30 nov. 2016

Un Numide en Amérique du Nord - 270 -

Dangers du Wahhabisme et Complaisances Occidentales
"Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion"
Voltaire
Évoquer l’arrivée en force de Donald Trump dans le monde des dirigeants les plus influents de la planète c’est aussi m’amener à me poser la question de savoir si cette arrivée change fondamentalement la donne et les contours du nouvel ordre mondial ? Bien entendu, cette question est sur les langues de tous les observateurs et analystes pris de cours par sa stratégie de prise du pouvoir Étasunien et ne sachant plus comment lire les tendances qui s’affichent sur la scène politique.
D’autres interrogations sont inventoriées telles que celles-ci : Est-ce que Trump aura la marge de manœuvre nécessaire pour réaliser ses projets ? Tiendra t’il les promesses faites à ses électeurs au sujet du mur, de la fin du Partenariat Trans-Pacifique, du rejet des musulmans ? Que fera-t-il avec l’Arabie Saoudite et le Qatari qui subventionnent le Salafo-Wahhabiste et son expansion dans le monde ?
Attentats terroristes et Victimisation : Les deux faces de la même médaille
Dans les faits, rien ne changera si ce n’est quelques paramètres pour rééquilibrer la conjoncture au seul bénéfice des USA. Les manifestations de ces idéologies se révèlent constamment soit par des attentats contre les personnes et leurs biens, soit par la victimisation, presque martyre, de leurs ouailles, soit encore par la perfidie de leurs opérations de médiatisation de masse. Un des objectifs de ces pratiques est de mettre en position de rejet tous les musulmans afin qu’ils se tournent tous contre les sociétés d’accueil.
Ce qui surprend le plus, au plan macro-politique, c’est l’aveuglement simulé des gouvernants de tout bord aux activistes islamistes et autres extrémistes qui ne reculent devant rien pour imposer leur diktat alors qu’au plan micro-politique c’est d’observer l’organisation de rencontres portant sur des thèmes controversés chez les citoyens musulmans. Au cours de ces rencontres sont banalisées des questions aussi sérieuses la laïcité, la démocratie, l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, le féminisme ou encore ‘’Les libertés individuelles dans un état de droit’’ ‘’La Place des minorités dans les sociétés d’accueil’’, etc.
Mais dans les faits demandons-nous pourquoi les gouvernements occidentaux sont aussi laxistes et complaisants envers ces propagandistes et autres Djihadistes violents ou leur alter ego activistes soi-disant pacifiques ?
De l’origine des conflits de guerre et de leurs effets sur le reste du monde
Rappelons-nous des années ‘’90’’. Nous savons que suite à une accalmie, d’à peine 10 ans, après la seconde guerre mondiale le monde renoue avec les guerres ; réfléchies et attisées dans les officines occidentales elles se déclarent dans d’autres pays, d’autres régions et contrées du monde. Elles ne viennent pas seules. Elles sont souvent accompagnées de leurs lots d’événements imprévisibles dans leurs formes, leurs intensités ainsi que dans leurs conséquences et impacts sur des populations non préparées à les endurer.
Nous observons aussi que depuis le début de cette décennie ‘’90’’ le monde est en perpétuel changement : au Moyen Orient (Irak avec le Kurdistan comme cœur du fléau ; La Syrie, le Yémen, la Libye…) ; en Europe de l’Est (Allemagne, Ex URSS, Ex Yougoslavie, Ex Tchécoslovaquie,) et en Afrique (Soudan). Chaque décennie se voit imprimer de nouveaux pactes, de nouvelles négociations, de nouveaux engagements tels que ceux constatés depuis la guerre du Golfe qui opposa l'Irak de Saddam Hussein à une coalition de 34 États, soutenue par l'Organisation des Nations Unies. Elle a été le déclenchement d’une série de déstabilisation et de destruction de pays, villes et villages du Moyen Orient.
Les conflits redoublent de violence et la puissance des armes utilisées n’a d’égale que la détermination et l’endurance à y faire face des populations affectées. L’amplitude des conflits n’est pas forcément circonscrite mais essaime dans le monde et dépasse les frontières pourtant sures des pays où siègent les plus grands penseurs des guerres des temps modernes. Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées des foyers de guerres vers des territoires plus tranquilles, laissant aux polémarques de l’OTAN et des complexes militaro-industriel et alimentaire, les possibilités d’occuper plus d’espaces, d’enrichir encore plus les riches et d’appauvrir les plus vulnérables.
Malgré cela, dans les pays du Nord des incertitudes prennent de plus en plus la forme de croisements dangereux et imprévus en raison des impacts réalisés par les tentatives d’implantation de modèles sociopolitiques dérivés des pratiques géostratégiques réfléchies dans des tours d’ivoire. Donald Trump est-il l’homme de la conjoncture pour limiter les dégâts ? Ce n’est pas évident, disent bien des dirigeants des pays alliés, cependant, c’est le seul qui propose de modifier le plan de charges en redéfinissant le modèle d’implantation de la démocratie dans des pays en décalage sur les droits humains et les nouvelles technologies.
Selon, les sociétés civiles, des témoins et chercheurs qui n’ont pas droit aux chapitres des médias de masse, la démocratie inachevée en Occident – où se constatent des remises en question des gouvernances sont observées - est perçue comme étant incompatible avec des identités diverses et des cultures multiples affichant entre elles des dénivellations souvent abruptes.  Cela ne se fait pas sans dégâts.
Le wahhabisme religion ou idéologie ?
Au Canada et au Québec, le Wahhabisme est comme partout où il s’implante, aussi perfide que l’Albion et l’Oncle Sam qui l’ont aidé à naître et à s’étendre. Sous couvert de alliances et de coalitions de soutien qui ciblent les groupes sociaux originaires du Moyen Orient et d’Afrique du Nord, ainsi que tous ceux qui se déclarent musulmans. Il vise en particulier les plus vulnérables en raison de leurs difficultés de s’adapter et de s’intégrer aux sociétés d’accueil ainsi que la déculturation qu’ils sont vécu dans leur pays d’origine en leur offrant une identité fondée sur la religion plutôt que sur la citoyenneté.
Or, beaucoup considèrent que tant que les partis politiques, leurs militantes et leurs militants, tant que les citoyennes et les citoyens, tant que toutes les sociétés civiles où qu’elles soient – y compris celles du Québec et au Canada - n'ont pas saisi, compris et intégré que – à titre indicatif -  le voile, le tchador, le foulard, le hijab, etc. n'ont rien de religieux mais qu'ils sont les instruments et fer de lance de la propagation de l'idéologie Wahhabite (et non pas celle de l'Islam) avant l’implantation des tribunaux islamiques, ce sera peine perdue de tenter de les en convaincre. La seule dimension qui compte et dont il faut maintenir la portée - contre vents et marées - c'est de continuer à expliquer que le Wahhabisme est un cadeau empoisonné. Il remet en question toutes les valeurs universelles acquises de haute lutte en matière de liberté individuelles, de liberté de conscience, d'égalité de droits et de devoirs entre les hommes et les femmes, d'accès équitable aux mêmes chances de développement humain et de droits sociaux. Or, ce qu’il faut déterminer avant qu’il ne soit définitivement trop tard c’est que si le Wahhabisme est une religion, il faut le traiter comme toutes les religions, si c'est comme tout le monde le sait une idéologie il faut le considérer comme telle. Cela ne peut pas être les deux.
Ferid Chikhi 

12 nov. 2016

Un Numide en Amérique du Nord - 269 -

Les États-Unis d’Amérique avec Trump, n’est-ce pas cela l’Amérique ?
" La parole est au peuple. La parole du peuple, c'est la parole du souverain
Le Général De Gaulle
Depuis le 09 novembre 2016, des analystes, des observateurs et d’autres experts attitrés des rédactions politiques des grands médias ainsi que des Internautes tentent de comprendre ce qui a mené Donald Trump à s’emparer de la Maison Blanche. Et pour cause, la scène médiatico-politique Etasunienne et internationale a été désarçonnée par cet homme décrit comme l’idiot du village global. Pourtant, il a ébranlé l’Establishment dans ses certitudes ordonnancées dans des tours d’ivoire loin des masses populaires. Il a désorienté la conscience collective préfabriquée par les faiseurs d’opinions de l’Ordre Établi et a secoué tous les gardiens du temple en faisant la preuve qu’aux États-Unis d’Amérique tout est possible pour un adversaire politique possédant son profil. Quels ont été les principaux facteurs de ce succès et de la débâcle des faiseurs d’opinions ?

Le banc des insignifiants pour des médias, des sondeurs et des attachés politiques
Il y a d’abord eu le message. Il a été porteur et a eu l’avantage de mobiliser à son avantage le vote improbable de l’Etatsunien moyen qui n’avait plus de confiance en ses dirigeants
et en ses capitaines d’industrie.  L’Establishment avec les chefs de files des médias ont joué sur le rejet par ce même électeur du risque de voter pour lui en raison de l’incertitude et de l’angoisse sociale vécue depuis le milieu des années 2000. Les retombées de la crise multidimensionnelle vécue par la première puissance mondiale ne semblent pas avoir été correctement évaluées et suffisamment analysées par des officines qui ont pêché par défaut ou manque de sérieux.
En soulignant deux catastrophes parmi les plus prégnantes aux USA, les guerres avec leurs lots de pertes mal vécues par les familles des jeunes soldats partis en Irak, en Syrie… ou encore les dégâts matériels provoqués par une nature déchainée durant la présidence d’Obama, il est tout à fait compréhensible que l’exécutif, malgré sa bonne volonté, ne pouvait rien y faire si ce n’est tenter de panser des blessures qui ne se ferment pas aisément.
Il faut admettre que pour tous ceux qui ont perdu leur maison sans espoir d’en avoir une autre c'est un peu comme perdre son âme et voir la faillite d’une ville comme Détroit qui a été le fleuron de l’industrie automobile durant des décennies est un indice en moins dans le paysage de l'ingéniosité de ce pays. Le crash immobilier devait à lui seul canaliser le vote dans le sens choisi par les gouvernants de tous bords. Ce sont donc les effets de cette crise sur la population que Donald Trump a su utiliser à bon escient pour se faire élire.
Le non verbal n'a pas ''trumpé''
Dans cette élection nous avons observé deux profils de candidats et bien du monde s’est intéressé au langage utilisé et au non verbal de l’une et de l’autre. Hilary Clinton s’est toujours présentée avec un sourire préfabriqué marquant un peu de sincérité et cachant sa vraie nature : fausseté et sournoiserie. Ses phrases guerrières étaient mal conçues, sans aucune impulsion ni effet émotif, leur portée ciblait des groupes de personnes alors que celle de Donald Trump ratissait large. Lui, a toujours eu un regard malicieux, tourné vers son adversaire de circonstance. Il semblait souvent partir sur de nouvelles bases, un nouvel élan. Sa spontanéité, a plu et séduit l’américain moyen, notamment celui de la campagne qui ne cause pas beaucoup mais qui écoute et se rappelle de l’essentiel. Ce que Donald Trump veut, c’est de tout rapporter à lui et aux USA d’abord et de devenir le champion de la redistribution des cartes et de ses outils d’influence par la suite. Une véritable réingénierie de la stratégie de domination des États-Unis d’Amérique sur le reste du monde  
C'est ma thématique ! 11/09 et 09/11 = 20/20.
La date du 09 novembre 2016 sera marquée en surligné dans les annales mondiales des élections US. Elle a aussi inspiré le caricaturiste Philippe Geluck ‘’Le Chat’’ qui la lie à celle du 11 septembre 2001. ‘’11/09 V/o 09/11’’. L’addition des chiffres donne comme par hasard un 20/20. Comme dirait l’autre ‘’c’est ma thématique’’.
Une collision frontale, un coup de boutoir dans la boite électorale… Donald Trump,
malgré ses incartades, ses errements et ses déclarations intempestives, a été élu. Ses électeurs le soulignent fort bien : ‘’Il ne risque pas de se laisser corrompre comme les autres’’ et il fera certainement ce qu'ils attendent de lui. Une grande masse d’américains l’ont préféré à sa rivale ! Peut-être que beaucoup diront que c'est la main de l'étranger et possiblement que c'est celle de Poutine, ou encore que son style fait peur.
Cependant, l'Amérique a choisi encore une fois un gars en dépit de ses problématiques comportementales, mais n’est-ce pas cela l’Amérique ? Trump a fait des promesses au plan économique : plus d’emplois et moins de chômage ; un partage des ressources. Elles vont dans le même sens que celles qu’il a faites au plan social pour l’accès universel aux soins de santé pour les plus démunis alors qu’au plan politique international il veut faire une partie du chemin en direction de la Russie tout en se retirant un peu plus des autres alliances traditionnelles et en tissant de nouvelles.
Les changements dans la feuille de route.
Le cadre de références globales ne sera pas profondément modifié et Donald Trump devra en tenir compte en se pliant aux principes des relations internationales, même si elles sont controversées, avec des pays impliqués dans les guerres menées en Afrique du Nord et au Moyen Orient.
La position à l’endroit du terrorisme Islamiste sera consolidée et renforcée pour réduire le lien avec les officines de l’Arabie Saoudite et celles du Qatar. Cependant, d’autres foyers de guerre seront forcément allumés pour aider l’industrie de l’armement, du pétrole et de l’agroalimentaire.
C’est pour cela que, durant la première partie de son mandat, Trump ne pourra pas procéder à des changements majeurs potentiels dans la politique étrangère des USA mais il pourra en introduire quelques-uns qui modifieront profondément ses contours les plus significatifs. Il le fera grâce à son style bulldozer qui aura des impacts importants dans la seconde partie de sa gouvernance. À titre indicatif, il privilégiera les affaires domestiques plus que l’implication des USA sur la scène internationale ce qui laissera le champ libre aux autres d’en faire de même ou de poursuivre dans leur entêtement guerrier.
L’alternance et une nouvelle emprise de l’empire se dessine
Les enseignements qui peuvent être tirés de cette élection sur laquelle était focalisée tous les regards du monde, si sont mis de côté les guerres en Syrie, en Libye et en Irak, les
dysfonctionnements majeurs au plan social et domestique (crimes des policiers contre les jeunes noirs, la prééminence de la possession et de l’utilisation des armes à feu qui ont concentré le vote en faveur de Trump, il importe de souligner que ce sont aussi le numérique et les réseaux sociaux qui ont eu raison de Clinton et de l’Ordre établi US.
Alors une question essentielle se pose, à savoir : cela changera-t-il quelque chose dans le va-t’en guerre des USA ? Pour l’heure, les enjeux sont trop important mais l'avenir n'est plus loin. Il est là... Les guerres en Libye, en Irak et en Syrie ne s’arrêteront pas en un claquement de doigts. Les relations avec la Russie ne s’amélioreront pas de sitôt. Celles avec la Chine devront être révisées et, Trump ne voudra pas perdre le leadership international et l'Étatsunien moyen échaudé par les différentes crises veut des résultats immédiats. C’est le changement qu’il attend. L’alternance un bien beau concept l’exige et le la majorité relative du Peuple la veut. 
Le Général De Gaulle n’avait-il pas dit "La parole est au peuple. La parole du peuple, c'est la parole du souverain" et c’est ce que devra réaliser le ‘’général’’ Trump. Il a sensibilisé avec un discours peut être populiste mais en tout cas un discours qui a rassemblé un minimum d’électeurs tout en ébranlant la machine redoutable de l’Ordre établi US et de ses relais au niveau mondial. Voyons voir les effets dans le chemin tracé pour l’impeachment ou pour la postérité. 
Ferid Chikhi