21 mai 2019

Un Numide en Amérique du Nord - 238 -

Projet de loi 21 : Le bien vivre ensemble et en bonne intelligence
Voilà, c’est fait, le rideau est tombé sur la présentation du dernier mémoire relatif au PL21 et portant laicité de l’état Québécois. Des historiens, des sociologues, des juristes et bien d’autres spécialistes et organisations se sont exprimés pour ou contre. Le Rassemblement pour la Laicité a eu le dernier mot dans cette confrontation entre deux conceptions de la laicité. La première étant celle qui soutient le projet de loi 21 même s’il ne couvre pas tous les aspects en lien avec la laicité républicaine et universelle et la seconde qui prône une laicité ouverte qui s’appliquerait seulement ‘’aux murs’’ et ne concernerait pas les individus.
Il faut dire, et c’est notre compréhension de ce qui a été dit ou tu, que les partisans du ‘’NON’’ n’ont pas été convaincants et leurs questionnements sont restés au ras des pâquerettes. Leurs contradicteurs ont été dans la plupart des situations plus percutants en offrant des réponses et des arguments clairement énoncés, validés par leurs pairs, consensuels pour les citoyens et souvent laissant sans voix les élu-e-s du Parti Libéral du Québec et de Québec solidaire.
AQNAL a présenté à l’assemblée nationale du Québec son argumentaire, le 7 mai 2019. Il a été estimé que ce projet de loi propose un contenu rassembleur. Il offre un minimum de garanties pour aller dans le sens d’une laicité qui permet à l’État Québécois de poursuivre l’œuvre de sécularisation de la société, oeuvre entamée depuis un demi-siècle.

Pour mémoire
Rappelons que depuis une dizaine d’années, ce qui dérange le plus la grande majorité des citoyens du
Québec c’est que, les forces de l’inertie empêchent la société tout entière d’évoluer dans la cohésion et l’harmonie alors que le gouvernement actuel met en œuvre la laicité parmi d’autres instruments institutionnels. Nous nous sommes demandés pourquoi ces forces de l’inertie veulent empêcher tout un chacun de vivre sereinement en harmonie avec les autres et loin des dogmes qui paralysent ?  Pour nous la réponse est évidente, c’est parce que ces groupes minoritaires mais extrémistes dans leur fonctionnement font de la dissidence leur pitance quotidienne. Ils ne sont pas seuls, puisqu’ils sont appuyés de quelques intellectuels de salons qui tentent d’influer sur des questions de gouvernance nationale en mettant en avant des idées régressives et intolérantes à l’endroit de la société toute entière.  Ils abordent la laicité non pas pour la valider et la renforcer pour le bien de toutes et de tous mais pour empêcher son application afin de faire avancer une pensée politico-théocratique dont ils ignorent la teneur. Nous sommes d'avis qu’un gouvernement décide à la majorité de ses électeurs de voter des lois, celles-ci s’appliquent à toutes et à tous sans discrimination ni stigmatisation. Toutes celles et tous ceux qui refusent de s’y conformer qui appellent à la dissidence civile ne sauraient être qualifiés que de subversifs impénitents.
Du statut de citoyen avant tout
Nous sommes de celles et de ceux, pour ne pas dire les premiers à avoir souligner et à souligner encore que les immigrants qui arrivent au Canada et qui résident au Québec veulent être considérés comme citoyens et non pas comme pratiquants ou fidèles de leurs religions, appartenant à des groupes ethniques ou communautés exotiques. Ils affichent leur ferme volonté d’y vivre une citoyenneté à part entière ainsi que la ferme intention de faire partie de la société d’accueil selon les valeurs universellement admises et acceptées de part et d’autre.
L’État laïc n’est pas l’État athée
Le moule du multiculturalisme Canadien fragmente la société en groupes et préconise une inclusion fondée sur l’exotisme, tout en définissant les citoyens comme des individus de petites communautés cultuelles, ethniques, racisées ou dans bien des cas des communautés culturelles. Il offre à ces communautés un faux réconfort dans l’idée qu’elles possèdent leurs propres pratiques religieuses, leurs cuisines aux senteurs épicées, leurs chansons et leurs rythmes particuliers et toutes sortes de dispositions qui leurs sont familières et par conséquent elles peuvent se ghettoïser.
http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/archives-parlementaires/travaux-commissions/AudioVideo-80271.html?fbclid=IwAR0EGQderRnI_V72LwS6JvjDw5WYtiHJDiY4pHbg7CLBrj_M2wKIYMKQphU
La pluralité religieuse est-elle compatible avec la laïcité ?
Dans une société multiculturelle il est préconisé que chacun reste dans son groupe et ne va pas plus loin que l’espace consenti. Dans les sociétés en voie de sécularisation, des paradigmes bien installés ont été ébranlé par l’arrivée de nouveaux comportements, de nouvelles attitudes et politiques, de nouvelles idéologies, de nouvelles tendances suprématistes ... Lorsque l’État est sécularisé, la liberté de croyance et de culte est garantie, et les croyances sont égales entre elles.  Dans une société sécularisée les libertés individuelles sont normalisées par des codes adoptés par les élus. Dans une société laïque ce sont les codes législatifs (code civil, code pénal et autres lois disposant des libertés individuelles dans les limites des intégrités collectives …) qui régulent les relations entre citoyens dans des espaces communs publics ou privés dans un cadre de références établies en conformité avec la laïcité. 
L’Islamisme travaille contre les musulmans [1].
Au Québec, il y a ceux qui parlent de fanatisme et d’extrémisme musulmans, un raccourci que n’empruntent que quelques ignorants. En fait, le mal est plus profond parce que les musulmans fanatiques sont des islamistes œuvrant selon leurs propres cadres de références fondées sur des dogmes extrémistes et expansionnistes empruntés au Wahhabisme, et au Salafisme. Les musulmans les ciblent et les indexent mais ne vont pas plus loin.  Ils ne ciblent pas toutes celles et tous ceux qui une fois arrivés au Québec continuent leur activisme débuté dans leurs pays d’origine. D’autres se délestent de leur identité initiale et institutionnelle afin de se fabriquer une nouvelle par référence à ce qui les démarque des citoyens de la société d’accueil. Ces groupes de personnes sont plus nuisibles à l’islam que les extrémistes de droite. Un troisième groupe apparait dans tous les pays occidentaux. Il s’agit de ceux et de celles qui sont endoctriné-e-s avant de se convertir non pas à l’Islam mais au Wahhabisme. 
Le voile un handicap de l’insertion socioprofessionnelle des femmes islamistes
Dans un précédent article, il a été souligné que Le PL21 par la clause grand père donne la possibilité aux femmes islamistes de garder le hijab qu’elles portent durant l’exercice de leur profession, avec cependant le risque de perdre ‘’ce droit’’ si elles quittent cet emploi pour un autre. (Article 6 du PL 21).  Pourtant, autoriser le port du voile, hijab, etc. dans les institutions publiques et para publiques c’est autoriser le port de signes et/ou de symboles soit religieux soit politique. Si cela est assimilé au religieux pourquoi ne pas ré-autoriser les sœurs religieuses catholiques à porter de nouveau leurs coiffes… ? Cela est valable pour les signes et symboles portés par les hommes. Si cela est assimilé au politique, pourquoi ne pas autoriser les membres des partis politiques à porter les leurs ?
L’État du Québec doit être laïque.
Au Québec, la question de la laicité a été, est et sera pour longtemps controversée, si l'État ne prend pas rapidement et clairement position en faveur des valeurs fondamentales du pays tout en les priorisant. Le gouvernement de la CAQ s’inscrit dans cette voie. Il ne doit pas hésiter et en raison de considérations conjoncturelles aller à contrecourant de ce que la société attend de lui. La laicité est le seul dispositif, le seul mécanisme, la seule construction institutionnelle qui aide à la conjugaison positive des convergences citoyennes. Le projet de loi 21 doit être adopté parce qu’il s’applique sans discrimination à tous les citoyens.
Ferid Chikhi

[1] Muhammad Said Al-Ashmawy