10 oct. 2012

Un Numide en Amérique du Nord - 169 -

La souveraineté du Québec :  Utopie ou Instrumentalisation intellectuelle ? - 2 -
Commentaires des lecteurs

Ma réflexion sur La souveraineté du Québec : Utopie ou Instrumentalisation intellectuelle ? - 1 - et - 2 - reprise par le journal électronique
http://www.vigile.net/La-souverainete-du-Quebec-Utopie,51408
et sur Politicoglobe
http://www.politicoglobe.com/2012/10/la-souverainete-du-quebec-utopie-ou-instrumentalisation-intellectuelle-partie-2/
a suscité quelques commentaires des lecteurs et des questionnements mettant en exergue différentes perceptions partagées ou non par d'autres lecteurs. Certains m'ont adressé leurs points de vue à titre privé afin d'éviter des polémiques stériles ou inutiles et générer des débats qui auraient avantage à se faire de vive voix.
Dans ce qui suit je partage avec les lecteurs de ConvergencesPlurielles les commentaires publiés et je les fais suivre de ma réponse
Ferid Chikhi
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Michel Bélisle alias Didier
6 octobre 2012,
L’économie mondialisée avec ses déplacements de population du sud vers le nord a changé la donne depuis le milieu des années 1980 en rapport avec le projet souverainiste qui date de la révolution tranquille. Les nouveaux arrivants considèrent en général que ce projet de souveraineté du Québec n’est pas le leur mais celui de l’ethnie française qui cohabite avec eux le territoire du Québec.
Cette mondialisation a aussi changé les attitudes et les mentalités pour les Québécois de souche au point où la jeunesse québécoise de souche ne se reconnaît plus dans le projet souverainiste. Cette jeunesse québécoise évolue désormais à un autre niveau de compréhension de la société comparativement à leurs aînés.
Je vais encore citer l’article de monsieur Rodrigue Tremblay, ancien ministre péquiste, parce que tellement pertinent pour notre époque :
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François A. Lachapelle
6 octobre 2012,
Cher algérien de naissance,
C’est ainsi que je vous comprends. Votre référence culturelle et nationale est primordialement algérienne et contient de grandes valeurs qui vont dans le sens de la primauté que les algériens ont accordé à leur accession à l’indépendance politique.
Malgré votre entrée en matière poussive par le dialogue entre Gilles et Mélanie, vous faites ressortir la valse hésitation envers le projet de souveraineté du Québec chez les québécois de souche. Cette valse hésitation est réelle. Cependant, je ne suis pas certain que vous saisissez les méandres historiques qui expliquent cette "grande danse" dont la musique est "fédéraliste".
Je m’arrête uniquement à deux faits qui contiennent des subterfuges de nature "impérialiste britannique", le fameux "fair-play" britannique. Ce fair play est à sens unique dans le fond. Les britanniques et les canadiens-anglais sont fair play tant qu’ils gagnent. Quand ils perdent, ils mettent deux gardiens dans leur but, mettent 6-7 joueurs sur la patinoire. Oui-oui, je vous entends dire : pourquoi les laissez-vous faire ? autre sujet.
Je reviens au point du "fair play" à l’anglaise qui se transforme en injustice pour le petit. J’ai trois exemples.
No uno : savez-vous que l’entrée de Terre-Neuve (ancienne colonie anglaise jusqu’en 1948) dans le Canada est probablement le résultat d’un subterfuge en inversant les résultats du 2e tour de leur référendum tenu en juillet 1948 alors que c’était l’option de l’indépendance qui avait obtenu 52% et non ce qui a été révélé au public ?
No duo : le rapatriement de la Constitution en 1982 sans le consentement du Québec : pourquoi les provinces anglaise du Canada ont acceptée ce rapatriement sans le consentement du Québec ?
No tres : le 2e référendum du 30 octobre 1995 n’a pas été perdu, il a été volé par des subterfuges des fédéralistes. Toujours au nom du fair play britannique.
En Algérie, les algériens ont pris les armes. Ici, au Québec nous n’avons pas eu le "courage" de prendre les armes.
Puisque vous vivez au Québec, vous comprenez sans doute pourquoi nous n’avons pas pris les armes. En tant que souverainiste, j’aspire à fondé le Pays du Québec par des moyens pacifiques. Vous auriez peut-être avantage à lire le livre de Jane JACOBS, La Question du séparatisme, qui vient d’être publié chez VLB, traduit de l’anglais. J’aimerais lire votre commentaire après une lecture attentive de ce livre.
Le Général de Gaule avait raison de nous réveiller en disant le 24 juillet 1967 : Vive le Québec libre ! Cela est possible par des moyens pacifiques comme l’ont réalisé les habitants de la Tchéquie et de la Slovaquie.
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André Gignac
6 octobre 2012,
Monsieur Chikhi
J’ai bien aimé votre texte qui reflète assez bien le problème québécois dans son ensemble. Voilà où nous mène le colonialisme et la confusion identitaire (Ottawa-Québec) : à tourner en rond et bientôt sur le bord du précipice avec cette assimilation qui nous rend de plus en plus minoritaires même ici au Québec.
Notre classe politique est pourrie et vendue au fédéralisme "canadian" depuis belle lurette (carriérisme et sécurité monétaire) et ça continuera ainsi jusqu’à ce que le peuple cesse de s’agenouiller, qu’il se responsabilise et qu’il se prenne en main.
75% de la population québécoise ne sait même pas ce que signifie le mot INDÉPENDANCE ; c’est peu dire. Ne comptons pas sur les médias, tous fédéralistes au Québec, pour nous donner un cours 101 sur ce sujet.
Je ne sens pas de volonté politique pour l’indépendance du Québec ; le "p’tit " pouvoir provincial suffit amplement à nos politiciens québécois sans colonne vertébrale. Ils ont déjà commencé à reculer avec le futur marché européen de libre-échange.
Plus ça change(?) plus c’est pareil !
Bon texte !
André Gignac 6/10/12
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Mario Goyette
6 octobre 2012,
Le Maire Labeaume n’acceptera aucune interférence politique dans le choix des matériaux du nouvel amphithéâtre de Québec.
Le PDG du Groupe Canam, M.Marc Dutill qui craint le "climat de peur" créé par les mesures fiscales proposées par le gouvernement péquiste laisse entendre que le bois pourrait représenter un choix risqué pour l’amphithéatre.
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Michel Bélisle alias Didier
6 octobre 2012
Je constate chez les intervenants ce même malaise qui habite les militants souverainistes de longue date, c’est à dire la difficulté d’avouer que les jeunes Québécois de souche sont indifférents à la question de la souveraineté du Québec.
Je connais un militant péquiste de longue date qui admet que le projet de pays s’éloigne de plus en plus mais des militants comme lui sont rares. Il est difficile d’admettre qu’un rêve ne se réalisera jamais. Ce militant dont je parle admet que la jeune génération de Québécois de souche montre peu d’intérêt pour la souveraineté.
Il me dit que ce que les jeunes Québécois veulent, c’est de décrocher l’emploi bien rémunéré qui leur permettra de faire la belle vie et d’avoir tous les gadgets dernier cri.
En ce 21e siècle, l’idéalisme n’est plus très à la mode.
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André Gignac
7 octobre 2012
@ Michel Bélisle alias Didier
Si la jeunesse québécoise ne se reconnaît plus dans le projet souverainiste, c’est dû à notre système d’éducation qui n’enseigne plus notre histoire nationale dans les milieux d’enseignement. Pas surprenant qu’elle ait perdu ses points de repère ! Et dire que la devise du Québec, c’est : JE ME SOUVIENS ! Pourquoi le PQ qui est au pouvoir, ne la changerait-elle pas par celle-ci ? JE SUIS AMNÉSIQUE !
André Gignac 7/10/12
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Marcel Haché
7 octobre 2012,
Le souverainiste qui vous avoue que la souveraineté n’intéresse pas les jeunes de souches a raison. Mais c’est parce qu’il fait partie de ces souverainiste qui ont cru et espéré que tout un électorat se lèverait soudainement debout, convaincue de plus en plus de la nécessité de la souveraineté. Cette sorte de grand soir rêvé depuis 50 ans de la souveraineté n’arrivera sans doute jamais. Et pourtant je crois que l’indépendance du Québec est proche.
Les québécois n’accordent pas beaucoup d’attention à ce que disent les partis d’opposition. Ils écoutent plutôt ce que peut leur dire leur gouvernement. Le gouvernement péquiste actuel, s’il se laisserait entraîner par l’analyse superficielle à l’effet que les jeunes de souches sont indifférents, serait incapable de rien pronostiquer simplement parce qu’il serait incapable de diagnostiquer, comme ce souverainiste qui croit maintenant le Rêve inaccessible.
Ce que des années de référendisme ont créé chez les indépendantistes, c’est l’idée qu’un jour ou un soir, le fameux grand soir, les québécois décideraient Quelque Chose. Ce fut une façon pour les gouvernements péquistes de renoncer à se battre pour leurs convictions, en abandonnant simplement l’électorat qui les avait portés à un référendum.
Le gouvernement actuel a renoncé à s’en remettre à un hypothétique référendum. Cela le condamne à se battre. Voudrait-il renoncer que ses adversaires, eux, ne renonceraient pas. Et d’autant moins qu’ils n’ont plus à simplement attendre un référendum pour défaire le gouvernement.
Collectivement, nous ne sommes plus dans le « pourquoi » la souveraineté—cela sera facile à vendre par un gouvernement— nous sommes dans le « comment ». C’est précisément parce que nous sommes dans le « comment » que les partisans du « pourquoi » qui ne le reconnaissent pas font un diagnostique qui peut paraître si pessimiste.
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Michel Bélisle alias Didier
8 octobre 2012,
Une autre chose dont on ne parle pas et qui explique également en partie, je crois, pourquoi la jeunesse québécoise de souche est indifférente ou même contre la souveraineté, c’est cette réalité que décrivait il y a plus de 20 ans, à la fin des années 1980, monsieur Guy Paiement qui était à l’époque directeur de la revue "Relations".
Monsieur Paiement constatait à la fin des années 1980 qu’au Québec, c’était dans les classes socio-économiques les plus défavorisées qu’il y avait le plus de solitude et le moins d’enfants.
Et en regardant les résultats de la dernière élection dans la région de Québec par exemple, le seul comté qui a élu une péquiste (madame Maltais) comprend le quartier le plus défavorisée socio-économiquement parlant de la ville de Québec.
Si cette tendance des couches plus aisées à ne pas voter PQ est confirmée dans la région de Québec, cela veut dire que le fait que depuis plus de vingt ans, les pauvres ont moins eu d’enfants que les classes moyennes ou aisées, cela a peut-être fait baisser du même coup le pourcentage d’appuis au parti Québécois et à la souveraineté dans les années 2000.
Il y a d’autres facteurs évidemment qui entrent en ligne de compte comme la tendance au chacun pour soi qui s’est accentuée, rendant ainsi plus difficile les projets de pays ou de société
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