2 avr. 2013

Un Numide en Amérique du Nord -186-


Qui peut applaudir d'une seule main ... 3/3
Sur un tout autre plan et qui par des éléments de similitude me laisse perplexe et
m’invite à une réflexion plus approfondie, c’est ce que d’aucuns qualifient de ‘’génocide socioéconomique des Premières Nations’’. Je le redis, la question m’interpelle et j’ai voulu comprendre à la fois le paramètre historique et l’actualité du statut des amérindiens. Malheureusement, je n’ai pas trouvé une réponse qui me contente.
Il est évident que la première interrogation à laquelle j’ai été confronté était de savoir quel est le lien avec les immigrants. En fait, il s’agit des conditions politiques - j’allais écrire - de la résipiscence - afin d’éviter le concept de la repentance ou - de la reconnaissance offrant, en dehors de certaines cérémonies officielles et occasionnelles l’opportunité d’une vraie inclusion de cette partie de la population québécoise.
Pour ma propre réflexion, j’ai émis l’hypothèse suivante : Le Québec reçoit, depuis environ une dizaine d’années, 50.000 nouveaux immigrants par an, sans compter les 5.000 réfugiés ‘’refilés par le Fédéral’’. Nous savons que les structures d’accueil
sont surtout institutionnelles (politiques, programmes, budgets, etc.) mais à l’évidence il existe un décalage entre les objectifs théoriques d’intégration et d’inclusion et les résultats obtenus sur le terrain. Ce schéma se vérifie aussi en ce qui concerne les populations autochtones. En effet il est aisé d’observer que les difficultés d’inclusion et d’accommodement de ceux qui ont aidé les premiers colons à survivre au froid et à apprivoiser leur territoire sont, à quelques exceptions près, les mêmes que celles rencontrées par des pans entiers de l’immigration de la décennie 2.000.   
J’avoue indubitablement que rien ne vient remettre en question cette assertion et je n’ai pas à ce jour une seule information qui soutienne le contraire. La raison pourrait résider dans le niveau de réflexion des agents du gouvernement en charge de ces aspects qui comme par hasard refont dans les mêmes schémas …
À défaut d’une intégration inclusive intelligente …
Selon mon vécu et mon expérience et je l’ai maintes fois souligné dans mes réflexions et mes écrits, (http://www.convergencesplurielles.com le gouvernement du Québec gagnerait, faute d’une intégration intelligente, de revoir de fond en comble le processus d’intégration, connu sous l’appellation ‘’Programme d’Aide aux Nouveaux Arrivants’’ (PANA). Une distinction devrait être faite entre la politique d’intégration socioculturelle et la politique d’insertion socioprofessionnelle.
Mieux encore, il devrait veiller à une sélection plus opérationnelle des spécialistes et autres experts qui œuvrent dans ce créneau. Beaucoup sont de faux prophètes. Ils se déclarent ‘’tel et tel’’ après avoir lu quelques témoignages ou parlé quelques minutes avec un immigrant. Les autres proposent des cheminements peu efficaces. Depuis plus de 15 ans ils étudient, ils enquêtent, ils conseillent, ils supervisent et ils orientent et à ce jour ils n’ont point aidé à la résolution du problème du non-emploi des immigrants (sans aller, ici, jusqu’à citer des statistiques).
À l’heure de la mondialisation vue et vécue sous tous ses angles, personne ne peut nier que ce soit ici au Québec ou ailleurs dans le reste du monde, que le temps a réellement de l’importance pour toute entreprise qui recherche la rentabilité, l’amélioration de ses performances et le respect des échéances convenues avec sa clientèle. 
Il est cependant, vrai que chacun le vit (le temps) selon sa culture, selon ses paradigmes et son environnement. En fait, je peux me permettre de redire, ce que tout le monde dit, c’est que quelque soit l’employeur ‘’le temps c’est de l’argent’’ et
je donne tout à fait raison à cet employeur de vouloir combler les emplois qu’il crée ‘’Hic et Nunc’’ et au meilleur tarif
Faut-il, pour autant, être optimiste ? En ce qui me concerne je n’aime pas être pessimiste c’est pour cela que je n’hésite pas à questionner et à rechercher avec les bonnes volontés les vraies solutions non pas et seulement au vieillissement de la population mais aussi à l’intégration des nouveaux arrivants, des plus âgés - celles et ceux qui ont un capital expérience extraordinaire dont devrait bénéficier la société - et des handicapés.
J’en connais qui ont de la détermination, de la volonté, de la ténacité à en revendre et qui plus est sont fidèles, loyaux, respectueux des règles et des convenances des employeurs qui acceptent les différences

27 mars 2013

Un Numide en Amérique du Nord - 185 -

Préjugés et gestion du temps 2/3 
Même avec un nom imprononçable 
Des observations et des éléments d’information réunis il se dégage une hypothèse selon laquelle plus personne n’ignore qu'un grand nombre d’employeurs, dont beaucoup n'ont jamais eu à faire à des immigrants, sélectionnent les candidats aux emplois qu'ils offrent, par le nom et non par les compétences, l'expérience ou les qualifications. Pour en arriver là, ils seraient fortement imprégnés par ''le bouche à oreilles et des informations véhiculées par des médias sensationnalistes'' souvent de façons insidieuses au sujet de supposées demandes d’accommodements qualifiés de déraisonnables ... Dés lors, de forts potentiels de savoir faire et de compétences sont ignorés et perdus à jamais.
Ce qui est dommageable c’est le lot des préjugés, des stéréotypes, du paternalisme, de l’ethnocentrisme et de l’ouverture sur le racisme et la discrimination qui prend le dessus avec comme corollaire la contingence des coûts occasionnés par la gestion du recrutement, du remplacement ou de l’occupation des emplois et bien entendu celle du temps.
Une autre conséquence majeure est que des chercheurs d’emplois natifs du Québec, donc de seconde génération, qui ont fait leurs études dans les universités du Québec (UQAM), de Montréal (UdM), à l'école de Technologie Supérieure (ETS)), aux HEC ou à LAVAL, qui ont travaillé durant toutes leurs études, qui mieux est possèdent non seulement des diplômes mais aussi de l’expérience québécoise n’arrivent même pas à rencontrer le recruteur lambda.
Ce qui est choquant, et c’est malheureusement validé par des indicateurs incontestables sans pour autant que cela soit ceux d’une recherche ou une analyse achevée, le candidat à un emploi qui a fait ses études à l'université de Concordia ou Mc Gill se fait recruter sans difficultés, même avec un nom imprononçable. Ce qu'ont compris presque tous les jeunes et moins jeunes immigrants qui vont grossir les rangs des cours de ces deux universités. La conséquence majeure est l’augmentation d’individus qui rejoignent les rangs des anglophones et par la même réduisent ceux des francophones.
Alors ce qui est qualifié par certains faiseurs d’opinion de ‘’fraude qui détruit le fragile lien de confiance préliminaire à la sélection’’ est à revisiter avec à la clé une vraie déontologie. Ceci pour dire que l’origine du racisme et de la discrimination socio économiques ne devraient pas être imputée aux seuls immigrants.
Le contexte du préfiguré et des préjugés.
Si l'on examine ''la caractéristiques xénophobe et raciste du Québécois moyen'' j'estime, et ceci n'engage que moi, qu'en général il est plutôt accueillant sans pour autant aller jusqu'à être hospitalier. L'hospitalité fait partie de ces valeurs essentielles et fort prisées en particulier par le Maghrébin mais qui ne fonctionne pas chez le Québécois.
De là se manifestent des émotions parfois incontrôlables qui se transforment en mauvaises impressions. La sensibilité des uns et des autres commencent à s'exprimer et les sentiments de rejets se formalisent pour s'ériger en perceptions négatives.
Toutefois, le Québécois moyen que je connais, que j'ai rencontré, que j'ai appris à connaître est ouvert d'esprit ; il veut apprendre, il veut savoir et il veut connaître un peu plus sur ''l'AUTRE'', ce ''LUI'' ou ce ''EUX'', avant d'aller plus loin.
Certes, je ne peux pas nier qu'il existe des cas de xénophobie et de racisme, mais de la à généraliser, c'est à mon sens ''pousser le bouchon trop loin''. Il faut savoir que je ne suis en aucune manière partisan de l'auto flagellation et de la
victimisation et de ceux (parmi les immigrants) qui vivant le choc culturel de l'arrivée, mettent tout le monde dans le même sac. 
Aussi paradoxale que cela puisse paraître, et pour ce qui le concerne, l'immigrant n'a qu'une connaissance partielle et souvent caricaturale du Québécois. Préjugés, stéréotypes, clichés, etc peuplent son imaginaire. Si j'ajoute la fermeture sur soi, les regroupements communautaires par quartier, le tour est bouclé. Le ''NOUS'' fait face au ''EUX''  et ne semble pas laisser place à l'intégration souple et par conséquent à l'inclusion et au vivre ensemble malgré les différences.
 À suivre
Ferid Chikhi

21 mars 2013

Un Numide en Amérique du Nord - 184 -

Les malentendus de départ ... 1/3
L’immigration comme source de substitution ou de compensation ‘’d’une démographie déficitaire d’un grand nombre de pays occidentaux est-elle transitoire ou durable ? Ou, mieux encore est-elle un phénomène temporaire et éphémère qui finira par se raréfier et se réduire avec le temps ?’’ 
La problématique a été abordée par maints chercheurs, analystes, observateurs, journalistes et gestionnaires d’entreprises qui ressentent la pénurie de la main d’œuvre comme une menace pour la pérennité des entreprises et des organisations.
Des commentaires les uns aussi pertinents que les autres auxquels s'ajoutent des informations de praticiens et des observations suivies de réflexions éclairantes ont été proposés. L'ensemble des observations souligne des causes et leurs conséquences sur les organisations des pays qui évaluent que le vieillissement de leurs populations est irréversible et son remplacement est laborieux.
Récemment, partant de mon expérience sur l’apport de l’immigration j’ai exprimé mon point de vue dans un groupe du réseau Linkedin (voir lien ci-dessous). Une question centrale a été posée selon la formulation suivante : La gestion de la diversité au sein des organisations est-elle unproblèeme supplémentaire ou une force additionnelle pour les équipes en place ? 
Il reste entendu que pour les besoins de la publication sur ce blog, j'ai modifié la structure du commentaire que j'en ai fait. J'ai débuté par l'aspect lié au travail de  recrutement et des bassins de main d'oeuvre sélectionnée par les pays tel que le Canada, ensuite j'ai abordé la problématique de la validation des informations sur les candidats retenus, j'ai poursuivi par l'aspect relatif aux préjugés du Québécois Moyen à l'égard des immigrants sans omettre de parler des valeurs industrielles du pays d'accueil telles que la gestion du temps et  la planification par les entreprises et j'ai terminé par l'intégration des immigrants et l'attitude des gestionnaires à leur égard.
Marketing de recrutement et de sélection des immigrants.
Il est vrai qu'ils ne doivent pas être nombreux les organismes, les institutions et autres bureaux de consultants Canadiens qui vendent le Québec. Ils vendent surtout le Canada et bien entendu celui de l'Ouest. Les conséquences sont fort nombreuses pour la Belle Province. 
En fait, plusieurs facteurs ressortissent de la méthode ou procédure de sélection, parmi lesquels celui de la maîtrise, ou en partie, de l'une des deux langues officielles. Toutefois, pour le Québec, même s'il est demandé aux candidats à l'immigration de savoir correctement le français, ceux qui ne le maîtrisent pas devront l'améliorer une fois arrivés.
En réalité, un grand nombre d'immigrants allophones et même francophones débarquant à Montréal découvrent avec une réelle émotion et une grande surprise qu'ils sont dans ''un pays étrange'''. Ce pays qui leur a été décrit avec moult détails - sauf son aspect linguistique - ressemble étrangement à une ''Tour de Babel''' qu'à une ville oü les deux langues officielles annoncées sont les seules à être parlées. Ils découvrent une ville, une Île, une métropole, qui n'a pratiquement rien à voir avec ce qui leur a été décrit au cours des rencontres publiques organisées pour leur recrutement.
Dans la rue Montréalaise, qu'ils commencent à découvrir, ils entendent parler l'Italien, le Grec, l'Espagnol, le Portugais, l'Arabe, le Mandarin, le Russe, l'Ukrainien, etc.
Lorsqu'ils engagent leur recherche d'emploi ils se rendent comptent que l'une des exigences majeures, à côté de l'expérience québécoise, est la maîtrise de l'anglais ... alors, il est aisé d'imaginer les frustrations qu'ils ressentent. En vérité, c'est là que naissent les préjugés ... des deux bords ... les spécialistes et autres pseudos experts les ont qualifiés de ''choc culturel de l'arrivée'''. 
Les fausse informations
Lorsque les requérants de visas de résidence permanente envoient leurs dossiers aux services de l'immigration, ils incluent l'historique de leurs formations et qualifications, de leurs expériences de travail et même de leurs activités sociales auxquelles ils ont pris part dans leur pays d'origine.
Mais, ne soyons pas dupes, il existe d'une part, quelques candidats qui ne sont pas sincères et intègres et heureusement qu'ils sont repérés, identifiés et dépistés dés leurs premiers contacts avec le monde du travail - et non pas suite à une quelconque enquête réalisée par des bureaux spécialisés avant l'établissement des visas - et parfois même au Club de Recherche d'Emploi. Il y a ceux qui, non seulement, mentionnent des expériences professionnelles dans des entreprises, qui n'existent pas ou plus, de leurs pays de provenances et il y a ceux qui citent des études dans des écoles et des universités et enfin il y a ceux qui ''oeuvrent'' par omission.
Mais cela ne saurait être un motif suffisant pour jeter l'anathème sur tous les autres candidats à l'immigration.
J’ai même rencontré des conseillers en emploi québécois – qui ayant vécu de près le non recrutement de leurs clients - leur suggèrent de ne pas mentionner le nom du pays d’origine, l’université, la langue, etc.
Ceci concerne, notamment, les immigrants en provenance du Maghreb. Alors que certains ont même soufflé le changement de patronyme … ceux qui l’ont fait n’en parlent pas … d’autres ont été jusqu’à piéger des employeurs ; mais restons lucides, ce n’est pas parce que quelques employeurs se sont fait harponner que tous les autres leur ressemblent.
Ferid Chikhi