27 juin 2010

Un Numide en Amérique du Nord - 62 -

L’adaptation, les ajustements et l’intégration ?
Décoder et comprendre les valeurs, les pratiques sociales,  – 3 -
Mais, Le Numide, tu préconises un changement de paradigmes et par ailleurs, ne fais-tu pas aussi dans le relativisme culturel ? C’est possible, surtout que le relativisme culturel est compris comme étant le contraire de l’ethnocentrisme en tentant de comprendre une société de l’intérieur. Mais dans notre cas il n’est pas question de ‘’changer de lunettes’’ pour mieux voir les autres. Il s’agit seulement, avant de critiquer les autres d’admettre que nous sommes en retard dans bien des domaines. Il faut apprendre à ne pas dénigrer la société d’accueil.
Comment procéder puisque, quelque part, tu dis que nous ne sommes pas outillés pour être critique ? Je ne suis pas partisan des deux conceptions mise de l’avant par certains intellectuels qui consistent à considérer que l’une est forte et suggère que toutes les cultures sont égales et l’autre plus souple, plus flexible qui prône un grand respect pour chaque culture. Bien que je sois tenté par la seconde. Mais tout dépend des critères mis de l’avant pour sa définition. La problématique pour les algériens c’est que leur fort égo constitue un handicap difficile à dépasser. Il a été façonné et modelé dans un système social patriarcale ou la place de la femme est à la fois prégnante (marquante et résistante) avec une forme de soumission ambivalente (insignifiante mais responsable).
Dans ce cas, que proposes-tu ? Comment vois-tu les choses ? Comment se faire comprendre et appréhender les autres ? À vrai dire, je n’en sais rien mais, je dois admettre qu’il m’arrive de me laisser séduire par la formule de la souplesse et de la flexibilité ainsi que celle du respect des autres. Cependant, pour une bonne approche, il faut observer et ne retenir que les points positifs de l’analyse. Je suis convaincu que la valorisation de l’autre attire son respect et par conséquent la reconnaissance, sans pour autant lui imposer des valeurs, un mode de vie avec des repères qu’il ne connait pas, des critères qui lui sont étrangers et qui le remettent en question dans sa façon de s’approprier de nouvelles valeurs. Cela ne saurait se faire si l’homme ne sort pas de son machisme.
Dans ce cas que dis-tu de la culture et de son contenu… ? Ce qu’il faut c’est de ne pas s’arrêter et réduire la culture au folklore, à la tradition, aux us et coutumes ; ces trois derniers éléments participent de la formation de sa personnalité alors que la culture ne se complait pas de frontières figées, elle évolue, elle progresse … autour des individus qui la font et qui en font partie. De leur identité et de leur personnalité collective et singulière…
À suivre…
Ferid Chikhi

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