10 sept. 2019

Un Numide en Amérique du Nord- 245 -

La loi 21, le hijab des femmes islamistes et l’Islam
Pourtant, la solution est si simple en Islam.
Depuis le début de la rentrée, la grogne dans le milieu de l’éducation est alimentée par des activistes de tous bords et notamment des islamistes infatigables militants de la régression. Ils et elles rapportent tout à leurs petites personnes alors, que leur appartenance aux mouvances intégristes n’est plus à prouver. La loi 21 les perturbe et perturbes leurs habitudes ainsi celles de leurs alliés conjoncturels parmi les fédéralistes fossoyeurs du fait français et de la singularité du Québec en Amérique du Nord.
L'Islam, le vrai pas le Wahhabosalafisme frère jumeau de la confrérie du même nom et de son voisin le Khomeynisme est accommodant pour ses pratiquants. Or, depuis le début des discussions sur la loi 21, je me suis demandé où étaient les imam éclairés, les penseurs musulmans ouverts d’esprit, les érudits de cet islam silencieux mais aussi souvent sentencieux alors que quelques activistes en missions commandées, ici au Canada en général et au Québec en particulier agissent en accord avec bien des élu-e-s ? Où sont-ils et pourquoi n’interviennent-ils pas dans ce débat que leurs coreligionnaires vont perdre, au détriment d’emplois comme ceux de l’enseignement dont la noblesse n'est plus à vanter et pire encore au détriment de leur vraie religion ?
Oui, la solution existe !
Elle est à caractère juridique et religieux. Il s’agit pour l’un des imam en exercice (tient par exemple ce controversé candidat déchu du PLQ pour se rattraper de ses stupidités, bien entendu niées après coup…) d'énoncer une FETWA (Décret religieux) autorisant toutes ces futures enseignantes et même celles qui sont en poste de ne pas porter leur voile à l’arrivée de l’école et de le remettre après les heures de classe.
J’ai connu ce problème en Algérie !
Bien des hôtesses de l’air de la compagnie nationale Algériennes étaient soumises au diktat des islamistes dans leurs quartiers ont joué le jeu dangereux de porter le hijab sorties de chez elles et l’ôter avec soulagement une fois arrivées à l’aéroport point de départ de leur journée de travail. J'insiste pour dire que c’était une délivrance chaque jour renouvelée, jusqu’à ce que le terrorisme soit vaincu et que la peur change de camp.
Alors, ici, au Québec grâce à la loi 21 les balises d’un bien vivre ensemble existent mais une Fetwa résoudrait le problème de ces femmes porteuses de foulard. Peut-être sentiront-elles le vent de la vraie liberté !? Utopie ! Diront certains.
Ferid Chikhi

5 sept. 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 244 -

Djemila et Fatima,
Deux femmes singulières venant l'une d'Algérie, l'autre du Maroc. 
L'une appartient à la génération X, l'autre à celle des Babyboomers.
Elle se battent toutes les deux pour l'émancipation citoyenne et notamment celle des femmes ciblées par les islamistes.
Elles portent d'une façon magistrale les voix des femmes musulmanes modernes, éduquées et instruites des bouleversements que connait le monde et qu'elles subissent dans bien des situations de façon frontale. Elles ont chacune un cheminement singulier. Les mettre sur le même piédestal serait une hérésie, pourtant toutes les deux sont des battantes qui ont fait vibrer non seulement le Québec mais aussi le Canada et dans bien des cas la France et d'autres pays d'Europe.
Elles quittent leur pays d'accueil, la première pour la Belgique et à Bruxelles elle fera encore entendre la voix de la laicité, la seconde pour le Sénégal comme digne représentante du Québec à Dakar, capitale de l'Ouest Africain.  Le Québec ne les a pas perdu même s'il n'a pas su leur donner la place qu'elles méritaient. Bon voyage à toutes les deux en vous souhaitant un séjour plein de succès et enrichissant et un éventuel joyeux retour au Québec.
En tout état de cause Bruxelles et Dakar ce n'est qu'un prêt sans intérêt que nous vous faisons.

27 août 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 243 -



De quelques effets collatéraux des fermetures d'entreprises !

Aujourd’hui, mon propos, fait le lien entre l’économie - celle de deux industries que sont les médias et les transports aériens - et la langue française. Dans mon pays d'origine, j’ai œuvré pendant plus d’un quart de siècle dans une compagnie aérienne qui a pour langue de communication et d’administration le Français. Récemment, j’ai crié au scandale lorsque le ministre Algérien de l’enseignement supérieur a décrété sans consultations préalables le remplacement du Français par l’Anglais comme langue des sciences et des technologies. Heureusement que des veilleurs avertis l’ont fait rappeler à l’ordre.
En cette fin de semaine, lors du colloque du PQ Capitale Nationale, Chaudière Appalaches, Beauce, qui s’est tenu à l’Université de Laval, il était question d’indépendance et de perspectives Identitaire, culturelle, économique… J’ai brièvement pris la parole pour aborder la question de la disparition des entreprises d’un groupe de médias et ses effets sur la langue de communication qui est le Français. Ça ne semblait pas intéresser grand monde parmi les participants qui étaient plutôt branchés sur d’autres aspects de la refondation du PQ.
Du coup je me suis rappelé la citation qui suit et dont je ne me rappelle plus l’auteur : « Cette langue française qui nous fonde et nous soude. Les politiques devraient en priorité réfléchir à cette force-là. » Je sais aussi que cette langue, celle de toutes les Québécoises et de tous les Québécois, conserve le privilège d’être la première langue enseignée en Grande Bretagne et en Irlande alors qu’ici, au Québec, terre d’identité, de culture et de bien-être commun, le Français est mis sous l’éteignoir par des multiculturalistes fédéralistes aussi stupides qu’obtus.
Comme je l’ai dit, le lien que je fais avec les industries des transports aériens et des médias avec la langue de Molière réside dans deux évènements majeurs qui se déroulent actuellement au Québec. Pour les deux premiers seuls les aspects économiques sont soulevés que ce soit par les principaux concernés (Actionnaires et employés) par les autres médias, par les parlementaires mais aussi par le grand public. Pourtant, ce qui m’a interpelé au plus haut point c’est le véhicule de la langue française que constituent ces deux institutions industrielles québécoises dont la portée est sans frontières.
Dans le cas des médias régionaux, leur disparition créerait un grand vide en matière de communication et de relais en langue française. Ils se rendent dans presque tous les foyers, les lieux publics, les organisations communautaires, les bibliothèque locales où se réunissent pour diverses raisons les citoyens de tous les niveaux sociaux. 
Lorsque le Groupe Capitales Médias s’est placé à l’abri de ses créanciers, la réaction du gouvernement ne s’est pas faite attendre en consentant 5 millions de dollars pour faire face à la crise de six quotidiens - La Tribune (Sherbrooke), Nouvelliste (Trois-Rivières), Soleil (Québec), La Voix de l’Est (Granby) et Quotidien (Saguenay). Un délai de grâce est donc consenti mais juste sur le plan économique et pour la préservation des emplois. Je n’ai pas entendu les parlementaires en ce lundi 26 août 2019 aborder la question des effets de ces éventuels disparitions sur la langue de travail.
Il en est de même pour Air Transat, cette compagnie aérienne créée en 1986, principalement par deux anciens pilotes de Québecair, Yvon Lecavalier et Pierre Ménard, est la quatrième compagnie au Canada desservant 60 destinations dans 26 pays. Elle a été classée en 2019, en termes de vacances, meilleure compagnie aérienne. Elle est la seule entreprise au Canada et dans le reste de l’Amérique du Nord qui use du français comme langue de communication et de travail dans toutes ses relations avec ses clients et ses passagers. 
Il est vrai que pour Air Transat, la situation est bien différente parce qu’il ne s’agit ni de mauvaise gestion ni de déficit, ni de faillite mais bel et bien du changement de mains d’un des plus beaux fleurons industriels du Québec.  Avalée par Air Canada… Le patrimoine industriel et culturel de cette compagnie Québécoise sera réduit à sa plus simple expression pour ne pas dire disparaitra dans moins d’une année.
Il faut savoir qu’une compagnie aérienne n’est pas seulement un transporteur mais aussi un médium pratiquement au même titre que les quotidiens et autres médias qui usent des lettres françaises pour communiquer avec ses lecteurs. Air Transat offre les conditions de mobilité des Québécoises et des Québécois dans le monde mais aussi de leur identité, de leur culture, d’une partie de leur patrimoine personnel. Elle déplace des personnes d’un aéroport à un autre et partout où elle fait escale elle porte en elle la culture spécifique, celle du bien être Québécois tout en portant le drapeau du pays. Elle est aussi par son caractère transnational le plus rapide et authentique véhicule de la pensée et de l’industrie Québécoise française non seulement en Amérique du Nord mais aussi dans le reste du monde.

Avec la disparition de ce fleuron ainsi que celles des médias locaux, c’est une agression contre la langue de Félix Leclerc, de Jules Vigneault, de Gaston Miron et de bien d’Autres artistes, poètes, auteurs, agression que je qualifie de violente même si elle est silencieuse et collatérale. Il n’en demeure pas moins que c’est un coup qu’aucun défenseur de la langue française au Québec n’a relevé.  

Ferid Chikhi