23 mars 2020

Un Numide enAmérique du Nord - 257 -


Coronavirus - Covid19

Cuba, ses enseignantes, ses infirmières et ses médecins ...

En 2012, j'ai fait un long séjour à Cuba visitant tout à tour La Havane, Santiago, Santa Lucia, Trinidad … pour enfin prendre un moment de repos à Varadero.

Au-delà des lieux de loisirs et de détentes, l'accueil des agents de l'hôtellerie et du tourisme j'ai eu l'avantage de visiter des écoles alors que les enfants étaient en vacances mais pas les enseignantes. Elles n'avaient pris QUE quelques jours et sont revenues pour préparer la rentrée qui devait s'effectuer plusieurs semaines plus tard. Une des enseignantes m'a appris qu'elle préférait tout préparer : cahiers, crayons, gommes, craie, ardoises, cartes de géographie et d'histoire, … plutôt que de le faire au moment du retour et de l'accueil des enfants.

Dans les polycliniques réparties en fonction du nombre d'habitants les infirmières étaient en charge des patients et comme dans les écoles ce qui avait attiré mon attention c'était la propreté, l'hygiène des lieux et les consignes pour les maintenir au top. Il en était de même dans les trois hôpitaux visités et où tout brillait au-delà du sourire des médecins et des liens qu'ils avaient avec les malades.

Je me suis souvenu que des centaines de médecins Cubains exerçaient en Algérie et particulièrement dans le sud et ces médecins aux pieds nus qui sillonnaient l'Amérique Latine pendant que les USA déversaient des milliers de soldats pour soi-disant instaurer la démocratie.

Aujourd'hui, encore une fois, les médecins Cubains, Vénézuéliens, Chinois et Russes sont à la pointe de la solidarité internationale pour aider l'Italie dans une Europe déstabilisée par le Covid19.

FRC 22/03/2020

11 mars 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 256 -


Depuis au moins les deux dernières années bien des articles ont été commis par des analystes, des professionnels et des journalistes. Quelques idées ont été mises de l’avant et notamment celles en lien avec l’apport de l’immigration. Mais le mal, si mal il y a, persiste. Mais examinons la question sous un autre angle. La simple observation du monde du travail Québec nous montre que pénurie de main d’œuvre ou déficit en ressources humaines rime avec profusion d’emplois et immigration en baisse ou en hausse. Ce sont là quelques-uns des concepts qui pourraient à eux seuls résumer les dysfonctionnements profonds qui agitent l’environnement économique, industriel et commercial et l’inadéquation temporaire, je le souhaite, avec l’outil technologique que ce soit dans les grandes villes du Québec ou ses régions. 
Les indicateurs économiques et statistiques scrutés, prescrivent que le Québec, en plus d’une marge de manœuvre limitée, est en situation délicate pour faire fonctionner de façon optimale sa machine
industrielle et commerciale. Mais personne n’évalue le niveau de productivité spécifique ou global de l’industrie. Depuis l’arrivée de la CAQ à la tête de la gouvernance du Québec, des ajustements sont opérés mais elles restent insuffisantes. Nous savons que plus de 15 années d’errements néolibéraux, les procédures de gestion de l’emploi ou celles du déploiement des nouveaux arrivants ne fonctionnent pas au grand dam des entreprises et si l’on y ajoute les interférences du fédéral, le nœud Gordien est difficile à défaire.
À titre indicatif, il y a eu une profusion d’emplois nouveaux créés (25.000 en décembre 2019) grâce à la créativité des capitaines d’industrie, branchés sur les technologies nouvelles. Un accomplissement positif. Les quelques tentatives d’opérer la régionalisation de l’immigration sont encore embryonnaires.
Quelles solutions pour résoudre les problèmes ?
En situation de déficit de main d’œuvre, la fonction ressources humaines reste la plus centrale d’une entreprise qui veut être productive et œuvre pour sa pérennité. Toutefois, il existe un lourd handicap qui limite ses actions et autres activités opérationnelles. Il s’agit des craintes, voire des réticences, de bien des employeurs à l’endroit des immigrants, même s’ils détiennent des qualifications, des expériences et les compétences exigées. Depuis des décennies la question de la reconnaissance des acquis scolaires et expérientiels fait face aux rejets qui ne sont pas faits pour arranger l’insertion socioprofessionnelle de tous ceux qui voudraient s’adapter au monde socio-industriel Québécois mais faute d’un emploi conforme leur potentiel est déclassé.
Les modifications organisationnelles des structures (département, services, ateliers …) sont opérées, ici et là, sans réflexions préalables et par conséquent sans résultats probants. Certes quelques-unes ont réussi mais la proportion de celles qui patinent est trop élevée. À cela s’ajoutent, des contraintes managériales qui résident dans l’inexistence de planification des effectifs pour anticiper les changements humains (mobilité, transferts, absentéisme …) ; la mise en adéquation des programmes et avantages sociaux pour la fidélisation des employés ; la flexibilité horaire pour accommoder les employés, etc. Reste deux autres paramètres exogènes aux entreprises et qui les concernent directement, ce sont ceux du rigorisme des ordres professionnels et les effets des salons de l’emploi et de la formation.
Ces organisations, censées être l’espace de rapprochement privilégié, ne semblent pas jouer les rôles attendus d’elles et pour cause, elles continuent, malgré quelques petits engagements et autres
protocoles, à vivoter dans un passé industriel et commercial qui a subi de fortes transformations et ils le savent. De leur côté, il serait grand temps, nécessaire et fondamental que les ordres professionnels, sous couvert de la sacrosainte préservation du public opèrent une révision de leurs règles. Ce protectionnisme est un frein qui contre-carre la découverte de nouveaux potentiels.L’atténuation pour ne pas dire la suppression de ces freins est à même de remédier au manque d’une main d‘œuvre qualifiée. Des personnes expérimentées sont prêtes à occuper les emplois vacants et aideraient les employeurs, jusque-là, hésitants pour ne pas dire réticents à recruter, selon des critères objectifs, des nouveaux arrivants et même des immigrants bien installés et adaptés aux conditions industrielles du Québec.
Oui ! Des solutions existent. Elles sont mises parfois en œuvre mais elles restent aussi restreintes par les résultats atteints et aucune modification n’est envisagée. Elles vont de l’amélioration des salaires, conditions de travail, avantages sociaux à l’introduction des technologies. Le volet immigration considérée par beaucoup comme étant la panacée est réfutée par certains qui demandent une meilleure sélection des candidats à la venue au Québec. 
Bien des managers et des gestionnaires des ressources humaines abordent la question chacun à sa manière et selon sa propre expérience ou encore selon sa propre compréhension, mais l’essentiel c’est-à-dire la réponse à la vacance des emplois est toujours d’actualité et quatre concepts magiques remontent systématiquement à la surface : Immigration - Dépistage de potentialités - Apprentissage en entreprise - Fidélisation. Mais pour ce dernier concept, la contradiction avec la mobilité est flagrante, puisque l‘industrie voisine ou le commerce voisin sont à l’affût. Les compétiteurs ne sont pas seulement les autres employeurs mais aussi les agences de placement, les firmes de recrutements, les chasseurs de têtes, les firmes de reclassement qui se sont lancées dans le ‘’piquer l’employé de l’autre’’ pour le proposer au concurrent, etc. 
Les deux concepts que sont une nouvelle philosophie et une nouvelle culture managériale ne sont pas l’apanage des patrons actuels. Les employés n’y échappent pas. Les deux - patrons et employés - manquent souvent de mise à niveau de leur savoir en la matière même si des cadres de références existent. Les attitudes, les comportements ainsi que le style de supervision restent dans le même créneau des relations professionnelles. 
Avec le retour des retraités au travail, un paramètre est à revisiter. Les relations professionnelles transgénérationnelles pendant que celui de l’‘’Immigration’’ est à reconsidérer au vu du nombre de déperditions et de ratages observés. Certes, ce n’est pas la traitement approprié parce qu’il ne répond pas aux attentes des employeurs que ce soit du point de vue du contenu des qualifications, des expériences mais aussi et surtout des attitudes et des comportements conditionnés par des valeurs et des principes de vie industrielle différents de ceux du Québec. Souvent incompris par les Québécois, les nouveaux arrivants ont des profils ‘’inadaptés’’ pour une productivité et une performance systématiques. 
Sachant que le monde du travail a fondamentalement changé et que sa gouvernance ne dépend pas seulement des patrons mais aussi des hommes et des femmes politiques qui légifèrent. Le gouvernement du Québec serait bien inspiré de revoir profondément sa politique de l’emploi et celle de son immigration en y associant les principaux concerné, les chercheurs d’emplois et les immigrants. 
Ferid Chikhi

21 févr. 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 255 -

Hirak : Jour 365/52 2020 02 22
Qu’attendre des élites ?
Dans une précédente réflexion[1] sur les causes et les effets, ainsi que le devenir du Hirak j’avais souligné, entre autres, qu’un système ne disparait pas mais se transforme. Cependant, personne n’ignore que celui de la République Algérienne, s’organise, mobilise ses commis et ses relais, s’agite pour, non pas seulement encadrer mais aussi l’infiltrer et, le vider de sa quintessence. L’opposition n’est plus partisane mais populaire. Les partis étant disqualifiés arrivent à peine à s’organiser pour rapidement se désunifier. Ils ne pensent même pas à se convertir ou se métamorphoser alors que les activistes du mouvement citoyen poursuivent leurs actions dans l’unité au grand désespoir des premiers et des seconds. Mais attention, les cupides, les traitres, les rapaces sont aux aguets et savent y faire pour se replacer.

Les défis sont nombreux pour les deux prochaines années
Le pire qui puisse arriver serait que les dépravés de la politique politicienne, les sans foi ni loi, de tous bords se mettent de l’avant pour encore détourner le fleuve tranquille d’un peuple à la recherche de ses repères. La vigilance est plus que jamais de rigueur. L’unité d’action qui fédère le mouvement tente d’éviter la récupération par les forces du mal. Leur tour de force est de poursuivre l’éviction d’une grande partie des auteurs des dérives qu’a connu le pays depuis plus de 30 ans. Un président impotent, trois premiers ministres et gouvernements, des corrupteurs et des corrompus et, même des militaires tout-puissants qui ont gangrénés une armée populaire que le Hirak veut avec lui au nom de ‘’Chaab, Djeich Khawa ! Khawa ! ’’. Sur le plan institutionnel, l’ouverture de la constitution par le nouveau président fait partie des enjeux majeurs des prochaines décennies. Son contenu devra être républicain, citoyen et institutionnel avec de vraies références historiques et sociétales. Les carcans doivent être dégagés et seul l’intérêt du peuple et de l’État Algériens devront conduire sa rénovation et sa mise à niveau. Le Hirak, doit prendre la juste mesure des nouveaux contours de la gouvernance nationale. Les équilibres politiques sont en voie d’être adaptés et les changements majeurs qui interviendront devront viser la pérennités en considérant les revendications de la majorité des citoyens.
Une feuille de route avec des objectifs collectifs
Le pouvoir en place a désigné un nouveau gouvernement et a établi sa feuille de route. Soumise à un parlement illégitime qui l’a approuvée, on peut être d’accord et y consentir ou ne pas l’être et contester. Autrement dit, des questions de suivi se posent : Le Hirak a-t-il pris connaissance des résultats de cette pseudo approbation ? Si ce n’est pas fait, a-t-il au moins pris connaissance de son contenu et l’a-t-il validé pour savoir s’il répond à ses attentes ?cSi ce n’est pas le cas, l’accepte t’il ou la remet-elle en question ? Des rassemblements, des réunions, des regroupements se tiennent régulièrement un peu partout au pays et là où se trouvent des Algériens expatriés ; ces rencontres servent-elles la cause ? Si ce n’est pas le cas, une des actions premières à initier n’est-elle pas de regarder de près ce programme gouvernemental et entériner ce qui est pour le mieux ou dénoncer tout ou partie de son contenu ?
Dans la réflexion[2] précitée, j’avais souligné que les hommes du nouveau régime, ne sont pas si nouveaux qu’on pourrait le penser et pour cause, ils font partie des troisième et quatrième cercle du pouvoir, par conséquent ils ne peuvent se défaire en un tour de main de leurs habitudes et leurs attitudes héritées d’une ère révolue. Ils continuent, non pas d’agir mais, de gouverner comme leurs prédécesseurs, avec les mêmes travers, en appliquant des méthodes de résolution de problèmes sans états des lieux ni diagnostic appropriés. Nous avons eu quelques exemples de ces dérives citées par des ministres nouvellement installés.
Le rôle des élites
Alors, se pose une question essentielle : Que font les élites de l’Algérie nouvelle ? À quelques exceptions près, elles restent cloitrées dans un silence incompréhensible. Les professeurs des universités, ceux qui enseignent les sciences politiques, la sociologie, la psychosociologie, l’économie, le droit, le management, et j’en passe, ne disent rien du Hirak. Si cela arrive dans certains cas, ils s’enferment dans des cadres de références limités à des lectures d’auteurs et collègues ayant publié quelques écrits, restés lettre morte. Pourtant, les thèmes du Hirak sont nombreux, depuis l’unité nationale en passant par la mobilisation, la composante sociale, la diversité ethnique, les catégories intergénérationnelles, les multiples revendications, les attentes et les espoirs des uns et des autres … Ils constituent, à n’en point douter, une diversité d’agrégats qui font rêver des dizaines de chercheurs des universités et des académies à l’étranger. Comme bien d’autres observateurs du mouvement citoyen qui fascine le monde par sa quiétude, son calme, sa détermination et son intelligence collective, je comprends, l’hésitation de ces ‘’élites’’. Mais, l’inhibition imposée par la langue de bois, la pensée unique, la référence à un régime et un pouvoir sans partage ne sont pas facile à évacuer mais serait-elle la seule en cause ? La réponse se trouve dans les initiatives que peuvent prendre les uns et les autres pour anticiper l’avenir et canaliser les forces vives vers le chemin critique qui aidera à l’atteinte des objectifs sociétaux tant attendus depuis des décennies. C’est l’heure pour elles, pour ces élites, de se libérer et de prendre part, avant qu’il ne soit trop tard, à cette mutation singulière d’un peuple porté par sa jeunesse.
Novembre 1954, Février 2019 : deux actes de naissances
À 65 ans de distance, comme leurs ainés qui ont déclenché la révolution de novembre 1954 et qui se sont sacrifiés pour l’indépendance de l’Algérie, ceux des années ‘’90’’ qui ont été décimés par les hordes islamistes, l’apport des élites devient une exigence historique. Elles doivent s’exprimer, non seulement pour contribuer à formuler convenablement les désidératas du peuple qu’il soit celui des grandes villes du nord ou celui de l’Algérie profonde, non pas sous forme de slogans mais par une pensée nouvelle qui accompagne le ‘’Yetnahaw Ga3’’, elles doivent considérer les incertitudes et les dangers qui guettent l’Algérie au plan international.  
Le peuple est en attente d’une traduction de ses rêves, de ses exigences, de ses attentes par des réflexions que seuls les plus éclairés, les justes, les probes peuvent lui fournir. Que ces gens sortent de l’ombre et osent loin des craintes, des inquiétudes, des appréhensions imposées par des cadres de références dépassés et pour beaucoup obsolètes. Si elles ne le font pas maintenant, elles ne le feront jamais et elles seront pour toujours les révoqués de l’histoire. Il ne faut pas oublier que nos élites, ne sont pas seulement celles qui se trouvent à l’étranger mais elles sont aussi et surtout en Algérie. Elles se trouvent en premières lignes d’une révolution citoyenne unique et admirée partout dans le monde. Amener, les élites à se compromettre est un acte légitime montrant la loyauté envers la patrie. Ils éviteront par leurs idées et leurs pensées l’intrusion des forces étrangères qui n’attendent que leur heure pour s’approprier les effets du Hirak. Le Hirak ce grand mouvement citoyen s’inscrit dans la droite ligne des mouvements populaires qui soulèvent les grandes nations. Il brise les tabous. Les lignes de démarcation ont été franchies et le succès est juste en avant. Rester derrière ces lignes, c’est admettre malgré soi qu’elles protègent celles et ceux qui veulent interdire toute action positive, toute critique constructive et maintenir les ornières qui empêchent le discernement.
Pour conclure, rappelons-nous que la perte de sens, l’inculture, le détournement des concepts par des arrivistes qui n’ont jamais pensé et réfléchi aux biens de tous forment ce mur bâti par des mégalomanes tenaces et revanchards. Il faut l’abattre pour avancer sans peur ni crainte aucune vers le progrès et la modernité. La révolution de Novembre 1954 a sonné le glas du colonialisme et des jeunes Algérien-ne-s se sont sacrifié-e-s pour atteindre l’objectif assigné, celui de l’Indépendances. Le Hirak, sonne celui du totalitarisme, de la dictature, de l’hégémonie de quelques oligarques contre le citoyen. C’est un mouvement de jeunes qui veulent libérer la nation et ses citoyens de l’emprise des prédateurs de tout bord. Le Hirak doit rester ferme dans sa forme et diplomatique dans ses actions et il doit se structurer si ses animateurs ne veulent pas tout perdre. 
Ferid Chikhi

[1] http://www.convergencesplurielles.com/2020/02/un-numide-en-amerique-du-nord-254.html
[2] http://www.convergencesplurielles.com/2020/02/un-numide-en-amerique-du-nord-254.html