24 févr. 2015

Un Numide en Amérique du Nord - 233 -


De la liberté d’expression et autres manipulations médiatiques… - II -
Les mois de janvier et février 2015 ont été violents que ce soit en Europe et particulièrement en France et au Danemark, en Ukraine… mais aussi en Afrique et spécifiquement au Nigéria, au Mali, au Cameroun, au Niger… en Libye… sans oublier le Congo… En Asie, qui avec le découpage géopolitique imposé par les grandes puissances (…) À proximité de tous ces lieux, où les polémarques règnent en Seigneurs, la mer n’est pas en reste, elle s’approprie des centaines de vies des tourmentés, écartelés entre leurs pays d’origine et les terres qu’ils ont traversées pour dépasser de nouvelles frontières (…)
Comme je l’annonçais dans la partie précédente ce propos interpelle les pratiques de certains médias nationaux et internationaux qui façonnent l’opinion publique et servent les propriétaires, et autres possédants, actionnaires et nantis qu'entre autres la cupidité motive.
Pourtant, qui, parmi les journalistes, leurs rédactions, et les chefs de rubriques… ignore que La rigueur intellectuelle et la minutie professionnelle représentent la garantie d’une information de qualité. Des éminences grises de l'éthique professionnelle soulignent que cela ne signifie pas qu'il faille faire dans la restriction, la censure, le conformisme ou l'absence d’imagination. Les deux constituent à elles seules un cadre de références à la fois morales et déontologiques où les maitres mots sont  objectivité, exactitude, précision, intégrité, respect des personnes, des groupes, des faits et des événements.
Souvent, lorsqu’il observe des non-sens ou même des contre-sens, de la manipulation, un parti pris ou tout simplement une recherche d'influence, le lecteur se sent floué et a l’impression que les fameuses devises telles que "Le droit de savoir et le devoir d'informer" qui sont la manifestation de l’intégrité, de la probité et de la maturité des journalistes, de tous ces médias sont en permanences remisées au placard des oubliettes.
Alors deux attitudes apparaissent :
1.  La première est celle de ces lecteurs, auditeurs et téléspectateurs qui se retrouvent otages des rédactions et de certains journalistes en mal de prestige et/ou de notoriété et se demandent à quel point ‘’ILS’’ sont devenus des caméléons de la plume. Passant d’un journal à un autre, d’un plateau de TV à un  autre, d’un micro à un autre, d'un ''propriétaire à un autre'', sans scrupules, sans pudeurs et sans égards à leurs attentes informationnelles.
2.  La seconde est celle des rédactions, des médias en question, qui pour ne pas être en porte à
faux avec l’éthique, les valeurs, les référents de la liberté d’expression et aussi pour ne pas bâillonner leurs multiples pigistes, collaborateurs et autres journalistes sérieux, presque tous les médias se sont adaptés aux conjonctures et ont adopté le principe d’ouverture en hébergeant les blogs de ces auteurs et en offrant des espaces de publication sous forme d’opinions, de lettres et autres débats d’idées. Le tout subtilement suivi de cette mention passe partout : Vous serez l'unique responsable de vos propres contributions et des conséquences de leur publication… mais si ce n’est pas le cas le contenu nous appartient… et on peut en… faire ce que bon nous semble…
Le comble de la désinformation?
Dans ces échanges, ce qui est extraordinaire c’est qu’au fil de leurs déroulement l’on se rend compte que tout dépend de la perception que les uns et les autres ont des choses de la vie, de leurs expériences, de leurs formations, de leurs identités, de la culture à laquelle ils appartiennent… et
de  bien d’autres facteurs traditionnels (économiques, politiques, etc.). Mais lequel de ces facteurs peut retenir l’attention lorsque c’est seulement une facette parmi tant d’autres qui est présentée, observée, décrite…? En outre, ne faut-il pas se demander et tenir compte du fait que la liberté d’expression dans un milieu tolérant est une porte ouverte aux interdits dans un milieu intolérant ? Or, les sujets, les thèmes, les aspects et les choses de la vie qui ont été manipulés, sortis de leurs contextes, enrobés de fausses descriptions, etc. sont légions. Leurs auteurs n’ont jamais pris la peine de démentir ou d’exprimer le moindre regret, le moindre remord d’avoir mal informés leurs lecteurs. Comment qualifier cette situation si ce n’est de comble de la désinformation?
Revenant aux guerres, aux batailles et aux attentats terroristes qui surviennent, comme par enchantement, sur presque, tous les continents, comment se fait-il qu'aucun journaliste, caméraman, photographe n'est du côté des victimes si ce n'est que pour désigner ''Le'' commettant et personne n'ose parler des causes ? Comment se fait-il que les groupes et les armées composés de recrues provenant d’Europe, d’Amérique du Nord et du reste du monde n'aient pas été dépistés avant leur enrôlement? Il a fallu des mois pour ne pas dire des années pour annoncer, informer et dire que ce sont ces médias aux ordres qui leur font une place privilégiées dans le monde de l'information.
Et, pour contrecarrer cette propagande victimaire et nauséabonde, ces groupes et autres armées se sont créés leurs propres sites Internet. Ils ont acquis des matériels et des équipements de haute technologie à même de filmer et surtout de découper les images qu’ils veulent, comme ils le veulent et surtout là où ils le veulent. Le pire dans tout cela c’est que les spécialistes de l’information réelle ou manipulée n'arrivent même pas à contrer cette nouvelle donne de la communication et de l’information en temps réel.
Au moment où je termine cette petite réflexion, les réseaux sociaux sont partagés au sujet ''d'une
ingérence'' dans les lignes éditoriales des médias algériens. Celle de l'opérateur Oredoo, multinationale du Qatar qui joue le jeu des grandes entreprises en matière de publicité. Son patron en Algérie, annonce qu’il n’y aura pas de contrat avec les médias qui personnalisent leurs attaques contre l'Algérie et le Qatar. Cette annonce se fait en présence du ministre Algérien de la communication et bien d'autres journalistes. En ce 24 février 2015, jour anniversaire de la nationalisation de ses hydrocarbures par l’Algérie, le quotidien Français Le Monde, ajoute son grain de sel pour soutenir les journalistes algériens et défendre la liberté de la presse. N'est-ce pas de l'ingérence ? Bizarre ! Que ceux-là même qui dénoncent l'autre ingérence se taisent pour cette dernière!? À mon sens, il y a réellement un gros problème de déontologie.
Ferid Chikhi