13 mai 2016

Un Numide en Amérique du Nord - 262 -

Le Québec : L’indépendance d’un pays et la libération de ses citoyens -III-
Seuls les peuples qui ont soif de liberté, ceux qui savent ce que l'aliénation identitaire veut dire, seuls ces peuples savent puiser dans leurs entrailles la volonté d'offrir aux générations futures un pays indépendant.

Québécoises ! Québécois ! Levez-vous ! Unissez-vous ! Assumez-vous !
Depuis, la dernière victoire - avril 2014 - sans appel des libéraux, beaucoup de citoyens, de politiques, de militants de tout bord, considèrent que l'économie mène tout et mène à tout. Tous se sont laissés séduire par cette conception qui voudrait qu’un pays fonctionne si son économie fonctionne. Or personne ne l’ignore, elle mène tout droit au mur. 
Cette économie qui est présentée comme l’épine dorsale des sociétés développées enrichit quelques-uns au détriment de pans entiers de la population. C’est le nouvel instrument de domination mondiale des ultras libéraux et leurs petits frères libéraux tentent de s’en servir pour modeler une société rampante, aux ordres des plus nantis, acceptant de se soumettre au diktat de prédateurs de la finance internationale sans savoir ou cela peut mener et comment en sortir. À un moment ou à un autre la carte de crédit, elle aussi, ne vaudra rien.
Selon bien des analystes et des observateurs avertis, ce qui est le plus effrayant, c’est que l’éducation, la santé, la culture, le social et l’environnement ont été positionnés comme dépendant directement de l’économie au point où le citoyen n’a plus l’instruction et le savoir-faire rationnel qui le préparent à comprendre ce que ses gouvernants lui font faire ; il n’a plus la santé qui le renforce et le consolide pour faire face aux maladies, aux épidémies et autres pandémies ; il ne sait plus comment agir face aux dérives de la met navigation à vue de la mauvaise gouvernance, que plus personne ne contient et il ne sait plus quoi penser d’un budget social qui se déprécie de plus en plus au lieu de l’inviter à se solidariser et à vivre avec ses semblables dans un bien-être approprié et dans un monde qui fragilise la terre nourricière soit par son exploitation outrancière soit par un laisser-aller dans le pillage inconsidéré de ressources naturelles qui une fois extraite fragilise encore plus un environnement qui n’a pas encore réagi pour se défendre.
C’est là que la conception et l’énoncé clairs d’une plateforme d'idées rassembleuses avec des principes et des objectifs bien réfléchis et bien définis deviennent une nécessité vitale pour ceux qui veulent libérer un pays, lui donner son indépendance et lui octroyer la plénitude d’une gouvernance tant rêvée.
C’est connu, d’autres peuples l’ont vécu : plus ils se résolvent à vivre dans le confort matériel que l’aliénation identitaire et culturelle leur confère, plus ils se dispersent et se divisent. Plus ils tardent à décider de leur devenir, plus leur émiettement et leur atomisation se matérialisent. Afin d’y remédier l’essentiel est d’initier et de formaliser la sensibilisation aux objectifs assignés pour réaliser le futur pays et définir le profil du nouveau citoyen dans un monde en devenir.
Même si la liberté n'est pas totale, c'est la nôtre et le pays est devenu le nôtre
Le Québec, les Québécoises et les Québécois pures laines, de souche ou les nouveaux venus d’ailleurs, doivent méditer le parcours et le chemin suivi par des pays qui ont été pendant des décennies si ce n'est des siècles soumis au joug colonialiste : Le Viet Nam (ancienne Indochine) et l'Algérie sont des exemples à revisiter.
Je viens de ce dernier pays. Lorsqu'après 132 ans d'occupation, d'aliénation culturelle et identitaire - je suis né colonisé et il m’a été enseigné que mes ancêtres étaient les Gaulois - lorsqu’un groupe de jeunes militants - moyenne d’âge 25 ans - a décidé de mettre à la porte le colonialisme français tout est devenu possible, j’étais encore gamin. Mais, à 5 ans, un enfant ne l’est plus lorsqu’il entend ses aînés parler d’indépendance, de libération, de lutte, de bataille, de combat, de militantisme. À cinq ans, un enfant est conscient que quelque chose de nouveau prend place dans l’environnement familial, le voisinage, la rue. Le reste, il le découvre au fur et à mesure que le temps passe.
Le temps est passé et une fois chassé et dépossédé de ce qu’il s’était octroyé indûment, le colonialisme a laissé un pays exsangue, des caisses vides, un peuple presque sans culture et sans identité mais avec une mémoire. La joie, l’euphorie, la détermination, la résolution, la volonté et l’énergie impulsées par l’objectif final atteint comme de rigueur ont rassemblé des jeunes (avec à peine le niveau du secondaire V pour la plupart et quelques diplômés de niveau collégial et universitaires) de reprendre le flambeau. Le résultat ultime est un pays libéré et indépendant. Le Québec est dans une meilleure posture par ses intelligences. Bien entendu, d'aucuns diront mais alors qu'en avez-vous fait ? La réponse est simple même si la liberté n'est pas totale, c'est la nôtre et le pays est le nôtre. Nous en faisons ce que nous en voulons et plus personne ne nous imposera de faire autrement que ce que nous voulons faire, mal ou bien, ce sont les générations futures qui nous jugerons, qui le prendront en charge et en ils en feront ce qu’elles voudront.
Certes, l’ère des révolutions armées n’a plus court. Ces révolutions ont été portées par des militants déterminés à réaliser les indépendances. Ils ont pris sur eux de se parler pour s’unir, de se rassembler et de sacrifier corps et âmes pour l’indépendance de leurs pays et la libération de leurs peuples. Ce sont nos martyrs. Oui ! La situation au Québec est bien différente. La Belle Province a réinventé et mis à jour la ‘’Révolution Tranquille’’ mais une question subsiste : jusqu’où ses militants sont-ils prêts à aller pour l’habiller de la belle étoffe de l’émancipation ?
Les générations futures seront sans pitié lorsqu’elles constateront que le potentiel d’indépendance a été dévié de sa trajectoire au point ou la libération du pays n’a jamais été effective, que les libertés ont été restreintes et brimées, que les valeurs sociétales ont été dévoyées, que la culture des ancêtres a disparu et qu’elle a été remplacée par de nouvelles qui sont régressives, que l’identité originelle n’est plus que l’ombre d’elle-même, que la langue n’a pas été préservée, que les valeurs d’entraide et de partage qui ont été, depuis plus de 400 ans, le ciment entre les individus et y compris avec les autochtones ont été remplacées par celles de l’argent et du confort individuel et personnel.
Il reste à espérer que s’il est vrai que le Québec est comme un caillou dans la chaussure du Canada, il appartient aux Canadiens de s’en débarrasser et si ce n’est pas le cas, alors aux Québécoises et Québécois, Levez-vous ! Unissez-vous ! Assumez-vous !
Ferid Chikhi

9 mai 2016

Un Numide en Amérique du Nord - 261 -

Le Québec : L’indépendance d’un pays et la libération de ses citoyens -II-
Souvent, pour ne pas dire tout le temps, des évènements conjoncturels mais dont les effets se font sentir, non seulement à long terme mais aussi à très court terme, selon la manière dont ils sont perçus par le commun des mortels, nous interpellent et nous invitent à réagir. Ils sont soit à proximité soit à  distance. Ils deviennent des enjeux cruciaux dans le devenir d’un peuple. Lorsqu’ils sont vécus à distance et que nous ne pouvons rien y faire il ne nous reste qu’à les apprécier à froid. Cependant, ils nous invitent à un plus de réflexion.
Par exemple, l’autodétermination, l’indépendance, la libération sont des moments qu’il faut réaliser et vivre pour soi-même et pour les autres. Ce qui se passe au Québec, où je vis depuis plus de quinze, années, m’invite à exprimer mon sentiment le plus profond au sujet de son maintien dans la confédération Canadienne ou son indépendance. Mais la décision ultime dépend avant tout des Québécoises et des Québécois.
Depuis 1995, les Québécoises et les Québécois ont-ils compris et savent-ils que faire l’indépendance d’un pays ne saurait se résumer à une bataille à la chefferie, à la désignation d’un leader ou d’un chef d’un parti aussi prestigieux soit-il et que La chefferie ne saurait être le moteur de la lutte pour l’indépendance ?
À mon humble avis, dès le départ, la sémantique est à revoir. Commençons par nous demander qu’est-ce que l’indépendance ? Ensuite, demandons-nous qu’est-ce que la souveraineté ? Personnellement, je ne répondrais ni à l’une ni à l’autre des deux interrogations, parce que j’ai vécu une indépendance et je conçois que celle et celui qui n’ont pas vécu cette expérience n’exprimerons pas le même sentiment. Par contre j’élimine le concept de la souveraineté pour une raison toute simple, il fait référence à la monarchie, et je pense à la Britannique et par opposition elle me fait aussi penser à la monarchie pontificale.
Faire l’indépendance d’un pays est en soi une œuvre colossale qui intéresse et concerne autant ses hommes que ses femmes et surtout si elles et ils mettent de l’avant l’avenir des générations futures. Il est indéniable que depuis plus de cinquante ans, le Québec a progressé, il s’est développé et bien entendu les Québécoises et les Québécois ont évolué, mais est-ce suffisant sans une véritable émancipation collective ? Est-ce suffisant pour achever le projet d’une véritable indépendance ?
Faire l’indépendance d’un pays c’est, avoir la conviction que c’est le rassemblement des forces vives de la nation qui saura venir à bout des divergences pour une lutte de longue haleine. Une lutte pour des idées citoyenne, une lutte pour une véritable justice sociale, une lutte pour une répartition équitable des richesses du pays, une lutte pour une gouvernance qui prend en considération les besoins de toutes et de tous.
Faire l’indépendance d’un pays c’est anticiper que sur le champ de l’adversité des premiers, des seconds et des militants avérés et convaincus, sans omettre des citoyens désabusés et frustrés que les chefs n’ont pas atteint pour parachever le projet et son but final, ne seront présents pour fêter la consécration finale. 
Pour celles et ceux qui le savent déjà - et pour nous qui venons de loin et qui l’avons vécu - faire l’indépendance a exigé de nos aînés, celles et ceux qui l’ont réalisée de gros sacrifices, y compris ceux envers les plus proches et les plus intimes.
En fait, nous qui l’avons vécue, nous l’avons appris au fur et à mesure que le temps passait et que nous comprenions l’importance de ces sacrifices et nous en avons pris conscience. Nous avons aussi compris que seuls les peuples qui ont soif de liberté, ceux qui savent ce que l'aliénation identitaire veut dire, seuls ces peuples savent puiser dans leurs entrailles la volonté d'offrir aux générations futures un pays indépendant.
Au plus profond de leurs êtres les Québécois le savent mais encore une fois, la recherche du consensus légendaire n’y est pas pour se lancer, à l’unisson, dans cette belle aventure.
Faire l’indépendance, c’est aussi, pour les leaders, les chefs, les politiques et les militants, énoncer clairement les principes, les valeurs et les règles qui participeraient de l’atteinte au but final qu’ils s’assignent et qu’ils souhaitent atteindre comme patriotes prêts à tout sacrifier pour le recouvrement de l’identité et de la vraie distinction culturelle. 
Faire l’indépendance d’un pays c’est savoir que vivre libre dans son propre pays est meilleur que de
vivre sous la dépendance et le pouvoir de l’autre comme aliénés. La prison tutélaire, condescendante et dédaigneuse est avant tout idéologique, elle est pire que le bagne. La vivre et la subir c’est finir par mourir comme coupable d’un crime de lèse-majesté ou on s’en échappe comme victime d’une machination. Lorsqu’on voit le mépris avec lequel sont qualifiés ‘’les séparatistes’’ qui peut vivre et survivre sans dignité, sans indépendance et sans être libre ?
Ceci devient d’autant plus crucial que l’aliénation fait perdre tout ce qui a été l’histoire des ancêtres, de leur identité, de leur culture, de leur langue remplacées par d’autres plus prégnantes et envoutantes au point que la résistance des plus convaincus s’étiole au fil du temps et devient tenue, fragile et au final impuissante à faire face à une nouvelle histoire qui s’écrit de plus en plus sans leur concours, qui leur est imposée et qu’ils doivent assimiler et répéter comme étant la leur.
L’indépendance d’un pays, n’est pas l’affaire d’un seul homme aussi charismatique soit-il ou d’une seule femme aussi leader ou pionnière soit-elle, c’est l’affaire d’hommes et de femmes porteurs d’un projet de pays, d’un projet de société, d’un projet de citoyenneté. Il importe pour la faire d’informer, de sensibiliser et de conscientiser les citoyens par des actions constantes et permanentes de ce qu’apportera l’indépendance à toutes et à tous.
Les grands agrégats d’un État tels que la défense nationale, l’économie, la diplomatie, l’éducation, la santé, la jeunesse, la solidarité ne sauraient configurer à eux seuls les contours d’un pays si au préalable les fondements de la Nation ne sont pas pensés, conçus, considérés et partagés fièrement et dignement par tout le peuple.
Ferid Chikhi
À suivre

8 mai 2016

Un Numide en Amérique du Nord - 260 -

Seuls les peuples qui ont soif de liberté, ceux qui savent ce que l'aliénation identitaire veut dire, seuls ces peuples savent puiser dans leurs entrailles la volonté d'offrir aux générations futures un pays indépendant.
Le Québec : L’indépendance d’un pays et la libération de ses citoyens - I -
Comment rester neutre ou indécis lorsque l’indépendance d’un pays est en jeu ?
Des citoyens de pays européens constitués depuis plus d’un demi-siècle demandent pour leurs provinces, leurs régions ou leurs territoires, l’autonomie et quelques-uns, tels que l’Écosse, veulent l’indépendance. Ils le font essentiellement afin de préserver leur identité et leur culture originelles mais aussi pour partager les valeurs universelles. Le Québec, cette Belle Province du Canada et d’Amérique du Nord n’est pas en reste.
En 2006, le Monténégro a déclaré son indépendance rompant avec ce qu’était devenu la communauté d’États de Serbie-et-Monténégro.
En octobre 2015, en Catalogne, lors des élections la coalition ‘’Ensemble pour le oui (JxSí)’’ et la Candidature d'unité populaire (CUP), défendant un programme indépendantiste, ont remporté 73 députés sur 135 au Parlement, avec 47,8 % des suffrages exprimés.
Considérant juste ces deux exemples, comment pourrait-on ignorer que cela fait déjà plus de cinquante ans que des pans entiers de la société Québécoise sont encore à la recherche de l’indépendance de leur pays ?
Beaucoup d’immigrants qui arrivent au Canada, ignorants de l’histoire des premiers européens qui ont débarqué sur les rives du St Laurent, demandent depuis plusieurs décennies et à qui veut les entendre : Pourquoi, l’ont-ils égarée, pourquoi la cherchent-ils encore puisqu’ils n’ont pas su la préserver, la protéger, la garder ? La réponse est simple mais concise et claire : Non ! Ils n’en ont jamais disposé.

Le Québec, avec environ 8.000.000 habitants, est un territoire qui couvre une superficie de 1.667.441 Km2 dont 21 % sont recouverts d’eau (Lacs, fleuves, rivières, sources). À elle seule cette ressource naturelle est une véritable richesse pour les générations futures. Le Québec est aussi la plus grande province du Canada. Des changements majeurs sont en cours dans la Belle Province et, encore une fois, c’est le parti Québécois qui est sous les feux de la rampe malgré l’incendie ravageur de Fort Mc Murrey en Alberta, à l’autre bout du Canada. Encore une fois, le point de mire, reste le Parti Québécois qui vient d’être déstabilisé par le départ impromptu de son chef Pierre Karl Péladeau. Cette ‘’sortie’’ donne un grand répit au gouvernement libéral provincial et fait oublier pour une période sa non-gouvernance.
Personne ne saurait nier le fait que ce Parti, est une institution du siècle dernier, née à la lumière des indépendances. Malgré les vicissitudes du temps, l’adversité à la fois endogène et exogène c’est-à-dire partisane provinciale et / ou fédérale et parfois continentale, malgré des changements organisationnels souvent inexplicables et inexpliqués, nonobstant les départs de leaders - hommes et femmes - d’exceptions, cette institution survit au temps et aux évènements, sans pour autant atteindre l’objectif qu’elle s’était fixée au début des années ‘’60’’.
Pourtant le problème - parce qu’il y a un problème - persiste et la solution ne semble pas être trouvée. Chacun y va de sa proposition, de sa suggestion, de ses idées de révision, de réorganisation, de changement mais l’indépendance est toujours dans le tunnel et la fameuse lumière qui devrait être le
signe son bout n’apparait pas encore. J’y ai pensé et malgré mon manque de connaissance des arcanes du Parti Québécois, j’ai fait deux tableaux : d’un côté les hommes et les femmes du Parti et de l’autre celui de leurs idées sur fonds de souveraineté ou d’indépendance. J’en ai conclu que les références, à quelques exceptions près sont les mêmes mais elles ne rassemblent pas et souvent elles ne font pas dans l’unité des rangs. Cela m’a rappelé le fonctionnement du Front de Libération Nationale D’Algérie devenu après l’indépendance de l’Algérie le Parti Unique et ses multiples courants idéologiques. Je n’irai pas plus loin dans la comparaison qui offusquent déjà quelques lecteurs. Elle n’est pas de mise selon les uns et elle n’est pas pertinente selon les autres. Mais, j’ai osé… Alors, je poursuis ma réflexion pour dire quelques mots sur l’immigration. Contrairement à ce que pensent et veulent faire accroire quelques faiseurs d’opinons et bien entendu quelques immigrants mal intégrés et souvent ignorants de l’Histoire de leur pays d’accueil, bien des immigrants, dis-je, qui ont quitté leurs pays d’origine pour venir s’installer au Québec s’intègrent, s’impliquent et veulent participer à la réalisation de ce pays qui sera aussi le leur. Ils savent qu’ils ne peuvent pas rester neutre ou indécis lorsqu’une indépendance est en jeu.
Ferid Chikhi
À suivre