5 oct. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 76 -

Les Imazighen et le Christianisme - 3 -

Le Numide, pour clore ce chapitre sur le patrimoine algérien chrétien et avant de te questionner sur le Judaïsme que peux-tu encore me dire sur ce qui te tient à cœur au sujet de ce pan de l’histoire peu connue des Algériens ?
Je pourrais citer un prêtre d’Alger et vicaire à l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris il se nommait Vincent Serralda. Il a écrit ces vers qui en disent long sur l’apport des Imazighen à la civilisation chrétienne :
Pareil à ton soleil, ton rayon est ardent.
Tertullien, Victor, puis l’Église souffrante,
L’évêque Cyprien, prestigieux martyr,
Enfin saint Augustin, la flamme triomphante,
Le sublime flambeau, splendeur de l’avenir.
Tes noms sont glorieux au cours de ton histoire,
Syphax, Massinissa qui fut ton plus grand roi,
Mais bientôt va s’écrire un chapitre de gloire :
Le berbère chrétien, le rocher de la foi.
Pour te peindre d’un trait on peut dire qu’en somme,
Pareil à ton soleil, ton rayon est ardent,
C’est un astre nouveau, celui des droits de l’homme.
Qui monte, grâce à toi, dans le ciel d’Occident.
Tertullien, Victor, puis l’Église souffrante,
L’évêque Cyprien, prestigieux martyr,
Enfin saint Augustin, la flamme triomphante,
Le sublime flambeau, splendeur de l’avenir.
Ton sang, noble ciment de l'Eglise africaine
- Ce précieux fleuron de notre chrétienté -
Répandu par amour, en réponse à la haine,
Conserve, sous l’Islam, encore sa pureté.
Prêtre près d’Alger et vicaire à l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris.

Ferid Chikhi

17 sept. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 75 -

Les Imazighen et le Christianisme – 2 -

Pour revenir à notre conversation, dis moi, comment selon toi s’est effectué cet apport des Imazighen au Christianisme, sous quelle forme, qui en sont les auteurs, quels ont été ses moments forts ? …. Le Numide lève la main et avec le sourire me dit : doucement, doucement, tu poses trop de questions en une seule. D'abord si je mets de côté le contenu des écrits des anthropologues, des ethnologues, des historiens, etc., je me rappelle d’une période de ma vie où j’étais passionné par l’Histoire de l’Algérie, je le suis encore mais durant les années’’70’’ je discutais beaucoup avec mon grand oncle Smaïl. Une fois il me dit que ’les européens en général et les français en particulier ignorent que comme l’Islam c’est en Algérie que le Christianisme a pris son essor vers leur continent’’. Il m’apprit par exemple qu’en plus de ‘’Victor 1er, qui a été le 1er Pape Amazigh qui gouverna l’Église de Rome, entre 190 et199, il y a eu d’illustres Imazighen qui contribuèrent au développement de cette religion, parmi lesquels les plus prestigieux ont été : Tertullien, natif de Carthage et qui s’est converti au christianisme en 193, respectueux de l’esprit de résistance et de patience des premiers convertis au Christianisme face aux persécutions des romains, c’est lui qui a dit ’on ne nait pas chrétien, on le devient’’ (Apol, XVIII).
Qu’avait-il de particulier ? Il a été un opposant au paganisme et  l’auteur en latin de la 1ere transcription du christianisme. Le Numide s’arrête quelques secondes et poursuivit… St AugustinSt Augustin est né à Souk-Ahras en 354, d'un père Amazigh et citoyen romain et d'une mère berbère, sainte Monique, il était théologien chrétien. Il est devenu évêque d’Hippone et il est considéré comme l’un des personnages le plus en vue dans le développement du christianisme en occident et le penseur le plus lu au Moyen Âge. On ne saurait parler de St Augustin sans évoquer son œuvre autobiographique, en treize volumes intitulée ‘’Les Confessions’’ il y raconte sa quête de Dieu. Il en dit ce qui suit « Les treize livres de mes Confessions louent le Dieu juste et bon de mes maux et de mes biens, ils élèvent vers Dieu l'intelligence et le cœur de l'Homme. »
Ferid Chikhi

13 sept. 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 74 -

La Pauvreté est-elle soluble dans les actions de la société civile ?

Lors des discussions de la dernière assemblée Mondiale de CIVICUS, tenue à Montréal du 20 au 23 septembre 2010, un des thèmes débattu par les participants a été l’implication de la société civile dans la lutte contre la pauvreté. De bonnes questions ont été posées, de bonnes constations ont été faites et par conséquent il est clairement apparu des divergences sur le fond et la forme des voies et moyens de la réduire, mais tous voulaient en découdre avec ce fléau.
Julie Dumontier, chroniqueuse de Parole Citoyenne a relaté une partie des discussions de la plénière et j’ai retenu cette phrase qui en dit long sur la société civile : ‘’Si on doute de l’utilité de la société civile, on doute fort de l’utilité de l’Assemblée alors. Ce que je crois plutôt, c’est que la société civile s’engage, car elle croit fermement à son pouvoir, mais qu’elle constate aussi qu’il y a des barrières à ses actions et qu’elle cherche des solutions pour faire tomber ces barrières.’’

Pour ma part je trouve que  la pauvreté n’est pas la même partout. Encore une Lapalissade… me dira t’on, mais celle-ci se confirme sous plusieurs cieux et se décline dans diverses langues. La conséquence majeure est qu’il ne peut pas y avoir une seule solution pour la contrer ou au moins la réduire.
La pauvreté en Afrique de l’Ouest est différente de celle de l’Afrique de l’Est et de celle de l’Afrique du Nord. La pauvreté en Asie est multiforme. La pauvreté au Québec, parce qu’il y en a une ne ressemble en rien aux autres pauvretés.

Les ONGs ou la société civile peuvent y faire face, la combattre, la vaincre mais avec quels moyens ? Ceux que les gouvernants mettent à leur disposition lorsqu’ils veulent bien y contribuer ? Ou bien ceux qu’elles vont mobiliser lorsqu’elles savent où les chercher et les trouver ?
La seule richesse pour faire face à la pauvreté c’est la mobilisation des personnes qui la vivent. Le message de cette doit être vrai. Les pauvres ne doivent pas attendre que les riches enfoncent leurs mains dans le fond de leurs poches. C’est en mobilisant les citoyens autour d’actions de travail collectif que cela fonctionnera.
Un message de vérité, une mobilisation autour des tâches concrètes, une sensibilisation au travail collectif et le tout fondé sur l’éducation de tous. Ça se fait sur le moyen et le long terme. Il ne faut pas parler de productivité mais d’apprentissage et de développement d’activités formatrices.
Ferid Chikhi
Convergences Plurielles