. Jusqu'en 2054, précisément. Le FMI en détient 24 milliards d'euros (selon le taux de change de l'euro contre les DTS, les droits de tirage spéciaux - une sorte de monnaie créée par le FMI - qui est, à ce jour, de 1,26 euro). La BCE (Banque centrale européenne), en détient 27 milliards d'euros, soit un peu moins de 10%, que la Grèce devra rembourser entre 2015 et 2037.
En réalité, le plus gros détenteur de la dette grecque est le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Plus communément appelé le Fonds de secours européen créé en mai 2010, au début de la folle crise de la dette en zone euro, pour aider financièrement un État de la zone euro en difficulté. Le FESF a donc aidé la Grèce à hauteur de 131 milliards d'euros, avec des remboursements qui s'étalent de 2023 à 2054.
Les autres États membres de la zone euro sont également créanciers de la dette grecque. Non seulement directement, via des prêts bilatéraux, à hauteur de 53 milliards d'euros. Mais aussi via le FESF. Car le FESF est garanti par les États membres, selon des montants qui dépendent de leur participation au capital de la BCE. Du coup, via le FESF, l'Allemagne et la France sont ainsi exposée à hauteur de 56,5 milliards d'euros et de 42,4 milliards.
Les pays membres de la zone euro ont déjà fait plusieurs concessions pour aider la Grèce à assurer le service de sa dette. La solution serait, qu’ils acceptent une décote sur la valeur des titres qu'ils détiennent, comme c'était le cas pour les créanciers privés il y a trois ans.
À la veille du referendum Stelios Kouloglou un eurodéputé grec, membre de Syriza soutient que : "S’il y a un compromis, alors on peut trouver différentes solutions. Soit annuler complètement le référendum, soit voter pour le oui. S’il y a un accord, le référendum perd de son importance parce que tout le monde sera d’accord’’. Attendons pour voir…
Écriture et critique
Le 17 décembre 2014, Boudjedra souligne dans une virulente critique que le roman de Kamel Daoud ‘’Mersault, contre-enquête est un livre médiocre, sans construction ni philosophie. Ce livre a été écrit en français et publié en France’’.
Une semaine plus tard, le 23 décembre 2014, c’est au tour du P. Abdelmadjid Merdaci, de l’université de Constantine, dans une réflexion qu’il intitule ‘’Une insensée et ruineuse campagne de promotion’. Il débute sa critique par ‘’Que l’appel d’un imam déjanté aux tribunaux de la République pour juger et infliger une lourde sentence de mort à un écrivain perçu comme blasphémateur envers l’Islam, religion de la majorité des Algériens, soit un fait inhabituel dans notre histoire littéraire, il ne devrait pas moins inviter à réfléchir à ce qui apparaît comme une violente et insupportable campagne de promotion dans les médias français d’un livre et de son auteur aux effets détonants et imprévisibles en Algérie…’’. Dans la suite des commentaires relevés sur quelques médias sociaux, certains s‘en prenaient, non pas à la critique du Professeur mais, au fait qu’il avait remis en question ‘’L’euphorie ambiante’’ dans laquelle ils baignaient suite à l’attribution du prix Goncourt du premier roman.
Ce sont surtout les propos de l’un et de l’autre qui ont été ressenti comme une attaque généralisée, non pas contre le contenu du livre, le style de l’écriture, la trame, etc. mais contre un jeune chroniqueur qui passe subrepticement du statut de journaliste à celui d’écrivain.
Cependant, ce qui a attiré mon attention c’est que Boudjedra et Daoud ont en commun les attaques d’un activiste islamiste qui a déjà émis une fatwa contre le second que le premier ne soit pas enterré avec les autres musulmans. Aussi paradoxale que cela puisse paraitre cet individu, malgré ses propos haineux et violents, n’a en aucune manière inquiété par les autorités judiciaires ou de police.
Des projets de lois au Québec
Le projet de loi 56 - Ou comment dénaturer la définition et la mission des OSBL
Ce projet de loi modifie la Loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbysme or, le gouvernement du Québec prévoit une consultation restreinte au lieu et place d’une consultation générale. Des conséquences majeures pour un très grand nombre d’OSBL sont à prévoir.  C’est d’ailleurs l’assujettissement possible des OSBL qui a été souligné par les médias pour résumer le contenu du projet de loi 56.
Selon le contenu de la pétition en cours de signature sur le site de l’Assemblé Nationale il est souligné qu’il y aura ‘’Des conséquences néfastes sur l’exercice de citoyenneté, sur le droit d’association et sur la liberté d’expression : Il limitera l’exercice de la démocratie et de la citoyenneté, brimera les droits d’association et d’expression et la défense de la population et des biens collectifs. Il sera préjudiciable à des dizaines de milliers d’organisations issues de la population, car leurs actions et leurs pratiques citoyennes, de même que leurs relations avec la population et l’État seront compromises (par exemple ceux qui ont un numéro de charité). Il fait un amalgame entre représentation politique et lobby. Ces modifications ont été plusieurs fois très majoritairement rejetées. Le résultat sera d’empêcher les groupes de s’exprimer, d’agir, de faire de la sensibilisation, etc.’’
La même restriction de consultation est programmée pour les projets de loi 59 visant à contrer la radicalisation religieuse et sera accompagné d’un plan d’action, alors que le PL 62 visant la neutralité de l’État, constitue la réponse du gouvernement libéral au projet de loi portant Charte des valeurs de l’ancien gouvernement péquiste. On peut donc se demander : où va le Québec ?
Ferid Chikhi