29 juil. 2018

Un Numide en Amérique du Nord - 298 -

Pourquoi l’état islamique n’est pas viable !?

Récemment, un ami Québécois de souche, intéressé par le dialogue interreligieux, m’a invité à m’exprimer sur plusieurs textes parmi lesquels celui du sermon prononcé, le 16 Jan 2016, à la mosquée Al-Aqsa, par le cheikh Palestinien Abu Taqi Al-Din Al-Dari. Ùce dernier y arguait que : Le futur État islamique doit conquérir Rome, Washington et Paris par le djihad … Il y avait aussi, la pétition de Juillet 2018, signée par une centaine d’intellectuels qui « réclament une justice équitable » pour Tariq Ramadan, incarcéré en France dans une affaire de viols. Ensuite, une conversation avec Hamid Dabashi, diplômé de l’Institut de Genève qui souligne que ‘’Le désir révolutionnaire se lit comme le dépassement de l’opposition « The West and the rest ». Et pour clore cette liste, les concepts de la colonialité et de la décolonialité commentés par Asma Lamrabet, sociologue et féministe islamiste. 
J’ai accepté de le faire en partant des enseignements dispensés par mes aînés. Mon propos porte aussi bien sur des pistes de réflexions et le lecteur averti grâce à son sens du discernement n’empruntera pas le chemin des impasses. Je passerai en revu d’une manière succincte ‘’les pouvoirs occidentaux et leurs rapports aux musulmans … Le Djihad, Dar El Islam (le monde de la paix) et Dar El Harb (le monde de la guerre) … L’État Islamique…Le Wahhabisme et le Khomeynisme … et je terminerai par ce slogan qui dit que ‘’Nous sommes musulmans donc nous sommes parfaits".
Mes références : Les sages de ma famille.
Mon avis pourrait par moment être maladroit. Mais une de mes principales sources d’information et d’acquis restera à jamais celle des sages de ma famille : Père et Mère, Grands-parents, Oncles et
Tantes ainsi que tous ces patriarches et toutes ces matriarches qui ne portent pas forcément une barbe blanche ou un voile sur la tête mais détiennent une parcelle du savoir acquis auprès d’autres sages de la tribu. 
À titre indicatif et à ce stade de mon propos, je ne suis pas convaincu par l’idée, comme le voient certains, que l’islam serait le « décolonisateur » du monde. Mon argument est que dans le monde d’aujourd’hui c’est l’Islamisme qui de nos jours sévit. Une idéologie qui, comme bien d’autres, disparaitra comme elle est apparue.
Les pouvoirs occidentaux ‘’confinent ’’ les musulmans … 
Cependant, j’ai la conviction que le nœud Gordien des problématiques du ‘’bien vivre ensemble’’ réside dans les aptitudes des politiciens, des intellectuels et des médias à bien gérer les pouvoirs qu’ils détiennent. Le paradoxe, parce qu’il y a un paradoxe, est ce délit qu’ils commettent en devenant tellement paresseux et négligents que leur pensée et leurs actions non seulement se figent mais elles sont souvent indigentes et stéréotypées. Le cas des musulmans est éloquent. 
Les gouvernants, tout puissants qu’ils sont, les ‘’confinent’’ à un seul groupe ‘’identifiable par le voile de ses femmes et contrôlable par ses imams ainsi que des représentants autoproclamés et corvéables à merci.’’ 
Le Djihad, Dar El Islam (le monde de la paix) et Dar El Harb (le monde de la guerre)
Selon ma compréhension, celle d’un ‘’entendant’’, c’est à dire quelqu’un qui écoute ce que professent les sages de la famille, parmi lesquels des intellectuels, des érudits, des magistrats (Cadis qui jouaient le rôle des Juges et des Avocats) - appliquant la Charria dans sa philosophie, notamment sociale ; des sages tels que mon oncle maternel (enseignant d’histoire et de littérature arabe), encore vivant, et bientôt centenaires (99 ans ; mon Grand-père maternel (Cadi), et mon Grand-oncle maternel (Muphti), tous deux décédés il y a quelques décennies et travaillant de concert sur bien des problématiques sociales à caractère religieux ‘’… Le Djihad est une introspection … qui a pour but de purifier le cœur ... C’est le combat le plus complexe … ‘’
Depuis fort longtemps, j’ai appris, grâce au savoir de ces personnes, que le Djihad n’est pas - comme beaucoup le soutiennent et le pensent - la guerre pour soumettre les autres - les infidèles et les mécréants, etc… - mais bien l’introspection, (L’Ijtihad, diront certains), la connaissance de soi par rapport à une problématique momentanée, non pas comme un instant de sa propre vie, mais comme une continuité permanente pour faire face à toute éventuelle incompréhension de l’autre, celui qui pourrait être un ami mais qui est perçu comme un ennemi. 
Le Djihad, comme instrument de guerre n’apparait qu’en fin de processus, c’est à dire lorsque le cœur et l’esprit ne sont pas en paix face aux mécréants, qui ne sont pas les gens du livre ni même les athées qui ne croient en aucun dieu mais qui sont en paix avec eux-mêmes, mais bien les polythéistes qui résistent à la foi en un seul dieu. Ils doivent être convaincus par l’argument, et avant tout, il faut leur faire la démonstration qu’ils sont sur la mauvaise voie. Par la suite, leur montrer que le chemin approprié est leur conversion à l’Islam - la paix avec eux-mêmes - et surtout pas à l’Islamisme.
Dar El Islam et Dar El Harb
Mon Grand-oncle maternel m’avait expliqué que Dar, c’est la maison ou l’on vit … et la maison où l’on vit c’est avant tout le cœur il me fit réciter Sourate Es Sharh Pré-hég. Nº 12 : … Lorsque deux anges sont venus visiter Mohamed QSSSL, ils ont ouvert son cœur et l’ont nettoyé …
Mon Grand-oncle m’a questionné : Où se trouve ta maison ? 
J’ai répondu, ma maison c’est celle de ou je vis avec mon père, ma mère, mes frères et sœurs. Elle se trouve à quelques rues d’ici.
Il prit sa tige de roseau et me donne un petit coup sur l’épaule tout en me disant ‘’c’est faux, ta maison principale c’est ton cœur. C’est lui Dar Es Silm. C’est ça ta maison de paix. Si tu la pacifies tu seras en protection totale et si tu laisses la colère, le mal, le vice la pénétrer, tu seras toujours en guerre contre toi-même et pour t‘en sortir tu lâcheras ta colère sur les autres et tu leur feras la guerre alors qu’ils ne t’ont pas fait de mal ni provoqué’’. 
L’État Islamique
Personne ne peut construire un état en ôtant la vie à des innocents. L’état islamique, on ne le répétera pas assez, n’est qu’une vue de l’esprit, qui se fonde sur une politique (certains diront une idéologie) qui s’inspire de versets coraniques mortifères pour injecter la peur chez les citoyens des pays qui ne répondent pas aux injonctions de quelques guerriers occidentaux et leurs valets qui veulent tout régir selon leurs intérêts et leur cupidité. 
Alors, pour ce qui me concerne, et pour suivre les enseignements des sages que j’ai rencontrés dans une autre vie, le cheikh d’El Aqsa et ses semblables qui appellent à la guerre, le sieur Ramadan et ceux qui le parrainent d’une façon ou d’une autre, la voie, la seule voie, celle du juste milieu ne mène pas à la guerre mais à la paix. 
Le Wahhabisme et le Khomeynisme 
La guerre que se mènent les deux puissances virtuelles du Golfe (Arabe ou Persique, c’est selon…) est un mécanisme qui doit être mis hors d’usage. Les deux modèles de gouvernance le Wahhabisme de l’Arabie saoudite et le Khomeynisme de l’Iran, sont deux faux frères qui plus est sont funestes. Ils n’ont rien à voir avec l’Islam sunnite et l’Islam chiite. Il s’agit de deux idéologies qui se combattent pour leurs propres hégémonies. L’avantage d’user de la mobilisation des musulmans est qu’ils sont partout, sur tous les continents. Il ne s’agit plus d’expansion et de conquête mais d’endoctrinement et d’embrigadement, y compris de non-musulmans à des fins de prise de pouvoir partout où ils se trouvent. 
Pourtant, un minimum de modération et d’apaisement conduirait à une piste de rationalité et de raisonnement, d’abord, par les musulmans qui initieraient une autre façon de montrer la non-viabilité de l’État Islamique dans un monde moderne et progressiste et ensuite ils œuvreraient à une vraie promotion de la paix. 
La contrainte, vient malheureusement, des gouvernants qui ont choisi de faire affaire avec les esprits obtus et régressifs des islamistes. Les gouvernants et leurs soutiens occidentaux se fourvoient en déroulant le tapis rouge à un état islamique qui les mène droit dans une impasse…
La décolonialité V/s la‘’Post Indépendance’’ 
La colonialité la décolonialité (tout dépendant du côté de la frontière où se trouvent les interlocuteurs), termes remis au goût du jour par quelques ‘’chercheurs’’ convaincus que leur trouvaille explique les oppositions entre différents groupes de nantis et de dépossédés, restent des néologismes des années ‘’50’’ qui conviennent à quelques bienpensants à la recherche d’une brillance qui les mettrait sous les feux de la rampe pour quelques gains financiers et par la même d’autres espaces de pouvoir pour leurs mécènes. Cependant, ils oublient que ces concepts ont connu leur ère de discussion, lorsqu’il était question de la décolonisation des pays d’Afrique et d’Asie du Sud Est. Ils ont été très vite balayés par celui plus réaliste de l’indépendance. Les pays ayant conquis, acquis ou obtenu leur libération, se sont appropriés celui de la ‘’Post Indépendance’’. Bien entendu, cela n’a jamais plu aux colonialistes impénitents.
‘’Nous sommes musulmans donc nous sommes parfaits"
Dans son ouvrage Vocation de l'Islam, le penseur Algérien, Malek Bennabi, avec lequel, sur bien des points je diverge, rejoint l’avis de ceux qui considèrent qu’une régression est palpable dans le monde musulman : ‘’La plus grave parmi les paralysies, celle qui détermine dans une certaine mesure les deux autres (sociale et intellectuelle), c'est la paralysie morale. Son origine est connue : "L'islam est une religion parfaite. Voilà une vérité dont personne ne discute. Malheureusement il en découle dans la conscience post-Almohadienne, une autre proposition : "Nous sommes musulmans donc nous sommes parfaits". Syllogisme funeste qui sape toute perfectibilité dans l'individu, en neutralisant en lui tout souci de perfectionnement’’.
Malek Benabi, suggérait aux algériens de désapprendre la colonisation et d’apprendre l’indépendance pleine et totale. Mais à la même époque, en Algérie et dans le monde arabe, des idéologies du même siècle, avaient envahi le champ politique au point où se croisaient, le Marxisme Léninisme, le Trotskysme, le Panarabisme, le Baâthisme et l’apparition des germes du fléau de la fraternité musulmane que Nasser (Égypte) avait ‘’subrepticement exilée’’ en Algérie avec l’assentiment des autorités Algériennes. 
Malheureusement pour Malek Benabi, depuis le milieu des années ‘90’’ presque tous ses disciples ont opté pour l’islamisme. Imaginer l’indépendance en dehors de la Oumma (la nation musulmane) était une hérésie alors qu’au même moment les indépendantistes Algériens introduisaient le concept ''Les séquelles de la colonisation V/s Les acquis de la révolution’’
Ce qui est totalement absurde en ces temps modernes, c’est que l’Oumma nie le citoyen… ainsi que les libertés individuelles. Que chacun vérifie, s’il en a le temps et la patience, dans toutes les constitutions des pays ou l’islam est érigé en religion de l’État le concept du citoyen n’existe pas.
Une porte de sortie s’offre aux gouvernements occidentaux et à ceux des pays ‘’arabo-musulmans’’ c’est celle consistant, au départ, à écouter les citoyens de confession et/ou de culture musulmane qui sont censurés, bâillonnés et interdits de parole. Cela sera le prélude à des pas de géants dans un rapprochement humain des différentes communautés toutes religions et toutes obédiences confondues. Si les hommes et les femmes politiques, traitent les musulmans comme tous les autres citoyens, ils désarmeront l’hydre qui menace l’harmonie et la cohésion humaines dans tout le monde.
Ferid Chikhi


6 juil. 2018

Un Numide en Amérique du Nord - 297 -

Pour des convergences citoyennes
Le Québec, vient de célébrer deux fêtes, la première, le 24 juin, celle de la 184ième édition, de la St Jean qui coïncide depuis 1977 à la 41ième de la fête Nationale du Québec, et la seconde, le 01er juillet, celle du Canada. C’est le gouvernement de René Levesque qui proclama le
24 juin ‘’jour de Fête nationale pour les Québécois’’, ce qui lui donne le caractère inclusif qu’elle arbore aujourd’hui, soit : La fête de tous les Québécois, quelle que soit leur origine ou leur religion.
Et bien que nous soyons sur la route qui mène aux prochaines élections qui se dérouleront en octobre 2018, il faut rappeler qu’au Québec, depuis, la fin des années ‘’70’’ beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et bien des évidences montrent qu’il recommence à emprunter les chemins qui mènent à son indépendance malgré les vicissitudes et les embûches qu’il y rencontre et aussi en dépit d’un environnement politique pollué par des facteurs aussi bien endogènes qu’exogènes. L’un des principaux paradoxes de ce contexte assez particulier, réside dans le fait que ce sont surtout des appâts corrupteurs auxquels se laissent prendre des Québécoises et des québécois dans un continent où l’individualisme est une force contraire aux plus petits des vœux émis par une société d’entraide et de participation ? 
Alors, comment envisager l’indépendance d’un Peuple, d’une Nation, d’un Pays lorsque des stratagèmes sont pensés et mis en œuvre par les anti-séparatistes qui n’ont de cesse que de voir le Québec, toujours dépendant du fédéral et des néolibéraux de la dernière heure ? 
Des références historiques
L’Histoire a montré que durant les années ‘’50’’, après la seconde guerre mondiale, les anciennes colonies des empires du 17ième et du 18ième siècle ont dû revoir leurs objectifs de libération de leurs jougs en reformulant tous les anciens paradigmes de luttes par des voies et des moyens pacifiques. Ils ont innové, ils ont créé, ils ont inventé … des instruments, des outils, des solutions … parmi
lesquels la lutte armée a été privilégiée sans pour autant négliger la lutte politique. L’exemple le plus probant, le plus authentique et le plus incontestable est celui de l’Algérie. Les résistants Algériens étaient arrivés à leurs limites face à une armée coloniale qui a érigé la torture comme arme de guerre avec le consentement de ses alliés de l’OTAN. Au même moment, sur le plan de la politique internationale, les diplomates du Front de Libération Nationale avaient déroulé avec un brio incontestable un plan de travail qui aboutit aux Nations Unies pour finalement mettre de l’avant les principes d’autodétermination des peuples et à ceux de la décolonisation.  
De nos jours, au Québec, le poids démographique des Québécois se réduit de plus en plus, l’invasion de la langue Anglaise repousse le Français dans les cordes, l’égalité des droits entre les hommes et les femmes est remise en question par l’apparition de pratiques sociales étrangères à la société Québécoise et il faut le dire, le redire et le souligner, de grands pans de la révolution tranquilles s’effritent de plus en plus. Par ailleurs, en dépit des appels, des alertes, des inquiétudes de libres penseurs, de sociologues et de politologues sérieux, qui ne cessent d’attirer l’attention des élu-e-s de tous les niveaux qui conscientisent sur les dangers et les pressions qui fissurent la cohésion sociale, il existe quelques bienpensants aux ordres qui les qualifient d’agitation et d’hystérie inappropriées même si toutes ces turbulences sont qualifiées par le sens commun de danger à haut risque pour le Québec.
Quoi et comment faire pour éclairer les zones d’ombre ? 
Deux grandes parties sont synchroniques et exigent d’être examinées chacune dans sa quintessence. D’une part le Quebec et son indépendance et d’autre part la Société Québécoise et ce qui la régit. Commençons par les règles de la régulation sociétale. Pour les besoins d’une communication destinée au colloque des intellectuels pour la souveraineté du Québec, une
question m’était venue à l’esprit : Comment la laicité aiderait les convergences citoyennes à se réaliser ? Prenons le cas des immigrants, pour bon nombre d’entre eux, trois préoccupations capitales les heurtent à leur arrivée au Québec. Ils pensent les avoir laissées derrière eux dans leurs pays d’origine mais ils sont interpelés par la place du religieux dans une société qui se dit déconfessionnalisée ainsi que ses institutions publiques et mieux encore son espace public.  Ensuite ils trouvent un gouvernement libéral qui entretien une confusion entre religion et idéologie et pour ce qui concerne directement ceux qui viennent d’Afrique du Nord entre Islam et Islamisme, alors même qu’en Arabie Saoudite l’Islamisme est l’objet d’une déconstruction en règle et palpable mais certes pas encore suffisante.  Enfin, ils anticipent les problématiques qui en découlent et qui ont pour nom l’expansion des pratiques idéologiques sous le couvert de la religion et leur corolaire la radicalisation. Ils anticipent d’ores et déjà les séquelles qui secoueront la société.
Ils trouvent absolument nécessaire et pas forcément suffisant de sortir de ces arrangements malsains. La société toute entière doit s’objecter, réfuter, contester, dissoudre ce qui ne s’accommode pas des valeurs du Québec et il faut faire converger les forces indépendantistes vers la même direction. 
À mon avis, ce qu’il faut au départ c’est faire œuvre de pédagogie politique. En temps normal, la conscientisation des citoyennes et des citoyens est du ressort des institutions académiques et parfois des organisations politiques. À ce stade de la réflexion, j’insiste pour dire qu’il y a tout un chantier de pédagogie politique à initier en direction du citoyen et de toute la société civile et il me semble qu’il échoit à tous les intellectuels honnêtes et engagés dans la construction de l’avenir du Québec des prochaines décennies. Ce qu’il faut ce n’est pas la convergence des partis mais celle des citoyens. La convergence citoyenne est la seule issue pour consolider le Québec en tant que Nation, doter cette Nation d’un véritable État souverain et convenir en commun de l’indépendance du pays. 
Il faut expliquer comment le Québec … a évolué… 
Des actions d’affranchissement ou de désaliénation devraient être initiées pour contrer les politiques qui dans leurs pays d’origine ont été et sont encore liberticides, ensuite concevoir pour
eux une définition, une explication et une sensibilisation de ce qu’est le Québec, les sources de la motivation indépendantiste et son apport à la société. Il faut expliquer comment le Québec, sa société, ses citoyens ont évolué, comment ils ont modernisé la province, le pays et comment se fera le nouveau lien avec cette population (eux, les immigrants) qui vient d’ailleurs.  Que ces / ses lois ne peuvent être changées, modifiées ou remplacées par d’autres importées d’ailleurs. Notamment, celles qui sont en totale contradiction avec la liberté des individus, avec le partage équitable et égalitaire, avec l’effort constant et sans discrimination de ses réalisateurs …. Elles le peuvent mais par le consensus et l’urne.
Le second consistera à valoriser leur intégration en évitant le piège du second collège et même du troisième que développe le multiculturalisme et qui privilégie la division de la société en singularisant les communautés qui chacune de son côté se referment sur elle-même. L’autre orientation se subdivise elle aussi en deux lignes convergentes et concerne les Québécois.  Ils ont besoin d’aller de l’avant dans une désaliénation profonde. Les Québécois ont besoin de faire une introspection pour renforcer leur identité - celle-ci ne doit pas se limiter à la seule préservation de la langue française - mais aussi mieux valider les valeurs que reconnaissent les autres et ainsi les mettre en évidence. J’ai vu sur le site des IPSO que cela est pris en considération, mais à mon avis c’est très insuffisant.
Les Québécois doivent s’émanciper et se libérer de leurs chaînes pour aller vers l’autre, l’accepter et le séduire pour en faire un des leurs.

Ferid Chikhi

12 juin 2018

Un Numide en Amérique du Nord - 296 -



Du Canada et du Québec

Abrégé d’un état des lieux…

Des changements de fonds
La réponse pourrait paraitre simple, mais la complexité de trouver les éléments communs et les différences réside dans les modes de gouvernance qui s'accomplissent sur le plan mondial et ceux qui s’observent au Canada en général et au Québec en particulier. Le monde est, donc, en pleine transformation. Il devient de plus en plus multipolaire du fait que plusieurs blocs se construisent en fonction des intérêts des uns et des autres. Des changements majeurs et profonds ont été générés par des initiés – croyant détenir toutes les cartes - et ils sont observés depuis au moins deux décennies par des libres penseurs émérites et bien d’autres témoins lucides qui n’ont prêté aucune allégeance à qui que ce soit.
Tous sont en accord avec quelques lectures du genre : Il y a ceux (les changements de fonds) qui sont provoqués par les forces de la cupidité et de l’argent. Jusqu’à présent ils n’ont généré que des désastres humains ; leurs entreprises sont fondamentalement corruptrices et dépravantes. Elles polluent l’humanité.
Il y a aussi les changements qui sont provoqués par les effets des déclarations intempestives de quelques chefs d’États incommodés par leurs égos, tels que le Président actuel des USA. Il n’arrête pas de brasser ses cartes pour remplacer au-devant de la scène mondiale celui de la Corée du Nord, alors que d’autre puissances sachant faire face aux incertitudes, aux risques et aux contraintes que connaissent leurs pays, y vont d’un pas paisible.
Il y a ceux plus profonds et structurant qui sont générés par l’expansion des pays comme la Chine, l’Inde et la mobilité subie ou provoquée de millions d’êtres humains allant du Sud vers le Nord. Bien entendu, les petits pays pris en étau par leurs anciens occupants sont de simples spectateurs des jeux et des enjeux… mais leur poids démographique ne saurait être passé sous silence. Alors, le chaos, peut-il être éviter ? Certainement, et ce, grâce aux discussions qui se tiennent, ici et là, en fonction des avancées diplomatiques et des menaces de répression contre les éventuels utilisateurs d’armes nucléaires mais aussi des pressions des uns et des autres sur les uns et les autres.
Au Canada les libéraux ont-ils un discours citoyen ?
La situation, au pays, est différente mais retenons que le contexte global a des effets sensibles et pesants sur le statut d’occupant d’un strapontin dans l’échiquier mondial. Si au Québec le citoyen semble être au fait de ce qui se passe dans les arcanes politiques de sa Province, il en est de même pour le citoyen des autres provinces. Cependant, il existe bel et bien une différence factuelle qui réside dans le mode de gouvernance des provinces attachées au multiculturalisme et au discours du reste du Canada avec ceux des politiques néolibérales qui sont au service de quelques magnats. Ceux-ci usent et abusent du respect qu’ont les citoyens en leurs dirigeants et en la démocratie du silence entre deux élections.
Pourtant, les maîtres mots restent les mêmes : corruption, langue de bois, austérité pour les plus démunis et les plus vulnérables, restrictions pour les classes moyennes et abondance pour les plus riches et les plus nantis.  Au Québec, province à l’évidence très distincte des autres, la culture politique a beau tenter d’être et de se préserver, elle subit les effets des contrecoups que lui assènent les fédéralistes et de leurs alliés affirmés du Québec qui veulent gouverner en dépit de leur inaptitude à agir comme de vrais politiques porteurs de vrais projets de sociétés. Cela se confirme tous les jours en ce qui a trait à la cohésion de la gouvernance - libérale et – néolibérale, depuis presque deux décennies.
Plus le temps passe plus le projet indépendantiste est creusé au marteau piqueur par les fédéralistes, les provincialistes nationalistes et les pseudo-partitionnistes de gauche.
La problématique pourrait se lire sur une seule facette de l’état des lieux en matière d’identité et de culture en contexte de gouvernance libérale ainsi que sur les postures et les prises de position envers la laïcité et la soi-disant politique d’inclusion pour le vivre ensemble sont sans équivoques des leurres qui creusent l’écart entre d’une part les citoyens et leurs gouvernants et d’autres part au sein même de la société civile qui considère que la neutralité religieuse prônait par les libéraux 
freine le progrès et l’adaptation de la société aux multiples changements que connait le monde puis au moins trois décennies.
La raison, selon un grand nombre de citoyens, réside dans le fait que le multiculturalisme est un des fondements de la discrimination et de la marginalisation de pans entiers de la société Québécoise. Ainsi, la seule vraie politique dans laquelle excellent les libéraux, qui se succèdent depuis deux décennies, c’est celle qui amoindrit l’identité Québécoise et au lieu de l’enrichir par les valeurs partagées de toutes les parties de la société, immigrants compris, ils ne font pas mieux que de la réduire, la parcelliser, la vulnérabiliser et la diaboliser. 
Mieux encore, lorsqu’il s’agit de ‘’réajuster’’ et de ‘’se maintenir’’ au pouvoir ils ne trouvent pas mieux que d’aller chercher des ‘’converti-e-s’’ parmi les minorités pour les déléguer afin de parler de
l’état des lieux en matière économique, de pénurie de main d’œuvre, de régionalisation de l’immigration… de mettre entre leurs mains des indicateurs économiques qui sont la démonstration de leurs échecs et avancent de nouveaux plans d’intégration complètement inopérants. 
Or, personne n’ignore que ces options, celles des gouvernements libéraux, constituent, ni plus ni moins qu’un suicide sociétal. Pour y faire face seule la sociale démocratie est l’organisation la plus pertinente. Néanmoins, elle n’est pas compatible avec le néolibéralisme. Pour un grand nombre d’immigrants, parmi lesquels ceux venus des pays du bassin méditerranéen, les gouvernements libéraux qu’ils soient ceux du municipal, du provincial ou du fédéral n’ont aucune considération pour le vécu qu’ils avaient avant leur arrivée à Montréal.
Pire encore ils ignorent ce que beaucoup ressentent depuis leur installation, en raison des valses hésitations et des politiques de retournement autour de l’inclusion et du vivre ensemble et qui par les temps qui courent deviennent ni plus ni moins que des errements dont les conséquences les drainent en marge de la société d’accueil et ils ne deviennent visibles qu’à l’approche des échéances électorales. Aujourd’hui, ils sont instruits et le 1er octobre prochain les dés seront jetés. 
Ferid Chikhi