3 mars 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 140 -

Qu’est ce que le risque, qu’est ce que l’incertitude ?
Sports extrêmes et facteurs humains … -2-
Le caractère concevable du risque existe dès lors qu’une probabilité de sa survenance est réelle. Il peut être fort, moyen ou faible. Il est tellement vraisemblable qu’il se rapproche de l’incertitude.
Le facteur humain a-t-il sa place dans une telle situation ? Je réponds sans détour par l’affirmative. Existe-t-il un facteur culturel dans une telle situation ? Je réponds là aussi par l’affirmative. Je m’explique, lorsque l’on veut prendre un risque, certaines mesures sont prises - pour le rafting - les guides avertissent des aléas de la descente. Ils invitent les partants à porter un gilet de sauvetage, des espadrilles et ils dispensent quelques rudiments de flottaison - recroquevillez-vous - disent-ils - comme l’est le bébé dans le ventre de sa mère, position fœtale, vous devez savoir nager ...
Lors de la décennie noire nous connaissions les risques d’être ciblés par des tueurs sortis - j’allais dire du néant - d’une voiture en stationnement en face de la porte d’entrée de l’immeuble ; ou encore, tapis dans l’ombre des recoins des cages d’escaliers. Nous savions que chacun d’entre nous était une cible potentielle de ces Tangos (terroristes).
Nous vaquions à nos occupations habituelles dés la sortie du domicile et jusqu’au retour à ce même domicile en restant vigilants, l’œil aux aguets, parce que dans l’intervalle, tout pouvait arriver malgré la prudence affichée par tout un chacun. Nous avions appris à décoder le non-verbal des personnes que nous croisions. Nous évitions de nous placer dos à la porte d’entrée des restaurants, des cafés et des autres lieux publics oû l'on prenait place.
L’attention était soutenue. Les habitudes de vie avaient été modifiées. Malgré cela beaucoup se sont fait avoir ; ce fut le cas du regretté Said Mekbel*, ravi aux siens alors qu’il était face à la porte du restaurant où il se prenait un moment de répits.
En fait, chaque fois que le facteur humain intervenait c’était le début d’un changement dans les habitudes de vie, dans nos attitudes et même dans nos comportements. Souvent nous baissions la garde. Souvent cela a été fatal. Nous devenions un peu moins vigilants et par conséquent plus vulnérables. Là, une question se pose : est-ce le début d’un risque ou celui d’un péril ? De toute façon que ce soit pour l’un ou pour l’autre les conséquences sont potentielles dangereuses. À ce niveau de la réflexion tout est théorique mais dans les faits tout ce qui est rationnel n’a pas sa place sauf l’incertitude et le hasard.
À suivre
Ferid Chikhi
*Journaliste et directeur de la rédaction du quotidien algérien : Le Matin