6 févr. 2023

Un Numide en Amérique du Nord - 370

Citoyens musulmans de pratiques ou de traditions : 

 Seules victimes des dérives gouvernementales : Les musulmans

Il aura fallu deux initiatives inconsidérées pour que le Premier se mette à dos la classe politique du Québec, toute une population - ainsi que des communautés - qui endurent depuis quelques années les dérives idéologiques d’un Canada anglais qui persiste à s’éloigner du Québec plutôt qu’à s’en rapprocher.  C’est d’abord la persistance de vouloir à tout prix faire annuler la loi 21 portant laïcité de l’État Québécois, pourtant adoptée par une assemblée élue par le peuple Québécois, c’est ensuite la constance de ne voir les musulmans qu’au travers la lorgnette de l’islamisme ou islam politique. Si pour la volonté, mal avisée, de vouloir faire abroger la loi 21 est un non-sens, celle de vouloir considérer les musulmans comme devant tous être islamistes est un signe qui invite à l’allégeance à un régime théocratique qui œuvre à réduire les autres musulmans à l’obscurantisme et en ce qui le concerne à s’en sortir aussitôt que possible.

Pourtant, les plus lucides parmi les musulmans des deux branches musulmanes que sont le sunnisme et le chiisme, il est clair que le Wahhabosalafisme n’est pas pour rassembler tous les musulmans mais pour créer des sous-groupes qui doivent se soumettre aux confréries intégristes. Chaque pays a adopté depuis fort longtemps l’islam en considérant l’école jurisprudentielle - Hanbalisme, Hanafisme, Chafiisme, Malékisme - qui lui convient le mieux.

Le Wahhabosalafisme est une création récente des Saoudiens qui veulent, soi-disant unifier les musulmans sous leur bannière, malgré les différences des civilisations, des identités et des cultures. Cette nouvelle idéologie a mené les fondamentalistes et les intégristes égarés à fonder, hier sur les conseils des Britanniques, de nos sur ceux des USA et de leurs alliés, les frères musulmans et bien d’autres sectes qui usent à la fois de violence et d’entrisme pour se faire valoir. Toutefois, monsieur le Premier du Canada, ses amis libéraux et ses alliés conjoncturels n’écoutent pas, n’entendent pas la grande majorité des musulmans. Ils préfèrent prêter l’oreille à ceux qui leur promettent quelques voix dans l’urne, sans se rendre compte qu’ils ont une méconnaissance avérée de l’Islam et que ceux qui leur parlent sont des activistes zélés.

La désignation d’une islamiste comme commissaire à la lutte contre l’islamophobie est une hérésie. Elle est contre-productive pour faciliter le rassemblement de tous les musulmans et éviter qu’ils ne fassent l’objet, de rejet, de discrimination, de ségrégation et de stigmatisation.

Au Canada, il y a des musulmans répartis en plusieurs communautés n’ayant pas toutes les mêmes pratiques si ce n’est celles qui rassemblent autour des cinq piliers que sont : La foi en un dieu et son prophète, la prière, la Zekette (aumône), le jeûne et le pèlerinage (pour celui qui en a les moyens). Le reste n’est que vœux pieux.

Imaginons un instant que pour contrer la christianophobie des chrétiens évangéliques se mettent à vouloir unir, rassembler et faire agir les catholiques, les protestants, les calvinistes, les luthériens, les témoins de Jéhovah, etc. sans l’assentiment de tous les chrétiens ?

Imaginons un instant que pour contrer l'antisémitisme des Juifs Hassidiques se mettent à vouloir unir, rassembler, faire agir les Ashkénazes, les Sépharades, les Orthodoxes, etc. sans l'assentiment de tous les juifs ?

Imaginons un instant que pour contrer la sinophobie des chinois Ouigour se mettent à vouloir unir, rassembler, faire agir les Hongkongais, les Chinois du continent ou de Taiwan, etc. sans l'assentiment de tous les chinois ?

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Ferid Racim Chikhi

25 oct. 2022

Un Numide en Amérique du Nord - 369 -

 L’absence Ben Salmane une défaillance de taille au Sommet arabe d’Alger ?

Le sommet Arabe d’Alger qui se tient, en ce 1er novembre 2022, sera-t-il celui du renouveau ou un échec qui ouvre la porte sur ce qui est déjà qualifié de troisième guerre mondiale ?

Les pays dits arabes selon une segmentation plus religieuse qu’identitaire ou culturelle tiennent un somment de leurs dirigeants à l’invitation de l’Algérie qui tient à commémorer le jour anniversaire du déclenchement de la révolution de novembre 1954 qui selon bien du monde a eu le soutien des dits pays arabes. Ce sommet se veut celui de l’apaisement, du rapprochement, de la concertation et bien entendu du progrès pour une ère nouvelle.

Cependant, si l’on met de côté l’absence (malgré des négociations intenses) de Mohamed VI celle de Ben Salman n’était pas programmée.

En effet, samedi 22 octobre 2022, selon une dépêche laconique de l’Agence Presse Service (APS) qui reprend un communiqué de la Présidence de la république, le Président Tebboune a reçu un appel téléphonique de l’Émir Mohammed Ben Salmane, Prince héritier de l’Arabie Saoudite et président du Conseil des ministres du Royaume d’Arabie Saoudite, lors duquel ‘’il s’est excusé de ne pas pouvoir participer au Sommet arabe devant se tenir à Alger le 1er novembre conformément aux recommandations des médecins qui lui déconseillent les voyages’’.

Il s’agit d’une première défaillance d’importance et majeure pour ce sommet qui se veut celui du renouveau et de la concertation. Si l’on convient que l’absence annoncée de Med VI constitue une légère entorse que l’Algérie s’était préparée à gérer, même si des signes avant-coureurs prédisent qu’il sera présent sous condition, la non-venue du Prince héritier d’Arabie Saoudite restera comme une pierre dans la chaussure de l’organisateur principal.

Les dossiers tant politiques comme celui de la Palestine, la Libye, la Syrie, l’Irak, etc… qu’économiques, en particulier, celui de l’OPEP et des niveaux de production du pétrole et du gaz dont ont besoin les pays du Nord ne prendront pas le dessus de ceux des relations des pays arabes avec le reste du monde qu’ils soient ceux de l’Asie, de l’Europe ou encore de l’Amérique du Nord, sans omettre le nouveau partage du monde qui se dessine avec les pays émergents. La place la Chine et de l’Inde tant en Afrique qu'en Amérique Latine devaient certainement faire partie des points incontournables de l’agenda retenu par les organisateurs.   

Il ne faut pas oublier, la guerre menée par les atlantistes en Ukraine et contre la Russie, ses effets sur une Europe ‘’refroidie’’ par une réduction drastique de ses importations en gaz et en pétrole ne prédisent rien de bon pour les populations que ce soit du point de vue de l’énergie c’est-à-dire du simple chauffage ou tout simplement des activités professionnelles avec les grèves qui se dessinent à l’horizon.

Par conséquent, l’Europe (et les autres continents ne sont pas exempts), devra se préparer à des tensions sociales comme elle n’en a pas vu depuis des décennies.

Pour l’heure, restons optimistes pour que ce sommet aboutisse à des actions qui aideront non seulement les pays ‘’arabes’’ à plus de progrès et de modernité mais aussi le reste du monde à plus de paix et de sérénité.

Ferid Racim Chikhi

Analyse senior GERMAN

Absence de Ben Salmane : une défection de taille au Sommet arabe d’Alger ? - Algérie Patriotique (algeriepatriotique.com)

Un Numide en Amérique du Nord - 379 -

  L’émotion vient avant la raison Lorsque les auteurs écrivent ils ont auparavant longuement réfléchi. Lorsque les auteurs écrivent ils ...