26 nov. 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 321 -

Le monde islamique et le monde non-islamique 
Deux visions antagoniques 
L’Orient et l’Occident, le Judéo-christianisme et l’Islam, la guerre des religions … des historiens, des philosophes et des sociologues ont relevé des faits et déroulé des problématiques, les unes aussi intéressantes que les autres, pour répondre à divers questionnements et expliquer les oppositions ou les complémentarités. Toutefois, depuis le début des années ‘’90’’ de nouveaux facteurs sont venus corser les contingences déjà difficiles à analyser. Le plus dur semble être le choix des instruments politiques pour favoriser ou réfuter l’implantation de nouvelles théories du genre (intersectionnalité rejetant entre autres la hiérarchisation des grands axes de la différenciation sociale) ou les idéologies telles que l’islamisme qui mine toutes les autres théories politiques, économiques, sociales et identitaires. C’est ce dernier facteur que j’aborde succinctement dans le propos qui suit.
En relisant quelques-unes des résolutions prises, ici et là, par des gouvernements des pays occidentaux et celles des pays sous dictature ou soumis à des guerres de pouvoir au Moyen Orient et dans le monde arabo-musulman, trois aspects ressortent comme essentiels. Ils caractérisent la conception d’un plan d’actions qui viendrait à bout de l’islam politique : Le premier de ces aspects répond à la manière de dépouiller de son fondement le creuset de cette idéologie qui puise dans l’Islam. Il est question de la réforme de l’Islam et la question de savoir s’il est possible de l’adapter au monde contemporain de l’intérieur ? Le second est de savoir comment réduire les actions des islamistes auteurs de la radicalisation des jeunes et des femmes dans les pays non-islamiques ? Et, enfin, celui de la stratégie d’éradication du terrorisme tout en déconstruisant l’islam politique mais sans contrarier l’islam et ses musulmans ? L’Algérie a depuis longtemps relevé ce dernier défi. 
Il existe un quatrième paramètre qui prendrait en compte la stratégie de l’OCI / ISESCO[1], organisation (des pays islamiques), qui s’est érigée en institution internationale pour la promotion de la culture islamique dans le monde non-islamique. L’ISESCO considèrent que ‘’les minorités et les

communautés musulmanes à l’extérieur du Monde islamique affrontent plusieurs défis et problèmes sur les plans culturel, social et éducatif’’ et elle a décidé d’y remédier. Les tenants de l’Islam politique dans le monde non-islamique en font leur référence. Ils partent de l’idée que le monde Islamique et le monde non-islamique sont d’un côté territoire de la guerre ou Dar el Harb et de l’autre côté territoire de la paix ou Dar Es Silm. Les deux sont en opposition tant que l’Islamisme n’a pas fédéré tous les musulmans. Beaucoup a été dit à ce sujet mais jamais, sauf erreur de ma part, une réflexion n’a abordé la stratégie de l’ISECO. Pour faire accepter cette nouvelle conceptualisation cette institution a procédé à une translation de ce concept en Monde islamique et Monde non-islamique. Le monde Occidental étant constitué de l’Europe, USA, du Royaume Unie, de la Russie, des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine où résident des millions de musulmans qu’il faut islamiser et/ou réislamiser. Quant à Dar Es Silm, c’est l’espace de l’expansion de l’Islam Politique et de la conquête des esprits des musulmans qui n’appliquent pas les préceptes selon le Wahhabosalafisme.
Quelles attitudes pour les pays non islamiques ?
Si les gouvernements des pays occidentaux prenaient conscience des véritables pièges et des stratagèmes qui sont mis en œuvre par cette organisation, ils auraient deux attitudes pour les contrecarrer. La première est portée par deux vecteurs, celui qui consiste à freiner l’infiltration des institutions internationales (ONUSIENNES et EUROPÉENNES, les banques et les institutions financières). Ils investiraient dans l’éducation, sous leur supervision, des citoyen-ne-s musulman-e s. Ils accorderaient l’attention nécessaire et suffisante à leur HISTOIRE commune, leurs identités et leurs cultures multiples ainsi que les valeurs universelles partagées. Le but étant que leur avenir soit exempt de violence et notamment celle faite aux enfants, aux femmes et à ceux et celles qui ne sont ni arabes ni musulmans. Le second axe serait d’empêcher, au sein des communautés musulmanes, les interventions des islamistes consistant en un conditionnement des jeunes musulmans de seconde et troisième générations.  
La seconde attitude est du ressort de ces mêmes gouvernements des pays non-islamiques et de leurs citoyens musulmans ; les premiers doivent opérer une véritable rupture avec les pratiques de rejet de l’autre par la ghettoïsation de leurs citoyen musulmans, afin qu’ils jouent pleinement leur rôle et les amener à faire leur devoir de refuser et de dénoncer ce qui est fait en leur nom. Ces gouvernements doivent aussi veiller à ne pas s’acoquiner aux islamistes Bon Chic, Bon Genre (BCBG), en revanche ils doivent accorder plus d’attention aux musulmans qui font passer leur citoyenneté avant leur pratique religieuse. Ils doivent leur épargner le confinement à des rôles de seconde zone et ne leur font appel qu’aux moments des scrutins tout en clamant le vivre ensemble. 
La ruse ou duplicité politique
Les gouvernements des pays non-islamiques doivent avoir à l’esprit que les islamistes de terrain usent de la petite Taqia, comme tactique, c’est-à-dire de l’hypocrisie (Nifaq el Asghar), de la victimisation et de la culpabilisation du vis-à-vis alors que les pays de l’organisation islamique usent de la grande TAQIA (Nifaq el Akbar), la ruse ou duplicité politique qui n’est plus du simple entrisme mais une véritable politique savamment élaborée par des intelligences grassement rétribuées et acquises à l’Islam Politique. Cette stratégie est déroulée autour de trois axes, le premier est organisationnel avec comme fondements l’action culturelle, le second est financier et le troisième réside dans la mise en œuvre d’une information contrôlée. La charte de Doha, adoptée par la neuvième Conférence islamique au Sommet tenue au Qatar en 2000, organise l’Éducation, les Sciences et la Culture à l’extérieur du Monde islamique. 
Le financement de l’action culturelle islamique
L’ISESCO, finance en Europe, trois fonds locaux, un par zone, selon un découpage spécifique. Chacun couvre au moins trois pays. Ils fonctionnent en lien étroits avec les conseils culturels et éducatifs régionaux et participent à leurs réunions. Les objectifs sont la construction d’écoles, de bibliothèques, de mosquées et l’achat de livres, la formation des formateurs, l’organisation des expositions culturelles, des colloques et des festivals. Il est question de dons et de subventions accordés par les États, les organisations financières, de subventions consenties par les organisations internationales comme l’Union Européenne, le Conseil de l’Europe et l’Agence de développement internationale, etc…
L’information
Pour accompagner les opérations de financement, une batterie d’interventions pour consolider et dynamiser la communication et l’information selon les préceptes de l’Islam est mise en action. C’est ainsi qu’il est mentionné la garantie de la couverture informationnelle pour toutes les communautés musulmanes en dehors du Monde islamique. 
Le dialogue entre les cultures, Oui ! Le lit de l’islamisme, Non !
L’ISESCO veille depuis au moins deux décennies à mettre en place les fondements solides pour la promotion de la culture islamique séparatiste, de négation de l’autre, de rejet des valeurs des sociétés d’accueil, de ciblage des communautés non-musulmanes et d’ostracisation des communautés musulmanes qui sont observées. Partant d’une bonne intention, la stratégie en question se voudrait un gage d’amélioration de la situation des communautés musulmanes à l’étranger. 
Corriger l’image de l’islam et des musulmans par la voie du dialogue et du bien vivre ensemble est certainement une excellente idée, malheureusement cette stratégie fait le lit de la radicalisation, de la séparation des musulmans et des non-musulmans, sans oublier les effets de la ghettoïsation et le revers de la médaille celui de leur stigmatisation à force de se singulariser. 
Ferid Chikhi

[1] Conférence islamique : Éducation, Sciences et Culture à l’extérieur du Monde islamique. 

8 nov. 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 320 -

Islam V/s Islamisme : Passer de la confusion au discernement !

‘’Le soleil se lève toujours en Orient et se couche en Occident’’
CAB  
Depuis les années ‘’90’’ l’islamisme conquérant est observé avec une intensité et une perspicacité génératrices non pas d’harmonie et de cohésion sociale mais de divers dysfonctionnements au sein des sociétés d’accueil de celles et ceux qui viennent du Sud et de l’Orient.
Des analystes médiocres et des éveilleurs ignorés
Pourtant des analyses et des observations lucides sont exposées par des musulmans militants, philosophes, politologues, psychanalystes et sociologues mais elles ne sont presque jamais relayées par les grands médium.
De l’autre côté de la table, des spécialistes de l’islamisme, BCBG[1] se relayent pour parler de l’épiphénomène plus que du fléau grâce à la complicité assumée de ces mêmes médium. Les effets générés s’avèrent plus nocifs que les agissements des falsificateurs de l’histoire. Pourtant leurs propos sont des synthèses d’écrits commis, ici et là, en les présentant sans aucune profondeur. En réalité, les exposés qui fâchent ne sont jamais énoncés. Ceux qui atteignent leur but sont ceux qui font la démonstration, par exemple, que c’est la sureté de l’État Français qui a été minée.
Malgré le bâillon imposé aux éveilleurs avisés ils arrivent à anticiper et alerter les sociétés occidentales qui ont accueilli des musulmans, sachant qu’au départ l’Islam politique venu des pays du Golfe Persique ne pointait pas son nez à l’horizon et qu’il restait circonscrit à quelques pays du Moyen Orient. Encore de nos jours, seule une partie de son sommet est visible. Elle dissimule les plus abruptes. Certains disent que c’est de la Taqia, cette ruse arabe utilisée comme cheval de Troie. Elle parait dormante mais inlassablement active et toxique. C’est ainsi que subrepticement se manifeste le vrai danger, la Sahwa, (l’Éveil de l’Islam) qui selon ses promoteurs et à force d’habitude on oublie que le soleil se lève en Orient et se couche en Occident. Alors, une question est posée : à partir de quand faudra t’il écouter et considérer ce qui est dit par celles et ceux qui distinguent entre l’Islam et l’islamisme, le musulman et l’islamiste ? Dans mes réflexions, j’ai toujours différencié les deux, mettant l’emphase sur les islamistes qui sont certes musulmans et la grande masse des musulmans qui en toute connaissance de cause se désolidarise des actes de victimisation et d’atteinte à l’intégrité physique des individus et des biens. Cependant, le paradoxe réside, dans leur silence en référence à l’adage arabe suivant : ‘’qui se justifie sans être coupable, s'accuse’’.
La culture de la Kheima (la tente)
À vrai dire, il faut savoir que les musulmans, même s’ils ne sont pas tous du même bord, tiennent, dans leur subconscient, au respect de la caution du groupe, concept qui prend sa racine dans la culture de la tente (la kheima) et de la tribu (El ‘Arch), c’est-à-dire une proximité collective et protectrice, imperceptible pour le profane et pourtant hiérarchisée et compacte. Personne ne pénètre l’espace ou le périmètre où elle s’exerce s’il n’est pas un intime. Un membre d’El ‘Arch (la tribu) est sommé de respecter le sempiternel avertissement qui ordonne de ‘’tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler’’ sous-entendu ‘’ou bien tu es avec nous ou tu es contre nous’’. 
L’islam politique s’y réfère et ne cède rien du terrain conquis par ses activistes. Ils agissent ainsi, dans leurs pratiques organisationnelles et fonctionnelles sociales, y compris dans leurs réseaux, pour l’endoctrinement et la fidélisation de leurs recrues. À tous les niveaux ils poursuivent leur avancée pour imposer leurs règles et s’imposer au sein de la matrice organisationnelle des institutions civiles, syndicales et politiques.
Une question taraude l’esprit de bien du monde, et se décline comme suit : pourquoi des politiques, des journalistes, des syndicats et d’autres associations de citoyens accordent autant d’attention à ces islamistes et à leurs infiltrés alors qu’ils sont porteurs d’une idéologie mortifère, victimaire et violente ?  La réponse réside dans les lois des pays occidentaux qui n’ont pas prévu les cas de figures portés par ces individus et d’autre part, les législateurs sont timorés face à l’adoption de décisions qui leur feraient perdre une partie de l’électorat musulman, ce qui est totalement faux. La fracture s’opère ainsi non seulement entre les sociétés d’accueil mais aussi au sein des communautés musulmanes. Pourtant, il suffit de discerner entre l’Islam et ses musulmans et l’Islamisme et ses islamistes.
Les musulmans ont parlé, et même trop parlé
Sans nier la portée de bien des avis et autres réflexions publiées, ici et là, il en ressorti que les islamistes activent, culpabilisent, imposent, provoquent, revendiquent, tuent, etc… et c’est reconnu comme faisant partie de leurs gênes politiques et mercenaires. Cela est partagé par la grande majorité des citoyens de beaucoup de pays, y compris les arabo-musulmans. Cependant, il existe un déséquilibre depuis l’apparition du concept d’islamophobie adopté par bien des états et des partis politiques. Le paradoxe se lit comme suit, d’une part, il n’est rien reproché aux islamistes mais le blâme retombe sur tous les musulmans. Leur silence et leur manque d’action, de dénonciation de ces fauteurs de troubles et d’autre part, les États sont interpelés pour leur ‘’proximité’’ des groupes et associations islamistes ainsi que leur ‘’aveuglement, silence et surdité’’ face à l’impunité dont bénéficie ces islamistes sous le couvert de protection des minorités qui ne se gênent pas pour s’infiltrer par les brèches béantes au grand dam des autres citoyens.
Pour étayer mon propos, j’ai consacré une réflexion pour expliquer le silence des musulmans : https://quebec.huffingtonpost.ca/ferid-chikhi/terrorisme-pourquoi-les-musulmans-ne-parlent-pas_b_11178132.html  
Des musulmans parlent, manifestent, écrivent et la bizarrerie réside dans le fait qu’ils ne sont presque pas relayés par les supports médiatiques.
Ce qu’il faut avoir à la conscience c’est que ce n’est pas seulement le ‘’Djihadiste’’, douce qualification du terroriste, qui sème la mort, endoctriné par l’idéologie SalafoWahhabiste ou la Khomeyniste, c’est aussi, ce journaliste, ce chroniqueur, cet éditorialiste, et autre observateur ou analyste qui par ses propos relaye sa voix, ses écrits, ses images … ceux de l’Islam politique. 
Ici, au Québec et au Canada, il en est de même et malgré de multiples appels à bien cibler ces individus ou ces groupes qui apparaissent dans le décor on se met à crier ‘’à la protection des minorités ou à l’Islamophobie’’ et ce sont tous les musulmans qui sont pointés. Pour s’en rendre compte, il suffit de compter le nombre de fois où les musulmans laïcs et intégrés … sont invités à parler de leur situation et de ce qu’ils vivent en raison des actes de rejet des islamistes, de leurs déclarations corrosives, de leurs propos victimaires et souvent insultants envers leurs concitoyens … Le résultat est indigent. 
Alors, non, ça ne marche pas comme ça. Il faut changer d’angle de vue et montrer aux islamistes, à tous les islamistes où se trouve leur place. C’est au fonds de la salle de classe de la démocratie et de la laicité. Il faut inviter ces spécialistes et autres experts qui en parlent sans discernement à se taire à jamais car ils font plus de mal que de bien.
Ferid Chikhi


[1] Bon Chic Bon Genre



https://vigile.quebec/articles/passer-de-la-confusion-au-discernement 

9 oct. 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 319 -

Parti Québécois : Une déclaration de principes, Oui !
Une cure de désintoxication nécessaire
Une charte explicative aussi !

Trois signes sont observés depuis le déclenchement de la campagne électorale fédérale. D’abord, le passage de membres d’un parti à un autre, d’un palier à un autre et même dans le même canal politique. Ensuite, la réorganisation du Parti Québécois et enfin une question d’ordre pratique les changements majeurs à opérer dans le cadre de cette rénovation sont-ils bien compris par tous ?
Campagne électorale et transfuges !
Dans cette campagne électorale, ce sont des ‘’spectacles’’ que d’aucuns traduiraient par ‘’shows’’ riches en couleurs que nous offrent les candidats en lice et leurs promesses pour certaines utopiques pour d’autres dérisoires. Déjà deux débats publics, l’un en français et l’autre en anglais nous disent ce que sont leurs perceptions sans pour autant cibler même des objectifs mineurs. 
La loi 21 portant laicité de l’État Québécois accaparent l’attention des partis fédéralistes. Aucun des véritables enjeux de l’heure n’a été à ce jour à la hauteur des attentes non seulement des Canadiens mais aussi des Québécois. Les attitudes des chefs de partis et quelques répliques ont fait l’image et rien de plus. Les déclarations sont toutes bâtis sur les échecs passés des uns, les propositions de succès des autres et les omissions volontaires des besoins réels des citoyens. 
Encore une fois au Québec les électeurs seront attentifs aux arguments du Bloc Québécois. Il a commencé à se singulariser par les bonnes prestations de son chef. Ses options, ses idées et ses thèses sont porteuses d’un pays qui se caractérise par sa position responsable portée par des candidats fortement résistants aux politiques sclérosantes de l’État Fédérale Canadien. Néanmoins, ses adversaires sont loin d’être à la hauteur des répliques attendues par leurs partisans. Mais du même côté de la palissade, il est fâcheux de constater que le fameux adage qui dit ‘’Préserve moi de mes ami-e-s, mes ennemis (adversaires) je m’en occupe’’ se confirme au détriment de la loyauté aux principes consacrés et aux valeurs partagées. Depuis une décennie et demie, je comprends, un peu mieux le sens donné aux ‘’libertés individuelles’’. L’une d’entre-elles m’interpelle à chaque élection municipale, provinciale ou fédérale ; il s’agit de la liberté que s’offrent des femmes et des hommes politiques qui passent d’un parti à un autre, ou deviennent indépendants, sans pour autant que cela ne gêne les électeurs qui leur restent loyaux. Cela se voit dans le passage d’un palier à un autre et sans remords, sans examen de conscience, même si des explications sont évoquées ici et là. Cela reste un manque de probité et pose sérieusement la question du niveau de conscience politique des candidats.
Le Parti Québécois veut se requinquer !
Pendant ce laps de temps, à la suite de sa défaite d’octobre 2018 et dans l’attente de son congrès extraordinaire, le Parti Québécois, a décidé de se refonder et d’opérer un remodelage. Parmi tant d’autres, quatre causes de ce changement qui se voudrait majeur, me viennent à l’esprit : une faille grossière dans la vision à long terme ; une démarche globale déviée de sa trajectoire, des dysfonctionnements dans l’organisation et enfin l’inexistence d’un texte rassembleur. Bien entendu des facteurs exogènes nocifs et persistants font partie de son environnement et à mon humble avis les candidats se laissent distraire. Alors, comment y remédier ? Le prochain congrès nous en révèlera quelques aspects.
Des suggestions ... !?
Dans l’un de mes précédents textes j’avais dit qu’à mon sens le PQ a besoin d’une véritable cure de désintoxication. Oui, il doit réformer son organisation, son fonctionnement et sa stratégie de gouvernance. Il doit aussi revoir ses liens et ses relations avec le citoyen et ses relais sociaux et économiques. Il doit choisir des hommes et des femmes qui parlent au citoyen et qui l’écoutent. Il s’agit d’une véritable opération de séduction citoyenne. Enfin, le projet de pays devra tenir compte des changements intervenus depuis plus d’une décennie au sein de la société toute entière. J’ai déjà parlé d’une déclaration de principes.
https://vigile.quebec/articles/le-quebec-l-independance-d-un-pays-et-la-liberation-de-ses-citoyens-i  
https://vigile.quebec/articles/l-independance-d-un-pays-et-la-liberation-de-ses-citoyens-ii  
Je n’avais pas fini de préciser mon idée qu’elle avait déjà été prise au vol. En fait, la reprise de volée a été, à mon sens, un échec même si du fait de sa nouveauté elle inspire bien du monde mais le processus de sa formulation est en deçà des attentes globales. Une chose est certaine c’est qu’avec des fondements solides, un objectif bien défini, des principes acceptés et conciliés, un parti bien bâti se relève vite parce que ses leaders, ses militants, ses relais sont confiants dans le contenu de son projet de société. Pour le PQ, les signes du déclic tant attendu semblent altérés par des mécanismes hérités de la période d’avant octobre 2018. Je me suis posé la question suivante : Est-ce que cette rencontre de novembre 2019 va rassurer ou au contraire va confirmer la fin d’une époque et d’une organisation qui portaient les germes de l’indépendance réfléchie par des visionnaires et des génies incompris par bien du monde ?
Le projet de déclaration de principes.
Au-delà de l’énoncé, il faut savoir que pour réussir l’indépendance du pays et lui octroyer la plénitude d’une gouvernance tant rêvée, une déclaration ne saurait se suffire à elle-même sans un texte d’explication ; une charte pour reprendre le concept consacré, là où de rigueur. On dit souvent que la précipitation est mauvaise conseillère. C’est à l’évidence ce qui arrive à vouloir combler à tout prix un vide là où une réflexion est nécessaire. Cette charte ou plateforme, comme je l’ai déjà expliqué, dans une précédente réflexion sur l’indépendance d’un pays, n’est pas l’affaire d’un seul homme ou d’une seule femme, d’un groupe de personnes ou d’une équipe. La réfléchir est une chose sérieuse et pour la réaliser cela en appelle à toutes et à tous. Elle doit rassembler, sensibiliser, mobiliser et mettre en mouvement et mener vers le but assigné. La procédure étant différente d’un groupe à une équipe, d’un militant à un sympathisant. La méthodologie doit être innovante et éviter les sentiers battus.
Les membres et les Québécoises et Québécois doivent savoir que faire l’indépendance d’un pays ne saurait se résumer à une bataille à la chefferie, à la désignation d’un leader et que la chefferie ne


saurait être le moteur de la lutte pour l’indépendance. J’ai entendu des avis au sujet du contenu du projet de déclaration de principes du PQ. Je l’ai lue. Elle porte des idées que le prochain congrès devra enrichir et que le nouveau chef devra accepter pour diriger. J’ai exprimé ma déception. Pourquoi ? Parce que faire l’indépendance d’un pays est en soi une œuvre colossale qui intéresse et concerne autant ses femmes que ses hommes et, surtout si elles et ils mettent de l’avant le devenir des générations futures. Le chef ou la cheffe doit être partie prenante de cette plateforme du début à la fin. Et surtout s’imprégner et incarner le cadre de références du texte explicatif, dont il/elle devra en connaître les moindres coutures, le moindre mot, le moindre objectif, la stratégie de développement celle du changement, les perspectives, les liens à organiser et à tisser avec toutes celles et tous ceux, à l’intérieur comme à l’extérieur, qui ont un mot à dire sur le devenir du Québec actuel en un Québec indépendant. C’est dire combien une déclaration de principe précède une charte explicative qui à son tour anticipe et encadre le programme politique. Le congrès de novembre 2019 sera-t-il celui du renouveau du PQ ou celui de la renonciation ?
Ferid Chikhi