10 avr. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 145 -

Cinquantenaire 1962-2012
Une visite du passé qui pénètre le présent …
Repartons de zéro. 1962-2012. Cinquante ans déjà, depuis ‘’l’Indépendance de l’Algérie’’. Agé de 13 ans et déjà un changement majeur dans mon environnement immédiat. Des images enfouies dans ma mémoire ressurgissent. Je perçois une ambigüité, une contingence, j’allais dire une inconstance, dans leur visionnement.
J’ai la nette impression que d’une part ces images m’apostrophent, comme si elles m’interpellaient, me hélaient et que d’autre part, elles réclament que j’écrive sous chacune une légende comme pour les accompagner.
Est-ce une épreuve du temps ou simplement un ressourcement. Une visite du passé qui pénètre le présent comme pour le sonder. Lui rappeler qu’il a existé avant lui et avant le futur.     
L’indépendance !? J’avais abordé la question dans un autre chapitre. Je me demandais si l’indépendance était similaire à la liberté c'est-à-dire multiple, puisqu’il ya des libertés et indissociable d’elle ? Etait-ce un concept en lui-même, singulier, unique, indivisible ? Les dictionnaires, le Larousse, le Petit Robert, le Littré, etc. donnent une suite de mots s’identifiant à l’indépendance parmi lesquels j’ai trouvé : l’autonomie – la souveraineté – l’identité – l’autogestion – le séparatisme – le nationalisme - … même le mot liberté y est associé.
Cependant et dans les faits, l’indépendance d’un pays veut-elle aussi dire la liberté de son peuple, de ses populations ou au contraire l’une et l’autre n’ont aucun lien ou du moins une relation même très tenue ?
Durant les premiers moments de l’indépendance de l’Algérie, ce dont je me souviens parmi tant d’autres aspects, et je dirai qui m’a le plus marqué c’est ce mouvement généralisé, ce geste spontané doublé d’un naturel instinctif qu’ont eu presque toutes les femmes âgées et jeunes, mariées ou veuves, fiancées ou demoiselles … en jetant leurs voilettes et leurs voiles blancs ou noirs. C’était la première fois que je voyais en dehors de leurs maisons les visages à découvert des mères de mes copains d’enfance, ceux de leurs sœurs aînées et de bien d’autres femmes de la famille, des voisines, etc.
C’était un geste naturel. Personne n’osait émettre un quelconque interdit. Bien mieux bien des hommes s’étaient solidarisés et marquaient une certaine fierté en voyant tomber ce ‘’paravent’’ prétexte d’une protection honorable face à l’occupant. Ce geste était incontestable, vrai, authentique, souverain, historique. Il marquait le début d’une ère nouvelle, celle de ne plus être obligé de se voiler la face, de se cacher de l’ennemi colonialiste. C’était l’un des premiers gestes émancipateurs non pas et seulement de tout un pays mais celui de toute une nation. Un peuple qui aspirait à vivre libre et affranchi d’un joug qui a duré 132 ans.  C’était un des premiers gestes initiateurs de la femme algérienne.
Ferid Chikhi