19 nov. 2011

Un Numide en Amérique du Nord -129 –

À la rencontre de ‘’K13’’ - Liberté
Au cours des 20 dernières années, j’ai parlé de la Liberté et de ma sensibilité à son endroit. Et qui n’en parle pas, me diriez-vous ? Vrai, nous en parlons tous d’une façon ou d’une autre, à un moment ou à un autre de notre vécu, de nos rencontres, des étapes de notre vie. C’est un fait universel et personne ne saurait l’ignorer. Chacun la vit comme il l’a comprend et elle se vit par chacun d’entre nous comme elle nous aliène à son contenu et à sa trajectoire. Récemment, j’ai eu le privilège de rencontrer ‘’K13’’.
Immédiatement, spontanément, je dirais même, normalement, j'ai associé son nom à Liberté.
Pourtant rien en son initiale ne rejoins cette représentation si ce n’est cette sensibilité que rarement nous portons en nous et que j’ai perçue instantanément en son être, en son entité, en ses caractéristiques physiques, en ses croyances exprimées.
Je dois dire que j’ai eu la ferme sensation d’être en phase avec la Liberté autant que je l’ai été lorsque par un matin de juillet 1991, le désarroi et l’affolement envahirent tout mon être.
Fortement secoué par son vrai sens, une profonde émotion s’empara de  moi. C’était un saisissement intense qui laissa en moi une empreinte mentale indélébile. En fait je venais comprendre,  de  découvrir que j’avais vécu une grande partie de ma vie dans une illusion entretenue par un environnement idéologique savamment façonné par des pseudo-maîtres que je n’ai pas mandatés en toute liberté.  
En rencontrant ’K13’’ - Liberté j’ai retrouvé l’espace de quelques heures mes amis du Tassili N’Ajjer : Abdel, Seddik, Tedjini et Kerami et des souvenirs enfouis depuis plus de dix ans au plus profond de ma mémoire. Cette rencontre a été aussi celle de nos deux entités. Nous avons alors parlé de La Cérémonie du Thé que certains définissent de la sorte : Le premier verre, disent-ils, est amer comme la vie, le second est doux comme l'amour, et le troisième est léger comme la mort. Mais, Kerami me l’expliqua différemment et me la fit vivre en trois temps. Le premier verre de thé préparé et servi selon un acte de préséance, m’avait-il expliqué, est doux comme la vie ; le second est sucré comme l’amour et le troisième est amer comme la mort.
Il m’a parlé de la liberté telle qu’elle est conçue chez nos cousins les Touareg et le solide lien qu’ils font entre les deux. En reproduisant ces souvenirs avec ‘’K13’’ -Liberté, j’ai repris le tout dans mes mots et sous ma plume, je l’ai habillée comme suit :
... Il fait de nos mots des poèmes ...
Le premier verre de thé est
Doux comme la vie
Nous sommes tous les jours confrontés à la douceur de la vie.
Quel que soit le chemin que nous suivons les lignes de notre vie se lisent sur nos visages.
L’important n’est-il pas de faire face aux choses de la vie ?
Relever des défis en acceptant les épreuves quotidiennes ?
Rester debout lorsque la précarité nous a ciblé
Plier quant le vent de la douleur souffle,
Ne pas se laisser abattre, toujours repartir et recommencer de nouveau …
Le deuxième verre est
Sucré comme l’amour
L’amour nous enlace et nous étreint.
Il ne prévient pas. Il nous enivre. 
Il nous fait pleurer, et nos larmes l’alimentent.
Il fait de nos mots des poèmes et de nos poèmes il panse nos blessures.

Il illumine notre monde et colore ses moindres espaces.
Il nous rend heureux ou fous.
Il remplit nos cœurs et la distance qui nous sépare.
Nous sommes faits pour aimer et pour être aimés.
Le troisième verre de thé est
Amer comme la mort
La mort complète l’amour de la vie.
Elle est son prolongement.
Contrairement à l’amour personne ne l’aime.
Personne ne la recherche. 
Elle est le repos éternel. Elle est sans issue. 
Le thé nous révèle l'amertume de la mort, la douceur de la vie et de l'amour.
Ferid Chikhi