12 nov. 2016

Un Numide en Amérique du Nord - 269 -

Les États-Unis d’Amérique avec Trump, n’est-ce pas cela l’Amérique ?
" La parole est au peuple. La parole du peuple, c'est la parole du souverain
Le Général De Gaulle
Depuis le 09 novembre 2016, des analystes, des observateurs et d’autres experts attitrés des rédactions politiques des grands médias ainsi que des Internautes tentent de comprendre ce qui a mené Donald Trump à s’emparer de la Maison Blanche. Et pour cause, la scène médiatico-politique Etasunienne et internationale a été désarçonnée par cet homme décrit comme l’idiot du village global. Pourtant, il a ébranlé l’Establishment dans ses certitudes ordonnancées dans des tours d’ivoire loin des masses populaires. Il a désorienté la conscience collective préfabriquée par les faiseurs d’opinions de l’Ordre Établi et a secoué tous les gardiens du temple en faisant la preuve qu’aux États-Unis d’Amérique tout est possible pour un adversaire politique possédant son profil. Quels ont été les principaux facteurs de ce succès et de la débâcle des faiseurs d’opinions ?

Le banc des insignifiants pour des médias, des sondeurs et des attachés politiques
Il y a d’abord eu le message. Il a été porteur et a eu l’avantage de mobiliser à son avantage le vote improbable de l’Etatsunien moyen qui n’avait plus de confiance en ses dirigeants
et en ses capitaines d’industrie.  L’Establishment avec les chefs de files des médias ont joué sur le rejet par ce même électeur du risque de voter pour lui en raison de l’incertitude et de l’angoisse sociale vécue depuis le milieu des années 2000. Les retombées de la crise multidimensionnelle vécue par la première puissance mondiale ne semblent pas avoir été correctement évaluées et suffisamment analysées par des officines qui ont pêché par défaut ou manque de sérieux.
En soulignant deux catastrophes parmi les plus prégnantes aux USA, les guerres avec leurs lots de pertes mal vécues par les familles des jeunes soldats partis en Irak, en Syrie… ou encore les dégâts matériels provoqués par une nature déchainée durant la présidence d’Obama, il est tout à fait compréhensible que l’exécutif, malgré sa bonne volonté, ne pouvait rien y faire si ce n’est tenter de panser des blessures qui ne se ferment pas aisément.
Il faut admettre que pour tous ceux qui ont perdu leur maison sans espoir d’en avoir une autre c'est un peu comme perdre son âme et voir la faillite d’une ville comme Détroit qui a été le fleuron de l’industrie automobile durant des décennies est un indice en moins dans le paysage de l'ingéniosité de ce pays. Le crash immobilier devait à lui seul canaliser le vote dans le sens choisi par les gouvernants de tous bords. Ce sont donc les effets de cette crise sur la population que Donald Trump a su utiliser à bon escient pour se faire élire.
Le non verbal n'a pas ''trumpé''
Dans cette élection nous avons observé deux profils de candidats et bien du monde s’est intéressé au langage utilisé et au non verbal de l’une et de l’autre. Hilary Clinton s’est toujours présentée avec un sourire préfabriqué marquant un peu de sincérité et cachant sa vraie nature : fausseté et sournoiserie. Ses phrases guerrières étaient mal conçues, sans aucune impulsion ni effet émotif, leur portée ciblait des groupes de personnes alors que celle de Donald Trump ratissait large. Lui, a toujours eu un regard malicieux, tourné vers son adversaire de circonstance. Il semblait souvent partir sur de nouvelles bases, un nouvel élan. Sa spontanéité, a plu et séduit l’américain moyen, notamment celui de la campagne qui ne cause pas beaucoup mais qui écoute et se rappelle de l’essentiel. Ce que Donald Trump veut, c’est de tout rapporter à lui et aux USA d’abord et de devenir le champion de la redistribution des cartes et de ses outils d’influence par la suite. Une véritable réingénierie de la stratégie de domination des États-Unis d’Amérique sur le reste du monde  
C'est ma thématique ! 11/09 et 09/11 = 20/20.
La date du 09 novembre 2016 sera marquée en surligné dans les annales mondiales des élections US. Elle a aussi inspiré le caricaturiste Philippe Geluck ‘’Le Chat’’ qui la lie à celle du 11 septembre 2001. ‘’11/09 V/o 09/11’’. L’addition des chiffres donne comme par hasard un 20/20. Comme dirait l’autre ‘’c’est ma thématique’’.
Une collision frontale, un coup de boutoir dans la boite électorale… Donald Trump,
malgré ses incartades, ses errements et ses déclarations intempestives, a été élu. Ses électeurs le soulignent fort bien : ‘’Il ne risque pas de se laisser corrompre comme les autres’’ et il fera certainement ce qu'ils attendent de lui. Une grande masse d’américains l’ont préféré à sa rivale ! Peut-être que beaucoup diront que c'est la main de l'étranger et possiblement que c'est celle de Poutine, ou encore que son style fait peur.
Cependant, l'Amérique a choisi encore une fois un gars en dépit de ses problématiques comportementales, mais n’est-ce pas cela l’Amérique ? Trump a fait des promesses au plan économique : plus d’emplois et moins de chômage ; un partage des ressources. Elles vont dans le même sens que celles qu’il a faites au plan social pour l’accès universel aux soins de santé pour les plus démunis alors qu’au plan politique international il veut faire une partie du chemin en direction de la Russie tout en se retirant un peu plus des autres alliances traditionnelles et en tissant de nouvelles.
Les changements dans la feuille de route.
Le cadre de références globales ne sera pas profondément modifié et Donald Trump devra en tenir compte en se pliant aux principes des relations internationales, même si elles sont controversées, avec des pays impliqués dans les guerres menées en Afrique du Nord et au Moyen Orient.
La position à l’endroit du terrorisme Islamiste sera consolidée et renforcée pour réduire le lien avec les officines de l’Arabie Saoudite et celles du Qatar. Cependant, d’autres foyers de guerre seront forcément allumés pour aider l’industrie de l’armement, du pétrole et de l’agroalimentaire.
C’est pour cela que, durant la première partie de son mandat, Trump ne pourra pas procéder à des changements majeurs potentiels dans la politique étrangère des USA mais il pourra en introduire quelques-uns qui modifieront profondément ses contours les plus significatifs. Il le fera grâce à son style bulldozer qui aura des impacts importants dans la seconde partie de sa gouvernance. À titre indicatif, il privilégiera les affaires domestiques plus que l’implication des USA sur la scène internationale ce qui laissera le champ libre aux autres d’en faire de même ou de poursuivre dans leur entêtement guerrier.
L’alternance et une nouvelle emprise de l’empire se dessine
Les enseignements qui peuvent être tirés de cette élection sur laquelle était focalisée tous les regards du monde, si sont mis de côté les guerres en Syrie, en Libye et en Irak, les
dysfonctionnements majeurs au plan social et domestique (crimes des policiers contre les jeunes noirs, la prééminence de la possession et de l’utilisation des armes à feu qui ont concentré le vote en faveur de Trump, il importe de souligner que ce sont aussi le numérique et les réseaux sociaux qui ont eu raison de Clinton et de l’Ordre établi US.
Alors une question essentielle se pose, à savoir : cela changera-t-il quelque chose dans le va-t’en guerre des USA ? Pour l’heure, les enjeux sont trop important mais l'avenir n'est plus loin. Il est là... Les guerres en Libye, en Irak et en Syrie ne s’arrêteront pas en un claquement de doigts. Les relations avec la Russie ne s’amélioreront pas de sitôt. Celles avec la Chine devront être révisées et, Trump ne voudra pas perdre le leadership international et l'Étatsunien moyen échaudé par les différentes crises veut des résultats immédiats. C’est le changement qu’il attend. L’alternance un bien beau concept l’exige et le la majorité relative du Peuple la veut. 
Le Général De Gaulle n’avait-il pas dit "La parole est au peuple. La parole du peuple, c'est la parole du souverain" et c’est ce que devra réaliser le ‘’général’’ Trump. Il a sensibilisé avec un discours peut être populiste mais en tout cas un discours qui a rassemblé un minimum d’électeurs tout en ébranlant la machine redoutable de l’Ordre établi US et de ses relais au niveau mondial. Voyons voir les effets dans le chemin tracé pour l’impeachment ou pour la postérité. 
Ferid Chikhi

13 oct. 2016

Un Numide en Amérique du Nord- 268 -

Quelle convergence pour l’Indépendance du Québec ?
Entre 2018 et 2022, sera-t-il encore question d’indépendance ?
Mon arrière-grand-père est né colonisé.
Mon grand-père est né colonisé.
Mon père est né colonisé.
Je suis né colonisé.
Mes aînés ont libéré ma patrie mais il m’a fallu 40 ans et
L’exil pour savourer un semblant de liberté.  
Trois principes pour une convergence acceptée.
L’investiture ou la course à la chefferie du Parti Québécois aura tenu en haleine bien des observateurs, des analystes, des journalistes et le commun des mortels au Québec et dans the Rest of Canada (RoC). Au final, Jean François Lisée aura été élu, en toute démocratie par une majorité éclatante de militant-e-s du Parti Québécois. Bien des indépendantistes voient en lui le chef en mesure de battre les libéraux lors des prochaines joutes électorales mais d’autres ne croient pas qu’il fera le pas vers l’indépendance du Québec avant 2022. Qui a raison ? Qui a tort ?
Par principe, je suis pour l’indépendance du Québec mais je ne suis qu'un observateur venu de ma lointaine Algérie et il m’est arrivé de proposer à discussion quelques-unes de mes réflexions sur ce sujet. Elles n’ont pas toujours l’assentiment de toutes et de tous mais elles intéressent bien du monde concerné directement ou indirectement par l’autodétermination des peuples.
Retour sur une mémoire d’enfance
J'avais à peine cinq (5) ans lorsque mes aînés ont déclenché la Révolution Algérienne un jour de la Toussaint. Une révolution qui a sonné le glas des colonisations en Afrique. Cela s’est passé le 1er novembre, au lendemain de Diên Biên Phu, cette grande bataille qui a mis aux prises les révolutionnaires Indochinois et les troupes coloniales Françaises. Au cours de cette bataille bien des Algériens se sont retrouvés comme ''sujets français'' du côté des occupants et bien d’autres, qui s'étaient rebellés, ont pris le parti des Vietnamiens (quelques-uns sont même revenus au pays accompagnés d'une Vietnamienne).
Quelques six mois plus tard (Novembre 1954) de jeunes militants du mouvement national Algérien, avaient analysé les effets de Diên Biên Phu et en ont déduit que c'était l'heure de changer les méthodes d’action et de militance pour chasser le colonisateur Français et libérer le pays. Leur vraie première action a été la réflexion et de celle-ci en est sortie la rédaction de la proclamation du 1er novembre 1954. Le contenu de ce projet révolutionnaire allait être pris à bras le corps par tout un peuple dans une guerre de libération nationale qui sonna le glas du colonialisme.
Ce qui en est advenu par la suite est une autre affaire qui pourrait être examinée en temps voulu. Pour l’heure les historiens s'attellent à nous en écrire des pans jusqu’à ce jour occultés.
Trois principes pour une convergence partagée : Participation - réalisation – intégration.
En tout état de cause, ce dont je me rappelle c’est ce grand principe partagé par tous et qui a mené ces révolutionnaires Algériens du siècle dernier jusqu’à la victoire finale : L’indépendance de l’Algérie.
Ce principe se lit comme suit : ‘’Celles et ceux qui veulent participer à la réalisation de cet idéal sont invités à intégrer les rangs du Front de Libération Nationale (FLN) à titre individuel et en accepter les règles’’. Une des règles énoncée et acceptée par toutes et par tous était l’adhésion par toutes et tous ’’à l'unicité de direction qui aussi paradoxale que cela puisse paraître était collégiale’’ (le conseil révolutionnaire d’union et d’action (CRUA) était composé de 6 membres).
Bien entendu, avant de poursuivre et avant que les libéraux et les fédéralistes ne commencent à s’offusquer, à s’étrangler et à crier à qui veut les entendre que mon propos est une hérésie et que le Québec est une province du Canada qui est un grand pays démocratique… Je tiens à souligner que la Belle Province ne se trouve pas dans le même environnement politique et encore moins soumise au même type de colonisation.
Les monarchies en dessus de l’Écosse, la Catalogne, le Québec…
Cependant, il reste que la coquille dans laquelle sont enfermées la société, l’identité et la culture Québécoises, n’est pas du tout confortable sachant que l’Épée de Damoclès est toujours suspendue et bien tenue par les Fédéralistes toutes obédiences politiques confondues, et qui plus est, sont tous monarchistes. Comment l’Écosse et la Catalogne sont-elles arrivées à mobiliser toutes leurs citoyennes et tous leurs citoyens ? La réponse pourrait se résumer de la sorte : C’est en parlant le même langage, au-delà des divergences et des perspectives. C’est aussi en acceptant le principe unique qui est : Faisant l’indépendance et nous verrons après.
La situation est certes différente pour le Québec mais n’est-il pas déjà admis par toutes et par tous que cette province, est un GRAND PAYS à part, avec une société à part, une identité et une culture distinctes en Amérique du Nord ? Alors, il est tout à fait normal que ce pays, sa société, son identité et sa culture puissent s’exprimer sans contraintes et sans être soumis comme sujets d’un gouvernement supranational exogène dans un Canada à jamais monarchiste et non indépendant, par conséquent que la chance soit donnée ou arrachée pour s’autogouverner serait tout à fait appropriée et opportune.
De quelques principes de la convergence
Ce qui est suggéré ? C’est que le Parti Québécois avec Jean François Lisée et sa direction en cours de formation, ne doivent plus être seulement ceux des péquistes mais ceux de tous les Québécois-e-s de quelques origines que ce soit. C’est la démarche suivie par l’Écosse et la Catalogne, le ralliement des forces vives de la société civile : Jeunes, femmes, immigrants, ainés, Francophones, Anglophones, Hispanophones, Est européens, Nord-africains, Arabes du Moyen Orient, etc. Celles et ceux qui ne veulent pas se rallier grand bien leur fasse. Viendra le jour où les circonstances et la conjoncture les pousseront à le faire. En Algérie, ces militants du schisme et de l’attentisme avec l’égo démesuré se sont rallier au lendemain du cessez le feu, le 19 mars 1962, à peine trois mois avant (le 04 juillet 1962) la proclamation d’indépendance.   
Alors se pose les questions suivantes, pour le Québec, le parti Québécois est-il en mesure avec Jean François Lisée de rallier toutes et tous les indépendantistes, les vrais, pas les assimilées ? Le projet de convergence sera-t-il opérationnel entre 2018 et 2022 ?
Pour les mois à venir, le Parti Québécois devra s’atteler à renforcer cette convergence tant voulue par celles et ceux qui la croient réalisable. Si elle est probable, des principes à respecter et à faire accepter sont nécessaires pour franchir l’étape du ralliement : il s’agit d’abord du maintien dans les rangs de toutes celles et de tous ceux qui s’y trouvent au 7 octobre 2016, ensuite il faudra veiller à augmenter le nombre de militant-e-s en allant chercher encore plus de Québécoises et Québécois toutes origines confondues. Cela devrait être suivi d’une explication de ce que sont la convergence et le ralliement à l’interne et ainsi faire des militant-e-s des vecteurs de rassemblement.
Par ailleurs, la convergence ne doit pas être faussée par un énoncé illisible. Il doit être clair et limpide dans la définition et les étapes, les valeurs et les règles participatives. Cette convergence doit être codifiée et pour cela un projet de plate-forme ou de proclamation doit être conçu et publié afin de donner la chance à toutes et à tous d’en prendre connaissance et d’y adhérer ou de l’ignorer en assumant les conséquences qui en découleront. Enfin, la convergence doit être consacrée autour du grand principe du ralliement de toutes et de tous et sans condition.
Est-ce possible dans ce Québec de la troisième décennie de ce millénaire ?
Ferid Chikhi   

http://quebec.huffingtonpost.ca/ferid-chikhi/convergence-independance-du-quebec_b_12435998.html 

http://vigile.quebec/Quelle-convergence-pour-l

Un Numide en Amérique du Nord - 369 -

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